Jay-Jay Johanson - SpellboundJe découvre cet auteur compositeur suédois avec ce 9ème album, et ma foi, la surprise est d"autant plus grande. 11 titres très intimistes, plutôt mélancoliques, ou des grappes d'arpèges de piano répondent doucement à une guitare acoustique - Shadows -, ou une ligne de basse, réminiscente de je ne sais quel titre, pour une délicate mélodie envoûtante, Dilemma ou quelques accords plaqués rythme une lancinante et fascinante ballade - On the Other side - . La voix participe principalement au charme que dégage cet artiste, entre murmure et douceur, Installez vous dans un bon fauteuil à la tombée de la nuit, posez sur la platine cet album et laissez vous emporter, bercer, il n'y a pas une seconde de ce disque qui ne mérite pas une écoute attentive. Laissez le plaisir vous envahir et le temps s'écouler sans vous..
Un album à écouter à deux., l'un contre l'autre
For Heaven's Sake - Paha Sapa / Mako SikaEn digne pop addict, comprendre amateur de singles de 3'30 grand max à la mélodie évidente, petit fils des Bealtes, j'avoue avoir tendance à déserter un peu lorsque je tombe sur un album qui propose 45 minutes de musique en 7 titres. Il me faut une préparation psychologique pour me laisser glisser dans le grand bain.
A réception de l'album - le second semble t'il - de For heaven's Sake, j'ai pris mon temps pour m'immerger. C'est en fait un seul homme qui se cache derrière ce pseudo, Guillaume Nicolas, ce qui en explique le caractère hautement personnel. Bon, dès le premier titre, Ya Hayyou, Ya Qayyoum, je sens que je vais avoir du mal à trouver mes repères. Ambiance orientalisante, esprit de George Harrison est tu là ? , voix mixée au fond, le titre se développe sur plus de 9 minutes, et c'est parti pour le grand voyage, le tout est de se laisser porter. Poison Ivy, enchaîne, plus destructuré, plus angoissant aussi dans sa première partie instrumentale avant de s'ouvrir sur une sorte de folk bluesy mélancolique à coller le bourdon à un mec sous gaz hilarant. DC-9 creuse le sillon oriental, la voix, à la limite de la saturation, empêchant tout compréhension aisée des paroles, peut être dans le but, atteint, de forcer l'attention, l'ensemble proposant une tension quasi hypnotique, étrange. Zôt U Râspi Ashem (en quelle langue est ce donc ? ) permet de respirer un peu, l'ambiance y est moins torturée, moins pesante, une ballade rock, presque classique, enfin ce qui en est le plus approchant pour cet album, avec toujours cette voix traitée comme un instrument. J'avoue qu'arrivé là, même après de multiples écoutes, Alba Ayamule m'a décroché à chaque fois, et comme pour m'aider à raccrocher les wagons, le sieur Nicolas dégaine une popsong "ordinaire", sauf son titre, Bint Elshalabia, guitares, basse batterie, bon ok, ce n'est pas du Christophe Mae, mais évidemment le morceau, est, de mon point de vue, le plus accessible, la porte d'entrée de ce Heaven.Paha Sapa / Mako Sika - manque la traduction - se clôt avec Dolente C, morceau acoustique ou des traces de blues et de country - l'instrumentation - rendent cette dernière plage, la plus courte, presque apaisante, un baume après les brûlures. Au final, évidement, un album ovni, à forte teneur en originalité, à personnalité unique, à l'univers artistique très différenciant, pas vraiment hermétique, mais demandant une implication de l'auditeur à la hauteur de celle du créateur. Deux autres opus devraient compléter d'ici peu le voyage., bonne route ...
