Daniel Darc - La Taille De Mon âmeDark, Daniel l'a souvent été. Peut être plus qu'aà son tour. De Taxi Girl à aujourd'hui, que de péripétie, que de gâchis aussi. A l'aune de ce qu'il nous a déjà livré, cet album est presque lumineux, presque apaisé, serein même. Certes les textes n'évitent pas tous la noirceur propre au personnage, mais un C'est moi le printemps, primesautier et enjoué étonne et enchante à la fois. C'est fort probablement la collaboration avec Laurent Marimbert (Luce, Elodie Fregé, Philippe Katerine) qui booste ce disque. C'était mieux avant, hit de poche, le ukulele des filles aiment les tatouages, la balade acoustique Gainsbourienne Seul sous la lune, les atmosphères se succèdent sans fausse note. Le final habité, Soit sanctifié, confirme la rédemption de l'artiste, et sa place parmi les artistes du haut de l'affiche.
Nickelback - Here And NowBon, l'avantage avec ces canadiens, c'est qu'en gros, vous pouvez chroniquer leur nouvel sans en avoir entendu une note, pour peu que vous ayez entendu les précédents. C'est aussi pour cela qu'on les aime - enfin moi - c'est agréable d'avoir des points d'ancrages, des trucs dont on sait que, quoiqu'il arrive, tsunami, grippe aviaire, crise économique, cela ne bougera pas. et avec Here and now, pas de déception, l'album donne ce pourquoi il est fait, des rock songs simplettes et efficaces, des grosses guitares made in USA et la voix oh so rock and roll de Chad Kroeger. Collé au fond du siège dès le This means war d'intro jusqu'au Don't ever let it end final. Les refrains gros comme un immeuble, les tentatives pop - When We Stand Together - tous les ingrédients de l'album sans imagination mais conçu pour satisfaire nos instincts primaires sont réunis. Du coup, soit vous allez détester l'album, comme les 6 précédents, soit vous allez adhérer. Moi j'aime
Marie-Paule Belle - RebelleJe le confesse, je n'ai jamais jamais écouté un album de Madame Belle avant celui ci, et je ne me remémorre pas d'autres titres que Je ne suis pas parisienne, son seul "grand" tube. Hormis le fait qu'elle a pour auteurs quelques pointures en littérature et son homosexualité, affichée à une période ou il n'était pas si facile de le faire, si tant est que cela le soit beaucoup plus aujourd'hui. La pochette ou deux femme s'embrassent, me préparait à un brûlot prosélyte. Que nenni. si Celles qui aiment elles, qui ouvre l'album, aborde de front le sujet, c'est tout en douceur, façon Meccano. Les textes, signés entre autres par Françoise Mallet-Joris, Isabelle Mayereau ou Dominique Valls restent la grand force de l'artiste, Lesbos, déjà évoqué, les femmes battues, Assez - mais l'humour aussi, Les apshodèles - et l'amour évidemment, Mystique ou érotique, ou la vieillesse - Les vieux qui dansent ou le Souchonesque t'es mon Chaplin. Côté musique, plutôt classique les goûts de Marie Paule, des cordes, beaucoup, du piano un peu de flûte, bref à l'ancienne. A noter que le disque à été produit par les internautes - Aka music -
Lulu Gainsbourg - From Gainsbourg To LuluPour sortir du bois la première fois, le petit Lulu a décidé de ne pas s'écarter du chemin de papa, et de se consacrer à un album hommage. Soit. Pas très judicieux pour se forger un avenir, mais peut être que tel n'est pas son propos. Il amène avec lui un générique long comme le bras - pour gagner en crédibilité ? - Et donc de défiler tout le long de ces 16 reprises, des Marianne Faithfull, Iggy Pop, Vanessi Sparadrap et son mari, Le fiston Chedid, Shane McGowan, Rfuns Wainwright, j'en passe et des moins bons, n'en jetez plus, la coupe est pleine. Au final, c'est plutôt un album Tribute to qu'un album du Lulu, qu'on entend peu chanter - et à priori, ce n'est pas plus mal - Les compos sont pour la plupart parmi les plus connues du grand Serge, les orchestrations, le plus souvent, ne se démarquent pas tant que cela des originaux, et vue leur qualité cela reste un plaisir de les entendre, mais ans plus. Lulu signe tout de même une compo, un instrumental piano, Fresh News From The Stars, à la jolie mélodie, entre musique de film Michel Berger. Une voie à creuser peut être.
