Ils quittent un à un le pays pour s'en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nésDepuis longtemps ils en rêvaient de la ville et de ses secrets du formica et du ciné. Les vieux ça n'était pas original quand ils s'essuyaient machinal d'un revers de manche les lèvres Mais ils savaient tous à propos Tuer la caille ou le perdreau et manger la tomme de chèvre
Pourtant que la montagne est belle comment peut-on s'imaginer en voyant un vol d'hirondelles que l'automne vient d'arriver ?
Avec leurs mains dessus leurs têtes Ils avaient monté des murettes jusqu'au sommet de la collineQu'importent les jours les années Ils avaient tous l'âme bien née noueuse comme un pied de vigne. Les vignes elles courent dans la forêt le vin ne sera plus tiré c'était une horrible piquetteMais il faisait des centenaires à ne plus que savoir en faire s'il ne vous tournait pas la tête
Pourtant que la montagne est belle comment peut-on s'imaginer en voyant un vol d'hirondelles que l'automne vient d'arriver ?
Deux chèvres et puis quelques moutons une année bonne et l'autrenon et sans vacances et sans sorties. Les filles veulent aller au bal Il n'y a rien de plus normal que de vouloir vivre sa vie. Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires de quoi attendre sans s'en faire que l'heure de la retraite sonneIl faut savoir ce que l'on aime et rentrer dans son H.L.M. manger du poulet aux hormones
Pourtant que la montagne est belle comment peut-on s'imaginer en voyant un vol d'hirondelles que l'automne vient d'arriver ?
Il se peut que je vous déplaise en peignant la réalité mais si j'en prends trop à mon aise je n'ai pas à m'en excuser. Le monde ouvert à ma fenêtre que je referme ou non l'auvent s'il continue de m'apparaître Comment puis-je faire autrement ? Je ne chante pas pour passer le temps
Le monde ouvert à ma fenêtre comme l'eau claire le torrent comme au ventre l'enfant à naître et neige la fleur au printemps Ce monde ouvert à ma fenêtre avec sa dulie ses horreurs avec ses armes et ses reîtres avec son bruit et sa fureur Je ne chante pas pour passer le temps
Mon Dieu mon Dieu tout assumer l'odeur du pain et de la rose le poids de ta main qui se pose comme un témoin du mal d'aimer. Le cri qui gonfle la poitrine. De Lorca à Maïakovski des poètes qu'on assassine ou qui se tuent pourquoi pour qui ?Je ne chante pas pour passer le temps
Le monde ouvert à ma fenêtre et que je brise ou non la glace s'il continue à m'apparaître que voulez-vous donc que j'y fasse ? Mon cœur mon cœur si tu t'arrêtes comme un piano qu'on désaccorde qu'il me reste une seule corde et qu'à la fin mon chant répèteJe ne chante pas pour passer le temps
J'aime lesfilles de chez Castel, J'aime les filles de chez Régine J'aime les filles qu'on voit dans "Elle", J'aime les filles des magazines
J'aime les filles de chez Renault, J'aime les filles de chez Citroën, J'aime les filles des hauts fourneaux, J'aime les filles qui travaillent à lachaîne
Si vous êtes comme ça, téléphonez-moiSi vous êtes comme ci, téléphonez-me
J'aime les filles à dot, J'aime les filles à papa, J'aime les filles de Loth , J'aime les filles sans papa
J'aime les filles de Mégève, J'aime lesfilles de Saint-Tropez, J'aime les filles qui font la grève J'aime les filles qui vont camper
Si vous êtes comme ça, téléphonez-moiSi vous êtes comme ci, téléphonez-me
J'aime les filles de la Rochelle, J'aime les filles de Camaret, J'aime les filles intellectuelles J'aime les filles qui m'font marrer
J'aime les filles qui font vieille France, J'aime les filles de cinéma, J'aime les filles de l'Assistance J'aime les filles dans l'embarras
Si vous êtes comme ça, téléphonez-moiSi vous êtes comme ci, téléphonez-meSi vous êtes comme ça, téléphonez-moiSi vous êtes comme ci, téléphonez-me
Ne me quitte pas il faut oublier tout peut s'oublier qui s'enfuit déjà oublier le temps des malentendus et le temps perdu a savoir comment oublier ces heures qui tuaient parfois a coups de pourquoi le cœur du bonheur ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas
Moi je t'offrirai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas je creus'rai la terre jusqu'après ma mort pour couvrir ton corps d'or et de lumière. Je f'rai un domaine où l'amour s'ra roi où l'amour sera loi où tu seras reine. Ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas.
Ne me quitte pas je t'inventerai des mots insensés que tu comprendras je te parlerai de ces amants-là qui ont vu deux fois leurs cœurs s'embraser je te racont'rai l'histoire de ce roi mort de n'avoir pas pu te rencontrer. Ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas
On a vu souvent rejaillir le feu de l'ancien volcan qu'on croyait trop vieux il est paraît-il des terres brûlées donnant plus de blé qu'un meilleur avril et quand vient le soir pour qu'un ciel flamboie le rouge et le noir ne s'épousent-ils pas. Ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas.
Ne me quitte pas je n'vais plus pleurer je n'vais plus parler je me cacherai là à te regarder danser et sourire et à t'écouter chanter et puis rire laisse-moi devenir l'ombre de ton ombre l'ombre de ta main l'ombre de ton chien mais Ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas ne me quitte pas .
Dans le port d'Amsterdam y a des marins qui chantent les rêves qui les hantent au large d'Amsterdam. Dans le port d'Amsterdam y a des marins qui dorment comme des oriflammes le long des berges mornes. Dans le port d'Amsterdam y a des marins qui meurent pleins debière et de drames aux premières lueurs mais dans leport d'Amsterdam y a des marins qui naissent dans la chaleur épaisse des langueurs océanes
dans le port d'Amsterdam y a des marins qui mangent sur desnappes trop blanches des poissons ruisselants ils vous montrent des dents a croquer la fortune a décroisser la lune a bouffer des haubans. et çasent la morue jusque dans le coeur des frites que leursgrosses mains invitent a revenir en plus puis selèvent en riant dans un bruit de tempête referment leur braguette etsortent en rotant
dans le port d'Amsterdam y a des marins qui dansent en sefrottant la panse sur la panse des femmes et ilstournent et ils dansent comme des soleils crachés dans le son déchiré d'un accordéon rance. ils setordent le cou pour mieux s'entendre rire jusqu'à ceque tout à coup l'accordéon expire alors legeste grave alors le regard fier ils ramènent leur batave jusqu'enpleine lumière
dans leport d'Amsterdam y a desmarins qui boivent et quiboivent et reboivent et quireboivent encore ilsboivent à la santé des putains d'Amsterdam de Hambourg ou d'ailleurs enfin ils boivent aux dames qui leurdonnent leur joli corps qui leur donnent leur vertu pour une pièce en or et quandils ont bien bu se plantentle nez au ciel se mouchentdans les étoiles et ilspissent comme je pleure sur les femmes infidèles dans le port d'Amsterdam dans le port d'Amsterdam