Calogero - Pomme C

Calogero

 

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4ème album studio du Calogero solo, après la période Charts.
Avec ces trois premiers disques, il a réussi le grand pont entre la variété la pop et le rock. Compositeur redoutablement efficace, on ne compte plus ses succès, porté par une voix de tête dans la lignée des Polnareff, Obispo, Balavoine et surtout, le son de ses disques, très travaillé, élaboré, pouvait regarder la concurrence anglo-saxonne droit dans les yeux sans rougir.
Bref, un exemple à suivre, l’un de ceux dont la sortie d’un album déclenche l’achat immédiat sans me poser de question.
Passons sur la pochette, portrait de l’artiste qui me paraît plus être une couverture de Têtu que la pochette d’un album, mais bon, les goûts et les couleurs …
Les textes ont tous été écris par Zazie, un auteur que j’apprécie particulièrement également.
Calogero.jpg
L’album s’ouvre sur Pomme C, du Calogero pur jus, un single efficace, guitares aux vents, sans surprise mais prenant, tendance pop rock prononcée , de bonne augure pour le reste de l’album, accrocheur, bref une ouverture réussie.

Le second titre est le premier single de l’album, le saut de l’ange. Le son est là, une constante sur tout l’album d’ailleurs, ça sonne vraiment bien. Le refrain, sans être géant, est entêtant, c’est ce qu’on lui demande.

Game over, chanson sur un accro du jeu video est ordinaire. Les ruptures rythmiques et la basse ronflante, ne masquent pas le peu d’intérêt du titre.

Suis-je assez clair est la réussite de l’album, un texte inspiré sur un immigré, une mélodie rentre dedans, une combinaison gagnante efficace, la voix qui emmène le tout, chapeau.

Drôle d’animal, texte bateau et insipide, musique du même métal, à oublier.

Me dit elle suit le même schema tactique que les titres précédents. Un départ retenu, maîtrisé, pour tout lâcher ensuite. Calogero fait du Calogero, et le fait bien, une tendance tout de même à traiter tous les titres de la même manière qui est un de mes regrets sur ce disque
Sans l’amour est bâti de la même manière, alternance de caresse et de griffures rageuses de guitares. La basse est omniprésente, et rappel que c’est l’instrument de base du bonhomme.

Danser encore est la première ballade de Pomme C. On oscille entre J’envoie valser de Zazie et du Souchon. Dispensable.

calogero2.jpg Mélodies en sous sol, sur un thème similaire à Voyou de Michel Berger, une intro de plus d’une minute dont je me demande l’intérêt sur un album. Le tout ne m’accroche pas plus que ça.

Un petit moment de douceur avec Je sais, peut être le titre le plus Zazie de l’album dans son traitement musical.

Hyponcondriaque clôt officiellement l’album, sans laisser de souvenir impérissable, et oh surprise, un douzième titre vient compléter la collection, un instrumental dont je ne connais absolument pas le nom et qui ne changera rien à l’idée que l’on peut se faire de l’album.

Alors au final ?
Je suis circonspect. J’étais très déçu initialement. En le réécoutant attentivement pour cette chronique, je m’aperçois que finalement, la plupart des morceaux passent bien. Alors pourquoi cette impression de ratage ? ou en tout cas de peut mieux faire .

La collaboration avec Zazie ne change rien à l’univers du bonhomme, c’est un trou noir qui avale la lumière et transforme tout en Calogero.

Je crois que c’est ce manque de surprise, d’audace qui plombe. Tous les titres de Pomme C auraient pu se trouver sur un album précédent sans dénoter. La structure similaire de nombre de titres est également agaçante. La voix est là, la patte Calogero omniprésente, c’est bien le moins, le gros son de basse, les guitares, la dimension scénique de cet album sera certainement énorme, mais il me laisse néanmoins un sensation d’inachevé, de facilité, comme s’il pouvait en faire 10 comme cela.

