Dave Depper - The Ram ProjectCertaines idées de mes comtemporains ne laissent pas parfois de m'étonner. Prenez le sieur Dave Depper par exemple. En panne de ses propres compos, il décide, pour relancer la machine à inspiration de se faire tout l'album Ram de sir Paul Mc Cartney en reprise. Soit, il y a des idées plus sottes et une bonne cover bien tournée est l'un de mes péchés mignon. Là ou l'animal se démarque un peu, c'est qu'il décide de refaire l'album à l'identique. Note pour note. Le disque post Beatles ayant été déjà bricolé par le Paulo dans un coin de sa cuisine avec deux bouts de ficelle, pas de difficulté majeure du côté de la production. Et donc notre bonhomme de s'atteler avec une infinie patience à la tâche. au final, hormis la voix, pas désagréable mais évidemment pas exactement celle du maître, on s'y laisse prendre et même, avec un peu d'inattention, on s'y croirait - excepté Monkberry Moon Delight ou il ne rivalise pas avec les cordes vocales du patron. Ceci dit, in fine, à quoi ça sert ?
Pour le Dave, je vois bien, une prouesse, et un peu de pub, mais pour l'auditeur ? je passe mon tour. Pour ceux que ça intéresse, la boutique est ici.
Charles Aznavour - Toujours87 ans, une carrière exceptionnelle, des chansons ancrées dans la mémoire collective, bref un monument du patrimoine reprend son bâton de pèlerin et nous propose un nouvel album (50ème ? 60ème ?) ou il signe paroles et musique, s'entourant de pointures à tous les postes ( Eumir Deodato ou Yvan Cassar aux arrangements), ou jazz et ambiances latines tiennent le haut du pavé. Dès les premières notes, la voix, inchangées, éternelle, intemporelle, comme s'il avait 40 ans, une signature vocale unique s'empare de nous. Le parolier, sa grande force, aborde les thèmes qui lui sont chers, le passé, l'amour, la mélancolie. Franchement, que ce soit un homme de cet âge qui swingue un hymne à l'amour charnel - Que j'aime j'aime ça, ne laisse pas de me surprendre et me laisse de l'espoir
, Ce printemps là revisite mai 68 façon bossa, Tu ne m'aimes plus ajoute un chapitre à la longue liste de ces chansons d'amour tristes ou il excelle, La vie est faite de hasard voit le sage philosopher, avec cette écriture qui peut paraître un peu désuète aujourd'hui, un style un peu surrané qui fait justement tout ce qu'est le Grand Charles, ce passeur d'émotion d'une autre époque. L'album clôt sur une pirouette humoristique, l'instinct du chasseur. S'il fallait indiquer une faiblesse sur ce disque, ce sont les mélodies qui seraient les accusées, les arrangements sont somptueux et maquillent un peu le vide des compos, pas désagréables, loin de là, mais sans "classiques"sans futur monument à placer dans une compilation. Quoiqu'il en soit, longue vie à l'artiste, et rendez vous au prochain album.
Red Hot Chili Peppers - I'm With YouVirage pop prononcé pour les Red Hot, ce qui évidemment n'est pas pour me déplaire, même si du coup les aficionados du son Pepper risquent de bouder leur plaisir. Exit John Frusciante
guitariste emblématique du groupe, ceci expliquant peut être cela. Par contre la basse de Michael Flea continue de s'arroger une belle part et continue à tricoter de sautillantes lignes pour le plus grand délice des remueurs de gambettes. Sachant que le piano
est devenu son instrument de prédilection, on comprend que l'ensemble de ces données influent nécessairement sur la direction musicale. Et donc, pendant que le groupe se fait descendre à peu près partout, c'est ici que vous apprécierez la redoutable mélodie de Brendan's death song, single imparable le trépidant morceau d'ouverture Monarchyof roses, au refrain emballant et à la ligne de basse made in Blondie période disco (si si, on parle bien des Red Hot là). Franchement ça pète de partout, ça dépote, et pour un groupe de plus d'un quart de siècle au compteur, c'est un plaisir de constater que le côté juvénile est toujours d'actualité. Les concerts de Bercy à venir sont déjà complets, et ils devraient y faire un tabac. Laissez tomber les pisse vinaigre qui ne jurent que par le rock underground pur et dur et faites vous un shoot de pop, vous verrez, ça fait du bien par ou ça passe.
