Bristol - sur les traces de Candy Lai

février 26, 2008 Temps de lecture: 4 minutes

Bristol


Sur les traces de Candy Lai.

Second album de Bristol (le premier était chroniqué ici). Un album concept, sur le thème du rapport amoureux, de la rencontre à la rupture.
La musique de Bristol revendique la filiation d’un pop léchée, d’influence sixties mais avec un son plus élaboré, plus travaillé, bref le meilleur des deux mondes.

De fait, comme pour l’album précédent, l’attention portée à la qualité du matériel sonore est immédiatement perceptible. Les onze titres composant l’album ont tous pour eux cet équilibre.

Je te vois, qui ouvre le disque, duo avec Valerie Louzia (que j'ai découvert à cette occasion et sur qui je reviendrais car elle m'a fait craquer) est en cela représentatif du disque. Des chœurs éthérés, des guitares acoustiques et électriques entremêlées, des touches discrète de clavier, la voix de Pascal Layan, bien timbrée, une rythmique simple et efficace.
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Côté forme donc, Bristol est au rendez-vous. Côté fond, je serais plus circonspect. Après une demi douzaine d’écoutes répétées, aucun titre n’émerge réellement. Le sentiment d’une certaine uniformité se dégage de l’ensemble. L’atmosphère globalement plutôt mélancolique n’est pas pour me déplaire, mais, à mon sens, il manque des singles (ou au moins un) forts.

Pour revenir sur leurs influences, nous sommes plus ici chez Keane ou Radiohead que Beatles ou Beach Boys. Plus le Daho actuel que le Daho plus « commercial » des premiers temps. Si la musique de Bristol est indéniablement mélodique, il n’en reste pas moins que les mélodies ne sont pas de celles qui restent gravées dans la tête, ce n’est d’ailleurs peut être pas leur but non plus.

En fait, pour qui connaît leur premier album, c’est l’effet de surprise qui manque. Nous sommes dans la même droite ligne, un album très bien produit, réalisé au cordeau, efficacement calibré, habité mais manquant d’efficacité. Un peu comme un macht de foot ou deux équipes de haut niveau feraient une superbe prestation sans qu’un seul but ne soit marqué. On y prend du plaisir, mais une certaine frustration persiste.

Pour résumer, si vous aimez Eliott Smith par exemple, nul doute que la musique de Bristol vous parle. Elle a toute les qualités de textes et d’ambiance pour vous séduire et suivre cette Candy Lai sera un réel plaisir, si vous cherchez comme moi une pop plus simpliste peut être, mais plus tubesque, plus radiophonique vous resterez sur votre faim.





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01. Je te vois
02. Faye Dunaway
03. Tomber les dominos
04. Sur les traces de ton père
05. Quand on passait le pont
06. De ton absence
07. Aux abbesses
08. Les temps nouveaux
09. J'ai construit cette ville
10. S'arrêter là
11. Rumeurs de Candy Laï

S'mile - Celle que je suis

février 17, 2008 Temps de lecture: 7 minutes

S'mile



smileCelle que je suis est le 1er et tout récent album de S’mile, un pseudo en forme de clin d’œil au réel patronyme de l’interprète, Sabine Milhl.
S’mile, originaire de Mérignac, n’est donc pas un groupe, mais une jeune femme qui, après avoir été chanteuse dans diverses formations décide de voler de ses propres ailes. Rencontre avec Philippe Duvignac, qui signe 6 des 13 titres de l’album, et en cosigne un 7ème, premiers enregistrements, constat, comme presque toujours, que côté maison de disque, ça ne passera pas et grand saut dans l’autoproduction.

Et voici donc la galette, Celle que je suis. Une pochette reprenant les textes, toujours un plus que j’apprécie, une absence de photos, absence que les sites web, Myspace ou officiel confirment, S’mile semble se préférer en voix plutôt qu’en image.

L’album s’ouvre sur le titre qui lui donne son nom. Et tout de suite, ce qui frappe c’est la similitude, quasi mimétique du timbre de voix avec Véronique Rivière. Etant un inconditionnel de cette dernière, l’impression est étrange, on croirait entendre un inédit. Cette impression perdurera tout l’album, un univers musical similaire, des voix très proches, un plaisir pour moi, Véronique Rivière tendant à se faire rare.

