Bon sang ne saurait mentir. Une oreille sur la vidéo ci-dessous devrait vous fixer sur ce que vous propose cet album, du lourd -et de bonnes vibrations ,évidemment. Pour ceux et celles qui n'auraient pas percuté à la lecture des patronymes des 3 chanteuses, un petit rappel. Wilson, c'est la famille Beach Boys, et Carnie et Wendy, les filles de leur maestro, Brian. Chynna Philipps elle, est la fille de deux Mamas and the papas, John et Michelle. Déjà sur le curiculum vitae, ça en impose. Les demoiselles n'en sont pas à leur coup d'essai, quelques albums ont déjà cartonné, compos originales ou reprises, cf leur sublime reprise de Go your own way de Fleetwood mac, mais pas de ce côté de l'Atlantique. Vue leur ascendance, leur point fort les harmonies vocales. Et elles ont décidé qu'il était temps de rendre hommage à leur géniteur. D'ou un feu d'artifice des deux groupes pré cités. A leur tableau de chasse entre autres, l'incontournable California dreamin, Monday monday ou Dedicated to the one I love pour la famille Philipps, God onlys knows, Good vibrations, Fun fun fun ou Don't worry baby des Wilson. manque à l'appel,, In my room et Caroline no pour atteindre l'extase totale. Alors certes, elle ne bouleverse pas les orchestrations, respect à tous les étages, mais ces voix, ces voix sur ces mélodies. La pop, le sucre, tout est dit. Mais que ne reste il des compositeurs capables d'écrire d'autres chansons de ce calibre.
Rien à dire, le talent ça ne s'use pas même si l'on s'en sert. Monsieur Fugain, 45 années de compositions au compteur, je ne compte pas l'impressionnant nombre de chansons, nous envoie 24 titres dans les gencives et il n'y a pas à dire, le mec est fort. Initialement, 4 mini albums 6 titres, une pour chacune des saisons étaient prévus. J'ai vu passer printemps et été, raté automne et hiver. Et voici l'ensemble compilé en une unique disque. Et annonçons la couleur de suite, c'est son meilleur depuis des lustres. Grande surprise, pour la première fois, il signe les textes, et pas qu'un seul, les 24 !! Et ma foi, on se demande pourquoi il a senti le besoin de déléguer jusqu'à ce jour, car le bougre à des choses à dire, et pas seulement parler d'amour. Mélodiquement, on retrouve la patte du grand compositeur qu'il est, les styles musicaux sont assez diversifiés pour maintenir l'attention tout du long de cette grosse heure et quart. Ils sont nombreux les petits jeunes à gribouiller leur chansons, mais le métier parle et il enfonce la plupart haut la main. Presque toutes les chansons tournent autour des3 minutes / 3 minutes 30, format pop par excellence. Côté grandes réussites, la bossa qui ouvrent l'opus Ceux qui s'aiment, sa variation sur A la claire fontaine aux accents Supertramp, l'humoristique T'es ou ? le single Un enfant au texte politique, Y a tout qui change qui devrait cartonner sur scène, Nina, l'un de mes morceaux préférés, très "chanson française" qui me fait penser un peu à A bicyclette, de Montand. Il ya des titres façons Big Bazar - D'l'amour, la musique c'est magique, Dans mes poches, Ca va commencer. De fait, hormis la chanson de marin L'océan est profond, aucun titre ne m'a paru faible. Chapeau l'artiste.
Déjà, le nom du groupe. Un brin barré, sans trop d'indication sur ce que l'on peut espérer y trouver, le titre, Loud, suggérant un rock agressif. Perdu. Ce trio de Poitiers, leur site web, quasi désertique côté infos ne présente que les albums, donc difficile de deviner qui se cache ici et qui fait quoi, à déjà quelques pistes sous la ceinture. Place au verdict des oreilles donc. Départ sur les chapeaux de roue, ce qui s'avérera comme le morceau le plus "pop" de l'album, et donc mon préféré Are you ? est très efficace, single accrocheur. Côté étiquette, collons de suite celle de Folk low-fi, étiquette que nous ne décollerons plus le long des 13 titres composant ce disque. Une voix féminine, délicieuse, des guitares acoustiques, des percus plus ou moins bricolées, ça tourne. You saved my life twice today continue dans ce côté artisanal, la jeune femme étant rejoint par un compère au chant. Je ne suis gère partageur sur le sujet, et donc je préfère quand la demoiselle, Amandine si je ne m'abuse, la joue solo. Xylophone enfantin de rigueur dans ce type de musique, rien à dire, ça le fait bien, des échos parfois d'une autre bricoleuse, Soko. C'est souvent très nostalgique, voir mélancolique - Black eyes blue - voir carrément déprimant - I think I will et ses très jolies cordes - Sur une bonne moitié des titres, c'est le monsieur qui assure seul le chant, et , avis purement subjectif, c'est dommage car même s'il assure très honnêtement son job, c'est moins ma tasse de thé. All in Oaks, ukulele et xylophone à nouveau, c'est du cheap assumé, tout ne tombe pas pile poil ou l'on s'y attend, particulièrement les harmonies vocales, mais cela participe au charme du tout. Loud est le morceau le plus ambitieux, le violoncelle plaintif des couplets préparant l'orgasmique montée du refrain. Bubbles and wings clôt l'album aussi joliment que You are ? l'avait ouvert. Après près de 50 minutes, fin du voyage. Un disque sans trop de surprises, parfaitement dans les canons de cette folk minimaliste, entre comptines pour adultes et popsong bricolée qui prend ses racines dans les premières chansons d'un Jonathan Richman même si cela reste à vocation confidentielle. Après on accroche ou pas, moi c'est plutôt oui, merci Amandine, la meringue probablement.
