Géant !

Je suis allé hier soir voir la pièce Equus au Théâtre Marigny, une piece datant de 1973 de Peter Shaffer dont le succès ne se dément pas depuis sa sortie. Mais, plus que la pièce c'est Julien Alluguette que je souhaitais voir.

Puisque j’ai pris l’habitude de faire un compte-rendu des concerts auxquels j’assiste, normal que je me colle au mien
Hors donc, en cette douce soirée du 19 avril 2008, , premier et unique concert de Sucrepop de ce début de XXIème siècle.
Le lieu, Studio Raspail, 216Bd Raspail, à Paris, superbe salle d’un peu plus de 200 places, gracieusement mise à disposition par L’Audioclub de
Arrivée pour faire les balances à 17h30,comme toujours,Thierry et Serge, les techniciens sons (et lumière également) font montre d’une gentillesse et d’un professionnalisme à toute épreuve. Arnaud enregistre le concert pour le compte de l’Audioclub (la question est, l’entendra t’on un jour ?)
Le thème initial de la soirée était Sortez covers !Soit votre serviteur, chantant 4 à 5 reprises, divers autres intervenants reprenant du Sucrepop. Dans les faits, entre offres déclinées, défection, désistement, annulation, 3 personnes ont répondu présent, Marijane,Lucet Julie,tous déjà acteurs de Sucrepop à un moment ou un autre.
Pour que le concert soit assez long, j’ai donc du me faire l’interprète de pas mal de mes propres titres.
20h00 et des poussières, 20 personnes dans la salle à tout casser (le 1er jour des vacances scolaires en région parisienne n’expliquant pas tout) merci à ceux qui ont fait l’effort. Comme je ne m’attendais pas à autre chose, nulle déception.
Etrangement,pas le moindre soupçon de trac, cœur qui bat un peu plus vite, petite bouffée d’adrénaline, rien. Je ne suis pas sujet aux grands coups de stress,mais tout de même, habituellement dans une situation ou je suis à peu près autant dans mon élément qu’un poisson dans une boucherie, j’aurais du avoir quelques sueurs froides pour commencer. Pas normal, donc, me suis-je dis en moi-même,tu n’es pas assez impliqué.
Warm and Beautifulpasse mieux, le 1er Sucrepop, Je lis ta peau demande une performance vocale dans le refrain que je suis bien incapable de fournir. J’ai pris l’option de parler pas mal entre les chansons pour expliquer pourquoi elles ont été écrites. A défaut de séduire par ma prestation,au moins le texte sera écouté. Je clos ma première partie avec la version reggae de when‘im 64 ou je me gauffre lamentablement dans les paroles, pour avoir voulu jeter un œil sur un texte que je connaissais pourtant parfaitement.
Premier bilan, la mayonnaise ne prend pas, ma place n’est pas sur scène (mais ça je le savais déjà), j’espère simplement que les personnes présentes ne s’emmerdent pas trop. Le nouveau jeu de lumières dont c'est doté l'Audioclub et que j'étrenne ce soir font que je ne vois même pas le 1er rang (ou de toutes façons, il n’y a personne)
Je présente brièvement Lucqui vient chanter 2 titres qui m’intéressent bougrement. D’abord parce que lui contrairement à moi,joue live et pas sur bande son et que l’un des deux est une collaboration que je n’ai pas entendu depuis sa création, ma contribution ayant été d’apporter le refrain. Il ouvre avec Sentimentale, dans une version totalement revisitée, à la limite de la création, sans le texte évidemment très proche du mien, je ne l’aurais pas reconnu.Bref une vraie reprise, totalement réappropriée comme je les aime. Ensuite Mathilde le titre que je redécouvre et qui m’accroche bien, et donc j’attends avec impatience une maquette finalisée.
J’explique. Je commence par un clin d’œil à la musique hawaïenne avec le titre deBourvil,Salade de fruits. Le truc en 3 accords inratable. Et pourtant, pain dès le second couplet, impossible de conserver le uke sur moi, il glisse.J’enchaine sur le Iwanna be your Boyfriend des Ramones, simplistique comme ce n’est pas permis, idem, impossible d’enchaîner correctement les accords, le Uke se dérobe. Là je me pose des questions, en plus de me ridiculiser (bon,devant 20 personnes seulement, c’est déjà ça), je cherche ce qui cloche.