The High Llamas - Talahomi WayL'article précédent présentait l'excellent album Fugue de Medhi Zannad, la connection avec ce nouvel opus de la bande à Sean O'Hagan est aisée puisque leurs deux univers sont très proches, l'empreinte Beach Boys sur leur musique étant l'une des caractéristiques majeurs de leur oeuvre, peut être encore plus marqué chez les anglais, au point que leurs albums pourraient passer pour être des originaux. Ce n'est pas le Berry Adams d'ouverture qui me fera mentir, qui aurait pu avoir sa place sur Friends sans rougir. Mais réduire la musique des High Llamas a une copie, aussi brillante soit elle, serait leur faire insulte. Si l'influence est patente, elle n'est pas unique, et ce Talahomi Way aujoute à la recette un zeste de musique brésilienne, l'ombre de compositeurs français de la fin du XiXeme siècle (la riche orchestration de Wander, Jack Wander) ou la patte d'un Burt Bacharach, Que cet album, sa richesse instrumentale, ces pirouettes harmoniques, sa pyrotechnie mélodique est pu être enregistré quasiment à la maison démontre s'il en était besoin combien la technique d'aujourd'hui permet de faire des miracles. Cet album fait parti de ceux qui vous accompagne longtemps, qui prennent un peu de temps pour s'insinuer totalement en vous et qui nécessite des écoutes répétées pour en découvrir toutes les subtilités, bref ce n'est pas un disque pour prendre le métro mais pour prendre son temps. Pendant que j'écris cette chronique, le titre The ring of gold vient de surgir des enceintes. Juste beau.
Mehdi Zannad - FugueSi son nom ne vous dit rien, peut être celui de Fugu, pseudo qu'il utilisait jusqu'alors vous parlera plus. Sinon, vous êtes passé jusqu'à ce jour à côté d'un sacré client pour ce qui est de pop made in France. Un peu à part, ce gus bricole dans son coin quelques bijoux pop sans trop d'équivalent de ce côté de la Manche - ou de l'Atlantique - hormis Meek peut être, mais en plus lumineux, moins torturé. Le retour à son patronyme s'accompagne d'un virage vers la langue française, puisque 100% des 10 titres de cette fugue sont chantés dans la langue de Molière. Ce disque, signé pour la musique par Mehdi et pour les textes par Serge Bozon, réalisateur de cinéma, respire la pop, les Beach Boys, les Beatles, alliant complexité harmonique et orchestrations célestes (écoutez moi le morceau Barques chute d'Abbey Road.) Ecoute qui ouvre l'album ou Au Revoir ont ce truc magique qui fait la différence, c'est un petit morceau de ciel bleu qui se détache et tombe dans votre jardin. Un condensé de pop que l'on entend rarement dans notre langue, qui m'évoque parfois un lointain Week-end Millionnaire - remember ? - pour son travail sur les vocaux. Un album printanier, à coup sur, bon timing donc, qui fait souffler une douce brise de fraîcheur sur les ondes. Si seulement, exceptionnellement, le dédain francophone légendaire pour ce type de pop somptueuse et soyeuse - ah les cordes de Paresse - pouvait être laissé de côté. Ecouter cet album, c'est faire le plein d'optimisme et de sourire. Si Monsieur Voulzy passait par mégarde sur ces pages, je lui soufflerais bien de prendre ce Medhi en première partie de sa prochaine tournée, leurs deux univers se compléterait à merveille.
