Etienne Daho - L'invitation

décembre 9, 2007 Temps de lecture: 3 minutes

L ' invitation


Etienne Difficile, pour un aficionado de la pop, francophone de surcroît, de faire l’impasse sur Etienne Daho. Auteur de quelques pépites indispensables à tout amateur, d’albums marquant leur époque de leurs empreintes, voilà que le dandy officiel nous revient avec un 9ème album sous le bras, L’invitation.

Daho, c’est un son, une voix surtout, enfin, un timbre de voix, les limitations de celles-ci l’obligeant à parler murmurer plutôt qu’à chanter. Co-produit par lui-même et Edith Fambuena, dont la palette sonore m’enchante à chaque fois, les 11 titres composants cet album, qualifié de personnel, comme chaque fois que l’évidence universelle de la musique n’est pas présente sont dans la droite ligne de l’album Corps et âmes qui m’avait déjà laissé de glace.

C’est clairement un album intimiste, intime même, ou l’auteur Daho se découvre, oubliant au passage de s’intéresser aux musiques.
Car de ce côté, l’invitation pêche, et pas qu’un peu. La luxueuse production tente bien de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, mais impossible d’être dupe, Daho a choisi d’être musical à défaut d’être mélodique. Point ici de popsongs mémorables, de single magique mais du vide, bien habillé certes, mais du vide quand même où la forme tient lieu de fond

Du morceau titre l’invitation, qui peine ne serait ce qu’à éveiller l’intérêt, ponctué, que dis-je miné par des claquements de mains digne des Gypsy King au Cap Falcon qui clôture l’album, toute la traversée en sa compagnie n’est qu’ennui. Jamais touché par la grâce, le tout s’enchaîne, et nous assomme.

Paradoxalement, il est un des rares à conserver sans effort cette image rock, liée à ses débuts Rennais je suppose et à sa culture musicale, image qu’il consolide ici en ajoutant dans la version deluxe quelques reprises bien senties d’Hank William, Smokey Robinson et autre Pink Floyd, affirmant ainsi ces racines, que sa musique n’indique plus depuis belle lurette, et son bon goût pour les covers, ce dont je ne peux que le féliciter.

Mettre autant de talents divers au service d’un disque aussi dépourvu d’intérêt suscite en moi toujours autant d’interrogation et une seule certitude, c’est une invitation à attendre l’album suivant.

1 L'Invitation
2 Cet air étrange
3 Obsession
4 L'Adorer
5 Les Fleurs de l'Interdit
6 Boulevard des Capucines
7 Toi jamais toujours
8 Un Merveilleux été
9 Sur la Terre comme au ciel
10 La Vie Continuera
11 Cap Falcon



Thiefaine - Personne - Amicalement Blues

décembre 7, 2007 Temps de lecture: 3 minutes

Amicalement Blues


Associer deux noms « prestigieux » de la scène française pour un album commun, manière originale d’une maison de disque de relancer les ventes d’albums en perdition ?

Plutôt que d’opérer comme les couples Hallyday/ Berger ou Hallyday/Goldman, soit l’univers d’un auteur compositeur relayé par la voix de l’interprète, c’est à une mélange plus intime, plus symbiotique que se livrent Paul Personne et Hubert Felix Thiefaine puisque tout est co-signé.
Amicalement
Bon, si je suis fan du premier, j’avoue que le second m'a, la plupart du temps, laissé indifférent. Les deux se connaissent depuis longtemps, leur public n’est pas celui de la Starac, plus confidentiel, et à l’évidence nous ne sommes pas là devant un coup marketing (en tout cas pas uniquement) mais devant une réelle opportunité de tenter quelque chose, du côté de l’occasion fait le larron.
Alors mélange détonnant ou pétard mouillé ?

Amicalement blues (clin d’œil à un autre fameux duo d’une série télé ?) nous propose 13 titres, répartis paroles à HFT, musiques pour Paul Personne. Le chant est partagé.

Si la mayonnaise ne prend pas, ce n’est pas que les chefs n’y ont pas mis tout leur cœur mais en gros, la somme des deux talents n’est pas égale au talent de chacun en solo.

