Ce qui m'intrigue, voir me fascine dans la musique d'Aube Lalvée, c'est l'écart existant entre nos deux univers. Je serais totalement incapable, ma vie en dépendrait-elle, d'écrire une telle musique. De pop, pas question dans ce nouvel album, même s'il parait moins tourmenté que le précédent, sans pour autant être apaisé. De sucre encore moins, ici, foin de douceur, même si la violence n'est pas l'atmosphère la plus caractéristique du disque. I am. Le choix du titre n'est évidement pas innocent, C'est d'elle qu'il est question, de son âme, qui semble chercher un chemin dans un univers complexe, ou les dissonances abondent, les synthétiseurs répondant au piano, les guitares décloisonnant les rythmiques, les volutes vocales se frayant une route au travers des méandres mélodiques. Néanmoins l'album n'est pas hermétique, Kiss me par exemple, flirte avec une chanson presque conventionnelle, croisement entre une Kate Bush et une Yoko Ono, pour une musique éminemment féminine donc, mais à l'opposée d'une Barbie faussement sensuelle et décérébrée. Un disque impliqué et impliquant
Le retour du plus fendant de nos chanteurs, divorcé de Monsieur D, mais qui n'en a pas pour autant perdu sa plume et sa verve mélodique. Le voici donc qui allume à son habitude un peu tout le monde, en douceur et efficacement. Le monde est beau, égratigne, pique, démange, chatouille. La tristitude (concours en cours pour chanter sur une bande playback vos propres tourments ) à tout pour escalader les charts de toutes les radios, les filles qui s'appellent Valérie dépeint la génération post 68, Les mains froides, chanson d'amour d'un grand timide, ou Nancy, qui flingue la ville du même nom, l'Oldelaf sait trouver l'angle pour raconter en 3 minutes une histoire et toujours sur des mélodies certes faciles mais bien troussées. Vous pourrez prochaine retrouver l'amuseur public en tournée, ne le ratez pas, ce serait un couplet de plus à ajouter à votre tristitude.
Il y a le rock, et il y a le commerce. Mais même un fan comme moi de la musique de Mick Jones et de sa bande de copains finit pas s'agacer que le second prenne le leadership. Il existe déjà pléthore de compil des étrangers, Best of, greatest hits, ultimate etc .. sans compter les live compilant la longue liste de hits à mettre à leur actif. Et voici qu'un double déboule. L'un, le bien nommé acoustique revisite quelques classique de leur répertoire en version unplugged. Versions qui, dans le cas présent, se bornent a refaire les mêmes arrangements, mais façon "dégradée". Le remplaçant de Lou Gramm y démontre son parfait mimétisme, les morceaux s’enchaînent, plutôt agréablement d'ailleurs, mais pour fans only, La seconde partie est encore plus dispensable, consistant en un réenregistrement des plus ou moins mêmes hits, lifting qui n'en est même pas un puisque les orchestrations originales sont respectées quasi à la lettre. Alors simple problème juridique les obligeant à revisiter leur catalogue ? Je dis qu'au XXIème siècle, ou le Net et la dématérialisation de la musique règnent en maître, c'eut été une bonne occasion de faire cadeau de ces versions aux fans plutôt que de leur revendre. Mais je ne suis pas rock star ni même commerçant.
Allez, mon coup de coeur du moment. J'ai zappé complètement leur premier album - va falloir que je répare cette bourde - et c'est un article dans Libé qui m'a incité à jeter une oreille sur ces jeunes gens, deux frangins, originaires de Laval qui nous balancent là une bombinette pop-rock comme nous n'avons pas souvent l'occasion d 'en entendre. Bon, j'avoue, à la première écoute, la voix m'a un peu déçu. Voix made in France style Renaud ou Nicolas Sirkis, bref plafonnant vite. Mais j'ai été raccroché par les bretelles, tant par les refrains addictifs au possible que par l'humour ravageur que dégagent leurs chansons. Des textes écrits au cordeau, façon Dutronc de la grande époque, Bijou des années 70 ou un Oldelaf d'aujourd'hui, avec une assimilation parfaite de la pop britonne, c'est indéniablement rock, vous laisse avec une envie d'entonner les refrains à tue-tête avec eux, et arrivé au 11ème titre, l'impossibilité de ne pas avoir la pèche et l'envie d'y retourner. Il n'y a pas de meilleur album pour débuter cette rentrée, et pour être franc, pas trop d'album capable de rivaliser au titre de disque de l'année. Je prends !
