Sortir du bois avec ce patronyme, dans le domaine de la chanson, il faut effectivement l'oser. Les bazooka sont braqués, le goudron et les plumes n'attendent que le moment propice, la biche face aux hordes de chasseur, le combat parait pour le moins inégal. Qu'un fils de médecin reprennent le cabinet de papa, que la boucherie Chanzot affiche fièrement de père en fils depuis mardi dernier, pas de soucis, mais qu'un fils d'artiste s'essaie au métier dans lequel il a baigné toute sa jeunesse, ça ne semble pas envisageable. Le talent ne peut pas être héréditaire, même si, de fait, avoir baigné dans cette atmosphère doit je pense prédisposer. D'un autre côté, combien de de fils/fille de talentueux pour l'innombrable file de clampins moyens ... Donc en toute objectivité, je me suis enfilé à plusieurs reprises l'album de la miss. Hormis un coup de ukulélé de papa Francis, la demoiselle, pour la conception, n'a pas compté sur son géniteur mais sur un ami Belge, Esthen qui composé et réalise l'album. elle ne co-signe que la moitié des morceaux. Et franchement, elle a eu tort. Voix ordinaire, pas de timbre particulier qui l'identifierait, compos passe partout, textes souvent oubliés aussi vite qu'écoutés, le type d'album bien réalisé, certes, mais sans âme, et surtout, sans titre porteur, accrocheur, qui donnerait un peu de fil à retordre à ses contempteurs. Le 1er single, Abracadabra, part sur un riff rock, et aurait peu donner un honnête morceau si la réalisation avait été un peu moins proprette, le reste oscille entre variété électro et rock qui n'ose pas. Raté.
La popularité déclinante depuis les années 80 de Chris de Burgh explique peut être ce recours aux reprises, son avant dernier album Footstep déclinant déjà le même principe, de nombreuses covers et un ou deux nouveaux titres. sur les 14 plages de cet album, 3 nouveaux titres à mettre à son actif, le rappel du thème du précédent, pour le reste il balaie large, 2 Beatles, un Elvis Presley, Abba, Jime Croce les Doobie Brothers, du tube le plus souvent, pas de l'obscure, et toujours avec cetet pop très aseptisée, propre sur elle, façon Alan Parsons Project, qui à moi me convient parfaitement. Le reproche principal, c'est le traitement karaoke qu' a choisi le plus souvent Mr De Burgh. Qui a besoin d'une version de Let it be respectueuse à lettre de l'originale, solo de guitare compris ? Quand il fait l'effort de s'écarter un peu des arrangements initiaux, comme sur SOS d'Abba par exemple,sa relecture est nettement plus intéressante. Comparées à ses monuments, ses propres compos paraissent fatalement un peu fadasses, aucune chance qu'elles puissent jamais être parées de l'aura des autres titres. sans qu'elles soient médiocre pour autant d'ailleurs. On a Chrismas night par exemple est une jolie chanson, peut être l'une des plus réussies de son répertoire.
Pour les gens de ma génération, option Pop & Roll, le sieur Barbelivien représentait l'ennemie honni, la variétoche. Auteur de tubes pour la quasi totalité du gotha francophone des années 70-80, il a qu'on le veuille ou non, composé la bande son d'une bonne partie de nos vies de cette époque. Image d'artiste de droite en prime, la rédemption est difficile. Il faut pourtant bien reconnaître au bonhomme un talent certain pour écrire la mélodie qui fait mouche ou le texte qui accroche et ses influences sont toutes aussi Beatles que les nôtres. Sur ce 16 titres il nous propose de faire un tour du côté de ses préférences. La plupart des morceaux ont un titre qui fait directement référence à un artiste, les orchestrations elles mêmes rappelant parfois l'artiste en question. La sauce prend parfois, A Barbara (qui m'évoque aussi Berliner), Jean de France pour Jean Ferrat, c'est parfois un peu à côté de la plaque, un peu daté type l'hommage à Gabin ou à Brassens. Mais globalement, on reconnait l'artisan qui maîtrise son métier, le tout à une indéniable qualité, la chanson made in France, sans éclat majeur mais qui possède sa force interne. Et puis ce n'est pas si courant que quelqu'un allume Lennon dans une chanson aux accents rock.
