Retour à la casse départ pour l'ex gagnante de la' nouvelle star. Après un premier album loin de l'univers qui lui avait fait remporter l'émission, et le semi échec commercial qui s'en suivi, la demoiselle rempile en revenant à ses premières amours la soul. Donc son sixties/seventies, enregistré en Angleterre avec une bonne partie de l'équipe la regrettée Amy Whinehouse, difficile de faire plus roots. Et en gros elle sort le disque que l'Amy ne sortira plus. Ca groove, ca pulse, ça sonne et respire l'envie et la joie de bien faire. Elle met ainsi en exergue le problème d'une émission comme The Voice. Avoir une putain de voix n'a pas trop de sens si elle n'est pas drapée dans des chansons à la hauteur du diamant, et c'est toute la difficulté. Ce Sans amour mon amour envoie bien, le single éponyme est assez accrocheur pour escalader les charts, et comme il a des petits frères - Incognito, Sortilèges ou le très bon Le temps est à la pluie, pas de bile à se faire pour ce disque, il devrait trouver son public, mais je reste sur ma faim. De bons titres sont ils suffisant pour une voix de ce calibre ? Le seul titre en anglais, Black-out, est peut-être une piste, elle a le potentiel pour faire une carrière internationale, et s'ouvrir ainsi lui permettrait d'augmenter le nombre de compositeurs susceptible d'écrire pour elle. Ici elle risque de s'étioler, en marchant un peu sur les plates bandes d'une Axelle Red, avec plus d'efficacité, il faut bien le dire. Peu encore mieux faire.
Début des années 70, en Allemagne, une jeune femme enregistre quelques maquettes guitares & voix chez elle, sur un vieux magneto. 30 ans plus tard, son fils, pour lui faire un cadeau, grave un CD d'un douzaine de titres à destination des amis. Le hasard, parfois heureux, fait qu'un producteur écoute, est séduit et édite le CD. L'histoire est plus originale que la musique, mais tout aussi belle. Elle y confirme l'intemporalité du folk, ce disque eut été enregistré dans la même configuration hier que la différence ne s'entendrait quasiment pas. Tonight, qui ouvre l'album est une jolie mélodie, de loin le titre le plus accrocheur, la voix est douce, la mélancolie, comme souvent dans ce style de musique, est omniprésente. On pense à un Leonard Cohen qui aurait écouté Françoise Hardy intensément. Pas de quoi crier au génie oublié pour autant, ce n'est d'ailleurs pas le propos, mais tellement de disques sortent sans aucune espèce d'intérêt, celui ci, enregistré sans aucune pensée mercantile, juste pour se faire plaisir, sorte de journal intime dévoilé sans impudeur est un joli compagnon. Et qui sait si, en 2050, quelqu'un ne finira pas par exhumer ma musique .
Que la demoiselle Anaïs soit un brin barré, ces deux premiers albums ne laissaient aucun doute la dessus, c'est ce qui fait tout son charme. Voilà qu'elle revient avec un disque de reprises de titres d'entre deux guerres pour la plupart, revisités avec audace et parfois culot. Ca ne marche pas à tous les coups, mais dans l'ensemble ce disque est attachant. Passons sur la pochette, ratée, et l'intro façon audition starac, qui pourrait passer sur scène mais qui n'a pas sur album que l'on ré écoute. Si j'étais une cigarette, traité façon rock arrache bien, la reprise de Piaf de Mon dieu fonctionne également idem pour mon titre préféré, je n'embrasse pas les garçons, qui dégage une énergie communicative, l'espagnolade Sombrero et mantilles est nickel également, vous me direz, c'est un quasi sans faute pour le moment. Certes, mais cela se gâte ensuite. Le tango stupéfiant, passé à la moulinette électro, passe encore , quoiqu'un peu long, Mon anisette, ou elle chante comme si elle était bourrée, sketch entre Fernandel et Bourvil est plus que datée et n'a rien à faire sur un disque. Le duo avec Fregoso est plutôt frais et sympa, Le petit cochon en pain d'épice eut pu être réussi s'il n'avait pas été chanté a capella. Non pas qu'Anaïs chante mal, mais passé la 1ère écoute, je me lasse. Quand à l'hilarante reprise de Private Dancer de Tina Turner, façon musette avant de se lancer dans une imitation, réussie ma foi, solo de kazoo à l'appui, elle n'a d'intérêt que la première fois également. Probable que cet album eau de Javel prendra toute sa dimension sur scène.