L'impression que le tout est conçu comme une poignée de singles basés sur un moule identique. En fait le titre de l'album est révelateur et incomplet, Pomme C ok, mais suivi d'un Pomme V dévastateur.

Didier Sustrac - Je chante un air

Didier Sustrac

 

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Didier Sustrac vient de sortir un nouvel album, le 5ème je crois.
Je connais mal le bonhomme, voir pas du tout, déjà entendu un ou deux titres en radio il y a des années de ça, pas plus que ça.
Dans le flot des nouveautés que j’ai écouté dernièrement et qui tournent sur mon walkman, c’est l’un des rares à surnager, je me suis dis que me fendre d’une petite chronique pour donner à d’autres l’envie de découvrir le bonhomme ne serait pas une mauvaise idée.

didiersustrac.jpg Pour les pressés, un résume lapidaire, Sustrac = bossa. Brésil plein phare, frappé du syndrome Girl from Ipanéma.en plein cœur le Didier.
Pour les mauvaises langues qui penseraient qu’il tente de surfer sur une vague bossa issue du succès d’Henri Salvador, près de 15 ans si j’en crois son site, qu’il creuse le même sillon, loin d’être de l’opportunisme, nous sommes donc face à un vrai aficionado, un ambassadeur de la musique sud américaine.

Je chante un air est le titre du dit disque. Enregistré au Brésil, avec des pointures tant en tant qu’arrangeur qu’en musiciens, le menu met l’eau à la bouche, mais quid du chef ?
Parce que le dernier Salvador présentait également des gages de qualité avant l’écoute, avec le résultat que l’on sait, soporifique. C’est le risque avec la bossa nova, elle peut donner naissance à pur joyaux ou à de la musique d’ascenseur. Soyons clair, ici le piège est évité.

Une voix chaude et veloutée, écoutez amours et délices, des compositions dans l’ensemble assez dépouillées, qui nous amènent sans problème à rêvasser, les tempos étant majoritairement lent, pas de samba enlevée ici, juste de la douceur.

Tous les titres s’écoutent fort agréablement avec un goût de revenez-y prononcé. Un surprenant duo avec Claude Nougaro, qui pourtant semblait appartenir à l’album précédent, que je ne connais pas. Le titre qui ouvre l’album, Dieu le père est probablement celui qui accroche le mieux et est une bonne entrée en matière dans l’univers du bonhomme.

Si je devais formuler une critique, il manque là un bon gros single, un gros titre qui pousserait l’album pour le faire connaître de plus grand nombre. C’est clairement un des meilleurs album de bossa francophone que j’ai entendu depuis un bail, des années lumières au dessus d’Elie Seymoun, facile me direz vous, du niveau du bel Azul d’Helena Noguera. Mais il manque le petit truc qui ferait passé ce disque à l’étage supérieur. Une chanson comme Samba Maria de David Koven (remember ?) autre fondu de la musique brésilienne, ou un titre brillant comme Laurent Voulzy sait les écrire, bref un petit truc qui ferait passer monsieur Sustrac de second couteau au premier plan car il en a l’étoffe.

Superbus -Wow

Superbus

 

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superbus-wow2.jpg J’ai un à priori favorable sur Superbus .

Leur second opus, Pop’n’Gum, petite galette fourrée aux singles efficaces m’avait converti, mais j’étais passé à côté de ce troisième album, je viens de me l’acheter après avoir croisé inopinément leur clip butterfly sur un quelconque robinet à clip télévisuel.

Emmené par une demoiselle à l’énergie communicative, Superbus, visiblement c’est elle puisqu’elle signe tous les morceaux, le groupe propose une musique doté d’un côté pop plus que prononcé, entre girls group des sixties et la référence ultime dans ce genre de musique, Blondie, bref une pop enjouée, qui met la patate ou la pèche, au choix, enthousiasme communicatif de la pop sucrée comme Sucrepop aurait aimé en faire.

