Reçu le premier Ep de ce trio franco-Australien ou l'australien prime nettement puisque les 5 titres proposés sont tous chantés en anglais. Les premières notes du morceau donnant son titre à l'EP, lointain écho du Shine on you des Pink Floyd, indiquent clairement l'univers choisi. C'est très calme, doux, éthéré, floconneux, atmosphérique, voir stratosphérique. Le chant de l'accorte Sandra ajoute une touche délicate, les guitares semblent noyées dans la réverbération, le folk annoncé prend souvent une forte couleur dream pop. Le paysage n'évoluera guère dans les titres suivants, la batterie reste très discrète, les nappes de synthés et les guitares s'accaparant l'espace sonore sur lequel la voix lead et quelques harmonies planent majestueusement. Le folk se fait parfois un peu dominant - The moon - les morceaux se développent lentement, de plus en plus long au fil des 5 titres. Evidemment, inutile de chercher un truc qui pourrait se rapprocher d'un single ici, pas le genre de la maison, ces 3 là sculptent un paysage mouvant, liquide, qui forme un tout, les derniers accords de La Nieve répondant aux arpèges initiaux de Dead Letters. Au début de l'année 2012 Sealight proposera son voyage sur scène.
Le premier album du bonhomme a fait un carton plein, ventes à la pelle, scène pleines, le côté Jazz abordable a raflé la mise. Moi, ce disque ne m'avait pas emballé le moins du monde, et la seconde livraison ne m'inspirait pas plus d'impatience que cela. Et voilà t'y pas que le fiston nous sort un album bien foutu sous tous rapports. Bon, ok, le virage vers le rock/variété de papa maman est nettement amorcé, et s'il reste deux trois titres pour satisfaire les fans manouches des premiers jours - l'instrumental, réussi d'ailleurs, Gypsy Rainbow, Vinyle 73 ou Ninine, le reste flirte allègrement avec la pop façon Archimède, Turlututu, ou le premier single Demain, ou piétine tout aussi joyeusement les plate-bandes du Père Jacques, Alerte à la blonde ou le tout à fait dispensable relançons la consommation, le timbre de voix nonchalant et désabusé accentuant la filiation. Quand il se la joue crooner façon Henri Salvador avec A la vanille, douce et tendre bossa, j'accroche fort ou encore dans la langueur de Louanges amères. Le petit prend doucement ces marques, se dégage, très lentement, des influences et est entrain, mine de rien de se faire un nom après le prénom.
L'ami Peter, qui semble tombé dans le même trou que ses amis Sting ou Kate Bush, panne d'inspiration complète, poursuit dans la veine symphonique déjà amorcée avec une réorchestration d'une grosse douzaine d'anciennes chansons passée à la moulinette grand Orchestre. On connait la fascination des rock stars pour cet improbable alliage qui a donné des nanars bien plus souvent que des réussites. Gloire soit rendu à l'arrangeur John Metcalfe qui habille somptueusement la plupart des titres choisis. Fidèle à lui même, Peter Gabriel n'a pas choisi la facilité en optant pour une collection de ses tubes, mais plutôt les morceaux à qui cette nouvelle couleur irait le mieux, et donc plus obscures de son catalogue. Seul Don't Give up, ou Anne Brun, malgré tout son talent, ne fait pas oublier Kate, et Solsbury hill seront donc familiers à ceux qui découvriront l'artiste avec ce disque. La voix reste toujours aussi exceptionnelle, voilée et véhiculant l'motion nécessaire, convaincante autant que faire se peut. Un album sans surprise mais qui permet de revisiter une partie de l'oeuvre avec plaisir. Une transfusion sanguine réussie. PS: Qui a pondu cette pochette d'une laideur rarement atteinte ?
