Intro
Elle attend que le monde change, Elle attend que change les temps. Elle attend quece monde étrange se perde et que tournent les vents Inexorablement,elle attend
Elle attend que l'horizonbouge Elle attend que changent les gens Elle attend commeun coup defoudre Lerègne desanges innocents Inexorablement,elle attend
Elle attend que la grande rouetourne tournentles aiguilles du temps Elle attend sans se résoudre en frottantses couverts en argentInexorablement,elle attend
Et elle regarde des imageset lit des histoires d'avant,d'honneurs et de grands équipages Où les bons sont habillés de blanc. Etelle s'invente des voyagesEntreun fauteuil et un divan d'eau de rose et de passionsage Aussi purs que ces vieux romansAussi grands que celui qu'elle attend
Elle attend que le monde change, Elle attend que change les gens. Elle attend quece monde étrange se perde et que tournent les vents Inexorablement,elle attend
M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde qui chante au fond de moi au bruit de l'océan M'en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde dans ce nom que je dis au vent des quatre ventsMa mémoire chante en sourdine Potemkine
Ils étaient des marins durs à la discipline Ils étaient des marins, ils étaient des guerriers Et le cœur d'un marin aux grands vents se burine Ils étaient des marins sur un grand cuirasséSur les flots je t'imagine Potemkine
M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde Où celui qui a faim va être fusillé. Lecrime se prépare et la mer est profonde Que face aux révoltés montent les fusiliersC'est mon frère qu'on assassine Potemkine
Mon frère, mon ami, mon fils, mon camarade Tu ne tireras pas sur qui souffre et se plaint Mon frère, mon ami, je te fais notre alcade Marin ne tire pas sur un autre marinIls tournèrent leurs carabines Potemkine
M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde où l'on punit ainsi qui veut donner la mort. M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde Où l'on n'est pas toujours du côté du plus fortCe soir j'aime la marine Potemkine
On se marie tôt à vingt ans et l'on attend pas des années pour faire trois ou quatre enfants qui vous occupent vos journéesEntre les courses et la vaisselle, entre ménage et déjeuner, le monde peut battre de l'aile, on n'a pas le temps d'y penser.
Faut-il pleurer ? Faut-il enrire ? Fait-elle envie ou bien pitié ? Je n'ai pas le coeur à le dire,On ne voit pas le temps passer.
Une odeur de café qui fume et voilà tout son universLes enfants jouent, le marifume, les jours s'écoulent à l'envers A peine voit-on ses enfantsnaître qu'il faut déjà les embrasser, et l'on étend plus aux fenêtres qu'une jeunesse à repasser.
Faut-il pleurer ? Faut-il enrire ? Fait-elle envie ou bien pitié ? Je n'ai pas le coeur à le dire,On ne voit pas le temps passer.
Elle n'a vu dans les dimanches qu'un costume frais repasséquelques fleurs ou bien quelquesbranches décorant la salle à mangerQuand toute une vie se résume en millions de pas dérisoires, prise comme marteau et enlume entre une table et une armoire.
Faut-il pleurer ? Faut-il enrire ? Fait-elle envie ou bien pitié ? Je n'ai pas le coeur à le dire,On ne voit pas le temps passer.On ne voit pas le temps passer.
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants, Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent
Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres depuis longtemps leurs dés avaient été jetés, Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre, Ils ne devaient jamais plus revoir un été
La fuite monotone et sans hâte du temps, survivre encore un jour, une heure, obstinément, combien de tours de roues, d'arrêts et de départs qui n'en finissent pas de distiller l'espoir
Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux
Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux ? Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge Les veines de leurs bras soient devenues si bleues
Les Allemands guettaient du haut des miradors La lune se taisait comme vous vous taisiez. En regardant au loin, en regardant dehors Votre chair était tendre à leurs chiens policiers
On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours, Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare
Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ? L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été Je twisterais les mots s'il fallait les twister Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez
Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers, nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés qui déchiriez la nuit de vosongles battants, vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.
Ils quittent un à un le pays pour s'en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nésDepuis longtemps ils en rêvaient de la ville et de ses secrets du formica et du ciné. Les vieux ça n'était pas original quand ils s'essuyaient machinal d'un revers de manche les lèvres Mais ils savaient tous à propos Tuer la caille ou le perdreau et manger la tomme de chèvre
Pourtant que la montagne est belle comment peut-on s'imaginer en voyant un vol d'hirondelles que l'automne vient d'arriver ?
Avec leurs mains dessus leurs têtes Ils avaient monté des murettes jusqu'au sommet de la collineQu'importent les jours les années Ils avaient tous l'âme bien née noueuse comme un pied de vigne. Les vignes elles courent dans la forêt le vin ne sera plus tiré c'était une horrible piquetteMais il faisait des centenaires à ne plus que savoir en faire s'il ne vous tournait pas la tête
Pourtant que la montagne est belle comment peut-on s'imaginer en voyant un vol d'hirondelles que l'automne vient d'arriver ?
Deux chèvres et puis quelques moutons une année bonne et l'autrenon et sans vacances et sans sorties. Les filles veulent aller au bal Il n'y a rien de plus normal que de vouloir vivre sa vie. Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires de quoi attendre sans s'en faire que l'heure de la retraite sonneIl faut savoir ce que l'on aime et rentrer dans son H.L.M. manger du poulet aux hormones
Pourtant que la montagne est belle comment peut-on s'imaginer en voyant un vol d'hirondelles que l'automne vient d'arriver ?