Côté son, ça sonne pro, le mix est nickel, les instruments se détachent bien, bref de l‘autoproduction qui peut sans rougir se comparer à des produits majors.

Am Stram gram, le second titre, plus enlevé, à tout d’un single, les chœurs qui balancent, la basse qui pousse, le petit truc qui fait la différence, tout pour plaire. Tous les maux suit et semble avoir été le premier morceau à être remarqué. A juste titre, le refrain est accrocheur, et est une bonne introduction à l’univers de la jeune femme.

Le 4ème titre, toujours signé Duvignac, s’intitule Message personnel. Alors bien sur, passer derrière Michel Berger et sont sublime titre écrit pour Françoise Hardy est mission impossible. C’est une bonne ballade, la mélodie est agréable et finalement, après quelques écoutes, fait facilement son nid entre nos deux oreilles

J’ai rêvé est le single de l’album si j’en crois ce que j’ai lu sur le net. Elle en signe les paroles, ceci expliquant peut être ce choix. Perso je ne suis pas convaincu. Ce n’est pas un mauvais titre, mais aussi vrai qu’on a qu’une seule chance de faire une première bonne impression, il ne me parait pas avoir le potentiel suffisant pour attirer l’attention sur S’mile.
smile
Avec Aimer, retour vers un titre plus rock, même si les guitares électriques sont un peu enterrées dans le mix, sûrement un moment fort sur scène.

Rêve, très dépouillé, intimiste, piano voix et quelques percussions. Basse batterie rejoignent l’ensemble à mi parcours. Une chanson d’album.

Assez, déjà le huitième titre, retour de monsieur Duvignac aux commandes. Il a clairement le truc pour écrire les mélodies les plus fortes de l’album. Presque funk (j’ai dit presque), en tout cas chargé d’une énergie latente qui ne demande qu’a exploser.

Je serais là. Coincidence ? Après l’homonymie avec Michel Berger, Sanson a également chanté un Je serais là (en réponse au Seras tu là du 1er). Cette fois guitare acoustique pour une douce promesse.

Il doit me manquer. Un des meilleurs titres, celui aussi ou le syndrome Rivière est le plus prégnant. Le refrain fait mouche et est radiophonique à souhait.

Je veux partir. Un titre qui ne m’accroche pas. Pas de faute de goût , bien réalisé mais dans le quel je n’entre pas.

Juste là, avant dernier titre, séquence émotion. Piano voix simplement, et c’est suffisant. Le frisson passe parce qu’on touche le cœur.

Et pour clôturer l’album la seule chanson que S’mile signe en solitaire, Le mendiant . La plus longue aussi, plus de 5’. Une chanson humaniste, pour terminer sur une note plus grave, sur un arrangement moins pop, plus orchestral, en forme d’ouverture vers les autres, après avoir commencé centrée sur soi (celle que je suis), un hymne à l’amour entre les hommes.

Au final, un album homogène, qui pêche peut être par une relative uniformité, excusable pour un premier album mais qui dénote aussi une réelle personnalité. Si l’on fait l’abstraction de la troublante similitude vocale avec l’artiste sus-cité, S’mile, aussi blonde que l’autre est brune, à tout pour se faire sa place au soleil. Il ne manque pas grand-chose, qu’une radio nationale ait la bonne idée de s’enticher d’Am stram gram par exemple.

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1 - Celle que je suis (Philippe Duvignac)
2 - Am stram gram (Philippe Duvignac)
3 - Tous les maux (Philippe Duvignac)
4 - Message personnel (Philippe Duvignac)
5 - J'ai rêvé (Sabine Milh/Jacques Mih)
6 - Aimer (Philippe Duvignac)
7 - Rêve (Patrick Delage)
8 - Assez (Philippe Duvignac)
9 - Je serai là (Sabine Milh / Jacques Milh)
10 - Il doit me manquer (Sabine Milh / Jacques Milh)
11 - Je veux partir (Sabine Milh / Jacques Milh)
12 - Juste là (Sabine Milh / Philippe Duvignac)
13 - Le mendiant (Sabine Milh)