Et de huit pour le breton, qui, histoire de brouiller les pistes, change, non pas de registre, mais de méthode, optant pour le âpre et le rugueux pour nous nettoyer les oreilles. Guitare, basse batterie, mélodie minimaliste - on frôle le talk over tout le long des 11 plages - énergie brute, ça ressemble à du Costello période Blood and Chocolate côté production. Mais pour ne pas être taxé de faire une OPA sur le rock, tous les titres sont intitulés chansons ... - Chanson protestataire, chanson sympathique, chanson pour les amis ... - mais nous ne sommes pas dupes, c'ets bien sont disque le plus rock. Les 3 jeunots qui l'entourent revitalisent le bonhomme, au risque de noyer parfois le propos, la voix étant mixée quelques fois au fond derrière le mur de grattes. Au final, cela donne un album que chaque écoute permet de mieux apprécier, non pas que l'on y découvre quelque chose de nouveau, tout est dit assez rapidement, mais il faut se faire au son. un disque attachant et abrasif à la fois
Il y a tant de vagues et de fuméeQu'on arrive plus à distinguerLe blanc du noir Et l'énergie du désespoirLe téléphone pourra sonner Il n'y aura plus d'abonnéEt plus d'idée Que le silence pour respirerRecommencer là où le monde a commencéJe m'en irai dormir dans le paradis blancOù les nuits sont si longues qu'on en oublie le tempsTout seul avec le ventComme dans mes rêves d'enfantJe m'en irai courir dans le paradis blancLoin des regards de haine Et des combats de sangRetrouver les baleinesParler aux poissons d'argentComme, comme, comme avantY a tant de vagues, et tant d'idéesQu'on arrive plus à déciderLe faux du vrai Et qui aimer ou condamnerLe jour où j'aurai tout donnéQue mes claviers seront usésD'avoir osé Toujours vouloir tout essayeret Recommencer là où le monde a commencéJe m'en irai dormir dans le paradis blancOù les manchots s'amusent dès le soleil levantEt jouent en nous montrantCe que c'est d'être vivantJe m'en irai dormir dans le paradis blancOù l'air reste si pur Qu'on se baigne dedansA jouer avec le ventComme dans mes rêves d'enfantComme, comme, comme avantParler aux poissons d'argentet jouer avec le ventComme dans mes rêves d'enfantComme avant.
Quand j'n'aurai plus le temps de trouver tout l'temps du courageQuand j'aurai mis vingt ans à voir que tout était mirage Je tire ma révérence, ma révérenceQuand mon fils sera grand, qu'il n'auraplus besoin de moiQuand les gens qui m'aimaient seront emportés loin demoi Je leurtire ma révérence, ma révérence, ma révérenceEt ma vie, endormie, doucement,et mon coeur sera froid Il ne saura même plus s'affoler, il ne deviendra Qu'une pauvre horloge à réparer, il n'aura plus deflammeIl n'aura plus de flamme, il n'y aura plus defemmeset mes amis fidèles auront disparu un à unTrouvant que j'étais belle que j'auraisbien fait moncheminAlors j'auraihonte de mes mains, j'auraihonte de mes mainsQuand j'n'aurai plus le temps de trouver tout l'temps du courageQuand j'aurai mis vingt ans à voir que tout était mirage Alors j'entends au fond de moi une petite voix qui sourd etgronde Que je suis seule au monde.