Aspirateur de langue - SweetDeuxième épisode de la trilogie annoncée, Sweet poursuit dans la lignée de Hot, un rock débridé, décomplexé et tourmenté. Ruptures rythmiques, alternance de violence et de moment plus calme, saxophone en roue libre, une musique que je serais bien incapable de faire. Là ou Sucrepop n'est que couplet refrain bien agencés, mélodie facile , bref une musique bien coiffée et qui sent bon, Aspirateur de langue provoque, attaque les tympans, se présente hirsute, brut de décoffrage, bref ne joue pas la carte de la facilité. Lointains petits enfants d'un Captain Beefheart, leur musique, loin des formats radiophoniques en vigueur, na' d'autres ambitions que de faire bouger un peu les lignes. à suivre avec Desire.
Vous les avez raté, je vous en repasse une couche. Des dizaines d'albums chroniqués tout au long de l'année dans ces pages, que restera t'il. Quels sont ceux qu'il faut que vous ayez entendu, à défaut de posséder.
Petit tour d'horizon, classement par ordre d'apparition à l'écran et non par ordre d'importance.
Un mois de janvier désespérément creux, rien à sauver. Février redresse la barre avec le joli disque de Daphné, Bleu Venise, ainsi que celui d'une autre demoiselle, Rumer et son Season of my soul soyeux. En mars, le petits 4 titre de Pendentif m'a agréablement chatouillé les tympans , Avril glisse sans laisser de souvenirs, Mai est sauvé par Mickael Miro et son Juste comme ça, premier album prometteur avec succès au rendez-vous. Comme pour confirmer que c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes, c'est à un vieux routier du rock, Mike and The Mechanics que l'on doit le très chouette The Road, Luce illumine le mois de juin avec sa Première phalange; album certes imparfait mais dotés de quelques titres de haute volée, Les soeurs Pierces et leurs harmonies vocales séduisent les tympans sur You and I. Juillet et Août s'avèrent peu propice au sorties d'albums intéressants, La rentrée de Septembre est assez faiblarde, Trafalgar d'Archimède surclasse tout le monde, Octobre et Novembre ne laisseront pas de traces impérissables dans mon mp3, et décembre fini avec le Laurent Voulzy, Lys and Love et album de l'année avec K's Choice Little échoes.
Côté chansons de l'année, Someone like you de K's Choice grand vainqueur, suivi de près par The Fountain of Waynes, A road song, Alice Cooper, What baby wants, The Pierces Kissing you goodbye, Moi plus vouloir dormir seule de Daphné, la fessée de Luce, Jeanne de Laurent Voulzy, Let's get together de Tanya Chua et pour finir A girl that i like de Linus of Hollywood.
Voilà de quoi vous concocter un petit best of 2011 de derrière les fagots
la suite en 2012
Amy Winehouse - Lioness Hidden Treasureshistoire de faire le plein avant Noël, l'ultime album d'Amy. Enfin album, une compilation hétéroclites de titres , demo, titres laissés pour compte lors de sessions précédentes, la machine à cash lancée à plein. Et pourtant ce 3ème album, ou ce qui en tient lieu ne recèle pas que des rogatons. Le titre d'entrée par exemple, Our day will come, reprise sixties façon UB40 est un tube en puissance, et la mort de la jeune femme n'est pour tien à l'affaire, elle vivante, ce titre aurait tout de même fait un carton. Between the cheats, prévu pour figurer sur un vrai 3ème album et vrai nouvelle compo est un petit bijou, sixties à nouveau, les choeurs d'époque, la voix de la miss, du nanan. Tears dry, du fameux album Back to black dans une version alternative et totalement dispensable. Will you still love me tomorow, on reste ancré dans les années 60 avec cette reprises des Shirelles, titre auquel Amy arrive sans peine à donner un peu d'épaisseur, gommant le côté innocent de la version d'origine pour insuffler un peu de tragique. Like smoke, second nouveau morceau, plombé en plein vol, à mon sens, par le rap de Nas, collaboration enregistrée de façon posthume, dommage car on tenait là un autre très bon titre. Elle avait déjà chanté Valérie, une autre cover, dans une autre version, celle ci ne manque pas de piquant, The girl from Ipanema est le premier, et seul, faux pas de cette compil, et Dieu sait pourtant combien j'aime ce titre, mais là, l'alchimie ne se fait pas, Half time serait issu des sessions du 1er album. Pas retenu à l'époque donc, et de fait, rien d'extraordinaire, ni de mauvais d'ailleurs, un honnête titre. Et une version alternative de Wake up alone de Back to black. Plus à l'os, la facette jazzy accentuée, mettons que cette plage est ici à titre informatif. Best friend, autre chute de Frank, nettement supérieure à Half time, il eut été dommage de la laisser aux oubliettes. Body and Soul, dernier titre enregistré et sorti il y a quelques semaines sur l'album de Tony Bennett, luxueuse ballade jazz, eut elle vécu que nous aurions probablement eu droit à un moment de sa carrière à une album complet de ce type de musique qu'elle interprétait si bien. Douzième et ultime plage, une reprise, A song for you de Donny Hathaway. Je ne connaissais pas l'original, suis allé écouter, sa version est assez fidèle, pas le style sur lequel je craque, mais ses qualités d'interprète soul sont mises à l'honneur. Qu'une personne de 27 ans meure, c'est de toutes façons un immense gâchis, que cette personne ait ou non du talent. Nous avons simplement ici la confirmation que sa mort nous aura privé de quelques grandes chansons à venir. RIP Amy.
