Laurent Voulzy - Lys and love

décembre 4, 2011 Temps de lecture: 8 minutes

Laurent_Voulzy.jpgLaurent Voulzy - Lys and love

Des artistes dont j'attends les albums avec autant d'impatience, il y a en a combien ? trois, quatre ? Mc Cartney, Jeff Lynne, encore plus rare que Voulzy, Berger, mais cela n'arrivera plus ... Bref tout ça pour vous dire que ce Lys& Love, 5ème album de chansons originales sous son nom  en quasi quarante ans, était attendu de pied ferme. Jeanne, le single sorti il y a quelques semaines m'avait enchanté, l'album, annoncé comme d'inspiration franco-anglaise, le meilleur des deux mondes, plus une touche de concept moyen-âge, avait tout pour me séduire, bref il arrive, silence tout le monde, j'éteins les lumières et hop, c'est parti pour un voyage en apnée. D'ou je remonte, sinon déçu, comment dire ... si déçu. L'impression que la forme a été privilégié sur le fond. D'ou ré écoute, puis re ré écoute, etc, histoire de trouver la clef, de ne pas rester dehors, alors que je lis tous mes camarades des gens d'avril qui donnent l'impression d'être tous séduit. Et voici, après une bonne douzaine de passages sur mon Mp3, attentifs ou non, dans différentes conditions, mon tour du propriétaire.

Le tableau : Sur un accord de synthé répété ad nauseam, le maître des lieux parle. Nous sommes plus là devant un prologue qu'une réelle chanson, le décor est dressé, le fil conducteur de l'album est posé, ne reste plus qu'à le suivre.

Jeanne: La grande chanson de l'album, la plus efficace, commercialement, la plus facile aussi, certainement, portée par de somptueux arrangements de cordes enregistrés à Abbey Road - je serais d'ailleurs curieux de connaître la part qui revient à Franck Eulry, co-réalisateur de l'album. Les paroles, simples, sont d'Alain Souchon. Une mélodie qui entre vite en tête, bref du Voulzy quoi.

Glastonbury ; Des oiseaux, le galop d'un cheval, des corbeaux, une basse derrière une nappe de synthé, du Voulzy façon Caché derrière. Il chante en anglais, le titre est un peu - beaucoup - répétitif, près de 6'30 tout de même, sans énorme variation, clairement plus ambiance que popsong.

En regardant vers le pays de France : Sur un vers de Charles d’Orléans, qui remonte aux années 1400 Laurent dresse une chanson ou il est prisonnier d'amour. Alternant anglais et français,, rejoint par son amie Nolwenn Leroy dans les choeurs, on y entend les premiers accords de guitares. L'orchestration hésite entre pop et réminiscence moyennageuse, bref en plein dans la thématique. Aucune chance d'en faire un single efficace mais la patte du maestro est omniprésente. 

Blackdown : Comme son titre le laisse deviner, anglais à fond, quasi mantra dans sa manière d'utiliser la répétition, les oiseaux restent en tâche de fond et le morceau est tout à fait ordinaire.

C'était déjà toi : Un single potentiel, le copain Alain une nouvelle fois derrière le texte, confirmant, s'il en tait besoin, que leur association fait des merveilles. Ce n'est pas une immense chanson, mais elle a indéniablement ce petit truc qui séduit, on y entend des échos de l'album Bopper en larmes, d'autres de Caché derrière, le type de chanson qu'il ne pourrait renier, les synthés continuent de dominer les débats, les choeurs répondent en anglais aux vers en français, un itre qui pourrait peut être fonctionner de l'autre côté de la Manche, son actuelle terre d'adoption.

 Ma seule amour. Ou Charles d'Orléans est une nouvelle fois mis à contribution. Il y a une certaine émotion à s'imaginer ce personnage, décédé il y a tant d'années retrouver un peu vie par la magie de la musique. L'épine dorsale de ce titre ce sont les choeurs,  immenses, imposant aussi beaux que peuvent l'être les voix se mêlant. Roger Daltrey (oui, celui des Who) en guest star en tant que choriste de luxe. Bon, peut être que réduit à l'os, guitare/voix, la magie s'estomperait, mais en l'état, ça le fait. Il aurait été question d'album complet avec le Roger. Je doute que cela se fasse mais ...

Our song. claviers toujours - Laurent, ou as tu rangé tes guitares ? -  façon Korgis Everybody's got to learn sometimes, ou s'invite une comptine, Vlà bon vent, et quelques arpèges de guitares. Orchestralement, c'est beau, la montée de cordes est redoutable, Pas de l'inoubliable single, mais au coeur d'un disque, un morceau travaillé, recherché qui donne de la profondeur.

