Beatles Story - Opéra Rock

décembre 29, 2007 Temps de lecture: 4 minutes

Affiche_Beatles_Story.gif Je suis allé avoir hier soir au Théâtre Le Mery , place Clichy à Paris un spectacle concert pompeusement appelé Rock opéra, Beatles Story.
Je ne connaissais pas la salle, petit théâtre agréable ou la proximité de la scène est un plus.
Tarif abordable, 28 euros ou 13 pour les – de 26 ans, à saluer.

L’argument du spectacle, le pitch comme il est coutume de dire maintenant, c’est de raconter la formidable aventure des 4 des Liverpool avec un groupe sur scène rejouant live les grands moments du groupe.

Donc, 4 musiciens sur scène plus un clavier dans l’ombre pour aider a récréer les orchestrations luxuriantes du groupe. Dans la salle un public de tous âges, d’enfants d’une dizaine d’années au papy, confirmant la popularité indéfectible de leur musique.

En gros 4 tableaux, identifiés par des changements de costumes. Les débuts (I saw her standing there …) , la conquête de l’Amérique (Day tripper…), La période Flower Power Sergent Pepper (Lucy …), la fin avec le célèbre concert Beatles sur le toit d’Apple à Londres en janvier 69 (Get Back). Une illustration cheap sur écran, avec images d’archives type Ed Sullivan show ou tournage vidéo des faux Beatles de moment fort des vrais, à la manière Ruttles, l’humour en moins. Donc, de mon point de vue, la partie mise en scène est sans intérêt.

Pour les puristes, quelques grossières erreurs ou manque. Pas une Ricken sur scène. Ca c’était ma frustration personnelle, les Beatles sur les planches sont quand même indissociable de cette image. Une version de Girl chantée par le Georges Harrison. ??? Bon, il faut dire que celui qui faisait Lennon semblait plutôt ailleurs, pas vraiment ravi d’être là, sans peps. Et pour finir, la fin du spectacle qui survole à la vitesse du son les carrières solos des 4, proposant un titre de chacun, le choix pour Ceorges Harrison se portant sur Something !! un comble pour un morceau solo alors que le choix de My sweet Lord pour la plus connue s’imposait. Le Lennon de service entonnant Imagine avec sa Yoko à ses côtés lui tenant les paroles à bout de bras. A mon avis, Lennon devait être malade, pas possible autrement, et auquel cas chapeau pour avoir assuré quand même le minimum toute la soirée.
Le groupe, quoique français s’adresse au public en anglais, pour faire plus vrai je suppose, pas de problème à cela, sauf quand la doublure de Yoko parle, un accent à couper au couteau rendant incompréhensible la plupart de ses interventions.

Mais un qui m’a assis c’est le Paul Mc Cartney . Ce n’était pas celui présent sur les affiches, pas retenu son nom (Pascal ??) mais quel patate, quel pêche ! Une voix proche de celle du maître à s’y tromper par moment, un bassiste stupéfiant, doté d’une visible envie de jouer, d’être là et de faire plaisir. Comme c’est lui qui a assuré la plupart des morceaux en lead, ça le faisait bien. A la batterie, le concepteur du spectacle Renaud Siry, coahnat juste ce qu’il faut, impulsant un rythme enlevé aux morceaux rock, chanteur également, un plaisir à voir et visiblement content de l’accueil qui fut réservé à son spectacle.

Car évidement, ce fut une franche réussite, avec une mention spéciale pour les rock, ou franchement le groupe déménageait. Un Paperbackwriter enlevé (même si les chœurs étaient parfois limites) un Back in the USSR d’anthologie, joué une seconde fois en rappel), un Get back démoniaque, sans parler des Day Tripper et autre Revolution qui ont tout déchiré. De Penny Lane à Come together, de Golden Slumbers à Hey jude en passant par Yellow Submarine, sourire du public, claquement de mains, reprise en chœurs des grands classiques, tout le monde avait la banane à la fin. 2 heures de spectacle, rappel à la clef et tout le monde aurait souhaité que cela continu.
Je vous recommande donc chaudement d’aller y faire un tour s’il passe pas loin de chez vous, puisque la fin de cette année voit la fin du spectacle dans cette salle.

beatlessroryban.jpg


Coco - Great and Awful

décembre 25, 2007 Temps de lecture: 2 minutes

Coco



Bon, alors ces 5 cocos là, c'est qui, c'est quoi ?
Un site en construction, un myspace chiche en infos, juste un EP à ce mettre entre les deux oreilles, 6 titres Great and Awful, oui mais justement, pour les afficionados de la pop cet EP claque comme trop rarement.