Lenny Kravitz - Black and White AmericaProbablement pas de titre qui passeront à la postérité dans ce nouvel album, son neuvième, mais c'est pourtant l'un de ses plus consistants depuis des lustres. Multi instrumentiste exceptionnel, il assure une nouvelle fois la quasi totalité de qui est entendu. Fidèle à sa formule, un zeste de soul, deux doigt de rock, il alterne les ambiances, du funk moite façon Prince - Liquid Jesus - à un titre que James Brown n'aurait pas renié - Come and get it - doté d'un solo Hendrixien décoiffant à une pop formatée FM, chair à hits - Rockstar city life ou Stand- sans oublier la ballade piano voix, la superbe Dream, mon titre préféré de l'album qui pourtant regorge de bons titres Le tout suite l'empreinte, l'hommage Motown cf - Looking back on love - tombé d'une session oubliée de Marvin Gaye ou Superlove qui fleure bon le Stevie Wonder Un reproche couramment fait à Lenny est d'être un copieur plutôt qu'un créateur. Il y a une certaine part de vérité là-dedans, mais franchement, qu'est ce qu'on en a à faire, vu a qualité de ce qu'il propose. Il agit en historien du rock et recycle les seventies pour les accommoder à la sauce d'aujourd'hui. Chapeau l'artiste.
The Narcoleptic Dancers - Never SleepQuoique que le nom qu'ils ont choisi puisse laisser suggérer, improbable que ce duo franco-hollandais ne vous endorme. C'est la première belle surprise de cette rentrée. Demi frère et soeur, monsieur, le frenchy, aux compos, mademoiselle, de l'autre pays du fromage
aux paroles, ce duo propose un chouette album pop, fourré aux ritournelles fraîches comme une citronnade sortie du frigo par un après midi ensoleillé. C'est efficace, mélodique, lorgne un peu sur un folk enjoué, because les guitares acoustiques, la voix évoque un peu Azure Ray, gage de qualité. La pochette, clin d'oeil appuyé à une photo du Bed In de Yoko et John à Amsterdam, la coupe Beatles ayant pris du N.14 (référence Tintinophile). C'est bourré de singles comme pas permis, en prise directe avec le monde des Bisounours et dieu que ça fait du bien.
Rave On Buddy HollyConsidéré comme l'un des pionniers du rock, mort dans un crash d'avion à seulement 22 ans et probable fondateur de ce qui deviendta la pop, Buddy Holly aura, lors de sa courte vie, enregistré quelques pépites inoxydables. Deux albums hommage - il aurait eu 75 ans cette année - étaient annoncés. Le premier, Rave On, paru avant les vacances m'interessait d'autant plus que Sir McCartney y traine ses guêtres (le second, prévu à la rentrée, voit la participation de Jeff Lynne, je serais donc aussi au rendez-vous). Patti Smith, Lou Reed pour les anciens, Florence and the machine ou She and him pour les petits nouveaux sont au générique. Une bonne chanson doit résister à n'importe quel traitement, et la preuve du talent de compositeur du Cricket en chef est démontré ici. Si certains artistes - Fiona Apple sur Everyday par exemple - joue la carte de la fidélité, au risque de ne pas soulever la poussière, d'autre, Le Paul particulièrement, démonte les morceaux pour en proposer une autre lecture. Plomber It's so easy à ce point, voix saturée, rythme lourd, pétage de plomb complet façon rap pour finir, en dit long sur le pied qu'à du prendre le scarabée à revisiter le titre, même si, côté auditeur, je suis resté plus que dubitatif. Words of love par Patti Smith est une franche réussite de même que le Raining in my heart par Graham Nash, sixties au possible. Pour le reste, la liste des invités est plus impressionnante que le résultat final. Une compil regroupant les meilleures versions déjà enregistrée eut été plus efficaces (It's so easy par Linda Rondstadt c'est quand même autre chose). Compil suivante please ..
Jacno - FutureA la fois artiste secondaire, par son succès public finalement assez faible et datant de 30 ans, et de premier plan par l'influence certaine qu'il eut sur la pop made in France et un florilège de musiciens, Jacno, décédé il y aura bientôt 2 ans dans une indifférence inversement proportionelle à son talent est célébré dans cette compilation par une brochette d'artistes impressionnante, qui démontre s'il en était besoin, que point n'est besoin d'être people pour marquer son époque. Voilà donc une belle manière de se rémémorrer le bonhomme, du superbe J'ai triste, écrit pour Les Valentins - présent par ailleurs au rendez-vous - aux inévitables Amoureux solitaires et Rectangle, ses deux seuls véritables grands
succès, la carrière du dandy est revisitée avec une bonne dose d'électro à la clef, sans flamboyance, mais avec - trop ?- de respect. On s'étonnera de l'absence de Lio ou d'Helena Noguerra voir même d'Elli, on pourra regretter la présence de Philippe Katerine, égal à lui même, c'est dire, et on saluera celle d'Etienne Daho en compagnie de Calypso, la fille de Jacno, qui même s'ils ratent totalement leur reprise, y mettent du coeur. salut l'artiste.![]()