La guitare de Paul reste lumineuse de bout en bout, et porte le disque mais ne suffit pas, ce disque de Paul Hubert ne décolle pas.
Quand Paul chante on dirait du Personne, quand c’est Hubert qui s’y colle on dirait du Thiéfaine mais à aucun moment je n’entends du Paul Thiefaine ou de l’Hubert Personne.
La fusion des deux styles n’en forme pas un troisième, et le plaisir qu’ils ont pris à enregistrer ensemble ne ressort pas à l’écoute.
Un disque qui comblera les fans des deux artistes mais dont je doute qu’il leur ouvre d’autres portes.

Dommage, mais bien essayé tout de même, en espérant que cela ouvre la voie à d’autres collaborations.

1- Avenue de l'amour
2- Emeute émotionnelle
3- Aman sous contrôle
4- Strindberg 2007
5- L'appel de la forêt
6- Les douceurs de la vengeance
7- Distance
8- Rendez-vous au dernier carrefour
9- Speclai ado sms blues
10- Photographie d'un rêveur
11- Your terreplane is ready mister Bob !
12- Juste avant l'enfer
13- Le vieux bluesman et la bimbo


Across the Universe BO Film

novembre 19, 2007 Temps de lecture: 7 minutes

Across the universe


across Pas courant qu’une bande originale de film attire mon attention, il fallait au moins l’aura des Beatles.
Across the universe, le film, repose uniquement sur les chansons des Beatles, les personnages principaux, Jude et Lucy portant les prénoms des célèbres chansons. La musique n’est donc pas le prétexte mais le cœur même du film, à la Magical Mystery Tour donc avec probablement l’amateurisme en moins.
Ne l’ayant pas encore vu (sortie en salle le 28 novembre), je n’en dirais rien de plus, il sera donc uniquement question ici de la musique, des 16 titres de la version light, la version deluxe qui en propose 34 n’étant pas encore dispo sur le site ou j’achète mes mp3.

Les Beatles sont un cas unique à bien des égards et ils sont probablement les seuls dont l’intégralité du répertoire a été repris des centaines de fois, de versions fidèles en version déjantées, il est quasi impossible de surprendre en ajoutant une enième covers à la liste impressionnante existante. La magie des titres étant quasi indestructible, c’est les arrangements choisis, le timbre de voix de l’interprète, l’atmosphère qui se dégage du résultat final qui marquera ou non les esprits.

C’est Elliot Goldenthal qui orchestre le tout, compagnon de la réalisatrice, c’est donc une oeuvre artistique commune qui nous est livrée ici Je ne connais absolument rien des travaux précédents du bonhomme, donc impossible pour moi de mettre en perspective Across the universe avec son propre travail de composition qui, pour que j’en ai lu, reste assez éloigné de la pop. Reste quand même que, tout en restant dans le consensuel, film grand public oblige, ces versions sont sacrément bien foutues et qu’elles soient chantées par des pros types Bono ou Joe Cocker ou par les acteurs principaux dont le chant n’est pas le métier premier, il n’y a pas faute de goûts, même si parfois le démarquage de l’original n’est pas assez marqué justement.

All my loving part a capella pour embrayer sur une version enlevée avec une ligne de basse Mc Cartnesque (entendre par là qu’elle est omniprésente). I want to hold your hand est traitée de manière, format ballade déchirée, portée également par la basse et ponctée d’éclairs de guitares, et dotée d’une jolie performance vocale.
It Won’t be long, ressort façons girl group sixties, presque Tamla motown, I’ve just seen a face me fait penser à l’Elvis Costello de King of America, comme quelques titres semblent également produit par T Bone Burnett, je suppose que celui-ci en fait parti tant le son de guitare est proche.
Le titre suivant, le monument Let it be est transformé en Gospel, accentuant le côté religieux du titre original. Chanté dans une église, frissons garantis. Joe Coker abandonne son with a little help from my friends fétiche pour se colleter à une version inspirée de Come together. Une franche réussite, la voix toujours aussi prenante et l’orchestration à la hauteur.

Bono s’y colle pour un I’m The walrus sans trop de risque. Des guitares lancinantes une rythmique plutôt plombée, je vais finir par apprécier U2.

La merveilleuse ballade Something de Georges Harrison est tout à son avantage, un orgue discret réminiscent de Strawberry Fields ou the Fool on the hill en arrière plan des guitares et une batterie originale en sus.