Benabar- Les bénéfices du douteDernière grosse sortie de l'année 2011, le 6ème opus de Benabar est arrivé. Sorte de chantre du quotidien, chanteur à textes s'il en est, dans la lignée d'un Renaud en plus bobo, mêmes capacités vocales limitées, qui freinent fatalement ses mélodies, les cantonnant dans un registre de 3 à 4 notes. Bref, c'est à l'arrangeur de faire le gros du boulot pour rendre présentable les ritournelles du Bruno. Politiquement correct, le titre paru en éclaireur ne soulevait pas mon enthousiasme. Benabar fait du Benabar, et il sait bien le faire, mais ça tourne tout de même un peu en rond. Les râteaux, même avec un piano bastringue et un harmonica, frôle le Pierre Perret, et pas le meilleur, L'agneau est l'antithèse de politiquement correct ou l'ambiance western continue via le banjo - réalisation de l'album - Jean-Louis Piérot - . Bien sur, sa plume est toujours efficace, La phrase qu'on n'a pas dite évoquera certainement quelque chose à la plupart d'entre nous, le quadra qui fait le point Alors c'est sa ma vie, Moins vite sur l'enfance qui passe si vite, le bougre a indéniablement du talent, même s'il le gâche parfois - quelle histoire ! - mais ses textes évoquent plus des nouvelles ou des petits films voir des sketchs plus que des chansons. Le type d'album qu'on a plus plaisir à lire qu'à écouter et qui prendra probablement toute sa dimension sur scène
Eddy Mitchell - Ma dernière séanceL'ultime tournée de Mr Schmoll, il l'a promis juré, en a même fait une chanson, il n'y aura pas de comeback. Et pour mettre un point final à cette exceptionelle carrière, le live qui va bien. 39 titres qui passent en revue l'ensemble des 50 ans de notre Eddy, de Daniela ou Be bop a lula des débuts avec les chaussettes noires à l'esprit grande prairie, du dernier album signé Souchon-Voulzy, que l'on retrouvent d'ailleurs en sa compagnie ici. Et les hits et les souvenirs de s'enchaîner, Couleur menthe à l'eau, Alice, Toujours un coin qui me rappelle, Pas de Boogie-woogie, La dernière séance, sur la route de Memphis, j'en passe et des aussi bonnes. Avec un tel répertoire, il y a nécessairement des titres qui passent à la trappe, La fille du Motel, un Barman et tant d'autres. Un monument de la chanson française incontestablement, un auteur sous-estimé, un chanteur hors classe, bref le top. Si on ne devrait plus le voir en tournée, possible que des disques studio sortent encore. le DVD sort cette semaine, Merci pour tout m'sieur Eddy.