Tous les maux


Claude François - Autrement dit

février 17, 2008 Temps de lecture: 4 minutes

Claude François



Il y 30 ans en mars de cette année disparaissait Claude François. Alors évidemment, un tombereau d’hommage va nous tomber dessus.
Voici le premier, Autrement dit.
Pour les gens de ma génération, qui avaient choisi le camp du rock, Cloco c’était l’ennemi juré. La varièt. Plutôt se faire découper en rondelles que d’écouter ce chantre de la musique commerciale. Pourtant, évidemment, si on allumait parfois radio ou télé en cette fin des années 60, difficile d’échapper à la redoutable machine à succès.

Avec le recul, si longtemps après toute proportion gardée, Cloclo c’était un peu l’Elvis post armée francophone. Une usine à tube ou l’artistique n’avait plus grande place. Un succès phénoménal, un mode de vie certainement autant sex drugs and rock and roll que nombre de nos héros de l’époque. Une mort prématurée, et depuis un culte soigneusement entretenu.

Hors donc, 18 artistes issus en bonne partie de la mouvance nouvelle scène française s’y collent. Pour des reprises de tubes ultra connus type Le lundi au soleil, Belles belles belles et autres Chanson populaire mais également pour d’obscurs chansons connues uniquement de fans purs et durs et exhumées pour l’occasion.

Impossible de ne pas fredonner instinctivement les scies présentées ici, dans des orchestrations assez éloignées des originales (pour ce que j’en connais). Un peu comme quand on retrouve un vieux camarade de classe, avec qui l’on avait pas spécialement d’affinités mais qui trimballe avec lui une partie de notre passé. On a des points communs, des références communes. Ecouter Adrienne Pauly chanter Même si tu revenais c’est ouvrir la boîte à nostalgie. Dont acte, Claude François a chanté des titres qui font indiscutablement partie du patrimoine francophone, il fait partie de notre culture (il faut vraiment que j’écrive ça ? ;o)

Les titres plus méconnus passent facilement la rampe, Jeanne Cherhal qui ouvre l’album avec Une petite larme ma trahie sort même bien son épingle du jeu. Alain Chamfort, l’aîné de cette sélection, présent je suppose pour son lien avec Claude François propose Les choses de la maison que je ne connaissais pas et qui ressemble à tout sauf à de la variété yéyé telle que je l’entendais.

Bref un album qui s’écoute sans déplaisir, avec son petit effet madeleine et si l’on arrive à faire abstraction de la paternité des chansons présentées ici, objectivement, la plupart passent la rampe.

Autrement dit, j’ai dit du bien d’un album de Claude François, j’ai planté mon karma ;o)

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Jeanne Cherhal Une petite larme m'a trahi
Adanowsky - 17 ans
Jérémie Kissling - Le lundi au soleil
Vincent Baguian - Chanson populaire
Alexis HK - Belles belles belles
Aldebert - Je te demande pardon
As Dragon - Mais quand le matin
Adrienne Pauly - Même si tu revenais
Dominique Fidanza - Geardie
Alain Chamfort - Les choses de ma maison
Elodie Frege - Miss Felicity Gray
Brisa Roché - Au coin de mes rêves
Seb Martel - Sale bonhomme
La grande Sophie - Le jouet extraordinaire
Axelle Renoir - Qu'est ce que tu deviens ?
Clarika - Le mal aimé
Elisa Tovati - Dis lui pour moi
Elli Medeiros - Comme d’habitude

Lyberty.org la compil N°1

février 10, 2008 Temps de lecture: 10 minutes

Compil Lyberty N°1



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Fin 2007, Lyberty .org l’un des sites les plus actifs œuvrant à la promotion des artistes autoproduits décide de se lancer dans le plan compil. Avis aux candidats à la célébrité de proposer un titre dans l’espoir d’être retenu. Un seul pré-requis être inscrit sur le forum, formalité peu contraignante vous en conviendrez .
Près de 200 groupes (dont Sucrepop) lance leur bouteille à la mer, 14 retenus par le jury Lyberty plus un quinzième rattrapé par les oreilles par les internautes.

