Candy Flesh - Psychotic TalesSi la pochette évoque plutôt les années 50 et ses pin-ups, la musique d Candy Flesh n'a pas grand chose à voir avec cette époque. Clairement d'obédience rock, un son flirtant avec les seventies mâtiné de grosses guitares grunge. La voix de Clara assure bien, les 12 titres composant l'album, le premier pour le groupe, ont la dose d'énergie q'on attend de ce type de musique, la facette grunge l'emportant nettement sur le côté rock, la pop semblant être le dernier de leur soucis. Deux titres en français, qui ne dénotent pas, un son bien rock and roll, manque un bon gros single pour qu'ils fassent la différence sur ce terrain encombré, le charisme de la chanteuse, véritable point fort du groupe, étant un atout nécessaire mai pas suffisant.
OdylDégaine rock and roll, guitare - acoustique- en bandoulière, un single redoutablement efficace, Rouge à lèvres, dans la poche, cette jeune femme qui ne semble pas avoir froid aux yeux prépare le terrain pour un Blitzkrieg en 2012. Plusieurs vidéos qui traînent sur le net, ou elle joue en acoustique indiquent qu'elle a un répertoire tout prêt qui ne demande qu'à être enregistré, On se croirait revenu à l'époque des Runaways (ok Odyl est un peu plus âgée que nos premières rockeuses). Donc, un brin sex, un brin provoc, quelques riffs bien affûtés, l'envie d'en découdre, pas de raison que cela ne finisse par par le faire, il y a là le potentiel, restera à se faire de la place auprès d'une Mademoiselle K qui laboure le même pâturage. Ma préférence va à la petite nouvelle.
Aspirateur de langue - SweetDeuxième épisode de la trilogie annoncée, Sweet poursuit dans la lignée de Hot, un rock débridé, décomplexé et tourmenté. Ruptures rythmiques, alternance de violence et de moment plus calme, saxophone en roue libre, une musique que je serais bien incapable de faire. Là ou Sucrepop n'est que couplet refrain bien agencés, mélodie facile , bref une musique bien coiffée et qui sent bon, Aspirateur de langue provoque, attaque les tympans, se présente hirsute, brut de décoffrage, bref ne joue pas la carte de la facilité. Lointains petits enfants d'un Captain Beefheart, leur musique, loin des formats radiophoniques en vigueur, na' d'autres ambitions que de faire bouger un peu les lignes. à suivre avec Desire.
Vous les avez raté, je vous en repasse une couche. Des dizaines d'albums chroniqués tout au long de l'année dans ces pages, que restera t'il. Quels sont ceux qu'il faut que vous ayez entendu, à défaut de posséder.
Petit tour d'horizon, classement par ordre d'apparition à l'écran et non par ordre d'importance.
Un mois de janvier désespérément creux, rien à sauver. Février redresse la barre avec le joli disque de Daphné, Bleu Venise, ainsi que celui d'une autre demoiselle, Rumer et son Season of my soul soyeux. En mars, le petits 4 titre de Pendentif m'a agréablement chatouillé les tympans , Avril glisse sans laisser de souvenirs, Mai est sauvé par Mickael Miro et son Juste comme ça, premier album prometteur avec succès au rendez-vous. Comme pour confirmer que c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes, c'est à un vieux routier du rock, Mike and The Mechanics que l'on doit le très chouette The Road, Luce illumine le mois de juin avec sa Première phalange; album certes imparfait mais dotés de quelques titres de haute volée, Les soeurs Pierces et leurs harmonies vocales séduisent les tympans sur You and I. Juillet et Août s'avèrent peu propice au sorties d'albums intéressants, La rentrée de Septembre est assez faiblarde, Trafalgar d'Archimède surclasse tout le monde, Octobre et Novembre ne laisseront pas de traces impérissables dans mon mp3, et décembre fini avec le Laurent Voulzy, Lys and Love et album de l'année avec K's Choice Little échoes.
Côté chansons de l'année, Someone like you de K's Choice grand vainqueur, suivi de près par The Fountain of Waynes, A road song, Alice Cooper, What baby wants, The Pierces Kissing you goodbye, Moi plus vouloir dormir seule de Daphné, la fessée de Luce, Jeanne de Laurent Voulzy, Let's get together de Tanya Chua et pour finir A girl that i like de Linus of Hollywood.