Parce que là, soyons clair, ils ne sont pas nombreux en France à pondre un truc de ce style. La perfide Albion doit s'en mordre les doigts d'avoir laissé naitre de l'autre côté du Channel des fils spirituels aussi insolemment doués. Le manuel du parfait gentleman Pop en 10 leçons, avalé, dévoré, digéré et régurgité en 6 titres. Pas de grand écart entre Liverpool et Paris, les deux pieds en England, sans complexe.

Coco.gif The wicked child qui ouvre le bal, guitares mordantes, up tempo énergique, pourrait laisser croire que nous tenons là un groupe comme il y en a tant, doué certes, mais sans plus. Mélodique, efficace mais un peu brouillon, L'english guys à suivre ne démentant pas cette première impression.
Le titre éponyme Great and Awful, tout en puissance rentrée renforce l'intérêt, juste avant que Coco ne lance sa première bombe à fragmentation, Ease your mind.
Cible atteinte, pulvérisée même, vicieuse ritournelle pop qui vous squatte les tympans, Ease your mind devrait hanter toute playlist pop qui se respecte.
Hear me calling enfonce le clou. Un piano, des harmonies vocales, esprit des Fab fours es tu là ?
Il y est et bel et bien, My Brillant sun clôture le tout en finesse, jolie balade atmosphérique.

Sur d'autres titres ne figurant pas sur cet EP, Nippon Rose par exemple, Coco n'hésite pas à se confronter à d'autres styles, type Electro pop. Ils semblent tourner pas mal, avoir pléthore d'autres morceaux sous la ceinture. Bref qu'un producteur avisé vienne à passer par là et 2008 pourrait être l'année Coco.
C'est tout le mal que je leur souhaite.

01. The Wicked Child
02. English Guys
03. Great and Awful
04. Ease Your Mind
05. Hear Me Callin'
06. My Brilliant Sun


Lunabee & Swan

décembre 23, 2007 Temps de lecture: 2 minutes

Lunabee & Swan


Cet album, c'est d'abord une histoire. L'histoire d'une rencontre. Et c'est aussi un album qui n'aurait pas pu naitre à une autre heure que celle d'internet, ce média étant le terreau qui a permit l'éclosion de ce disque à deux voix.

Lunabee2.jpgD'un côté Lunabee , artiste belge dont le précédent album avait déjà été chroniqué dans ces pages (cf cet article) de l'autre Joanna Swan, Grande Bretagne, inconnue au bataillon pour ma part.
Rencontre via Myspace, L'Angleterre, craquant pour la musique de la Belgique lui propose de lui chanter un titre. La Belgique qui ne se le fait pas dire deux fois et lui envoie dans la foulée un album de compos qui n'attendent plus que textes et voix pour s'incarner.
et le résultat arrive ici dans vos oreilles, la rencontre de deux univers, le carambolage de deux planètes.
Amis des guitares et du rock pur et dur, passez votre chemin. Boucles, synthés, vocalises, expérimentations sonores, vous en aurez pour votre argent si vous abandonnez à la porte vos réflexes staracadémiques.
Pour vous donner une idée, si Annie Lennox rencontrait Kate Bush, cela pourrait ressembler à Lunabee meets Swan.

Pour finir la belle histoire, les deux se sont rencontrées un peu avant que l'album soit terminé.
lunabeeswan.jpg
1. I Died In The Arms Of Glory
2. The Great Illusion
3. Black Butterfly
4. Smoke Rings
5. The Comfort Of Strangers
6. Badge Of Shame
7. Mona
8. Tragic Blonde
9. Unsettled Sleep
10. Falling Through The Hour Glass
11. Some Love


Stael - Le temps de dire ouf

décembre 23, 2007 Temps de lecture: 2 minutes

Stael


Comment vous donner l'envie d'écouter un groupe dont vous ne savez rien.
C'est un peu le challenge toujours renouvelé à chaque chronique d'un groupe dont c'est le premier album.
C'est de Stael avec Le temps de dire ouf qu'il est question ici.
stael.jpg Un groupe grenoblois, 4 mecs, deux guitares, basse batterie, formation rock classique. Une musique plus proche du folk que du rock, le plus souvent dans un registre mid-tempo.
la filiation avec la chanson française plus qu'anglo saxonne est évidente, la prépondérance du texte étant ici de mise. Nous sommes plus près d'un Souchon que de Superbus si l'on veut préciser les choses, un Noir Désir plus polissé.