Histoire de commencer 2008 du bon pied et avec de bonnes résolutions, sortie de la dite compil, sans titre spécifique, la number one dirons nous, dès le 2 janvier en téléchargement gratuit, puisque l’opération est à but promotionnel.

Comme j’ai omis de vous en faire une petite chronique lors de sa sortie, honte sur moi, je me rattrape aujourd’hui, sachant qu’elle est toujours dispo ici.

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Passons sur la pochette virtuelle et qui fait bien de le rester, et qui n’a pour seul intérêt que de présenter le contenu, mais remarquons au passage que dans le zip de cette compil chaque artiste participant à une page le mettant en avant, un lien vers son site, bref du vrai beau boulot dont ils peuvent être fiers.

En voiture donc pour un rapide mais exhaustif survol de cette sélection, qui ne sera comme toujours qu’un reflet de mes propres goûts.

Oubli ou volonté délibérée, il n’y a pas d’ordre de chansons, c’est donc alphabétiquement, comme ils se présentent sur mon ordi que je vais les passer en revue. A noter que l’encodage des morceaux n’est pas le même pour tous, du 128 kbps au 320, ce qui peut avoir un impact sur la qualité du son, je suppose que c’est le fichier tel qu’envoyé par l’artiste qui a été utilisé.

Bertrand Priouzeau avec Lever le voile propose un titre doucement funky, plutôt accrocheur, un bon groove, efficace, le style de titre qui mine de rien à vite fini de vous accrocher les tympans. Ca commence mieux que bien.

Erikel tout en acoustique, chante une Ana mélancolique à souhait. Une très jolie voix, une qualité sonore irréprochable, le jury de Lyberty ne s’y est pas trompé.

Forget the Heroes à suivre: première compo en anglais, première chanteuse, pas de guitare mais du violon, les cordes sont mises à l’honneur ici. Que ce groupe n’ait pas encore signé est étonnant. Un potentiel évident, un projet artistique qui, pour ce que je peux en juger, semble abouti, y a des claques qui se perdent.

Evidement comme rien n’est parfait, il fallait bien un premier titre qui me laisse froid. C’est sur Lenaic que ça tombe. Ambiance chanson française dite à texte, tendance humour, le 10 tu sors est l’archétype de titre qui peut plaire à pas mal de monde et que je zappe sans état d’âme.
malin
Suivent Malin Plaisir Qu’en dire que je n’aurais déjà dit. Eric et Domino ont du talent, beaucoup de talent. Et comme si ce n’était pas suffisant, ils sont charmants. Ils écrivent des chansons qui nous rendent tous poper en larmes. Eric trousse des arrangements d’orfèvre, Domino à une voix à faire fondre un iceberg, je les soupçonne d’être en réalité à l’origine du réchauffement de la planète. Cet amour sur un fil est un bijou, leur précédent album en regorge, le prochain va tous nous tuer.

Maxime Perez et son bye bye. De la chanson fourrée au jazz. C’est bien fait, recherché, pas vraiment ma tasse de thé mais indéniablement bien tourné.

MØN c’est, comment dire ? étrange. On pense au Floyd bien sur. Un Floyd pas si Pink que ça, plutôt entre grey et black. C’est nerveux, torturé, instrumental, avec ce quelque chose qui retient l’attention, qui capte l’auditeur. Bon, c’est pas de la pop, pas du rock, mais c’est une sacré musique pas, expérimentale ni intellectuelle au sens péjoratif du terme, non, une musique pensée et construite. Je n’en ferais pas mon disque de chevet, mais un morceau comme ça de tant à autre ça décrasse les oreilles.

Mrs Doyle Moi je ne sais pas parler de ce style de musique. J’écoute, je reste dehors, je ne rentre jamais dedans. J’observe juste que je ne saurais pas faire ça. Du Kate Bush qui aurait oublié d’être accessible. Du Bjork hermétique. Ces références devraient suffire à convaincre les aficionados des deux demoiselles suscitées de prêter une oreille attentive à Mrs Doyle.