Chris laisse tomber ses compos pour se consacrer à un pèlerinage musical. Le Sun du titre fait allusion à la maison de disque de Sam Philipps, Sun records, légende de la musique rock américaine. Retour aux racines donc, Elvis, Johnny Cash, Roy Orbison, Jerry Lee Lewis, pour les plus connus tous issus de la même maison. Un travail d'amoureux donc, qui capture l'essence de ces musiques des années 50, berceau du rock and roll. Can't help falling in love colle des frissons tant l'ombre d'Elvis plane, hante devrais je écrire cette re-création. Plus d'une vingtaine de titres dans la version Deluxe, balayant tout un répertoire inscrit dans l'ADN de la musique de ces 50 dernières années. Certaines versions collent un peu trop aux originales, certains titres m'étaient totalement inconnus, mais au final, l'amour que Mr isaak porte à ses bijoux les éclaire d'une lumière revitalisante. Allez, je me remets un petit coup de Pretty woman, .
Meat Loaf ne c'est jamais remis d'avoir fait l'un des meilleurs albums de rock de tous les temps, son premier à fortiori. Irrémédiablement associé à Jim Steinman et ses compositions épiques, Bat out of Hell et ses sequels, chacun de ses albums est comparés, pour le meilleur et pour le pire à ces étalons or. Le précédent disque est à peine sorti de nos mémoires que le douzième débarque sur nos platines. La voix reste puissante, capable d'emballer n'importe quelle ballade ou rock. Mais tous les titres présents ici manquent cruellement de personnalité, hormis celle que leur infuse Meat Loaf. Les power ballade sont au rendez-vous, Another day , Our love and our souls les fusions rock/rap type Mad mad world ratissent trop large pour présenter un intérêt quelconque, sa version déjantée du California dreamin des Mama's and Papa's n'apporte rien, ni au titre ni à l'interprète, seul peut être l'acoustique Blue sky qui ferme la marche avant de s'envoler en pyramide vocale pourrait donner une peu de chair à ce disque,
Bon, là Paulo, faut qu'on cause. Faire des albums toutes les Saints Glinglin, après tout, pourquoi pas, tu as déjà bien donné. Mais s'il te plait, quitte à faire de la zic, tu pourrais pas faire un peu de pop ? Tu sais, le truc avec des chansons qui se fredonnent, qui rendent heureux les gens, le truc que tu as su si bien faire avant. Non parce que là, même les fans les plus assidus font finir par se lasser. C'est limite si on ne se moque pas de moi quand je confesse mon admiration pour toi. De la musique pour ballet !! , franchement, t"es sérieux là ? Mais les gens, tu savais les faire danser avant, y'a pas besoin de 3 zillions de violons et du grand orchestre d'André Rieux pour ça. Tu as encore besoin de reconnaissance ? et ces trucs soit disant classique, c'est sensé t'y aider ? Mais ce bouzin soporifique, impossible de deviner, à l'écoute, que tu le signes. Il y a du McCartney là dedans ? Du Bealtes,du Wings, du Sir Paul tout seul ? Allez, pour te dire, j'ai l'impression de me fader la face B du 33 tours Yellow submarine, tu sais, celle signée du quatorzième 5ème Beatles, l'autre Georges. Voilà, c'est du même tabac, ronflant, emphatique et gonflant. Fends toi d'un bon I'm down, balances un peu la sauce, fais nous des singles de la mort qui tue et pas cette soupe sans intérêt. Laisses les mamies à André Rieux et fait tomber les minettes. Putain John, fait quelque chose !!
et un 4 titres pour ce jeune homme, une voix grave et rauque, un univers aux influences rock - L'amour civière à un côté hommage à Fever (Peggy Lee, Elvis ...) - le tout s'accroche assez facilement entre les oreilles. Melody Censored évoque un Gainsbourg aux accents pop, le titre éponyme et son riff de basse, sa rythmique façon Requiem pour un con, ses arpèges de guitares fréquente les mêmes eaux, inspirées. Souffle au coeur, qui clôt l'album, rôde lui dans l'univers de Bashung, le timbre de voix n'étant pas pour rien dans cette identification. 4 morceaux, c'est un peu court pour se forger une idée définitive, mais il semble y avoir un bel avenir dans cet Austyn