Hugues Aufray - Troubador since 1948Plutôt que de faire un nième compil, notre octogénaire au physique étonnamment bien conservé, a décidé de revisiter une partie de son répertoire agrémenté de quelques surprises de son cru. On commence par un poème de Baudelaire, on redécouvre sous d'autres atours les Celine, Stewball, Santiago et autres crayons de couleur qui firent sa gloire, bien entendu un peu de Dylan dont il fut le grand vulgarisateur en francophonie, et quelques classiques style J'entends siffler le train, en duo avec Françoise Hardy s'il vous plait, deux versions du célèbre Porte du pénitencier, celle dont il avait co-signé la traduction pour Johnny Hallyday et sa version plus proche de l'originale, L'hôtel du soleil levant. Pas de nouvelles chansons car, dit-il, tout le monde préfère écouter les anciennes sans laisser de chance aux nouvelles. Une belle rétrospective d'un grand artiste.
Bertram Wooster - PopetryEn ouvrant l'enveloppe, la première chose qui m'a frappé, c'est le pseudo choisi par ce rennais. Tout amateur d'humour anglais, aura fait tilt également, Bertram Wooster, c'est l'inénarrable Bertie de P. G. Wodehouse. Aurions nous droit à un album comique inspiré d'une des oeuvre du maître. Que nenni. L'idée ici est de prendre des poèmes de Lewis Caroll, Lord Byron, John Keats parmi d'autres, et de les habiller de couleurs pop. L'idée n'a rien d'extraordinaire en soi, Mon ami Fernand s'y est coller récemment de fort belle manière avec William Blake et je me souviens d'un superbe album l'année dernière consacré à Hugo de Bertrand Pierre. Côté musique, l'album oscille entre pure pépite pop - The duck and the kangaroo - duo piano voix à tendance nettement mélancolique, Into my own, Jenny Kissed me ou le moins dépouillé et attractif To time. Ukulélé, mélodica et toy piano sont aussi de la partie - The owl and the Pussycat - Bref, si j'étais prof d'anglais, voilà un bon moyen de joindre l'utile à l'agréable, familiariser nos lycéens avec la poésie made in England tout en cultivant leur ouïe avec du made in France.
Christophe Willem - PrismophonicAprès le bouillon grave de Caféïne, album electro ou l'équipe entourant l'homme à la voix de femme avait un peu oublier d'écrire des chansons, se concentrant sur le son, il était urgent de ne pas se planter. Car avoir une voix hors du commun est une chose, la mettre au service de compos un peu solide en est une autre. Laissons tomber le suspens, ce troisième album devrait voir renouer "la tortue" avec le succès. Starlite, premier titre, option disco à fond, basé sur un sample de Chaka Khan, en cible, le haut des charts, qui devraient succomber. La production, signée Steve Anderson - Kylie Minogue entre autres - est aux petits oignons, très actuelles évidemment, très piste de danse, bien sur. Cool, le single sorti il y a quelques semaines, donnait déjà la tendance, disco/funk à tendance variété electro. Le Christophe semble avoir trouvé la combinaison gagnante, un son à lui, et des compos affutées. C'est Zaho, demoiselle qu'il va falloir que je découvre qui se chache derrière une bonne partie de l'album - en duo sur Indélébile - . Même si l'essentiel de l'album flirte plus qu'outrageusement avec le dance floor (Automatik, Ennemis in LOVE) Quelques plages dévoilent une autre facette, Falling, que l'artiste co-signe, plus éthérée, ou la ballade Si mes larmes tombent.. L'album devrait faire le carton pour lequel il est programmé, tout y concoure, la voix, unique, les chansons au tempo enlevé, les mélodies accrocheuses, le gros son. Les hottes de Noël devraient faire le plein. Welcome back !
Tanya Chua - Just Say SoIl y a les albums que je reçois, les albums qui font l'actualité car l'artiste derrière à déjà une réputation,bonne ou mauvaise, ceux qu'ils faut écouter, dont tout le monde parle, et ceux que le hasard place sur mon chemin. De cette jeune femme de Singapour, je ne connaissais rien, la pochette de l'album n'a rien pour attirer l'oeil, allez donc savoir pourquoi je m'y suis intéressé. a priori, elle a déjà un curriculum long comme le bras en Asie, cumulant les récompenses. Dès l'ouverture ce cet album totalement anglophone, facile de comprendre pourquoi. Let's Get together qui ouvre le bal est une bombe atomique, un hit façon Shania Twain ou Lady Antebellum, entre pop, rock, et country, une voix de pur miel, ça commence fort. Just say so, sans faire aussi fort, confirme que la demoiselle n'est pas juste là par hasard - elle écrit ses titres - piano pop en guide, voix qui se ballade, guitares électriques subtiles, orchestration tout sauf téléphonée, chapeau. Pour démontrer l'étendue de son talent, nous la retrouvons un peu plus loin avec quelques arpèges de piano et quelques cordes pour une ballade, Carousel, à tirer des larmes à Yvan le Terrible. Je ne vais pas continuer à vous faire l'article, vous l'aurez compris, c'est un disque craquant, à tout point de vue, il ne fera pas les unes de vos magazines, mais si la pop et les voix féminines, comme à moi, vous semblent l'alliage idéal, ne passez pas à côté de Tanya . Ecoutez Back into my life, See you again ou l'acoustique Friends final, et vous verrez qu'elle à tout compris. Disque du mois, sans difficulté

Liz Cherhal - Il est arrivé quelque choseDans la famille Cherhal, je voudrais la soeur. Liz donc, se lance également dans la chansonnette. Le jour de la distribution de talents, elle n'a pas été oublié. Du poignant titre éponyme, qui fait écho en chacun d'entre nous, au tristoune Quand je regarde la mer, qu'elle manie l'ironie - Tu vas bien nous chanter une chanson - ou parle d'amour - Un matin - elle sait trouver le point de vue décalé qui accroche, la pirouette qui rend la chanson attachante. Les musiques sont assez variées pour maintenir l'attention pendant les 45' - 14 plages - que dure le disque. L'accordéon, dont elle joue, est souvent à l'honneur, sans que le côté vieillot auquel il est souvent associé soit perceptible. Ce premier album est emballant et à de nombreux atouts pour que Liz se fasse un prénom
Enzo Enzo - Chanson Dune Maman Pour Culottes CourtesKörin semble être retombée en enfance. Au coeur du rock français, puis proposant une chanson aux accents jazzy, cela fait maintenant plusieurs albums qu'elle consacre aux chansons d'enfance ou pour enfants. Entre contes et comptines, ses albums pour "adultes" se font rares, Têtue, sorti l'année dernière, n'a d'ailleurs pas rencontré un franc succès. La voici donc à nouveau en charge d'éduquer l'oreille de la jeune génération. Et d'enfiler quelques classiques de la chanson enfantine, Minnie petite souris d'Henri Salvador, C'est pour mon papa - Georges Milton, ou elle se sent obligée de nous caser des gamins en seconde voix, plombant carrément les titres, flagrant sur le Salvador. De chouettes surprises que je ne connaissait pas - Ou vas tu Basile ? - un Josephine Baker - j'ai deux amours - la voit renouer avec un répertoire adulte. De toutes la série destinée aux enfants, c'est encore cet album qui a ma préférence,