Le ciel et la terre ; Retour des choeurs, quasi mystique cette fois, la messe est proche  - après tout nous sommes au ciel - Titre quasi instrumental, un seul vers étiré ad libitum,  ou les synthétiseurs s'allient avec le classicisme des voix. M'évoque parfois l'Alan Parsons project, pas nécessairement dans ces heures les plus brillantes. L'idée initiale de Laurent état parait il de faire un disque de techno, un reliquat ?

La nuit ; Pur ovni. non pas musicalement, c'est signé Souchon/Voulzy à 100% mais dans le cadre de ce disque. C'est un titre guitare voix typique de notre Lolo star, qui détonne complètement dans le cadre de ce disque. J'ai lu ici et là, des comparaison avec Blackbird dès qui vous savez ou Jenny Wren de Sir Paul. J'aurais bien aimé que le titre soit de ce niveau, et bien que ce soit un chouette titre, il ne rivalise pas avec ceux ci.

La 9ème croisade : Le titre qui fait couler de l'encre. Pas son ampleur, plus de 14', son ambition, le titre à part qui fait d'un bon album un grand disque. Bon, moi, je m'y ennuie. L'occident s'y mélange avec l'orient, instruments issus des deux mondes, chants en arabe, choeurs façon grégorien, Après une intro de 3 minutes, place à l'Arabie, Ok, cela montre l'ouverture d'esprit de Mr Voulzy, soit, mais, faute probablement d'être familier avec ce style de musique qui s'assimile pour moi, à tort certes, à du folklore, je décroche vite. La pop me manque. retour des choeurs, puis, arrivée à la moitié du chemin, retour des cordes, les aller retour entre ces deux visions étant de plus en plus fréquentes jusqu'à ce fondre.  Le message Love is everywhere en point d'orgue. All you need is love m'allait mieux. je vais vite zapper ce titre sur ce disque.

J'aime l'amour : 12ème et dernier titre. synthé toujours, c'est son album ou les guitares sont les moins présentes même si ici, on les entends égrener la mélodie, une voix chargée d'effets, un titre assez lent qui s'éteint doucement. La répétition une fois encore en modèle mélodique 

Près d'une heure de musique, de ces 5 albums le plus déconcertant, le moins facile d'accès car moins de chansons populaires, radiophoniques, une mise en son toujours exceptionnelle, on devine l'énorme travail derrière ces deux ans de boulots. Reste que pour moi, basique amateur de popsong éternelles, ces 10 ans d'attente me laisse un peu sur ma faim, j'aurais souhaité que ce disque soit chargé de plus de hits, que les futurs best-of de notre Bopper soient abreuvés à cette source. Je doute qu'il en soit ainsi. Un beau disque dans sa discographie, mais qui ne surclasse pas les précédents 


Chimene Badi - Gospel and Soul

décembre 4, 2011 Temps de lecture: 2 minutes

Chimene_Badi.jpgChimene Badi - Gospel and Soul

Bon à priori, rien ne me prédispose à écouter la Miss Chimène. Je ne connais rien ou presque de ce qu'elle a fait précédemment, et elle est associée pour moi, peut être à tort,  à une sorte de variété qui ne m'intéresse pas. Et puis je jette machinalement un oeil à la liste des titres composant ce Gospel & soul et je tombe sur This world today is a mess, titre qui a marqué ma jeunesse, l'incarnation de la soul black par Donna Hightower (dont je ne connais que ce titre), je dois encore avoir le 45tours qui traîne dans un coin. Comme en prime, je vois un Stevie Wonder, For once in my life,  un Marvin Gaye, Ain't no mountain high enough, un Otis Redding, Try a little tenderness un Janis Joplin, et quelques morceaux que j'ai connu via le Golden Gate Quartet, je me dis qu'à tout le moins, la demoiselle à bon goût. Et bien ça ne suffit pas. Certes elle à la puissance de feu vocale nécessaire mais jamais elle ne colle le grand frisson, pour des titres pourtant calibrés pour nous exploser à la figure. sa reprise de Hightower est une copie carbone de l'originale, sans l'âme qui l'habitait. Idem pour les titres iconiques cités plus haut. C'est encore sur la reprise de Parlez moi de lui, popularisé par Nicole Croisille, qu'elle tire son épingle du jeu . Le concept de l'album, pourtant clair, la plupart des titres étant des monuments du genre,que lui a t'il pris d'aller reprendre Le blues titre totalement secondaire de Florent Pagny ?? ou Ma liberté de Georges Moustaki, atomisée façon Gospel. Bref un album pas mauvais, bien réalisé et bien chanté mais totalement dispensable.