Son site
My concubine - Une chaise pour TedMy concubine était pour moi jusqu'à lors un groupe pop anglais underground. Allez savoir pourquoi
, puisque je découvre avec ce 3eme album que le duo chante en français et que tout est signé par un Monsieur Eric Falce. Bref, mon inculture a frappé une fois de plus. Ce disque est donc comme le premier pour moi, j'y retrouve avec plaisir Lizzy Ling, déjà chroniqué dans ces pages pour ces propres album et qui délaisse - momentanément ? - sa carrière solo pour ce fondre dans ce groupe. Un album ou les voix se répondent au fil des titres, c'est un peu, en France, Gainsbourg l'inventeur de la formule, difficile donc de faire l'impasse sur cette référence, surtout dans un style tirant sur la pop un peu sombre, ou des tueurs se baladent sur des comptines, une collection de barjots hantant les textes, une version de Bonnie and Clyde non romancée. Chaque titre est un mini clip , les histoires racontées sont quasi scénarisées, et on sent une forte culture - et inspiration - cinématographique derrière l'ensemble. La réalisation de Yann Arnaud (Air, Jeanne Cherhal ...) est efficace, inventive, et assez variée pour maintenir l'attention le long de ces 11 titres qui manquent tout de même un peu d'efficacité mélodique. Le parfum, le titre d'ouverture est le 1er single choisi, moi , j'aurais plutôt misé sur Pauvres mecs, ironique, désabusé et au potentiel radio plus patent, mais, ce n'est pas moi qui fait les choix ;o)
Johnny Hallyday - Jamais seulQuestion: Comment Johnny fait il pour rater aussi invariablement ses albums ? Quel est le guignol qui choisi ses musiques ? Un mec de sa stature, avec cette voix, il n'a qu'à claquer des doigts et des centaines de compositeurs sont prêt à lui proposer des titres, ne lui resterait plus qu'à choisir des bons morceaux. Mais là ... Déjà, choisir M pour écrire ses chansons !! Réaliser un album oui, lui faire jouer les guitares, milles fois oui, mais composer ? Si le fils Chedid avait l'ombre d'un talent pour écrire un standard, des tubes, comme Michel Berger ou Jean-Jacques Goldman en leur temps, ça se saurait. Et pourtant c'est cela qu'on attend d'un mec qui a parsemé ses 40 dernières années de titres qui marquèrent leur époque. Johnny c'est un best of, on se fout du reste de sa discographie. Et ce Jamais seul franchement ... Je ne parlerais pas textes ici, l'album se fait allumer un peu partout à ce sujet, mais les musiques ... Ok, il y a des parties de guitares à tomber, mais des chansons les gars, vous ne pouviez pas lui en écrire une ou deux ? Des trucs consistants, une ébauche de mélodie, ça vous aurait fatigué ? Vous savez le truc qui accroche l'oreille, qui fait se rappeler des années plus tard tel ou tel souvenir, des chansons quoi. Alors que là, il chante absolument n'importe quoi, sur quelques accords bricolés vite fait, c'est vide de chez vide, tu parles d'un retour de chez les morts, la voix est là, mais derrière ... Je ne suis pas plus fan de Johnny que ça, mais quand même, avoir un tel interprète et lui proposer cette bouille pour chat, c'est rageant . Allez, défi du mois, pour le titre du 1er mai, je m'en vais t'écrire un titre pour Johnny (Julie n'ait pas peur, je ne vais pas te demander de muer
) De toutes façons je ne peux pas faire pire alors ... C'est dit, c'est écrit, la prochaine sucrerie il faudra l'imaginer chanter par l'idole des ex jeunes.
Vains Of Jenna - Reverse TrippedJe suis plutôt fan de reprises en général, et quoique n'ayant jamais entendu une once de la musique de Vains of Jenna, la set liste, incluant des covers des Beatles, Deep Purple, The Zombies, Box Top, Elton John et autres Mama and Papa's ou Simon et Garfunkel, allié à une photo cliché style hard rockers façon années 80 ne pouvaient que m'attirer d'abord la pupille puis les tympans. Le groupe est suédois et leur nouveau chanteur américain. Ils pourraient bien venir de Mongolie extérieure que cela ne changerait rien à l'affaire. Leurs 15 reprises sont sympa à écouter une fois, le chanteur est même carrément excellent et porte la baraque, voir sauve lse meubles parfois, mais tout ça manque cruellement d'imagination et il ne suffit pas de mettre un peu d'électricité à California Dreamin pour vraiment se démarquer. Ceci dit, entant que jukebox dans la voiture, ça évite d'avoir à se faire une compil, car il faut au moins leur reconnaître cela, à défaut d'avoir de l'inventivité, ils ont bon goût, et même la reprise de Fuck you de Cee Lo, sonne.