Voilà de quoi vous concocter un petit best of 2011 de derrière les fagots
la suite en 2012
Amy Winehouse - Lioness Hidden Treasureshistoire de faire le plein avant Noël, l'ultime album d'Amy. Enfin album, une compilation hétéroclites de titres , demo, titres laissés pour compte lors de sessions précédentes, la machine à cash lancée à plein. Et pourtant ce 3ème album, ou ce qui en tient lieu ne recèle pas que des rogatons. Le titre d'entrée par exemple, Our day will come, reprise sixties façon UB40 est un tube en puissance, et la mort de la jeune femme n'est pour tien à l'affaire, elle vivante, ce titre aurait tout de même fait un carton. Between the cheats, prévu pour figurer sur un vrai 3ème album et vrai nouvelle compo est un petit bijou, sixties à nouveau, les choeurs d'époque, la voix de la miss, du nanan. Tears dry, du fameux album Back to black dans une version alternative et totalement dispensable. Will you still love me tomorow, on reste ancré dans les années 60 avec cette reprises des Shirelles, titre auquel Amy arrive sans peine à donner un peu d'épaisseur, gommant le côté innocent de la version d'origine pour insuffler un peu de tragique. Like smoke, second nouveau morceau, plombé en plein vol, à mon sens, par le rap de Nas, collaboration enregistrée de façon posthume, dommage car on tenait là un autre très bon titre. Elle avait déjà chanté Valérie, une autre cover, dans une autre version, celle ci ne manque pas de piquant, The girl from Ipanema est le premier, et seul, faux pas de cette compil, et Dieu sait pourtant combien j'aime ce titre, mais là, l'alchimie ne se fait pas, Half time serait issu des sessions du 1er album. Pas retenu à l'époque donc, et de fait, rien d'extraordinaire, ni de mauvais d'ailleurs, un honnête titre. Et une version alternative de Wake up alone de Back to black. Plus à l'os, la facette jazzy accentuée, mettons que cette plage est ici à titre informatif. Best friend, autre chute de Frank, nettement supérieure à Half time, il eut été dommage de la laisser aux oubliettes. Body and Soul, dernier titre enregistré et sorti il y a quelques semaines sur l'album de Tony Bennett, luxueuse ballade jazz, eut elle vécu que nous aurions probablement eu droit à un moment de sa carrière à une album complet de ce type de musique qu'elle interprétait si bien. Douzième et ultime plage, une reprise, A song for you de Donny Hathaway. Je ne connaissais pas l'original, suis allé écouter, sa version est assez fidèle, pas le style sur lequel je craque, mais ses qualités d'interprète soul sont mises à l'honneur. Qu'une personne de 27 ans meure, c'est de toutes façons un immense gâchis, que cette personne ait ou non du talent. Nous avons simplement ici la confirmation que sa mort nous aura privé de quelques grandes chansons à venir. RIP Amy.
Benabar- Les bénéfices du douteDernière grosse sortie de l'année 2011, le 6ème opus de Benabar est arrivé. Sorte de chantre du quotidien, chanteur à textes s'il en est, dans la lignée d'un Renaud en plus bobo, mêmes capacités vocales limitées, qui freinent fatalement ses mélodies, les cantonnant dans un registre de 3 à 4 notes. Bref, c'est à l'arrangeur de faire le gros du boulot pour rendre présentable les ritournelles du Bruno. Politiquement correct, le titre paru en éclaireur ne soulevait pas mon enthousiasme. Benabar fait du Benabar, et il sait bien le faire, mais ça tourne tout de même un peu en rond. Les râteaux, même avec un piano bastringue et un harmonica, frôle le Pierre Perret, et pas le meilleur, L'agneau est l'antithèse de politiquement correct ou l'ambiance western continue via le banjo - réalisation de l'album - Jean-Louis Piérot - . Bien sur, sa plume est toujours efficace, La phrase qu'on n'a pas dite évoquera certainement quelque chose à la plupart d'entre nous, le quadra qui fait le point Alors c'est sa ma vie, Moins vite sur l'enfance qui passe si vite, le bougre a indéniablement du talent, même s'il le gâche parfois - quelle histoire ! - mais ses textes évoquent plus des nouvelles ou des petits films voir des sketchs plus que des chansons. Le type d'album qu'on a plus plaisir à lire qu'à écouter et qui prendra probablement toute sa dimension sur scène
Eddy Mitchell - Ma dernière séanceL'ultime tournée de Mr Schmoll, il l'a promis juré, en a même fait une chanson, il n'y aura pas de comeback. Et pour mettre un point final à cette exceptionelle carrière, le live qui va bien. 39 titres qui passent en revue l'ensemble des 50 ans de notre Eddy, de Daniela ou Be bop a lula des débuts avec les chaussettes noires à l'esprit grande prairie, du dernier album signé Souchon-Voulzy, que l'on retrouvent d'ailleurs en sa compagnie ici. Et les hits et les souvenirs de s'enchaîner, Couleur menthe à l'eau, Alice, Toujours un coin qui me rappelle, Pas de Boogie-woogie, La dernière séance, sur la route de Memphis, j'en passe et des aussi bonnes. Avec un tel répertoire, il y a nécessairement des titres qui passent à la trappe, La fille du Motel, un Barman et tant d'autres. Un monument de la chanson française incontestablement, un auteur sous-estimé, un chanteur hors classe, bref le top. Si on ne devrait plus le voir en tournée, possible que des disques studio sortent encore. le DVD sort cette semaine, Merci pour tout m'sieur Eddy.