Coller Mushi derrière eux, c’est pointer en même temps la faiblesse et la force de cette compil. Faute de ligne éditoriale, de style de musique déterminée, s’enfiler les 15 morceaux d’affiler reste difficile tant les univers sont différents. C’est preuve de l’esprit d’ouverture de l’équipe, et la certitude que tous les internautes ou presque trouveront quelque chose à se mettre sous l’oreille mais aussi que peu apprécieront l’intégralité.
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Mais revenons en à Mushi . Un titre en français, c’est le première fois que j’entends Mathilde dans cette langue. C’est funk, avec la patate qu’elle met dans tout ce qu’elle chante. Mathilde c’est une p…de voix, une bête de scène, qui transcende tout ce qu’elle chante. Mais Mushi c’est aussi un groupe qui assure derrière. Ce Doop doop pop tricote de la basse et devrait exploser sur scène.

Retour à une pop redoutablement efficace avec Pierre Grimoin. Ce titre à tous les attributs d’un tube. Entre Obispo et Calogero pour vous situer le personnage, les radios devraient se pencher sur ce Chiffon ou satin qui à sa place en haut des charts.


Regis Mayoux
nous propose de partir en Exploration. C’est une pièce instrumentale au piano. C’est doux, reposant, moi ça ne me parle pas mais c’est agréable à écouter sans être facile, nous ne sommes pas chez Clayderman. Je n’ai pas la culture nécessaire pour en parler correctement.


Samuel Leroy
. L’amant de ma femme. Le type même de titre ou la musique n’est qu’un prétexte. Plutôt que de raconter une histoire drôle, l’auteur en à fait une chanson. Pas pour moi.

Tabolomegalo encore un instrumental. Moi qui n’apprécie que moyennement ce genre, vous avouerez que je m’accroche. Plongée dans la musique de film. En fermant les yeux, tout un chacun peut se laisser embarquer. Si les quatre premières minutes sont soft tendance triste, l’ensemble nous réveille sur la fin.
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Il s’appelle Tommy. Et le morceau qu’il donne ici, Dreamworld est sacrément bon et sacrément pop. Un vrai coup de cœur. Une voix qui me fait penser parfois à Jay Alanski (de toutes façons, ont doit être 5 à se rappeler la voix de ce mec alors), Les guitares sonnent, la mélodie du refrain est imparable, en 3’30, le Tommy en question fait fort. J’en veux d’autres des titres comme cela.

Allez, un petit dernier et on ferme. Victor Noir et La complainte du lèche cul. Dans le même sac que Lenaic et Samuel Leroy. Du texte avant tout. Dans le cas de Monsieur Noir, la musique n’est tout de même pas totalement abandonnée. Mettons que si vous aimez le style Linda Lemay, toute proportion gardée, vous devriez tendre l’oreille vers ce Victor.

Voilà, pour une première compil, elle est bien belle, avec quelques pépites (que d’aucun trouveront quelconque) et d’autres titres dispensables, ou en tout cas que je n’aurais pas choisi (mais que les mêmes d’aucuns trouveront les plus intéressants). Bref, comme toute compil de groupes sans lien fédérateur, il y a à boire et à manger, et c’est tout ce qu’on lui demande. Vivement la N°2