Je suis tombé par mégarde cette semaine sur cet album paru au 1er semestre. Je connais la réputation d'Anne Sylvestre, ai probablement écouté quelques titres d'elle au fil des années, sans m'y être intéressé plus que cela. J'étais donc curieux d'entendre ce "monument", les quelques rares chroniques que j'ai pu lire sur ce disque étant largement positives. Ce ne sera pas mon cas. Dieux que ce disque semble daté, vieux et sent la naphtaline. Certes ce sont, pour l'essentiel d'anciennes chansons, pas les plus connues, revisitées piano/voix. Une voix justement, qui, pardon Madame, affiche son âge, chevrotante parfois. Les textes, certes remarquablement bien écrits, littéraires presque, racontent des histoires d'un autre temps, d'une autre époque, d'une autre génération. Les optimistes qualifierait ce disque d'intemporel, tant la musique de ces 50 dernières années semblent être passées dessus sans l'affecter le moins du monde. Aucun doute qu'il y ait un public pour ces chansons made In France, je n'en fait malheureusement pas partie
Hormis une poignée de singles lumineux et définitifs rarement signés par elles, les 4 Bangles, quoique charmantes au demeurant, n'ont pas gravé d'albums exceptionnels. En voici 3 sur 4 - la bassiste a déclaré forfait - qui, 30 ans après leur début, 8 ans après le dernier album, reprennent du service. Produites par Matthew Sweet, qui a bossé ces dernières années avec Susanna Hoffs, les 12 titres proposés ici ne change pas la donne. Toujours ce côté sixties, ces harmonies impeccables, ces guitares qui carillonnent, petit clin d'oeil - citation à l'appui - Beatles, bref ce petit côté retro si séduisant. Quand Susanna prend le lead vocal, son timbre de voix unique apporte ce supplément de grâce qui caractérise le groupe, mais dans l'ensemble le tout pèche par des compos un peu trop à la Bangles, le son est là, un titre comme Anna Lee pourrait bien faire un petit hitounet, juste pour dire quelle n'ont pas totalement perdue la main , mais ça reste un peu creux au final et manque d'un vrai gros tube. Hors la pop, c'est aussi - d'abord ? - cela.
Chantre de la power pop, le Matthew a surtout fait un gros carton avec Girlfriend, le single et l'album en 1991 et semble ne s'être jamais remis complètement de ce carton, ou, pour être exact, n'a jamais réussi a rééditer ce coupe de maître. Pourtant, le gus connait toutes les ficelles de la pop et ses influences - Beatles, Byrds, Badfinger - sont transparentes. Ivory Tower par exemple, fleure bon le mix Beatles/Who/XTC , si si, c'est possible. Mais le bougre prend un malin plaisir à brouiller les codes, prenez son 1er single She walks the night, qui part en sucette dès l'intro, avant que les guitares façon Byrds - difficile de ne pas penser à Turn turn turn - ne raccrochent les wagons. Puis en plein milieu du titre, le voilà qui repart dans les délires avant de relancer la machine. Late Night with the Power Pop aurait pu être signé par Dwight Twilley Echo sur la voix et son de guitare inclus. My ass is grass tente de ressuciter George Harisson, Bande à l'envers comme au premier jour de la pop. Bref le gars connait les trucs et les ficelles, s'amuse avec les codes et oublie au passage le principal, d'écrire quelques trucs un peu accrocheurs. Là on reste frustré, beaucoup d'idées, pas l'ombre d'une direction.
L'ultra prolifique Jean-Louis Bergheaud avait un peu lever le pied ces derniers temps. Le voici à nouveau dans les bacs avec un album sur lequel j'ai des sentiments ambivalents. D'un côté ces mélopées monocordes, qui donne une impression d'uniformité un peu lassante, ces textes souvent cryptiques, qui certes peuvent laisser une certaine liberté d'interprétation à l'auditeur, mais qui peuvent tout aussi bien le laisser raide paumé en plein désert de compréhension. De l'autre, une attractivité certaine, nécessitant certes plus d'une écoute attentive, mais qui finit par emporter le morceau. l'album est plutôt brute, direct à l'os, chaque titre faisant écho au précédent, les choeurs quasi systématiquement utilisés en forme de pont . Qu'est ce que ça veut dire ? et ses près de 7 minutes au compteur ne lasse pas, Les souliers rouges, premier single, est le seul morceau avec une mélodie un peu élaborée, le Jean Louis chante presque, c'est dire, le bluesy Je voudrais me perdre de vue est le plus réussi des 10 titres composant l'album.