Nouvelle tentative pour Ann So M avec ce 3ème album, un EP 5 titres. Et comme à chaque fois, peut-être plus encore cette fois, je me demande comment il se fait qu'elle reste quasi inconnu du grand public. Les titres balancent graves, Je ne veux pas être celle, illuminé par le grand Louis Bertignac, déchire et à le type de refrain qui se loge entre vos lobes cérébraux sans plus en sortir. Les 5 morceaux présentés ici ont tous un potentiel tubesque évident, Impossible de ne pas fredonner Ma peau à la fin de la première écoute, le titre éponyme, s'il sait se faire plus doux dans les couplets emporte tout dans les refrains. Et que dire des guitares, solistes ou rythmiques ? Elles assurent, omniprésentes, définitivement rockeuses, aucune concession à la variété. Au final une pop couleur rock, redoutablement efficace, ou aucun des titres ne déméritent, pas de remplissage ici, droit au but, droit au coeur. S'il y a un bon dieu des rockeuses, cette fois, elle va décrocher le jackpot, et nous prouver que la persévérance peut-être récompensée. Un reproche ? Sourire est autorisé sur les photos de pochettes d'album, là, visiblement, elle est fâchée Votez Ann'So M
Dans notre jeunesse à Eric (de Malin Plaisir) et moi, un morceau ne sortait jamais seul, sa face B, pas forcément inférieure d'ailleurs, l'accompagnait toujours. Fidèle à cette tradition, Deux galets est couplé à L'ordre des choses. Cette fois la voix lead est assurée par Mister Eric lui même, Domino assurant les choeurs. L'album est annoncé pour l'automne, l'année n'est pas précisée
Les 1er jours de printemps, une douceur presque estivale, et les premières notes du premier extrait du nouvel album des Malin Plaisir, en parfait accord avec cet instant . C'est doux comme une caresse du vent, normal, c'est Domino qui chante, c'est lumineux, normal, c'est Eric qui tricote derrière, et ça sonne car c'est Laurent qui y a posé ses oreilles. On écoute, on ré écoute et on attend le titre suivant, puis le disque. et on ne s'en lasse pas.
Compteur bloqué dans les sixties, période garage, entre la mythique compil Nuggets et un Ductronc (Jacques), bref du rock millésimé que nous propose ce sextet. les deux premiers EP, chroniqués dans ces mêmes pages, avaient fait leur petit effet, le passage au format LP leur va bien au teint. Passée l'intro, Johnny Marr déboule sous forme de single ravageur, harmonica façon Antoine et ses problèmes, jerk endiablé comme à la belle époque. Bleu abandonne un temps le côté garage pour une pop sixties moins typée, nouvel intermède pour un blues façons Car Hiss by my window des Doors, intitulé Mauvais trip child ou l'harmonica frappe à nouveau. Complètement stone, guitare Fuzz au vent, d'inspiration Kinks continue d'ancrer le tout dans les années 60 quand La chimère vient rompre la belle unité, tirant plus vers les Aphrodites' child. I'm leaving my way, seul morceau en anglais est paradoxalement celui ou l'inspiration anglo-saxonne est la moins prégnante. Rupture complète de style avec le titre qui donne son nom à l'album, La bourgeoise, plus Gainsbourg, tu meurs, un sax en solo en arrière plan, une voix qui parle sur quelques harmonies, étonnant car décalé. Nazz, intermède mouillée, précède le sauvage Les Cryptones, face B d'un quelconque ? and the mysterians. Dr Gonzo mixe Le titre précédent avec la bourgeoise, moitié anglais moitié français, bel hybride. 13ème titre et nouvel ovni, Gigolo, banjo sur du Dutronc, intermède instrumental avec Sa majesté, enchaînant sur Stax !, hit en puissance, l'album se ferme sur la seconde partie de la bourgeoise, ou l'ensemble du voyage musical est passé en revue, point final orgasmique à un bel album.