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Concert Marijane et Edenmix

février 10, 2008 Temps de lecture: 6 minutes

Concert



Vendredi 09 février 2008

Marijane Une soirée au Studio Raspail pour aller (re)voir Marijane et découvrir Edenmix.
Un petit retard ½ heure et le rideau s’ouvre pour laisser apparaitre Marijane entourée d’un groupe ! Pianiste, basse, batterie, qui s’averreront être le groupe Edenmix.
Piano Bartok en ouverture, extrait du dernier album de Marijane , signé par Claude Collet, l’une des Edenmix (d’où la connection entre les deux). Ca groove grave, les 3 musiciens sur scène maitrisent, et le terme est faible, leurs instruments comme rarement, une version impeccable qui porte Marijane , dont la tenue de scène, classieuse, détonne un peu avec l’énergie déployée ici.
Ils enchainent aussi sec avec Encore, la plus belle chanson de son dernier album, également signée Edenmix, royale.
Et là, exit le groupe, Marijane appelle alors une pianiste, Sophie Uvodic qui prend la relève.
Sauf qu’évidement, passer derrière un tel band, doté d’une telle puissance de feu, c’est mission impossible. Lolita, ma popsong favorite de Marijane , est exécutée, c’est le terme, sur un synthé avec accompagnement automatique, le son est à la hauteur de la déception.
Promenade aux bords de Marne suit le même traitement. Avantage, les chansons prennent des couleurs différentes des orchestrations de l’album, mais le côté Bontempi est vraiment trop prégnant.
Quand Sophie laisse tomber son clavier synthétique pour passer au piano pour une reprise de Zazie (j’envoie valser) ou Barbara (Göttinguen), le temps revient au beau et la voix de Marijane peut enfin se poser sur du solide.
Un inédit, Flagadiva, doté d’un intermède lyrique, un tantinet déconcertant, mais pas autant que l’étonnante reprise d’un titre des Frères Jacques, la pêche à la baleine, signé Prévert/Kosma. Comment dire, rien dans cette chanson, texte ou musique, n’a à voir de près ou de loin avec l’univers de Marijane . Presque théâtrale dans sa construction, son côté second degré (voir troisième) est en décalage total avec le reste du concert. Nouvelle et future orientation de Marijane ? Celle-ci clôt sa prestation sur son « tube » Vacances à Rome, mais à plus de mal à emporter l’adhésion du public qu’a l’accoutumée.
¼ d’heure d’entracte, place à Edenmix.
Edenmix
Edenmix est un duo. Une pianiste compositrice chanteuse, Claude Collet, un batteur percussionniste arrangeur Daniel Ciampolini. Sur scène ce soir, un troisième larron, Alain Billard qui officie à la basse, clarinette et saxophone soprano, rien que ça.
Un mot sur les musiciens.
Le batteur est carrément surhumain. Sans esbroufe inutile, sans vouloir en mettre plein la vue, il scie tout le monde. Une aisance, un swing stupéfiant, une technique invisible mais omniprésente, je dis chapeau bas. La pianiste n’est pas en reste. Au moins 8 doigts à chaque main, la crème de la crème.
Bon, côté musique je suis un peu resté sur ma faim. Les titres m’ont paru long, plus portés par leur texte que par leur mélodie. Seul le titre Tabacomanie, presque pop latine a retenue mon attention. La voix de la chanteuse ne portait pas. Je suis allé ce matin sur leur site les écouter, pour préciser mes impressions. La voix est là clairement agréable, sensuelle, ma relative déception d’hier soir est probablement due à l’acoustique qui ne mettait pas la voix en valeur car sur disque en tout cas, ça le fait.

Un instant de pure magie tout de même. Le percussionniste nous a présenté un instrument de fabrication récente dont il n’a pas donné le nom et que j’ai déniché sous le nom de Hang (voir par ici). C’est fou ce qu’avec deux mains, dix doigts et une tonne de talent (sans parler du boulot) on peut arriver à faire. Carrément envoûtant. LE beau moment de cette soirée.

Retour de Marijane sur scène pour un Femme co-signé par elle et Claude Collet. En rappel le Piano Bartok d’ouverture. A coter que sur leur propre album, Face à Face reprend les perles offertes à Marijane dont la sublime Encore.

Rodolphe Burger - No Sport

février 3, 2008 Temps de lecture: 3 minutes

No Sport


No sport est le nouvel album de cet homme de l’ombre.
Rodolphe Burger c’est essentiellement fait connaitre en tant que membre fondateur de Kat Onoma. Et connaitre, le terme est un peu fort, Kat Onoma n’étant jamais passé au 1er plan, une musique un peu recherchée, qualifiée d’élitiste parfois.
Je connais mal et leur discographie et pas du tout celle solo de Monsieur Burger, uniquement à travers ses multiples collaborations (Françoise Hardy, Alain Bashung entre autres, c’est donc d’une oreille neuve que je découvre cet album.