K's Choice - Little Echoes

décembre 4, 2011 Temps de lecture: 2 minutes

Ks_Choice.jpgK's Choice - Little Echoes

J'écoutais plutôt distraitement le petit dernier de nos amis belges, qui pioche essentiellement dans leur dernier opus, Echo mountain, pour en extraire quelques titres et  en donner une version plus acoustique. Un petit Split Enz pour commencer, Message to my girl m'a fait lever un sourcil, Rejoint par le second sur une version dépouillée du fameux titre des Pointer Sisters, I'm so excited, moins orgasmique que l'original certes, mais bien foutu tout de même. quand est arrivé le 7ème morceau, Someone just like you, un petit nouveau si je ne m'abuse. Et là, finie la distraction, place à la concentration, cette chanson, guitare voix au départ, un piano ensuite est une pure merveille, le style à faire dresser les poils des bras, et les autres. La voix de Sarah Bettens, légèrement voilée colle le frisson, carrément un des tous meilleurs titres de 2011. Et non content d'avoir frapper en plein coeur avec cette perle, un second titre m'achève, une reprise de Damien Rice, Cannonball, superbe d'émotion et de retenue. L'originale était déjà grandiose, ils l'emmènent  encore plus loin. Du coup j'ai ré écouté, plus attentivement le disque, encore et encore. En boucle, en alternance avec le Voulzy. C'est un vraiment bel album, doux, mélancolique, à l'unisson d'une période pré festive, de l'indispensable pour cette fin d'année, il figurera probablement dans mon top ten de cette année et si vous étiez passé à côté d'Echo Moutain, cette session de rattrapage remet les pendules à l'heure.


Marijane - Marraine de papier

décembre 4, 2011 Temps de lecture: 3 minutes

Marijane.jpgMarijane - Marraine de papier

Le troisième album de Marijane aura pris 5 ans à maturer. Enregistré cet été, le voici qui se pose doucement sur nos platines. On y retrouve la Marijane que l'on connait, chroniqueuse du quotidien, amoureuse de l''écriture et de la vie. Alors que sur l'album précédent, Les petits bonheurs,  elle avait laissé un peu la main à d'autres auteurs/compositeurs, elle reprend le contrôle pour signer ou co-signer les dix titres qui composent Marraine de Papier. Si l'ensemble reste plutôt dans des couleurs mid-tempo - Marijane n'est définitivement pas une rockeuse  - il faut tirer son chapeau à la nouvelle équipe qu'elle a réuni autour d'elle, des superbes orchestrations du contrebassiste Philippe Rivoallanou Drevet aux musicien(ne)s - piano, flûtes, guitares, violoncelle et batterie sans oublier l'ingénieur du son du Studio Malambo qui ont tous su se mettre au service des chansons. Les points forts de l'album : Le titre éponyme, l'un des plus beaux morceau de sa discographie, un lit de percussions, une superbe guitare qui répond à la voix, une belle mélodie et un texte qui n'est pas que mots sur le papier puisque une partie des bénéfices des ventes du CD iront à l'association Enfants d'Asie pour l'animation d'une bibliothèque à Pursat, au Cambodge, où elle parraine le petit Den. Absence, ou en quelques mots, un piano et et beau violoncelle elle évoque la douleur de l'absence. Elle se la joue quasi folklorique sur Rêve de maison en Bretagne, aborde les côtes latines avec 4/20 et comme bien entendu un album de Marijane n'en serait pas un sans un clin d'oeil à l'Italie, c'est au dernier morceau que revient cet honneur, La prima volta. Qui dit points forts dit point faible et ici c'est clairement la durée.  L'album peine à dépasser les 27', on a certes pas le temps de se lasser, mais, à raison d'un rendez-vous tous les 5 ans, on aurait aimé passer un peu plus de temps en sa compagnie. Si vous cherchez à faire d'une pierre deux coups, une bonne action et un cadeau de Noël, et si vous appréciez la chanson française, voilà l'occasion rêvée de vous faire plaisir utilement. Pour l'achat, c'est par ici.