J’abrège le titre, tente, idiot que je suis, un 3eme alors que j’aurais du plier bagage de suite, unKiss, Bethen l’occurrence, est totalement saboté également. Et je percute soudain que la matière donc est faite ma veste et sur lequel repose fatalement le uke au creux de mon bras glisse, ce qui fait qu’il ne tient pas en place et explique ma course après le manche. Comme je suis un idiot doublé d’un imbécile, je tombe la veste et décide de poursuivre quand même alors que, visiblement, ce set acoustique est à oublier au plus vite.J’entame un arpège pour lancer LesBêtises de Sabine Paturel, et je me rends compte que ni la voix ni le Uke n’y sont.
Je termine au plus vite, en zappant un couplet du titre et abandonne piteusement là. J’appréhendais Waterloo, ce fut
Neme restait plus qu’à enchaîner sur un set bossa, Drôle d’amour,Everythingde Status quo et Restons couchés. Je sens que ma voix se barre de plus en plus, ou, pour être exact que les médicaments cessent progressivement de faire leur effet ce qui revient au même.J’ai inclus dans mon set le titre Un ptit rock and roll pensant qu’avec ce titre sympa de 2’30 je pourrais faire sourire.Quelques claquements de mains du public que j’ai plus perçu comme la tentative désespérée d’une partie de l’auditoire de me faire croire qu’ils avaient apprécié quoique ce soit. La partie solo de ce titre m’a paru comme un tunnel sans fin,impossible de savoir quoi faire pendant tout ce temps, le pire moment ?(non, il y avait l’épisode uke).Je clos avec elle était belle, que je massacre allégrement avec une voix que Bob Dylan n’aurait pas renié. Mais le texte (ou ma présentation d'icelui) semble avoir eu un impact. Moi qui me revendique mélodiste avant d'être auteur, je constate une fois de plus que ce n'est pas ce qui provoque le peu d'intérêt envers ma musique.
Départ avec comme un cri. Juliem’a l’air bien plus à l’aise que la dernière fois. Le titre de décolle pas, mais c’est du àl’orchestration cul de plomb que le lui ai collé car côté voix, elle assure nickel. Suis Mens moi plus fort, dans un mix bien plus dépouillé, à sa demande. Je dois reconnaître que ça le fait bien même si, sur la fin du titre, un peu d’énergie eut été la bienvenue. Les applaudissements sont plus nourris, Julieœuvre à sauver la soirée.
Mais voilà, c’est déjà fini pour Juliequi remporte un franc succès, justifié, qui me conforte dans l’idée que certains sont fait pour chanter et d’autres non.
Initialement les deux titres à venir étaient prévus pour un éventuel rappel. J’ai décidé avant le spectacle qu’ils seraient inclus directement. Mais encord une erreur de choix de titre. Simple love song, qui est une honnête chanson à fredonner, est en anglais et n’a rien a faire ici. Je le sais avant de démarrer, mais, pas le choix,elle estsur le CD bande son. J’annonce la fin avec What a wonderful world de Louis Armstrong.
Je sais déjà qu’il n’y aura pas de rappel, et comme j’avais prévu que Julie finisse avec I will survive, je l’avais prévenu que j’essaierais de finir sur une tentative d’humour en massacrant ce titre au ukulele avant de lui céder la place. Massacrer, ça, je sais faire, c’est probablement le seul truc qui a fonctionné de la soirée, sauf que la salle était déjà anesthésiée par l’heure et demi précédente et que cela à simplement sorti de leur coma ceux qui étaient dans un état avancé de catalepsie.
Remerciement à tout le monde, rideau.
Officiellement j’aurais du clôturer avec Merci (la technique lance d’ailleurs le morceau à la fin) mais je pense que chacun en a ras la casquette et tout s’arrête là.
En tout cas, pas dans ce format. Jen’ai rien à faire surune scène (mais ça je le savais déjà, les circonstances m’y ont forcé en quelque sorte). Jouer sur bande son est froid et ne permet pas au public d’adhérer.Même Julie dont les capacités vocales et le talent ne sont plus àdémontrer n’a pas réussi à lever la salle. Faut dire aussi qu’après le traitement que j’avais infligé, ta tâche était rude.
Bref, même si les habituels témoignages habituels d’aprèsconcert tentaient de me faire croire le contraire, cette soirée avaitun côté trop amateur (que nous sommes), et n’est pas à mettre à mon crédit.
Ilest plus sage pour moi de rester dans ma cave pour y gribouiller des chansons et les donner à écouter sur le net. Bref continuer ce que j’avais sagement choisi de faire jusqu’ici.
Un point positif?
En présentant les morceaux j'ai sentique les tentatives d'humour que je pouvais faire trouvaient parfois écho et que donc, a defaut d'étre apprécié en tant qu'interprete,j'étais écouté en tant qu'auteur.
Vendredi 09 février 2008
Une soirée au Studio Raspail pour aller (re)voir Marijane et découvrir Edenmix.
