Le nouveau clip "Sunlights" du groupe Forget The Heroes, financé via la plateforme KissKissBankBank Forget The Heroes est un groupe de 2 filles/2 gars qui a déjà 2 albums à son actif. Le clip est erotico gothico rock si vous voyez ce que je veux dire, et si vous ne voyez pas, regardez le
En une chanson éculubrée il y a 40 ans, Antoine est devenu une marque. Gentil contestataire, écolo avant que ce ne soit la mode, il a enregistré des albums dont personne n'a gardé le souvenir avant de prendre la voile et de coller au concept carpe diem. Pour la plupart d'entre nous, Antoine, avant d'être le chanteur, le photographe ou le mec de la pub opticienne c'est le gars qui a réussi sa vie. rêvée. Un hold up sur le hit parade à 20 ans et ensuite se la couler douce au soleil en chemise à fleurs sur un bateau le reste de sa vie à ne faire que ce que l'on aime faire sans trop de concessions. Je doute que ce soit aussi idyllique que cela, mais, tout de même, le gars donne envie. L'album Demain loin, premier disque depuis 25 ans résume sa vie. Né d'une proposition de Stanislas, l'arrangeur chanteur à la mode et bougrement doué soit dit en passant, ce disque est une sorte de concept marketing. On réunit un paquet d'auteurs compositeurs, avec mission de faire un album pour Antoine et surtout qui ressemble à Antoine, en tout cas à l'Antoine qu'on imagine. Tout le monde planche sur le sujet, on ramasse les copies, on trie, on sélectionne, on enregistre, et hop, Demain loin. Et Ca marche. Bon, ok, ce n'est pas à 68 ans que le bonhomme va se mettre à chanter nickel, sa voix laisse à désirer, mais l'important c'est ce qu'il raconte. L'album est optimiste, chatoyant, commence par une superbe chanson, Demain Cayenne, à la mélodie veloutée, aborde la légalisation du canabis - février 2030 - ou de la prostitution - les arts du lit - parle évidement de voyages, du soleil, c'est parfois un peu cul-cul comme Chanter au soleil - parfois un peu maladroit dans l'envie de trop bien faire - Non, non, non - mais, en ces temps de crise un disque positif ça ne doit pas être négligé. et l'on se prend à rêver d'un album avec Henri Salvador, puisque nombre de thèmes leur sont commun. Demain loin mais aujourd'hui tout prêt.
Après un très réussi Bleu venise qui a longtemps tourné sur mon lecteur mp3, Daphné nous revient avec un album hommage à Barbara (les 15 ans de sa disparition seront commémorés fin novembre). C'est dit-elle, un peu par hasard qu'elle c'est lancé dans ce projet, Barbara n'étant pas une influence majeure revendiquée. Et donc, 13 chansons parmi les plus connues de la dame brune, dans des versions finalement assez proche de celles d'origines, respectueuses, aux arrangements certes revisités, l'instrumentation diffère un peu, l'accordéon n'est plus de la partie par exemple, mais tout à fait dans l'esprit, et sans aucune volonté de se démarquer, choix délibéré, nous sommes ici dans l'hommage, pas la reprise. Le disque sert de support à une série de concerts qui va retracer l'itinéraire de Barbara. En prime, quelques duos, dont Jean-Louis Aubert qui a travaillé avec Barbara et l'omniprésent Benjamin Biolay qui parle plutôt qu'il ne chante sur Dis, quand reviendras tu ? Les fans de L'aigle noir et de Gottingen seront ravis d'entendre ces nouvelles interprétations, à la fois si différentes et pourtant si proches, les puristes crieront au sacrilège, mais que savent ils faire d'autre ? et les amoureux de Daphné prendront ce disque comme une jolie parenthèse en attendant de savoir de quelle couleur sera son prochain "vrai" album.
Des 4 finalistes de The Voice c'est celui que j'aurais classé dernier. Stephan Rizon, faisant fi des pronostics a remporté le concours et l'album à la clef, et, un an plus tard, voici From Mars with love, un disque dont il signe ou co-signe la majeure partie des titres, un album qu'il peut donc revendiquer comme le sien, et non celui d'Universal, la major qui l'accueille. Le premier single, Looking for love, n'est pas de lui, petit morceau trépidant et sautillant qui, s'il n'est pas nécessairement représentatif du reste de l'album est une honnête carte de visite avec sa mélodie qui se vrille assez facilement en tête. Tout est chanté en anglais, ce qui n'a probablement pas été une sinécure à vendre à la maison de disque, quota de chansons françaises oblige. Le reste du disque est plutôt appliqué, sans être besogneux, un zeste de soul, un poil de blues, crooner par moment, entertainer toujours, comme je ne me fais pas à sa voix, je n'accroche pas plus que cela, et comme les compos ne retiennent guère l'attention, il ne reste pas grand chose à me mettre sous la dent. C'est le disque que j'attendais qu'il fasse, fidèle à lui même et c'est tout à son honneur. Mais moi, j'attend plutôt l'album d'Aude Henneville.
