Est ce son côté discret ? Loin derrière un Michel Berger , Un Daniel Balavoine, Alain Chamfort ne laisse que peu de traces de lui, alors qu'il est l'un des compositeurs les plus fins de sa génération. Manureva, cosigné Gainsbourg, en unique mégatube, une palanquée d'autres hits moins marquant, pourtant superbes, des années 90 et 2000 un peu légères et hop à la trappe, plus de maisons de disques. Son dernier album sur Yves St Laurent, quoique plutôt réussi, est commercialement un échec. Pour se remettre en selle, rien de mieux que de revisiter, comme c'est la mode actuellement, ses anciens titres en leur donnant une nouvelle jeunesse, un nouvel écrin. Comme monsieur n'a pas la réputation d'un dandy séducteur pour rien, c'est en charmante compagnie, qu'il se lance dans l'aventure. 12 titres, 12 jeunes femmes. De très connues - Vanessa Paradis, Alizée, Jenifer, Claire Keim - à de nettement mois identifiées, pour moi en tout cas, Inna Modja ou Audrey Marnay par exemple - il passe en revue une bonne partie de son catalogue de succès. Les orchestrations tirent nettement vers l'electro pop, et sont plutôt réussies, amenant ses classiques en territoire moderne. Mention spéciale à Vanessa Paradis qui transcende Malaise en Malaisie, et si aucun titre n'est raté, le choix des chanteuses me laisse parfois un peu circonspect, et l'on s'aperçoit que celles qui ont une réelle identité vocale se font rares. Pour une Camelia Jordana combien d'interprètes que l'on ne peut distinguer les unes des autres ? Si cet album permet à une nouvelle génération de découvrir le talent d'Alain, le jeu en valait la chandelle.