Laurent Voulzy - Lys and loveDes artistes dont j'attends les albums avec autant d'impatience, il y a en a combien ? trois, quatre ? Mc Cartney, Jeff Lynne, encore plus rare que Voulzy, Berger, mais cela n'arrivera plus ... Bref tout ça pour vous dire que ce Lys& Love, 5ème album de chansons originales sous son nom en quasi quarante ans, était attendu de pied ferme. Jeanne, le single sorti il y a quelques semaines m'avait enchanté, l'album, annoncé comme d'inspiration franco-anglaise, le meilleur des deux mondes, plus une touche de concept moyen-âge, avait tout pour me séduire, bref il arrive, silence tout le monde, j'éteins les lumières et hop, c'est parti pour un voyage en apnée. D'ou je remonte, sinon déçu, comment dire ... si déçu. L'impression que la forme a été privilégié sur le fond. D'ou ré écoute, puis re ré écoute, etc, histoire de trouver la clef, de ne pas rester dehors, alors que je lis tous mes camarades des gens d'avril qui donnent l'impression d'être tous séduit. Et voici, après une bonne douzaine de passages sur mon Mp3, attentifs ou non, dans différentes conditions, mon tour du propriétaire.
Le tableau : Sur un accord de synthé répété ad nauseam, le maître des lieux parle. Nous sommes plus là devant un prologue qu'une réelle chanson, le décor est dressé, le fil conducteur de l'album est posé, ne reste plus qu'à le suivre.
Jeanne: La grande chanson de l'album, la plus efficace, commercialement, la plus facile aussi, certainement, portée par de somptueux arrangements de cordes enregistrés à Abbey Road - je serais d'ailleurs curieux de connaître la part qui revient à Franck Eulry, co-réalisateur de l'album. Les paroles, simples, sont d'Alain Souchon. Une mélodie qui entre vite en tête, bref du Voulzy quoi.
Glastonbury ; Des oiseaux, le galop d'un cheval, des corbeaux, une basse derrière une nappe de synthé, du Voulzy façon Caché derrière. Il chante en anglais, le titre est un peu - beaucoup - répétitif, près de 6'30 tout de même, sans énorme variation, clairement plus ambiance que popsong.
En regardant vers le pays de France : Sur un vers de Charles d’Orléans, qui remonte aux années 1400 Laurent dresse une chanson ou il est prisonnier d'amour. Alternant anglais et français,, rejoint par son amie Nolwenn Leroy dans les choeurs, on y entend les premiers accords de guitares. L'orchestration hésite entre pop et réminiscence moyennageuse, bref en plein dans la thématique. Aucune chance d'en faire un single efficace mais la patte du maestro est omniprésente.
Blackdown : Comme son titre le laisse deviner, anglais à fond, quasi mantra dans sa manière d'utiliser la répétition, les oiseaux restent en tâche de fond et le morceau est tout à fait ordinaire.
C'était déjà toi : Un single potentiel, le copain Alain une nouvelle fois derrière le texte, confirmant, s'il en tait besoin, que leur association fait des merveilles. Ce n'est pas une immense chanson, mais elle a indéniablement ce petit truc qui séduit, on y entend des échos de l'album Bopper en larmes, d'autres de Caché derrière, le type de chanson qu'il ne pourrait renier, les synthés continuent de dominer les débats, les choeurs répondent en anglais aux vers en français, un itre qui pourrait peut être fonctionner de l'autre côté de la Manche, son actuelle terre d'adoption.
Ma seule amour. Ou Charles d'Orléans est une nouvelle fois mis à contribution. Il y a une certaine émotion à s'imaginer ce personnage, décédé il y a tant d'années retrouver un peu vie par la magie de la musique. L'épine dorsale de ce titre ce sont les choeurs, immenses, imposant aussi beaux que peuvent l'être les voix se mêlant. Roger Daltrey (oui, celui des Who) en guest star en tant que choriste de luxe. Bon, peut être que réduit à l'os, guitare/voix, la magie s'estomperait, mais en l'état, ça le fait. Il aurait été question d'album complet avec le Roger. Je doute que cela se fasse mais ...
Our song. claviers toujours - Laurent, ou as tu rangé tes guitares ? - façon Korgis Everybody's got to learn sometimes, ou s'invite une comptine, Vlà bon vent, et quelques arpèges de guitares. Orchestralement, c'est beau, la montée de cordes est redoutable, Pas de l'inoubliable single, mais au coeur d'un disque, un morceau travaillé, recherché qui donne de la profondeur.