Oh Darling, ne s’écarte pas du chemin tracé sur Abbey Road. Cette version n’apporte pas grand-chose, et ne surpasse pas l’original, particulièrement côté voix ou Mc Cartney faisait des merveilles.
Strawberry Fields ne devrait pas faire se retourner John dans sa tombe, ni y conduire Georges Martin, version total respect.

across_universe2.jpg


Across the universe, qui a la lourde tâche de porter le film n’innove pas beaucoup plus. Une honnête cover d’un excellent titre.

Helter Skelter joue la surenchère, voix éraillée, guitares tronçonneuses, frappe de batterie lourde, basse vrombissante, tout l’arsenal rock convoqué pour finalement ne pas apporter plus de puissance dévastatrice que la version de 1968.

Happiness is a warm gun tire bien son épingle du jeu. bruitages, bande à l’envers chœurs al dante, un plaisir.

Blackbird banni toute référence au jeu de guitare initial, nappé d’un accordéon ? tout en restant dans le département ballade. Bientôt dans toutes les guinguettes ?

L’inévitable Hey jude, inratable de toutes façons vu la qualité du matériel initial. Ce n’est pas la meilleure version ni la plus mauvaise que j’ai pu entendre de ce titre.

Et pour clore ce petit tour du propriétaire en attendant que j’ai la version longue pour compléter mon avis, Lucy in the sky. Version anecdotique, comme le Hey Jude précédent.

En attendant de voir les images qu’ont inspiré ces chansons, la bande son tient, évidemment, la route toute seule, et ne décevra aucune fan des Beatles, ne serait ce que grâce à la qualité du son nécessairement induite par une version récente. Une excellente manière de patienter pendant ces interminables grèves de transports et les longues marches qu’elles entrainent.

across

1. All My Loving
2. I Want to Hold Your Hand
3. It Won't Be Long
4. I've Just Seen a Face
5. Let It Be
6. Come Together
7. I Am the Walrus
8. Something
9. Oh Darling
10. Strawberry Fields Forever
11. Across the Universe
12. Helter Skelter
13. Happiness Is a Warm Gun
14. Blackbird
15. Hey Jude
16. Lucy in the Sky with Diamonds


Linda Lemay 40/40

novembre 17, 2007 Temps de lecture: 5 minutes

Linda Lemay


Linda

Linda Lemay profite de son 40ème passage à l’Olympia pour y enregistrer son premier DVD.
Elle nous gratifie de 31 titres, une première partie issue de sa dernière livraison studio, Ma signature, une seconde balayant le reste de sa carrière et de ses 10 albums.

Linda Lemay c’est, pour moi, un cas. Elle a le sens mélodique d’un fer à repasser. La composition n’est pas son fort, ses musiques font office de décoration pour des textes qui sont sa grande force. Ici, même entourée de deux guitaristes de haute volée, Yves et Marco Savard, et elle-même régulièrement derrière son truc en bois, sans autres musiciens, le vide criant des compos saute aux oreilles. Et pourtant ses deux compères s’en donnent du mal.

Mais il y a les textes. Je ne connais pas l’intégrale de sa discographie, peut être 5 albums. Tous souffrants du même syndrome. Une poignée de titres à couper le souffle, à coller la chair de poule ou à faire monter les larmes aux yeux, au choix. Et du totalement dispensable, du remplissage.
D’un autre côté, arriver à écrire ne serait ce que quelques titres du niveau de ses meilleurs, ça laisse rêveur. Je donne tout Sucrepop pour un morceau du type la centenaire. Cette capacité à décrire en quelques mots un état d’âme, une situation, à se mettre dans la peau d’un personnage et à en retranscrire la substantifique moëlle, de manière comique ou tragique c’est du grand art.
Le problème surgit quand ça ne fonctionne pas.

Sur ce DVD, enregistré en une journée, ce qui laisse donc place à quelques erreurs non retouchées, ce qui ajoute au réalisme et à la sincérité du propos, une belle qualité d’images (Gerard Pullicino maître en la matière), et en bonus l’intégral des clips de la dame et un petit reportage sur la journée précédent le concert.

Je ne l’avais jamais vu sur scène, belle présence, sens de l’humour, elle est visiblement heureuse d’être là. L’album Ma signature ne m’ayant absolument pas accroché, j’avais peur de m’ennuyer et de zapper assez rapidement. Si cela n’a pas totalement modifié mon avis, cette dimension supplémentaire apporte un éclairage bienvenu et visionner le tout fait passer un agréable moment, 2h30 tout de même, en sa compagnie.