Le dénommé Wow, paru à l’automne 2006 reprend le fil là ou Pop’n’Gum l’avait laissé, à croire même qu’il est issu des mêmes sessions, tant les ingrédients sont les mêmes. Ceci dit, ce n’est que leur 3ème album, laissons leur le temps d’exploiter le filon.

La plupart des titres sont sous la barre des 3’, l’album peinant à atteindre les 45 minutes au total.
Il s’ouvre sur un pop/rock endiablé Rock à Billy, qui certes est enlevé mais manque d’une efficacité mélodique certaine. Une sorte de morceau des Go Go’s raté, ponctué d’onomatopée, marque de fabrique du groupe qui ne brille guère par ses textes, mais ce n’est pas nécessairement ce qu’on leur demande non plus.
Superbus-Wow
Le morceau suivant, Ramdam, est un petit bijou, parmi leurs tous meilleurs titres à ce jour. Classe pop qui démontre la capacité du groupe à fournir de l’excellent matériel et le meilleur titre de Wow.
Butterfly, le 1er single, un hommage marqué à Blondie avec ces accents disco pop, fait son office de single, mélodie entêtante, arrangements efficaces à défaut d’être innovants, Superbus confirme tout le bien que je pensais d’eux.

Le 1er morceau en anglais arrive, tentative de conquérir le marché anglo-saxons ? Si l’idée est bonne, le problème c’est que si en France, des groupes pop touchants le grand public comme Superbus se comptent sur les doigts d’une main, la concurrence outre-manche ou outre-atlantique est bien plus rude. Mais, sans essayer … de fait la moitié ou presque de l’album est dans la langue de Shakespeare, un poil plus que sur les albums précédents

Le titre Lola, suit le chemin tracé pars ses prédécesseurs, texte totalement inepte, et pourtant on ne peut pas m’accuser de privilégier la chansons à textes ;o), pour popsong simple mais qui fini par tourner en rond.

Et c’est en fait le défaut majeur de l’album, car quand l’alchimie pop ne fonctionne pas à plein, quand le titre n’a pas le potentiel d’un single, la mayonnaise ne prend pas. Ce qui à envoyé Blondie, Go go’s au panthéon des pop stars c’est la capacité d’écrire des chansons futiles certes, mais qu’est ce d’autres que la pop, mais d’en remplir un album. Parallel lines ou Eat to the beat, les albums les plus efficaces de Blondie croulaient sous les singles, ça n’est pas le cas de Wow.

Perso, je ne compte « que » 3 singles potentiels sur ce disque (Ramdam, Butterfly, Jenn je t’aime). C’est déjà bien plus que nombre de leurs collègues, indéniablement, mais je sens un tel potentiel dans ce groupe, la capacité de faire un album vraiment géant, que je suis un peu déçu. Tout est là pour que ça colle, les ingrédients y sont , le son, la voix, si j’en crois ceux qui les ont vu sur scène ils assurent sacrément bien, reste à trouver la bonne formule, l’alchimie magique qui combinant tous leurs atouts décrochera la timbale.

Jenn en a le potentiel, je n’en doute pas une seconde.

AlternativA

AlternativA

 

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alternativa.jpg A night in Starlight, d'AlternativA est un drôle d'album.

En 2003, Willem Evers découvre Electric Light Orchestra. Coup de foudre musical entre Jeff Lynne et le compositeur batave. Qui décide, dans la foulée, d'écrire un album hommage, à la manière d'ELO et de former un groupe pour jouer les chansons. AlternativA était né.

L'album est sorti en 2005, je ne l'ai découvert que récemment, quand Willem me l'a envoyé.

Alors oui, le pari est réussi, nous voici dans la machine à remonter le temps, direction la période Out of the Blue - Times qui me semble être les deux points d'ancrage du disque. Impasse sur les 1er albums, sur Discovery ou Secrets Messages. Bref, focus sur la meilleure période.