Le ciel et la terre ; Retour des choeurs, quasi mystique cette fois, la messe est proche - après tout nous sommes au ciel - Titre quasi instrumental, un seul vers étiré ad libitum, ou les synthétiseurs s'allient avec le classicisme des voix. M'évoque parfois l'Alan Parsons project, pas nécessairement dans ces heures les plus brillantes. L'idée initiale de Laurent état parait il de faire un disque de techno, un reliquat ?
La nuit ; Pur ovni. non pas musicalement, c'est signé Souchon/Voulzy à 100% mais dans le cadre de ce disque. C'est un titre guitare voix typique de notre Lolo star, qui détonne complètement dans le cadre de ce disque. J'ai lu ici et là, des comparaison avec Blackbird dès qui vous savez ou Jenny Wren de Sir Paul. J'aurais bien aimé que le titre soit de ce niveau, et bien que ce soit un chouette titre, il ne rivalise pas avec ceux ci.
La 9ème croisade : Le titre qui fait couler de l'encre. Pas son ampleur, plus de 14', son ambition, le titre à part qui fait d'un bon album un grand disque. Bon, moi, je m'y ennuie. L'occident s'y mélange avec l'orient, instruments issus des deux mondes, chants en arabe, choeurs façon grégorien, Après une intro de 3 minutes, place à l'Arabie, Ok, cela montre l'ouverture d'esprit de Mr Voulzy, soit, mais, faute probablement d'être familier avec ce style de musique qui s'assimile pour moi, à tort certes, à du folklore, je décroche vite. La pop me manque. retour des choeurs, puis, arrivée à la moitié du chemin, retour des cordes, les aller retour entre ces deux visions étant de plus en plus fréquentes jusqu'à ce fondre. Le message Love is everywhere en point d'orgue. All you need is love m'allait mieux. je vais vite zapper ce titre sur ce disque.
J'aime l'amour : 12ème et dernier titre. synthé toujours, c'est son album ou les guitares sont les moins présentes même si ici, on les entends égrener la mélodie, une voix chargée d'effets, un titre assez lent qui s'éteint doucement. La répétition une fois encore en modèle mélodique
Près d'une heure de musique, de ces 5 albums le plus déconcertant, le moins facile d'accès car moins de chansons populaires, radiophoniques, une mise en son toujours exceptionnelle, on devine l'énorme travail derrière ces deux ans de boulots. Reste que pour moi, basique amateur de popsong éternelles, ces 10 ans d'attente me laisse un peu sur ma faim, j'aurais souhaité que ce disque soit chargé de plus de hits, que les futurs best-of de notre Bopper soient abreuvés à cette source. Je doute qu'il en soit ainsi. Un beau disque dans sa discographie, mais qui ne surclasse pas les précédents
Chimene Badi - Gospel and SoulBon à priori, rien ne me prédispose à écouter la Miss Chimène. Je ne connais rien ou presque de ce qu'elle a fait précédemment, et elle est associée pour moi, peut être à tort, à une sorte de variété qui ne m'intéresse pas. Et puis je jette machinalement un oeil à la liste des titres composant ce Gospel & soul et je tombe sur This world today is a mess, titre qui a marqué ma jeunesse, l'incarnation de la soul black par Donna Hightower (dont je ne connais que ce titre), je dois encore avoir le 45tours qui traîne dans un coin. Comme en prime, je vois un Stevie Wonder, For once in my life, un Marvin Gaye, Ain't no mountain high enough, un Otis Redding, Try a little tenderness un Janis Joplin, et quelques morceaux que j'ai connu via le Golden Gate Quartet, je me dis qu'à tout le moins, la demoiselle à bon goût. Et bien ça ne suffit pas. Certes elle à la puissance de feu vocale nécessaire mais jamais elle ne colle le grand frisson, pour des titres pourtant calibrés pour nous exploser à la figure. sa reprise de Hightower est une copie carbone de l'originale, sans l'âme qui l'habitait. Idem pour les titres iconiques cités plus haut. C'est encore sur la reprise de Parlez moi de lui, popularisé par Nicole Croisille, qu'elle tire son épingle du jeu . Le concept de l'album, pourtant clair, la plupart des titres étant des monuments du genre,que lui a t'il pris d'aller reprendre Le blues titre totalement secondaire de Florent Pagny ?? ou Ma liberté de Georges Moustaki, atomisée façon Gospel. Bref un album pas mauvais, bien réalisé et bien chanté mais totalement dispensable.