Le survol de sa carrière de la seconde partie est un bon moyen de découvrir l’artiste. Bref un DVD qui devrait ravir les inconditionnels et une bonne introduction à son œuvre, donc mission accomplie.

dvd

  1. C'est que du bois
  2. Ma chouette
  3. Tu t'appelles Marguerite
  4. Je voudrais te prendre
  5. Le mime
  6. La place au sous-sol
  7. Ailleurs
  8. Macédoine
  9. Chaque fois que le train passe
  10. Le dernier choix
  11. Le traité de solitude
  12. Rassemblement
  13. Un golfeur
  14. Sables mouvants
  15. Des pieds et des mains
  16. Du coq à l'âme
  17. Le plus fort c'est mon père
  18. Les souliers verts
  19. Une mère
  20. Un paradis quelque part
  21. La centenaire
  22. Les culottes grises
  23. À l'heure qu'il est
  24. Alphonse
  25. Ceux que l'on met au monde
  26. Au nom des frustrées
  27. Un verre de n'importe quoi
  28. Surtout vous
  29. La visite
  30. Je m'appelle Marguerite




Thomas Dutronc - Comme un manouche sans guitare

novembre 9, 2007 Temps de lecture: 4 minutes

Thomas Dutronc


Comme un manouche sans guitare.

ThomasEt un autre « fils de » à sortir son album.
Ca a du commencer avec le fils Lennon cette histoire. Le talent est il héréditaire ? Ce n’est pas trop la question.
Moi, ce qui m’escagasse dans ces albums génétiquement favorisés, c’est surtout que le talent n’y est pour rien.
Attention, je ne veux pas dire par là que d’être le fils de implique un manque de talent flagrant. Des tonnes d’exemples sont là pour démontrer le contraire, les deux Lennon, M, ou le Starkey junior par exemple. Simplement qu’une signature de l’un deux c’est une signature de moins pour un anonyme tout aussi doué qui doit faire des pieds et des mains pour se faire entendre sans toujours y arriver. Mais bon, les fils de charcutier reprennent bien l’établissement paternel sans que l’on y trouve rien à redire, alors …

Mais trêve de généralité, c’est le cas particulier de Thomas Dutronc qu’il me faut traiter ici. Fils de donc, de deux icônes sixties qui ont su bien vieillir et préserver leurs images, Françoise Hardy en étant une auteur de tout premier plan largement sous estimée, Jacques Dutronc , musicalement très en retrait, loin de sa flamboyance passée, mais dont l’aura n’a pas pâti de cette absence.

Le fiston aura pris son temps. 34 printemps donc avant cette première apparition solo. Bien sur, de brèves incursions en territoire musical on déjà eu lieu, avec papa maman, Henry Salvador ou dans la musique de films, avec succès d’ailleurs. Contrairement à sa glorieuse ascendance, c’est le ternaire qui prend le pas sur le binaire dans les premiers pas guitaristiques du jeune Dutronc. Sa collaboration avec un certain Monsieur Bireli Lagrene consacrant sa dextérité à la 6 cordes, ce style de musique ne laissant guerre de place à l’amateurisme. Donc influences Django, jazz manouche, (d’où le titre de son album, Comme un manouche sans guitare), tzigane. Nous avons là un musicien, un vrai, qui a fait ses preuves.

Sur la pochette, difficile de nier la filiation, et d’ailleurs, plutôt que la nier, la photo semble la revendiquer plutôt et en cela annonce le contenu del’album. La voix également paie son tribut au patrimoine génétique. Une similitude troublante parfois, même nonchalance, même phrasé, même timbre.

Côté textes, clin d’œil au père - J’aime plus Paris -, humour - NASDAQ, un des meilleurs titres ici, voir humour potache avec les frites bordel, qui commence ambiance émotion sur un remake de l’été indien de Joe Dassin pour finir en grand n’importe quoi, style de titres qui aurait – éventuellement - sa place sur un live et qui me court ici sur le haricot, auquel s’ajoute 2 instrumentaux qui, pour un néophyte comme moi de ce type de musique, évoque la musique slave ou Nuages de Django, et bien entendu l’inévitable duo, auquel est conviée une fille de aussi, Marie Modiano, chouette titre par ailleurs , quelques chansons jazzifiantes complétant la panoplie.