Un cours instrumental en intro, style prologue de Times, et l'on bascule sur Fly away, au potentiel de single évident.
Le jeu est ensuite de retrouver à quelques titres Willem à emprunté tel ou tel tic ou gimmick.

A noté que la voix n'est pas une pâle imitation de celle du maître, mais que l'ami Willem Evers est doté naturellement d'un timbre très agréable.

Moins de cordes et de choeurs que dans l'original mais un sacré beau boulot tout de même.
Comparé au projet récent et similaire de Bleu, le projet LEO, net avantage à AlternativA qui n'a pas négligé d'écrire de bonnes compos. All it would have taken et son parfum Mister Blue Skye ou le magnifique Sunglass hero sont efficaces et si l'ombre d'ELo plane toujours, elle n'obscurcit pas pour autant l'album qui a plusieurs titres tout à fait remarquables.

Bien sur, le risque quand on se lance dans une telle démarche, c'est la comparaison avec l'original. Et évidemment, à aucun moment, Alternativa ne rivalise avec le meilleur de Jeff. mais cela reste un bel album hommage, très plaisant, et qui donne envie de savoir ce que ce compositeur serait à même de faire une fois dégagé de son encombrante influence.

Pour finir, étonnamment, le choix du single, Join us for Chrismas ne me paraît pas judicieux, puisqu'il est pour moi l'un des plus faibles du disque.

en résumé, si vous appréciez ELO, vous ne serez pas déçu avec son succédané, AlternativA.

The Beatles - Love

The Beatles

 

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Beatles.jpg Un peu avant Noël, probable coïncidence, voilà que l’inépuisable génie marketing d’une maison de disque se réveille.
Et si on sortait un nouveau disque des Beatles !
En voilà une idée qu’elle est formidable. Tel le phénix qui renaît de ces cendres, le catalogue des fab four, qui pourtant n’a pas évolué d’un iota ces 30 dernières années voit néanmoins régulièrement une compil, un remix bref un truc pour réanimer la poule aux œufs d’or.

Cette fois ci, avec la caution du seul homme à mériter le nom de 5eme Beatles, Georges Martin lui-même, accompagné de junior, c’est un album nommé Love qui apparaît dans les rayons de nos disquaires favoris, prétexte à un spectacle du cirque du soleil. L’argument est le suivant : Papy Georges et fiston ont accès à la caverne d’Ali Baba pour traficoter toutes les bandes et nous refaire du Beatles new look, promis juré comme on ne les a jamais entendu, indispensable.

En fait d’Ali Baba, c’est plutôt aux 40 voleurs que nous avons affaire. Une grosse trentaine de titres du catalogue des garçons dans le vent est gentiment revisité, avec tout le respect qui leur est du, le summum de la prise de risque étant de coller les cordes de Goodnight sur Octopus Garden. Bref si l’idée était de faire du neuf avec du vieux, le résultat est là, du vieux avec du vieux.

D’un autre côté, qu’attendre d’autre d’un homme de plus de 80 ans. Alors que l’accès au Saint Graal aurait pu permettre toutes les audaces, pour réellement rafraîchir les morceaux (si tant est qu’ils en aient eu besoin) , secouer tout ça et en faire un vrai faux nouveau disque, et des tonnes de remixeurs en eurent été capable, plus convenu que cela, tu meurs. Que les deux survivants et les deux veuves n’y aient rien trouvé à redire n’a rien d’étonnant, il n’y a effectivement rien à en dire. Alors que l’occasion en or de violer ces chansons à partir du matériel original était possible.

Certes, les voix sont parfois plus présentes, certes la version dépouillée (de Clapton entre autre) de While my guitar gently weeps donne toujours le frisson, bref les grandes chansons sont là, le son de l’ensemble est plus brillant, ça sonne, c’est certain technique oblige, mais de là à parler d’un nouvel album …

Juste une énième compil de chansons, vendus à prix d’or alors que l’enregistrement de ces titres a été amorti un million de fois. Toujours agréable à entendre, évidemment, mais en de ça de ce qu’il aurait été possible de faire, le plus réussi dans tout cela c’est le pochette et le titre qui leur va comme un gant.