Un petit retard ½ heure et le rideau s’ouvre pour laisser apparaitre Marijane entourée d’un groupe ! Pianiste, basse, batterie, qui s’averreront être le groupe Edenmix.
Piano Bartok en ouverture, extrait du dernier album de Marijane , signé par Claude Collet, l’une des Edenmix (d’où la connection entre les deux). Ca groove grave, les 3 musiciens sur scène maitrisent, et le terme est faible, leurs instruments comme rarement, une version impeccable qui porte Marijane , dont la tenue de scène, classieuse, détonne un peu avec l’énergie déployée ici.
Ils enchainent aussi sec avec Encore, la plus belle chanson de son dernier album, également signée Edenmix, royale.
Et là, exit le groupe, Marijane appelle alors une pianiste, Sophie Uvodic qui prend la relève.
Sauf qu’évidement, passer derrière un tel band, doté d’une telle puissance de feu, c’est mission impossible. Lolita, ma popsong favorite de Marijane , est exécutée, c’est le terme, sur un synthé avec accompagnement automatique, le son est à la hauteur de la déception.
Promenade aux bords de Marne suit le même traitement. Avantage, les chansons prennent des couleurs différentes des orchestrations de l’album, mais le côté Bontempi est vraiment trop prégnant.
Quand Sophie laisse tomber son clavier synthétique pour passer au piano pour une reprise de Zazie (j’envoie valser) ou Barbara (Göttinguen), le temps revient au beau et la voix de Marijane peut enfin se poser sur du solide.
Un inédit, Flagadiva, doté d’un intermède lyrique, un tantinet déconcertant, mais pas autant que l’étonnante reprise d’un titre des Frères Jacques, la pêche à la baleine, signé Prévert/Kosma. Comment dire, rien dans cette chanson, texte ou musique, n’a à voir de près ou de loin avec l’univers de Marijane . Presque théâtrale dans sa construction, son côté second degré (voir troisième) est en décalage total avec le reste du concert. Nouvelle et future orientation de Marijane ? Celle-ci clôt sa prestation sur son « tube » Vacances à Rome, mais à plus de mal à emporter l’adhésion du public qu’a l’accoutumée.
¼ d’heure d’entracte, place à Edenmix.

Edenmix est un duo. Une pianiste compositrice chanteuse, Claude Collet, un batteur percussionniste arrangeur Daniel Ciampolini. Sur scène ce soir, un troisième larron, Alain Billard qui officie à la basse, clarinette et saxophone soprano, rien que ça.
Un mot sur les musiciens.
Le batteur est carrément surhumain. Sans esbroufe inutile, sans vouloir en mettre plein la vue, il scie tout le monde. Une aisance, un swing stupéfiant, une technique invisible mais omniprésente, je dis chapeau bas. La pianiste n’est pas en reste. Au moins 8 doigts à chaque main, la crème de la crème.
Bon, côté musique je suis un peu resté sur ma faim. Les titres m’ont paru long, plus portés par leur texte que par leur mélodie. Seul le titre Tabacomanie, presque pop latine a retenue mon attention. La voix de la chanteuse ne portait pas. Je suis allé ce matin sur leur site les écouter, pour préciser mes impressions. La voix est là clairement agréable, sensuelle, ma relative déception d’hier soir est probablement due à l’acoustique qui ne mettait pas la voix en valeur car sur disque en tout cas, ça le fait.
Un instant de pure magie tout de même. Le percussionniste nous a présenté un instrument de fabrication récente dont il n’a pas donné le nom et que j’ai déniché sous le nom de Hang (voir par ici). C’est fou ce qu’avec deux mains, dix doigts et une tonne de talent (sans parler du boulot) on peut arriver à faire. Carrément envoûtant. LE beau moment de cette soirée.
Retour de Marijane sur scène pour un Femme co-signé par elle et Claude Collet. En rappel le Piano Bartok d’ouverture. A coter que sur leur propre album, Face à Face reprend les perles offertes à Marijane dont la sublime Encore.

Il m’arrive, quoique rarement, de sortir de ma cave pour aller écouter quelques faiseurs de bruits. Il s’avère que ce 23 mai, un même concert réunissait Clyde, dont j’ai récemment dit le grand bien que je pensais de son album, Gilliane Kim, favourite of mine, et un troisième larron que ne je connaissais ni des lèvres ni des dents, Leonard Lasry.
Cette affiche ayant l’excellente idée de se produire à quelques encablures de la cave sus citée, je décidais d’affronter le monde.