rodolpheComme, ça, ma première impression, c’est que le grand Serge aurait pu faire un tel disque. La voix, le rythme des mots, l’ambiance fait irrésistiblement penser au Gainsbourg période Melody Nelson, donc la meilleure.
Il manque peut être la petite inspiration qui permet de sortir parfois une mélodie qui permet de se raccrocher à quelque chose.
Quasi parlé, sur des orchestrations qui n’ont qu’un lointain rapport avec le monde de la chanson, ou la guitare trace son chemin, éclairs de lumières pour montrer la route.
Des touches de blues, des touches dont ne sait trop quoi, des arrangements fouillés, No sport (en rapport je suppose avec la célèbre réponse de Winston Churchill au sujet de sa longévité) est un voyage en soi. Qui demande une écoute attentive, exigeante.
Foin de la chansonnette à remplir les mp3 pour meubler l’attente dans les transports, pour rentrer dans cet album, il faut lui consacrer du temps, il faut le mériter.
Et si l’on fait cet effort, on ouvre la porte d’un univers captivant, un film sonore qui défile en 14 vignettes.
Du blues de Marie à l’oriental Arabécédaire, leçon d’arabe en compagnie de Rachid Taha, il y a chaque fois ce truc qui retient l’attention, ce détail que l’on avait raté à la première écoute et qui prend toute son importance.

Un disque prenant, surprenant, loin de ce que vous trouverez habituellement dans ces pages, qui nous dévoile un artiste mature, guitariste d’exception, parolier unique en son genre dans un univers tout à fait personnel. Et que demander d’autre à un artiste ?

Sortie le 18 février 2008

01 Avance
02 Lover Dose
03 Elle est pas belle ma chérie?
04 Rattlesnake
05 Vicky
06 Je tourne
07 Arabécédaire avec Rachid Taha
08 Ensemble
09 J'erre
10 Marie avec James Blood Ulmer
11 Blue skies
12 Ski-doo
13 Avec toi
14 Un nid?

Swan DIve - Until

février 2, 2008 Temps de lecture: 8 minutes

Swan Dive - Until


Swan
Until, 8 ème album de Swan Dive, est sortie il y a plus de 6 mois, et je ne l’ai su que le mois dernier.
C’est vous dire la promo qui est derrière.

Swan Dive c’est un duo, Molly Felder et Bill Demain, originaire de Nashville, quasi inconnus chez eux et partout ailleurs sauf semble t’il au Japon et en Corée. Sur ces 10 albums, 3 sont dans ma collection, Circles, June et maintenant Until, plus quelques morceaux trouvés à droite et à gauche.

Swan Dive c’est une pop étincelante sans être clinquante, douce et caressante sans être mièvre ni fade. Sur les précédents disques, une touche bossa courrait parfois sur certains titres. Avec Until, ils ont décidé d’en faire tout un album. Pour mon plus grand plaisir évidement fan de cette musique que je suis.

Donc option Brésil, tendance sixties, on pense à Astrud Gilberto, leurs influences incluant Michel Legrand, Les demoiselles de Rochefort et les parapluies de Cherbourg en ligne de mire pour le parfum jazz/bossa qui s’en dégage.

Enregistré principalement à la maison, complété par leur producteur habituel Brad Jones, Until est composé de 13 titres, acoustiques bien entendu, vu le style choisi.

En route donc pour une revue titre à titre de ce petit bijou

Ouverture avec le morceau éponyme, Until. Quelques percussions, un léger tapis de cordes, une guitare en arrière plan, et la voix de Molly à laquelle répond une flûte. Pourquoi faire compliqué quand on peut atteindre l’essentiel facilement. La mélodie est superbe, l’émotion est palpable, un seul regret que cela s’arrête après seulement 2'39. Une vidéo de ce titre est dispo sur youtube, impossible de ne pas craquer. Somptueux.

Slowly part sur un tempo similaire. Un piano jazzy ajoute sa discrète touche. Une mélodie moins immédiate, mais les cuivres qui dialoguent avec la voix, les claquements de doigts, tout concours à notre bien être. En fermant les yeux, on pourrait se croire à Rio. Slowly porte bien son nom et nous berce doucement.

Molly
Quiet song est un cadeau fait par Celso Fonseca, célèbre au Brésil. Une lettre envoyée par Bill Demain, rêvant à une collaboration et, vrai conte de fée, réponse positive du monsieur qui adapte en portugais une partie de la chanson, poussant la sollicitude jusqu'à les aider à apprendre les paroles. L’usage de cette langue accentue encore l’impression que la bossa est faite pour Swan Dive comme Swan Dive est fait pour la bossa.