Et pour Noël prochain, à votre avis ?

1 Because
2 Get Back
3 Glass Onion
4 Eleanor Rigby / Julia
5 I Am the Walrus
6 I Want to Hold Your Hand
7 Drive My Car / the Word / What You're Doing
8 Gnik Nus
9 Something
10 Being for the Benefit of Mr. Kite! / I Want You (She's So Heavy) / Helter Skelter
11 Help!
12 Blackbird / Yesterday
13 Strawberry Fields Forever
14 Within You Without You / Tomorrow Never Knows
15 Lucy in the Sky with Diamonds
16 Octopus's Garden
17 Lady Madonna
18 Here Comes the Sun / the Inner Light
19 Come Together / Dear Prudence / Cry Baby Cry
20 Revolution
21 Back in the U.S.S.R.
22 While My Guitar Gently Weeps
23 A Day in the Life
24 Hey Jude
25 Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band
26 All You Need is Love

Corriya - Tout simplement

Corriya

 

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Tout+simplement-pochette+face.jpg D’abord, il y a l’objet.
Dans le monde numérique d’aujourd’hui, ou la dématérialisation règne en maître, la pochette, quand elle existe, est rarement œuvre d’art également, réduite au rang de simple présentation d’artistes.

Corriya à choisi un tableau au rouge profond, passion, luxueux écrin pour les 4 titres qu’elle nous propose, 4 titres rassemblés sous le nom Tout simplement, puisque elle s’y présente dans le plus simple appareil (non, elle n’est pas nue sur la pochette ;o), juste une voix et un instrument, piano, Rhode ou guitare acoustique, le choix du tableau The Two de Rabi Khan pour illustrer son propos prenant alors tout son sens.

Tout simplement également car, hormis l’instrumentation réduite à l’essentiel, le tout fut enregistré dans son home studio, son bon vieux Mac rebaptisé comme tel pour l’occasion.

L’album s’ouvre sur quelques bulles de piano électrique pour un Hommage à Henri Salvador, déclaration au vieil amuseur, qui a le mérite de précéder le tombereau de dithyrambes qui ne manquera pas d’être déversé à titre posthume et la délicatesse de na pas surfer sur la vague bossa caractérisant le bonhomme d‘aujourd’hui.

La bossa justement, nous en propose une ensuite, subtile guitare acoustique, ode au Brésil, au farniente et à l’amour. Si, personnellement j’aurais préféré une rythmique un peu plus prononcée, une orchestration plus riche pour mettre encore mieux en valeur sa voix, le but est atteint, nous séduire.

La voix justement, l’atout majeur de Corriya. Un timbre unique, reconnaissable entre 1000, marque de fabrique de la dame. Comment vous la dépeindre Un souffle, une fragilité apparente cachant une force intérieure. Comme ces objets dont la fêlure fait le cachet, la valeur. Loin des meuglantes Star académiciennes, une voix qui vous entoure, vous enveloppe, une voix quoi.

Alors bien entendu, sur Ne pleurez plus, le troisième titre, posée sur un arpège de piano, cette voix provoque l’effet inverse de ce que suggère son titre. Des harmonies subtiles, des paroles poignantes, 3’21 d’un instant d’éternité.

Pou clore ce trop court voyage en sa compagnie, un Kiss en Fa ludique, plus enjoué mais tout aussi tendre, peut être mon titre préféré ici.

L’agréable mélancolie que dégage cet ensemble laisse une douce impression de plénitude, de grâce. Triste sans être désespéré, calme sans être mièvre, Corriya réussit à rester sur le fil du rasoir, mais nous laissant sur notre faim, 4 titres, c’est bien trop court.