Une véritable avalanche média entoure cette sortie, presse, TV, radio, tout le monde, moi itou, y va de son petit couplet, comme si le gentil Dutronc était la révélation musicale que nous attendions. Bien trop loin de la chose pop pour vraiment m’accrocher, probablement pas assez chanson pour toucher le grand public, au final, il fait ce qu’il sait, bien, faire, tout en restant, consciemment ou non, dans l’ombre de son père. Mais pas ici de futur classique, rien qui marquerait son époque, juste un honnête album d’un habile musicien qui endosse la tenue de chanteur, ce qui n’est déjà pas si facile.

pochette


1 • Petit décalage
2 • J'aime plus Paris
3 • Solitaire
4 • Comme ça pour rien
5 • Comme un manouche
6 • Veish a no drom
7 • Nasdaq
8 • Gnosienne
9 • September Song
10 • Les Frites
11 • Rêverie

Eagles - Long road out of Eden

novembre 4, 2007 Temps de lecture: 13 minutes

Eagles



Eagles.jpg


Les Eagles.
S’il y a un groupe dont la probabilité de revoir un nouvel album dans les bacs était à peine supérieure à John Lennon, c’était eux.

Un des groupes qui incarne, sinon l’Amérique, en tout cas une Amérique. Plutôt blanche, californienne, son soft rock enraciné dans la country, les harmonies vocales, les tubes aériens sur lesquels des générations d’apprentis guitaristes ont fait saigner leur doigts, un slow fabuleux, Hôtel California qui à du participer activement à la naissance d’un nombre d’idylles suffisant pour remonter le taux de natalité de la vieille Europe.
Un best of, l’album le plus vendu de tous les temps au USA devant Thriller et autres Jacskonneries.

Et 28 ans sans vrai album studio. Un record je suppose, même Jeff Lynne n’a pas réussi à faire mieux ;o)

Des inédits parcimonieusement distribués avec un live, accompagnants un best of (le très beau Hole in the world), ou sur un récent DVD.
Eagles
Depuis quelques années, des rumeurs faisaient état d’une possible réunion studio. C’est donc chose faite avec de Long road out of Eden, double album, 20 titres, plus de 90 minutes de musique, qui à revenir, ils n’ont pas lésiné.

Alors , bien sur, un double album, dans une atmosphère de fin de règne pour le CD, ou les morceaux sont saucissonnés à l’unité sur les Itunes et consorts, relève de l’inconscience ou à tout le moins, d’un anachronisme flagrant. Mais Glenn Frey, Don Henley et leur bande nous ont fait ça à l’ancienne.
En route donc pour un périple titre à titre, Cette longue attente leur doit bien ça.

L’album s’ouvre avec un morceau quasi acapella No more walks in the wood. Et hop, instantanément, me voici projeté 30 ans en arrière, dans le noir de ma chambre d’adolescent, éclairé par la lumière bleutée de mon ampli Marantz, écoutant mes vinyles ou Mychele Abraham à la radio. La madeleine de Proust sonore. Un enchevêtrement de voix à coller la chair de poule, le son Eagles, ils sont là, ça le fait. Le morceau en soit n’a rien d’exceptionnel, mais d’entendre à nouveau ce son, ça fait du bien.

How long, premier single, vieux titre jamais enregistré, ou, audiblement ils tentent de nous refaire le coup de Take it easy ou Already Gone. Tempo plutôt enlevé, ce qu’il faut de son country, des guitares qui miaulent de partout. Toujours ces voix mêlées qui emportent tout. Pas un futur classique, mais une bonne réintroduction ;Les Eagles sont de retour.

Busy Being Fabulous est un des vrais bons titres de cet album. Signé Henley/Frey comme à la grande époque, nappe d’orgue, et cette voix au timbre si caractéristique, un refrain mémorable, du miel pour les oreilles les radios devraient lui faire un sort. Parfois l’attente est récompensée.

What do I do with my heart. Encore signé par le duo, histoire de marquer qui sont les patrons ? Cette fois c’est Glenn qui prend le lead vocal. Un slow qui ne nous laisse aucune chance. Quand la voix de Don Henley rentre à la fin, même si c’est un peu cliché, on s’y laisse prendre.
Eagles
Pour marquer que les Eagles ne sont pas que les deux sus cités, Joe Walsh y va de sa chanson Guilty of the crime. Une reprise d’un titre paru sur la bande originale de Robocop. Un rock ordinaire, rien d’indispensable ici.