slow joe and the ginger accident - Sunny side upL'histoire est belle, de celle qui fait tourner les rotatives. Un chanteur indien quasi septuagénaire, passablement écorné par la vie, croise le chemin d'un musicien français qui flashe sur la voix, enregistre des maquettes qu'il travaille retourné en France et évidement le tout fini sur le bureau d'un directeur artistique qui signe le conte de fée et roule ma poule, si avec ça on embarque pas la si difficile gente journalistique ... Vraie, fausse ou enjolivée, peu importe, à l'arrivé, un disque. Et fois d'un vieux fan de Morrison, nous tenons là le meilleur album des Doors depuis LA Woman, pas moins. Le blues, l'orgue obsédant, du Money Mama d'ouverture, le grand Jim en aurait fait un hit imparable. Du blues, il en fortement question ici, Second titre, Love Bug, vous n'entendez pas des échos de Love her madly en fond ? Le tout est modernisé certes, XXIème siècle oblige, mais le tout suinte de toute part l'ombre de Manzarek et sa bande. Une franche réussite, même si la voix du Joe n'égale pas en puissance, en aura celle du roi serpent. Just one touch voit le vieux Joe faire son Elvis, Brunette blonde ou le couplet Doors se trouve doté d'un refrain façon Who, fait office de succédané de qualité. sa reprise d'Edith Piaf est aussi désastreuse qu'Iggy Pop quand il chante en français, et quand il enfonce le clou des racines sixties avec Set the control for the heart of the sun - oui, du Pink Floyd - on à l'impression que Syd Barrett jouait sur Morrison Hotel. Monsieur Cédric de la Chapelle, je vous tire mon chapeau bien bas.
Kate Bush - 50 Words For SnowElle n'a pas sortie 3 albums en près de 20 ans, et voici que la Kate balance le second en moins d'un an. Là ou Director's cut n'était qu'une ressucée de quelques titres anciens, nous avons le droit cette fois à de nouvelles compos. 7 pour être précis, dont la plus courte avoisine les 7 minutes quand même. Ne cherchez donc pas le single, quoique Wild man soit néanmoins sorti avec cette étiquette. Le piano en instrument prédominant, la dame continue de faire là ou on ne l'attend pas, avec une musique éminemment personnelle, pas radiophonique pour un sou, une musique intimiste, presque de recueillement, à écouter tranquillement chez soi, calfeutré et protégé du froid. Elton John fait une apparition surprise, à des années lumières de son monde, sur Snowed in at Wheeler Street. Le style de disque qui fait son effet à la sortie, en grosse partie grâce à la personnalité de son auteur, mais qui risque de finir rapidement aux oubliettes et dont seuls les initiés parleront encore dans quelques années, un peu comme les adorateurs d'une secte secrète.
Izia - So much troubleLe premier album de la fille de Jacques Higelin révélait une jeune femme très, très , très énervée, c'est le moins que l'on puisse dire. Le second opus, confirme qu'elle est dotée d'une énergie hors norme, mais cette fois, le tout est un peu plus canalisé, construit, et elle s'éloigne, pour notre plus grand plaisir des contrées sauvageonnes, limites bruitistes, pour proposer un rock toujours méchamment rentre-dedans mais ou cette fois des mélodies sont identifiables. La voix arrache toujours, et les guitares ne laissent pas leurs parts aux chiens, et le Baby d'ouverture ne laissent aucune chance à ses prétendantes au titre de rockeuse sans égale made in France. Elle se permet même le luxe de calmer le jeu - That Night - tout en restant électrique jusqu'au bout des ongles. Top of the world et sa basse monstrueuse flirte avec un rock tutoyant le hard, Twenty times a day est le titre le plus pop, si ,si, qu'elle ait proposé à ce jour, et c'est un piano qui introduit le dernier morceau, I hate you, aux riffs Stoniens. Izia grandit, vieillit, gagne en maturité et si les compos manquent encore un peu d'accroches efficaces, la marge de progression entre le 1er et le second disque augure d'un 3ème sur puissant.