Anaïs, "Je n'embrasse pas les garçons" - Session... par elleadore
Comeback du boss avec un album dit engagé. Pour le frenchy qui ne pige pas un mot d'anglais ou que la crise vue côté Etatsunien laisse froid comme la marbre, que reste t'il à se mettre sous la dent ? Un bon album de rock made in USA ou le Bruce s'essaie à varier les styles. Si le premier single, Take care of our own est du pur Springsteen, simple et efficace, rokc basique pour stade, dès le second, Easy money, un côté folklore irlandais apparaît. Shackled And Drawn et ces mêmes influences celtiques me fait penser au départ au Dance tonight de McCartney. Jack of all trade, 6 minutes d'une ballade que n'aurait pas renié Dylan, Death to my hometown, retour du sang celte, bâti façon hymne, et on reprend tous en choeur. You've got it est loin de la pépite de Roy Orbison, un brin folk avec slide guitare pour les pleurs, We are alive, banjo en tête ferme l'album avec quelques cuivres façon Mariachi. Bref un album pas si rock que cela, empreint des racines du boss.
Le fils de Joe et une toute jeune chanteuse décident de rendre hommage à Monsieur Montand pour les 20 ans de sa disparition. Ils ont eu le bon goût de ne pas passer la musique à la moulinette techno/disco/electro, mais restent dans le registre jazz, big band, arrangements au cordeau. La plupart des titres ne sont pas chantés en duo mais à l'unisson, Mademoiselle se réservant un solo sur Le temps des cerises. On retrouve nombre de grands classiques du maître, sous le ciel de Paris, Les feuilles mortes, A bicyclette, et autre Mon manège à moi ou la vie en rose. évidemment ,avec un tel répertoire, difficile de se rater, à moins d'être vraiment mauvais, ce qui n'est pas le cas de ces deux là. D'accord, ils ne font jamais oublier le grand Yves, mais ça n'était probablement pas leur ambition, juste un coupe de chapeau à un grand bonhomme. Pari réussi, c'est un plaisir que de ré écouter ces titres qui font partie de notre patrimoine, et je me suis même laisser dire qu'une comédie musicale pourrait naître de cette aventure. C'est tout le mal que je leur souhaite.
Second album des nantais, le 1er ayant fait le carton que l'on sait, le trio était attendu au tournant. Essai marqué et transformé. Il faut leur reconnaître ce truc pour écrire des singles efficaces, des mélodies catchy, des rythmes qui poussent à bouger les gambettes. Ils creusent le sillon electro pop aux accents disco, et ça le fait bien. la basse semble être l'instrument qui a pris le lead, plusieurs titres sont conçus autour de la sautillante 4 cordes, quelques synthés ajoutant à l'atmosphère eighties qui règne ici. Certes, ça manque un peu de surprises, et les compos, si elles ont un côté facile, plaisant et séducteur manquent un peu de hauteur pour faire de ce second disque un grand disque, mais c'est déjà un excellent album pour vos surprises parties et ça n'est déjà pas rien.

Pas grand chose à voir avec le court-métrage de Bunuel, ces chiens là ont du mordant, plutôt pitbull que chihuahua, plutôt rock que pop, même s'ils ne dédaignent pas quelques douceur mélodique pop. C'est un EP, 4 titres donc pour plus 1/4 d'heure de musique tout de même, 2 titres dépassant allègrement les 5 minutes. Du rock made in France donc, aux textes littéraires, influence Noir Désir probable, les deux guitaristes ne font pas semblant, ça dépote sérieusement, et quand quelques délicates cordes viennent se greffer sur la rythmique, ma foi la mayonnaise prend et on se dit que pousser l'idée un peu plus que sur un titre ne serait pas une mauvais chose. Les amateurs de rock musclé y trouveront certainement leur content, ce troisième opus a assez d'atouts pour les séduire. A suivre ..