Les compos se tiennent bien, le titre La disgrace semble déjà tenter de faire son trou en radio, et si cette chanson vous accroche, nul doute alors que le reste de l'album trouve un écho favorable chez vous.
Magdalène et moi avec ses guitares Shadows, le bluesy Brule, le très pop le temps de dire ouf ou le duo Qu'est ce qui nous brule, il y a là largement de quoi vous convaincre de leur potentiel.

Le titre qui ferme l'album, Un bouquet de fleurs pour Lucy dénote complètement, nettement plus éclaté, un metissage des Doors de Nougaro et de l'Ange de Christian Descamps et d'Higelin.
Perso j'accroche moins, mais il permet d'effacer le côté un peu lisse de l'ensemble et de laisser la porte ouverte pour un second album différent tout en donnant une dimension plus scénique à leur musique.

1. La machine
2. La disgrâce
3. Le temps de dire ouf
4. En chute libre
5. Héloïse
6. Qu'est-ce qui nous brûle ?
7. Le fou-volant
8. Anna, relève-toi !
9. Magdalène et moi
10. Gaspard dans le tipi
11. Brûle
12. Ca fait longtemps
13. Un bouquet de fleurs pour Lucy


VoxPop N°1 les enfants du siècle

décembre 23, 2007 Temps de lecture: 2 minutes

Vox Pop


Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas d'un disque mais d'un journal dont je vais vous parler.
Chez votre libraire préféré, apparition donc d'une nouvelle revue, Voxpop. Bimestrielle, ce qui l'oblige d'office à laisser tomber l'actualité pour se consacrer a des articles de fond, se démarquant ainsi naturellement de la concurrence.
Grand format, plutôt luxueuse, stylée devrais je écrire, 5 euros seulement, laissant la part belle aux photos, sans négliger le texte pour autant.
Bon, se lancer au XXIème siècle dans l'édition papier payante dénote un esprit à tout le moins rock and roll et à coup sur, leur banquier doit bruler moultes cierges au quotidien. Les présentations faites, quid du contenu ?
voxpop.jpg
La page de couverture, photos de 2 gamins de 13 ans, les Tiny masters of today, a peu de chance d'attirer l'oeil du mélomane de passage et ne donne pas plus envie que ça de découvrir l'intérieur. L'article qui leur est consacré, quoique intéressant, ce qui est une constante assez rare pour être souligné tout au long du magazine, m'a laissé circonspect sur le but de ce reportage.

AU fil des pages,entre autres articles, Kate Nash, Dick Rivers, Julien Doré, un vieil article sur Les White Stripes exhumé pour l'occasion, un petit tour sur Liverpool et un bref récapitulatif des albums phare des années 2000 ...

Au final, nous sommes plus près des Inrocks que de Rock and Folk, sans le côté élitiste désespérant des premiers. Le graphisme est soigné, les photos souvent très belles, les articles forts bien écrits et captant l'attention, quel que soit le thème abordé. M'intéresser à une société suédoise Acne, fer de lance de la mode vestimentaire tendance rock n'était pas gagné d'avance.

Bref, le N°1 a remporté son pari, éveiller la curiosité, il ne reste qu'a espérer que la suite sera à la hauteur, la suite dans quelques jours, en janvier.

Thomas Fersen - Gratte moi la puce

décembre 9, 2007 Temps de lecture: 3 minutes

Gratte moi la puce


thomas C’est la faute au Ukulele.
Je veux dire, normalement, je n’aurais pas chroniqué un best of de Thomas Fersen. Non pas que je n’aime pas le personnage, Pièce montée des grands jours reste un des grands albums de 2003, mais justement, un best of résume souvent mal l’œuvre d’un artiste, le réduisant à quelques succès radio, tirant un trait sur les perles cachées, tentant d’unifier dans un même espace temps, des titres qui justement viennent de temps et d’espaces différents.

Mais il y a le Ukulele. Dont moi aussi, je suis fondu, même si j’en joue comme une savate.
Et la démarche aussi. Ce n’est pas une bête compilation de plus, dotée de son inédit nécessaire pour décider le chaland à ouvrir sa bourse. Non.
Les 20 chansons présentées ici sont parées de nouvelles orchestrations, minimalistes certes, concept uku seulement oblige, mais justifiant ainsi pleinement l’achat pour les amateurs de Fersen. Et pour enfoncer le clou, l’inévitable inédit, Georges, complète l’ensemble

Donc, un best of de poche avec cette guitare de poche (ces guitares devrais je dire, puisque le complice de toujours Pierre Sangra est de la partie) pour revisiter les classiques du sieur Fersen. On y retrouve donc ces histoires qui n’appartiennent qu’à lui, car c‘est avant tout un conteur, la chauve-souris amoureuse d’un parapluie, le chat botté, le croque mort, bref tout ce qui fait le sel de son répertoire, justifiant ainsi le côté best of de la chose.