Rendez-vous dont à l’Etage (c’est le nom de la salle), 77, rue du Faubourg du Temple
75010 Paris au pied du métro Goncourt.
Salle qu’évidement je ne connaissais absolument pas, mon champ d’action habituel étant circonscrit à mon pâté de maison.
Quelques mots sur celle-ci, alliant bar, restaurant et salle de concert. Plutôt spacieuse, agréable, les gens m’y ont l’air charmant et le 1er menu étant à 16 euros, pour un repas de qualité, concert compris, vous comprendrez aisément que je recommande chaudement d’aller y faire un tour. Deux – petits – bémols, j’ai trouvé l’éclairage vraiment très succinct, probablement efficace pour un rendez-vous galant, mais en l’occurrence …
Et puis l’on y fume. Bon, dans quelques mois ce problème n’en sera plus un mais en attendant …
Passons à ce qui m’avait amené en ces lieux. Début du concert annoncé à 20h30, à 29 pétante, l’ami Clyde, une guitare à la main se met en place.
Bon. Comment dire. Quand on a entendu l’album, ces orchestrations sophistiquées, les chœurs, brefs, tout l’arsenal du poper de choc, les chansons toutes nues, ça ne le fait pas. Enfin, à moi, ça ne l’a pas fait. Il chante bien le Clyde, rien à dire, quoique les paroles ne fussent pas toujours bien audibles, mais même ma préférée, le même train, n’avait pas cette petite lumière. A sa décharge (et des 2 autres plus tard), il n’y avait pas 15 personnes dans la salle. Ca n’aide pas. Surtout qu’ils avaient tous l’air aussi coincé que moi ;o)
Mon avis c’est qu’un concert dans ces conditions minimales, ça nuit plutôt à ce type de musique. Jouer sur une bande avec basse batterie par exemple aurait sûrement mieux servi le compositeur et réellement fait découvrir son talent, là, la personne avec moi, qui ne connaissait pas, n’est pas entré dedans.
Une chouette reprise de Serge Gainsbourg, l’anamour, en prime et bye bye Clyde, bonsoir Gilliane.
Pour être clair, c’est surtout elle que je venais écouter. Deux sur scène, Elle, of course, et son guitariste, Patrick Matteis que l’on retrouve sur les deux beaux albums de la dame. Pas de suspens, je n’ai pas été déçu. Elle chante superbement bien, ces morceaux, plus folk que ceux de Clyde, s’accommodent mieux d’une instrumentation minimum, le fait que le guitariste ne fasse que guitarer lui permet certainement aussi d’être plus inventif, moins convenu.
Il n’y a pas, Gilliane a ce petit truc qui fait fondre, cette pointe de bonne humeur, de légèreté, contrastant nettement avec son accompagnateur, tellement concentré sur sa guitare qu’il en oubliait de monter qu’il était content d’être là. Malgré tous ses vaillants efforts pour tenter de réveiller ou au moins dérider la douzaine d’introvertis présents dont j’étais le digne représentant, le concert c’est assez rapidement achevé. Pas de chansons inédites, de reprises, normal, nous ne l’avions pas mérité. Merci Gilliane, c’était quand même bien agréable de t’entendre (de te voir aussi d’ailleurs, le plumage est à la hauteur du ramage)
Entrée du troisième et dernier artiste Leonard Lasry. Pas eu le temps d’écouter quoique ce soit avant de venir, la découverte totale. Exit la guitare, c’est au piano que s’exprime ce monsieur.
Le 1er morceau a une chouette mélodie, l’animal sait carrément très bien jouer de son clavier.
Les titres s’enchaînent, couleur jazzy, parfois assez datée dans la manière de jouer, à noter une adaptation sympa d’un morceau de Jay Jay Johanson, pas si courant.
Au final, je me suis dit que si les chansons bénéficiaient d’orchestrations sur l’album, il y avait là peut être de quoi se rincer agréablement les oreilles. Dont acte, retour at home, je vais sur le myspace du bonhomme, touche play. Et bien les titres s’y présentent dans la même tenue, piano voix. Alors je reste sur ma faim.
Pour résumer, une salle qui vaut largement le détour, sachant qu’en plus, lors des intermèdes, des vieux titres des fifites/sixties étaient diffusés. Une pensée pour les 3 artistes qui ont du être miné de passer devant une salle quasi vide, je serais curieux de savoir si rétribution il y a eu, ou si, comme dans la plupart des salles parisiennes, ils ont joué à l’œil, sous prétexte que ça leur fait de la pub, alors que, soyons clair, c’est eux qui font de la pub à la salle.
Prochaine sortie hors de ma cave prévue, sauf tremblement de terre aux environs de mai 2008.
