Bento III - Be this oceanDans la série "bercés trop près du mur" en voici qui sont bien barrés. Le projet Bento est tellement vaste qu'il m'est difficile de vous le résumer ici. Ils ont un wiki qui leur est consacré, et quand j'imagine la débauche d'énergie qu'il a fallu déployer pour créer tout ce binz, ces différents sites qui se répondent les uns aux autres, les tonnes de textes, sans compter la musique, par ce qu'il y quand même un disque derrière tout ça, ça me laisse rêveur. Entre franche marrade et délire mystique, création du Bentoïsme, qui, je cite , à pour but de " de mettre au jour le sens de l'être en tant qu'être", il faut en faire des trucs pour se différencier de la masse des autres gugusses qui eux aussi font des disques. La musique parlons en, l'album est aussi explosé du bulbe qu'on pouvait le pressentir, abordant une flopée de style de manière totalement iconoclaste et décousue, même si n,'importe quel moinillon bentoïste vous dirait qu'il y a un sens et un structure dans ce grand fourre tout. C'est en tout cas étonnant, et même parfois intéressant voir accrocheur, même si, évidement, de pop, il n'est pas question une seconde. Bruitages, mélodies, bandes à l'envers, expérimentation en tous genres sans jamais tomber dans le bruitisme, si les Beatles ont jamais inspiré cette bande de zozo, c'est Revolution 9 leur disque de chevet. Probablement pas le type d'album que je ré-écouterais, mais dans lequel j'ai trouvé bien plus d'idées et de curiosités que dans la production ambiante habituelle. Déconcertant certes, mais se serait franchement dommage de passer à côté.
A deux lits du délitBon, allons droit au but, si vous voulez passer une excellente soirée à rire et sourire, et sortir de là avec une banane d'enfer, c'est LA pièce qu'il ne faut pas rater. C'est certes un vaudeville tout ce qu'il y a de plus classique, voir cliché, mais c'est joué avec un tel entrain, un tel vent de folie, une telle entente que c'est absolument irrésistible.
L'argument est simple, deux couples illégitimes se retrouvent dans un hôtel et évidement la maîtresse de l'un est le conjoint de l'autre, le gérant de l'hôtel arbitrant le tout. Chassé croisé et quiproquo de s'enchaîner sans baisse de rythme, les portes claques, les répliques fusent, et les rires tombent en cascade.
Arthur Jugnot, que je découvre ici, tout en nonchalance et décontraction, omniprésent tout le long de la pièce, est le maître du jeu et déclenche le tourbillon autour de lui, Juliette Meyniac est la blonde de service, un peu godiche, qui m'a parfois fait penser à la Shirley de Dino, Emilie Caen joue une jeune femme totalement survoltée, à la sexualité débordante frôlant l’hystérie, quand au messieurs, le duo Garnier et Sentou, ils se débattent dans les affres de l'adultère avec un plaisir non dissimulé.
Ces 5 là font monter la mayonnaise sans qu'un instant la pression retombe, les occasions de rire de bon coeur ne sont pas légions, celle là est à ne pas rater.
Une pièce de Derek Benfield, au Théâtre de la Michodière, jusqu'au 26 juin 2011. Pièce montée par Jean-Luc Moreau.
La bande annonce ne rend pas justice à la pièce, mais la voici tout de même.

26 avril 2011 : concert de sortie officielle du 1er album du Virginie Capizzi quartet "TITYRE"
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Pierre Faa - L’Avenir n’est plus comme avantJ'ai mis un peu de temps à écrire cette chronique pour un album que j'ai pourtant depuis quelques semaines. En playlist sur mon mp3, j'y reviens régulièrement, ne m'en lasse pas mais comme l'aborder, vous le proposer vous donner envie sans le sur-vendre
. Pierre Faa a déjà été cité dans ces pages comme un tiers du trio Peppermoon, le tiers qui signe les chansons quand même. Le voici qui amène à l’aboutissement son projet parallèle solo, exit le timbre enchanteur d'Iris, c'est lui qui s'y colle. Côté voix, on est plutôt dans la lignée d'un Chamfort, des mélodies raffinées, ciselées, avec un ambitus assez faible, entre parlé et chanté. Citer Chamfort n'est pas anecdotique puisque l'on retrouve à la réalisation l'un de ces anciens complices que je révère Jay Alanski (Jil Caplan, Lio, Marie France et surtout Jay lui même et son superbe album The Price of Love) . Petites vignettes sonores complexes mais ô combien accessibles, ces deux là tricotent des chansons d'artisans, ou le classicisme de l'un est percuté par l'electro de l'autre, les subtilités du Pierre soulignées par les trouvailles du Jay. Les 14 titres proposés sous le superbe titre L’Avenir n’est plus comme avant ont chacun un scintillement qui leur est propre, 14 gemmes taillées par le diamantaire, quoique non belge mais parisien - Info exclusive de Mr Faa lui même
Alanski, pour un bijou entre pop et variété, la frontière est de toutes façons assez floue. Comme avec Peppermoon, je crains que l'adage nul n'est prophète en son pays ne se vérifie à nouveau, la finesse de ses compositions, leurs légèretés se coulant mal dans le moule actuel du fast food prêt à consommer, prêt à porter prêt à jeter. Si vous vous sentez d'humeur à laisser tomber le jean pour la soie, troquer le zirconium pour l'émeraude et le rubis, ce disque est le votre.
Son blog
Son Myspace
The Edge - Kill your idolsAvec un nom pareil, je m'attendais à un rock d'inspiration U2. Heureusement il n'en est rien, ce premier 4 titres du quatuor a pas mal d'atouts à faire valoir. Mystery, sa rythmique disco rock electro façon le Floyd d'Another brick in the wall, , ses accords de guitares rageurs, sa voix habitée, son Fender Rhodes en guide sonore propose l'un des morceaux les plus accrocheurs de ses derniers mois. Smash, en 6'41 propose une intro qui n'aurait pas déparé un Thriller avant de retourner flirter avec une electro dance insistante, un bref passage rap à la Linkin Park et un solo de guitare à réveiller les morts, bref de quoi agiter salement les nuits des nights clubber en tout genre. Le morceau éponyme déchire les tympans à coup de synthés, la voix salie par la saturation, un titre dissonant, dérangeant, rock destructuré à la puissance évocatrice indéniable. Étrangement, histoire de paumer tout le monde ou de montrer l'étendue de leur palette le Better day qui clôt ce 4 titres laisse totalement tomber l'electro et la prise de risque sonore pour une popsong bien balancée. Un groupe surprenant, et prometteur.
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Ending Satellites - A Devasted Place Where We Can DanceLe dossier de presse est un poil cryptique, on se sait pas trop qui fait quoi, mais le projet est présenté comme étant musical et photographique. Ce deux titres suit un premier nommé Do not write here. Et de fait, cette musique étant essentiellement instrumentale, son rapport à l'image est nécessairement plus important, allégé du poids des paroles. Les ambiances sont très variées, et même un accroc comme moi au format popsong, irréductiblement scotché au binôme couplet refrain, ne peut que trouver un charme certain à cette décoction. Les atmosphères sont assez variées à l'intérieur d'un même titre pour maintenir l'attention et on se prend à regretter que des images n'illustrent pas plus le propos, Ending Satellites nous proposent une B.O sans film, à vous de vous en faire un dessus, de l'hispanisant Palos de la Frontera à The last dance, titre multifacettes enchaînant les ambiances différentes, glissant de l'ambiant à un rock alternatif affirmé.
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