Alors là, je dit chapeau bas. L'ami Raphael, king de la folk song pleurnicharde à souhait, écrasé depuis des années sous le poids d'une caravane de plus en plus lourde à tracter, le Raphaël qui proposait des albums chiants au possible est mort. Enfin pas tout à fait, Super -Welter, titre lié à sa nouvelle passion pour la boxe, n'est pas beaucoup plus passionnant que ses livraisons précédentes, mais, et ce mais à de l'importance, l'artiste a eu le bon goût de tenter autre chose, de prendre de risque, d'essayer. Exit la guitare acoustique, entrée de Benjamin Lebeau, de The Shoes - pas le lumineux groupe pop de Zion, USA, des années 80 dont ils ont inexplicablement réussi à piquer le nom, mais que font les avocats ? - mais le groupe français. Du coup, une couleur plus rock, plus électrique plus sombre aussi, voir torturée, et on pense évidement à un Bashung - ou plutôt un écho de Bashung - voir, à un Daniel Darc moins habité, moins cabossé par la vie, ou, pour la référence Anglo saxonne à un Alan Vega. Pas trace de pop sucrée ici, la pluie est plutôt acide, et trouver un single radiophonique dans ces 10 titres relève de la gageure. L'album semble éminemment personnel, plus introverti, voir introspectif, et si les textes sont parfois abscons - moins que Bashung tout de même - ils ne semblent pas viser à l'universel. Bref un disque d'artiste qui trouve sa voie et affirme sa personnalité Que cette personnalité ne m’intéresse pas le moins du monde est presque un autre débat, aucune de ces chansons n'a trouvé grâce à mes yeux, ne serait ce que parce que la voix qui les porte à tendance à me crisper un peu, mais je dis bravo pour ce virage à 180°, cette volonté de jouer au chamboule tout et de voir s'il reste des quilles debout à la fin.
Les deux premiers albums de Pauline Croze me sont passés à côté, juste entendu son brin de voix de ci de là, charmeur mais sans plus. Le prix de l'Eden, son 3eme opus, m'a attiré pour deux raisons, son titre, prometteur, et sa réalisatrice, Edith Fambuena, dont j'apprécie généralement grandement les orchestrations et le son qu'elle pose sur les albums qu'elle arrange. L’interprète s'épanche dans les interviews sur la panne d'inspiration qui l'a conduit à prendre 5 ans de gestation pour faire naître cet album. Elle le dit, ce disque est né au forceps, n'a pas été facile, elle a travaillé suer sang et eau, peinée, remis sur l'ouvrage, écrit, jeté, bref elle s'est battue pour, l'a mérité. Inutilement. Le disque est fort bien réalisé, il fallait s'y attendre, et Edith habille de jolies couleurs de médiocres chansons. Quand l'inspiration n'est pas là, faut-il la forcer ? Se faire violence pour dire quelque chose si l'on a rien à dire à ce moment ? Heureusement - ou pas - le disque ne laisse pas percevoir la difficulté qu'il a eu à être conçu, il s'écoute, coule tout seul et disparaît comme l'eau coule dans le lavabo. Vous me connaissez, j'adore les chanteuses, suis in love avec les chansons et rien ne me plait plus que la combinaison gagnante des deux. Ici, tout est vide et plat, aride musicalement parlant, côté paroles c'est le point positif, Pauline Croze ou ses collaborateurs proposent des textes intelligents, bien écrits mais cela ne suffit pas à faire un bon disque, du moins pour moi ou la musique à la priorité sur les histoires. J'ai peur que le prix à payer pour son Eden soit un peu trop élevé.
Que Cabrel finissent par se coleter avec la montagne Dylan n'a rien d'étonnant, pour qui suis le bonhomme depuis longtemps, cet amour n'a rien de secret et l'influence du Zim revendiquée et affirmée haut et fort. Et donc, longtemps après Hugues Auffray, premier passeur de la poésie du troubadour ricain, voilà notre homme tranquille qui y va de son hommage, panne d'inspiration pour ses propres chansons oblige. De mon côté, avant écoute, je suis partagé. La pléthorique discographie de Dylan recèle, de mon point de vue, bien plus de daubes que d'éclairs de génie, sa voix m'est la plupart du temps insupportable et je n'apprécie au mieux le bonhomme qu'interprété par d'autres - Byrds, Baez et consorts - ce qui du coup tombe bien. Ma maitrise de la langue anglaise m'empêche probablement d'apprécier toute la finesse de ses textes, on est clairement loin de la pop Beatles dans ce domaine. Monsieur Cabrel s'est attelé à la dure tâche d'adapter - et non de traduire, mission quasi impossible - la poésie du Bob et résultat, un album moins bon que ce à quoi il nous a habitué mais très correct néanmoins. Moins bon car la patte mélodique de Dylan reste tout de même l'un de ses points faibles et comme le bon goût a voulu qu'ici des titres très connus voisinent avec d'obscures chansons, il est aisé de s'apercevoir que, mélodiquement, ça ne casse pas trois pattes à un canard. Par contre voix et orchestration, son général de l'album, sont en droite ligne de ce que propose l'homme d'Astaford habituellement, confort Pullman à tous les étages. Côté textes, faut croire que je suis franchement allergique à l'écriture Dylanienne, même passée par le prisme de Cabrel. Une succession d'images qui ne me touche que rarement, confirmation que j'ai peu d'affinité avec cet artiste. Vise le ciel est le titre de ce disque, et, comme cela le laisse entendre, viser le ciel, c'est avoir de forte probabilité de ne rien toucher. Si l'on en croit Francis Cabrel, cet album aura au moins eu le mérite de le remettre sur les rails de l'inspiration, et, rien que pour cela, il est le bienvenu.