Ils sont quatre dans le groupe, il faut donc laisser un peu de place à Timothy B. Schmit. Qui choisi une reprise de Paul Carrack (remember Tempted de Squeeze ?). Un son à la I can’t tell you why, moins efficace que ce chef d’œuvre, mais qui ne fait pas remplissage, comme le titre précédent de Walsh. Sa voix, bien que moins marquante que celle de Don Henley est néanmoins attachante et permet de faire de ce titre un chouette morceau.

Waiting in the weeds. Classique Eagles. La mélodie n’a pas l’efficacité de Desperado, mais quand même, quelle classe. Une mandoline, la voix de Don, une orchestration dans la droite lignée de ce qu’ils ont toujours fait et l émotion est au rendez-vous. Un travail d’orfèvre, pour vous dire, près de huit minutes pour ce titre, on ne les entends pas passer.
No more cloudy days est un titre qui refait surface, il était sur le DVD Farewell tour. Un Glenn Frey à l’aise, sur un titre plutôt tranquille, probablement ordinaire par n’importe qui d’autre, mais enluminé par les Eagles, et doté d’un solo de sax ??? à la fin.

Allez, le premier faux pas, à mon avis. Fast Company. Don Henley nous fait son Bee Gees. Si si. Voir son 10CC. Falsetto sous le bras il se lance dans l’exercice d’un titre entre Funk et Disco. Ponctué par des cuivres sa présence sur ce disque est étonnante A zapper.

Heureusement, ils se rattrapent immédiatement. Do something a ce doux parfum tubesque made in Eagles. TB Smith au lead vocal, rejoint par Don dans le refrain, une steel guitare, imparable. Le style de chanson qui aurait pu sortir il y a 30 ans ou dans 30 ans. Intemporelle. Les harmonies vocales sont à pleurer Juste le savoir faire.

You are not alone est une jolie ballade guitare voix, plombée (un peu) par un batterie totalement inutile à mon sens. Rien de rédhibitoire mais ce titre aurait pu être mieux plus dépouillée.
Eagles
Bon nous abordons maintenantle gros morceau. Par sa longueur, plus de 10 minutes, parce qu’il donne son nom à l’album, ce qui laisse supposer de l’importance que le groupe lui confère. Bon, ils ne nous refont pas Hôtel California ici. Un texte engagé, un solo de guitare quasi Pink Floydien, ne suffisent pas à faire une grande chanson. Peut être un Américain, plus concerné par le sujet, sera-t-il plus enthousiaste. J’ai lu des qualification de chef d’oeuvre, des références à Stairway to Heaven … Ce titre à du style, certes, du chien, mais me laisse sur ma faim. Pas du remplissage néanmoins , ce n’es pas un titre faible, mettons que je l’aurais trouvé à sa place sur un album solo de Don Henley, moins ici.

Peut être pour souffler un peu après l’opus précédent, un instrumental, plutôt court, pas verbeux. J’accroche rarement aux instrumentaux, celui-ci n’échappe pas à la règle, mais au moins ne donne t’il pas envie de zapper, I Dreamed There Was No War est meilleur que son titre, facile, ne pourrait le laisser penser. Une respiration à un peu plus de la moitié de l’album.

Somebody, peut être le titre qui m’a accroché le premier. Pas dans la veine Eagles du tout, Kiss aurait pu le chanter ;o). Ou plutôt , Bob Seger, c’est rock, la voix de Glenn s’en sort honorablement, même si un vrai chanteur rock aurait certainement pu l’emmener plus loin. Le solo de guitare, sans être d’anthologie fait son œuvre, bref un titre qui prendra sûrement sa dimension sur scène, et déjà, sur l’album relance bien la machine.

Qui se grippe aussitôt avec le titre suivant. Frail Grasp on the Big Picture est un attaque en règle de Don Henley sur notre société. Bon le gars n’est pas connu pour avoir sa langue dans sa poche, et pour être plutôt acerbe et critique, ce qui est gage de qualité, mais ce titre avait plus sa place sur un album solo. Tant dans le traitement musical, funk rock, que comparé avec l’atmosphère du reste de l’album. Grosse partie de guitares tout de même qui sauvent le titre.
Eagles
Last Good Time In Town, ou le retour de Joe Walsh, que nous avions quitté sur un titre plutôt médiocre en début d’album. Une intro à la guitare séduisante, un rythme tirant faire le funky, n’aurait pas déparé sur le dernier (et excellent) album des Bee Gees. Au final, après plusieurs écoutes, le titre accroche, même s’il surprend. Et quel son de guitare ! Mais, sept minutes quand même, une version plus concentrée n’eut pas été de trop.