Diane Tell - Rideaux Ouverts

novembre 27, 2011 Temps de lecture: 4 minutes

Diane_Tell-Rideaux_Ouverts.jpgDiane Tell - Rideaux Ouverts

Il aura fallu attendre 6 ans, depuis Popeline de 2005, pour avoir le plaisir de découvrir un album de chansons originales signées Diane. Et encore, c'est pas hasard, en passant sur son site, que j'ai appris la sortie de ce disque. Quand j'écris signées, plutôt co-signées, ce disque s'étant fait à plusieurs mains, plusieurs plumes.   près de la moitié des musiques sont de notre canadienne préférée, les textes souvent de Serge Fortin. Une petite vignette sonore en introduction ou on l'entend fredonner, avant de passer aux choses sérieuses. et d'office, ça cogne sec. En pointillé, pop song redoutablement efficace, son meilleur titre depuis des lustres. Le son est plus sec, moins sophistiqué qu'à l'accoutumé, mais cela lui sied bien. Les musiciens qui l'entourent cette fois non pas le curriculum de ses albums passés, mais non pas moins de talent. Attends, un peu moins rentre dedans nous rappelle combien cette voix nous a manqué. La mélodie est limpide, et confirme que l'option jazz est momentanément mise en veilleuse pour laisser place au rock. Peu de titres dépassent les 3'30 et, est ce fait d'être plus concentrés, plus ramassés ?, ils gagnent en efficacité, ne se diluent pas. Cette histoire à quelques effluves reggae, peu courante dans sa discographie. C'est arrivé au 5ème titre que la belle se fait plus douce, Sur ta plage, un départ piano/voix, doté d'une mélodie de Benoit Sarrasin de haut vol, un succès prévisible tant ce titre est efficace, J'te laisse un mot s'ouvre sur des guitares électriques, pour poursuivre dans une ligne presque country, Diane semble délaisser la son de la vieille Europe pour laisser l'Amérique du Nord prendre le pas et ce changement d'atmosphère donne un coup de fouet bienvenu à son inspiration.  Le morceau suivant ,qui donne son nom à l'album renoue un peu avec la Diane plus "classique". Avec Il m'chatouille les papilles, cette fois, le doute n'est plus permis, elle a sorti son chapeau de cowboy, americana à fond, mais sans jamais tomber dans la caricature. L'astre qui me veille, guitare acoustique, discrets arrangements pour que l'émotion puisse prendre toute la place. L'amour Vacarme relance la machine, la bande de petits jeunes derrière tricotent une orchestration musclée. Le duo des deux Fortin s'épanouie sur Au décor, l'un de mes titres favoris et l'album se clôt comme il s'était commencé, sur le titre Je sais bien qu'un jour, cette fois non fredonné, futur probable classique de Miss Popeline, au texte émouvant. Les textes d'ailleurs, tournent tous, peu ou prou autour de l'amour et ses différentes déclinaisons. Au final ces rideaux s'ouvrent sur une bien jolie oeuvre, la collaboration avec les canadiens a revigoré Diane qui nous propose l'un de ces tous meilleurs disques et à coup sur l'un de ses plus équilibrés. La légère touche country/rock lui va comme un gant, sa voix est de plus en plus belle, en espérant que le succès soit au rendez-vous pour ne devoir attendre trop longtemps avant le prochain.      

J'ai tenté d'intégrer le player de son site, pas autorisé, , voici donc le cour teaser de l'album.


Alain Souchon - A cause d'elles

novembre 27, 2011 Temps de lecture: 2 minutes

Alain_Souchon.jpgAlain Souchon - A cause d'elles

Bon, là, il y a foutage de gueule. Que le grand Alain décide de gagner encore un peu plus de sous en sortant juste pour Noël un nouveau dixe, why not. Mais plutôt que de finir l'arlésienne d'album duo avec l'ami Voulzy annoncé promis depuis des années, il décide de nous chanter les chansons qui illuminèrent son enfance. Et roule pour une version A capella de L'hirondelle que n'importe qu'elle maîtresse de vos bambins chante aussi bien, un Chuck Berry ?? Memphis Tennesse bouclé/baclé en 2' chrono, un En sortant de l'école - Les frères Jacques ou Yves Montand pour les plus connus - et une dizaine d'autres souvent assez obscures pour moi. ajoutez une reprise de J'ai 10 ans, son 1er "tube" made in Voulzy et un original composé avec son fils, affublé d'une chorale d'enfants (rappel, je hais les voix/choeurs d'enfants) . Et je  pose une question au sieur Alain. Pourquoi ce disque, pas mauvais au demeurant, n'est il pas dispo gratuitement sur son site ? chanter du Théodore Botrel (domaine public depuis un bail) soit, mais pas sous la pression du marketing pour une sortie fin novembre. Alors certains écriront, plaisir, nostalgie, enfance, madeleine de Proust et patati et patata. Ouais, bof, pas convaincu.  Dommage, le titre du disque laissait augurer un beau concept album. Raté ! 


Florent Marchet - Noel's song

novembre 27, 2011 Temps de lecture: ~1 minute

Florent_Marchet.jpgFlorent Marchet - Noel's song

L'année dernière, même époque évidemment, un 5 titres. L'EP a grandi, 15 classiques de Noël revus et corrigés par le talentueux Florent. accompagnant la ressortie de Courchevel. En soit, cet album bonus tient très bien la route tout seul, que les titres revisités soient des ultra classiques - Vive le vent, Douce nuit ou l'inévitable Petit Papa Noël, ici en version instrumentale, ou des titres qui, à moi en tout cas, sont totalement inconnus. On y retrouve le fin talent d'orchestrateur du bonhomme, qui arrive à ajouter son cachet à des morceaux pourtant mille fois revisités. Au final un album sympa qui n'a rien à faire parmi les cadeaux de Noël puisqu'il est partie intégrante de Noël. De quoi retomber en enfance avec un sourire béat.