Après la chanson douce, la Gentle Rain, même dans les paroles, on sent bien que le côté speed a été mis à l’index . Ce 4ème titre laisse un peu la place à Bill, vocaliste, pour un duo avec Molly. Un couplet chacun, un refrain commun, une comédie musicale en un peu moins de 4 minutes.

Matchstick, Presque rapide, est plus samba que bossa . Instrumental ou de simple lalala font office de paroles. Bien dans l’esprit sixties, presque musique de film, perso je n’accroche pas trop.

Heureusement, fausse alerte, Swan Dive ne s’essouffle pas déjà, Happy Sad, mélancolique à souhait, renoue avec leurs meilleurs moments. Ce titre me fait penser parfois au fabuleux premier disque de Coralie Clement, salle des pas perdus.

Imagining était le premier single tiré d’Until. Plus lumineux, plus enlevé que les titres précédents, un sax embarquant le morceau vers des contrées plus jazzy. Très agréable même si son choix de single me parait contestable tant d’autres titres me paraissent plus efficace pour faire découvrir l’album.

Hommage à Michel Legrand ? Un titre original chanté en français, rarissime sur un disque américain. Une fois, titre de la chanson, chanté par Bill et Molly, est un bel effort. Même si j’avoue après de nombreuses écoutes, avoir toujours du mal à saisir tout ce qu’ils veulent dire. Ceci dit, la compo est très agréable, un accordéon (le cliché français habituel vu des USA) en fond sonore.

Molly
Bebe, encore un instrumental, cette fois les lalala sont remplacés par des bibis. Bon, pour moi, typiquement un morceau remplissage, peu d’intérêt autre qu’anecdotique. Heureusement on n’en prend que pour 2’12. Ce n’est pas mauvais au point de zapper, nous restons dans le style du disque, juste inutile.

Et comme pour Matchstick, comme s’ils avaient besoin d’une pause pour mieux rebondir, le titre suivant est carrément excellent, du niveau de Until. You deserve a song est de ces chansons dont les premières secondes indiquent que l’on tient là du lourd. Et qui tient cette promesse tout du long. Du velours, du miel, bref vous l’aurez compris, un futur classique du groupe.

Le plus fort c’est que le morceau suivant enfonce le clou. Tender love, aussi violent que son titre le laisse supposer est peut être encore meilleur que you deserve a song. Une video a également été tourné pour le mettre en valeur. Un bijou. Ce titre clôture normalement le disque, mais vu leur succès au pays du soleil levant, deux morceaux bonus, dont sont si friands les japonais, sont dispo. Et sur le site fnac ou j’ai acheté l’album, ils étaient inclus donc…

Good morning Tokyo. Ou la bossa rencontre les Beach Boys. Un morceau clairement ajouté parce qu’il fallait mettre un bonus, encore des lalala, quelques harmonies, jolies, et 1’34 de passée. Le moins mauvais des trois titres du même tabac.

Et pour finir, In blossom, une vrai chanson, vocaux partagés à deux une nouvelle fois. Un peu d’anglais, un peu de français, un rythme, à peine, plus marqué, une musique ponctuée de nombreux break, plus heurtée, moins coulante, plus jazz mais qui tient la route.

Donc, si je fais un rapide bilan, 3 titres qui touchent l’excellence (c’est déjà 3 de plus que la quasi-totalité de ce qui sort), 7 qui vont de bons à très bons, 1 honnête et deux totalement dispensables, nous tenons là avec cet Until un album très bon que tout amateur de bossa se doit de posséder. Un fan de Swan Dive y trouvera évidement son bonheur, si vous les découvrez avec cet album, attention, si les autres sont aussi bons, Ils ne sont pas dans la même veine stylistique plus pop.

Swan


1.Until
2.Slowly
3.Quiet Song
4.Gentle Rain
5.Matchstick
6.Happy Sad
7.Imagining
8.Une Fois
9.Bebe
10.You Deserve a Song
11.Tender Love
12.Good Morning Tokyo
13.In Blossom