I love to watch a woman dance. Un titre comme ils doivent pouvoir en produire à la chaîne. Ni mauvais ni bon, il s’écoute agréablement, ou l’oublie aussitôt après. Ceci dit, un paquet de groupes se contenterait de titres tels que celui ci

On repart sur un titre plus rock de Don Henley. Business as usual. Pour être exact, ne seraient les autres musiciens, ce n’est pas les Eagles que nous écoutons ici mais Don. Je ne craque pas. Un clin d’œil, volontaire ou non, au voulez vous coucher avec moi de Lady Marmelade est audible, le solo de guitare est enflammé.

Center of the universe, et son parfum très Crosby Nash and Youg. Une simple ballade acoustique, guitare voix et la magie opère. Pas de quoi réveiller les morts, mais pour un 19ème titre, ils ont le souffle.

Et pour clôturer la promenade, It's Your World Now. Autant de rapport avec le rock qu’Iglesias. Ou Philippe Lavil auquel ce titre, allez savoir pourquoi, me fait immanquablement penser Des cuivres très mariachi, un rythme latin, une manière étrange de refermer la parenthèse, même si ce titre, somme toute est agréable. Ils passent la main, et le voyage était beau.

Sur l’album que j’ai acheté figurait en bonus A hole in the world, un titre post 11 septembre. Superbe chanson, qui aurait parfaitement eu sa place sur ce dernier album, un vrai beau single.

Alors, après cette heure et demi passé avec les Eagles, mon bilan. Faut il acheter cet album ? oui sans hésitation. Paradoxalement, même si je ne crois pas que figure ici un futur classique de la taille de ceux qu’ils nous ont déjà donné, et ce pour la 1ere fois sur toute leur carrière, c’est probablement leur meilleur disque. Le plus uniforme, le plus homogène.

Par le passé, hormis les pépites, toujours présentent, les albums n’étaient pas d’un niveau élevé, certains titres passant mal les années. Ici, la patte Eagles est omniprésente, le son est monstrueux, les voix, lead ou d’harmonies sont une leçon pour tout le monde, et les guitares sont là ou on les attendait.

28 ans c’est long, l’album aurait peut être gagné à être simple, mais, même ramassé, concentré, il n’aurait pas été plus fort. Je suppose que le syndrome white album es Beatles a frappé. Chacun des 4 musiciens devant avoir son espace d'expression.
D'ou des styles différents, passé à la moulinette Eagles.

Content d’avoir pu assisté à ce retour, ils n'ont pas déçu, et la légende n'a pas pris un coup derrière les oreilles, comme on pouvait le craindre après si longtemps, le pari était risqué.
Reste maintenant à les voir live en France.

Eagles1.jpg


  1. no more walks in the wood
  2. how long
  3. busy being fabulous
  4. what do i do with my heart
  5. guilty of the crime
  6. i don't want to hear anymore
  7. waiting in the weeds
  8. no more cloudy days
  9. fast company
  10. do something
  11. you are not alone
  12. long road out of eden
  13. i dreamed there was no war
  14. somebody
  15. frail grasp on the big picture
  16. last good time in town
  17. i love to watch a woman dance
  18. business as usual
  19. center of the universe
  20. it's your world now




Arnaud Simon - Pourquoi pas l'Angleterre ?

octobre 30, 2007 Temps de lecture: 8 minutes

Arnaud Simon



Arnaud_Simon3.jpg Le sieur Arnaud Simon, je l’ai à l’œil de puis un bout de temps maintenant. A l’œil et à l’oreille surtout.
Parce qu’il a eu l’excellent réflexe de mettre ses compos maquettées en ligne d’abord, qu’un forum Beatles a relayé l’info puisque l’un des titres évoque un fameux moment des garçons dans le vent et que le fabourivore que je suis c’est précipité écouter. Et ça l’a fait.
D’aguichantes compos, pas véritablement liés aux Beatles dans la forme, nous sommes au XXIème siècle, mais avec le même attachement à tenter de créer de fortes mélodies.