Une fois dépouillées de leur orchestration, rendues à leur état minimal, nues jusqu'à l’os, portée simplement par sa voix si caractéristiques, les chansons prennent une autre dimension. Le texte prenant encore plus d’espace, d’ascendant sur la mélodie, la musicalité s’efface un peu, laissant apparaître un côté Georges Brassens Joël Favreau mais avec la force mélodique en moins.

Sur la longueur, j’avoue une certaine lassitude, malgré les trésors d’inventivité dont font preuve les deux compères sur leurs quatre cordes (5 quand ils sortent la mandoline) et aucune de ces nouvelles versions ne me parait supérieure aux originales, ce n’était d’ailleurs sans doute pas le but, juste d’en donner un nouvel éclairage. Je salue en tout cas la démarche.

Gratte moi la puce - Best of de poche
1. les papillons
2. monsieur
3. croque
4. la chauve-souris
5. Pégase
6. Diane-de-Poitiers
7. Hyacinthe
8. je suis dev'nue la bonne
9. le chat botté
10. Zaza
11. le bal des oiseaux
12. les malheurs du lion
13. pièce montée des grands jours
14. mon macabre
15. Georges
16. Louise
17. bella ciao
18. bijou
19. Saint-Jean-Du-Doigt
20. la blatte



Benoît Doremus - Jeunesse se passe

décembre 9, 2007 Temps de lecture: 3 minutes

Jeunesse se passe



Benoit
Benoît Doremus,il y a longtemps qu’il traîne ses chansons à droite à gauche.
Je me rappelle avoir écouté distraitement quelques titres il y a déjà quelques années, et d’avoir pensé, comme la plupart de ceux qui l’entende, encore un qui à trop écouté Renaud et qui ne s’en est pas remis.

Alors lorsque l’ami Pierre, homme généralement de bon goût, m’a parlé en bien du nouvel opus du Benoît en question, j’ai décidé de voir de quoi il retournait. Et là, est-ce lui qui a tant évolué ou moi qui est vieilli et ait enfin compris, mystère, mais indéniablement, il y a un sacré talent chez ce bonhomme là.

Bon, impossible de couper à la filiation, phrasé, timbre de voix, tout concours à évoquer l’influence majeure, Renaud, sujet qu’il évoque d’ailleurs finement dans le titre Deux dans mon égo trip. Le maître l’adoube d’ailleurs puisqu’il produit cet album.

Donc Doremus fait son Renaud, il le coupe avec du Benabar ou du Grand corps malade, passe le tout au shaker et in fine sort son truc à lui, salement bon. Parce que, pour qu’un gars comme moi, élever à la sauce Beatles, pour qui les She loves you yeah yeah tiennent lieu de littérature, se décide à écouter un mec qui chante juste quand il a le temps, c’est que le mec en question propose quelque chose qui accroche.

Alors je confirme, Benoît Doremus sait, en quelques phrases, évoquer plus de choses que cette chronique ne saura jamais le faire, nous toucher plein coeur l’air de rien, en écrivant faux et en chantant de la main gauche, comme il l’écrit si joliment dans le titre qui ouvre l’album.

Du nostalgique Je m’en rappelle pas qui reprend le fil là ou le Sheller de phoots souvenirs l’avait laissé, au colérique J'apprends le métier, du lapin posé par une belle de l'arracheur de sac à Quand, chanson sur la vieillesse il fait mouche à tous coups

Il faudrait toutes les citer. L’écouter c’est l’apprécier, succomber à son talent et s’il a de quoi tenir quelques albums, on tient là un futur grand de la chanson.

Doremus2.jpg


1. j'écris faux, je chante de la main gauche
2. je m'en rapelle pas
3. j'apprends le metier (acte 1)
4. rien a te mettre
5. l'enfer (acte 2)
6. 17 ans
7. pas à me plaindre
8. deux dans mon egotrip (acte 3)
9. beaupadre
10. un poison
11. un arracheur de sacs
12. les bulles
13. paris (...)