Si vous aviez ¼ d’heure à perdre, voici un excellent moyen de ne pas le perdre complètement , vous trouverez les différents points de ventes sur son site www.corriya.com

Henri Salvador - Révérence

Henri Salvador

 

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henri_salvador_reverence.jpg Parier sur Monsieur Henri au début du XXIème siècle était plus qu’improbable. Allié à de jeunes talents, il produit pourtant l’un des plus beaux albums de ce début de siècle, Jardin d’hiver, un véritable bijou bossa nova. 2 ans plus tard, rebelote, avec Ma chère et tendre, toujours dans le même créneau, quoique avec un peu moins de réussite, il y signait cette fois la plus part des compositions.

Voilà donc qu’à l’aube de ces 90 ans, il complète la trilogie par Révérence, allusion à sa décision d’arrêter la scène, ce que l’on comprend aisément.

Ce nouvel album reprend donc les choses ou Ma chère et tendre les avait laissé, 11 des 13 titres portant la signature musicale du maître des lieux, Ray Charles et Carlos Jobim complétant la série.

Produit au ¾ par Jacques Morelenbaum, l’arrangeur de bossa nova référent, enregistré au Brésil, Salvador revisite d’anciennes compositions, comme la célèbre Mon île, dont la légende dit qu’elle aurait influencé la naissance de ce style de musique ou nous propose de nouveaux morceaux toujours dans ce style plein de douceur.

Malgré son âge, sa voix de crooner reste étonnamment belle, chaude, et, si elle a perdu en souplesse, il a bien réussi à le dissimuler.

Deux titres dénotent un peu, une compo co-signée Eddy Mitchell, reprise également par ce dernier sur non nouvel album Jambalaya, sur un rythme jazzy plus enlevé, porté par des cuivres envahissant, montre les limites de l’exercice.
Idem pour la reprise d’Allelouia, I love her so, dans un registre moins cool que le reste de l’album.

Pour le reste, le tout s’écoute plus qu’agréablement, les orchestrations sont somptueuses, les cordes font un tapis moelleux à la voix qui prend alors toute sa plénitude. Un bémol néanmoins, les compos sont assez fades en elle-même, pas ici de chef d’œuvre à la Jardin d’hiver, si l’interprète Henri Salvador stupéfie par sa capacité à nous enchanter malgré son âge canonique, le créateur s’essouffle rapidement. Avec cette voix et ces arrangements, il pourrait bien chanter n’importe quoi, il nous séduirait tout de même, mais que ce soit avec l’hommage à Françoise Sagan Mourir à Honfleur on son duo avec Caetano Veloso, le tout manque d’une efficacité certaine, d’une force mélodique que possédait jardin d’hiver et dans une moindre mesure Ma chère et tendre. Seule Mon île, premier single extrait, quasi 50 ans au compteur, allie la fraîcheur et le charme.

Côté textes, l'amour toujours l'amour, et un certain optimisme, bien en phase avec le personnage.

En souhaitant à Monsieur Henri de nous offrir une suite aussi délectable, et que ce dernier album ne soit pas le dernier, ne boudons tout de même pas notre plaisir, toute cette douceur est tout de même un chouette cadeau. Le froid va arriver, posez le disque sur la platine, tamisez les lumières, serrez vous sous la couette, et laissez vous aller. Le Brésil n’est pas si loin, à portée de voix.


  1. La Vie C'Est La Vie
  2. Mourir A Honfleur
  3. Dans Mon Île
  4. Cherche La Rose (duo avec Caetano Veloso)
  5. L'Amour Se Trouve Au Coin De La Rue
  6. Tu Sais Je Vais T'Aimer
  7. J'Aurais Aimé
  8. Italie
  9. D'Abord
  10. Les Amours Qu'On Délaisse
  11. Alleluia ! Je L'Ai Dans La Peau
  12. Les Dernières Hirondelles
  13. Tu Sais Je Vais T'Aimer (duo avec Gilberto Gil)