Hors donc, ces maquettes déjà forts goûteuses ont donc été passé à la moulinette studio pour une mise en couleur et en relief, avec l’adjonction de quelques titres que je n’avais pas la chance de connaître.

Tout frais sortie de presse, l’album Pourquoi pas l’Angleterre ? atterrit donc sur nos platines.

Ouverture des hostilités avec le premier single choisi Avec ceci ce sera tout. Petit riffs de guitares, break de batterie introduisant la voix, c’est parti. Lumineux. Le son à pris du coffre, de l’ampleur, les guitares se font plus mordantes, les chœurs sont plus présents, bref tout est plus et c’est classe. Inclus la phrase qui me tue, les filles n’aiment pas les hommes qui s’arrêtent à l’orange.

On passe sur la banquette arrière pour le titre suivant. Cette fois c’est un arpège de piano qui amène basse et batterie. Un texte nostalgique, une mélodie qui fait mouche. Ajout par rapport à la maquette, un pont à la Polnareff, chapeau bas

Pourquoi pas l’Angleterre est également un des titres du disque. Inconnu pour moi à ce jour. Plus rock que les deux précédents, la basse ronronne à qui mieux mieux, le tout est bien emballé mais je reste sur ma faim.

Monogame me renvoie aussi sec en orbite. Un côté pop/folk, une orchestration très Beatles et un texte spécial mecs sur la tentation. Si ça ne tape pas dans les mains en concert c’est à n’y rien comprendre. Avec cette chanson, les filles devraient mieux nous comprendre ;o).

Le cinquième titre, Trop belles m’était également inconnu. Une jolie et tendre ballade, ponctuée par les chœurs d’une demoiselle. Un arrangement de cordes pour ajouter de la douceur. Et toujours ce sens mélodique mis en exergue.
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Elle marche, tubesque à souhait, groove bien comme il faut, et devrait faire le bonheur de quelques playlist de radio inspirées.

Sans doute, la déclaration d’amour que les demoiselles rêvent qu’on leur écrive. Un titre mid-tempo efficace, plus porté par le texte que par la musique à mon avis.

M’aimer moi était un de mes titres préférés, il transforme l’essai sans soucis. Une superbe chanson, description d’une fille-mère, arpèges de guitare acoustique et un beau jeu de cordes pour en rajouter dans le pathos, et on a un grand titre, on a l’impression de connaître cette maman et son Anna. Superbe.

Nouvelle enfance. Vu le niveau de la précédente, on retombe un peu fatalement. Mais ce n’est pas un mauvais titre, il n’y en a pas sur ce disque, simplement, quand on vole si haut on est parfois au dessus des nuages parfois dedans.
D’où probablement la transition avec ce titre météo, gris froid et humide. Encore un futur single sous la ceinture. Du pop rock réalisé avec talent, efficace dès la première seconde.

Serre moi est le titre avec lequel j’ai découvert l’univers d’Arnaud Simon. La référence Beatles ayant attiré mon oreille. Encore du très haut niveau. Rien d’autre à écrire, juste à écouter, quand il se met à être bon, pas grand monde ne lui arrive à la cheville. Juste une belle et grande chanson.

Avant dernière chanson avant de réécouter le disque. Stations services abandonnées, des titres que je ne connaissais pas avant la sortie du disque, c’est incontestablement le meilleur. Un refrain qui tourne dans la tête assez rapidement.

Et pour clore les 50’ que nous aurons passé en sa compagnie, une pépite. Il manque une chanson pour toi. Finir en beauté. En apothéose. En moins de deux minutes, seulement une guitare, une voix, et la chair de poule. Il reste a se retirer sur la pointe des pieds et à remettre le disque sur la platine.

Au départ, je me suis interrogé : Les chansons qui, pour moi, sortaient du lot, étaient celles que je connaissais déjà. Coïncidence ou réalité. Le fait que j’avais eu le temps de m’en imprégner jouait il en leur faveur ?
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Après une bonne dizaine d’écoute je reste sur mes positions, sur les 13 titres composant ce disque, 8 m’étaient familiers, et ce sont les meilleurs. Arnaud à peut être simplement bossé d’abord sur les chansons qu’ils jugeait les plus fortes. Les autres ne sont pas du remplissage, loin de là, mais son un ton en dessous.

Au moins 5 titres ici écrasent toute la concurrence. Des gars qui savent écrire de bonnes chansons, ce n’es pas ça qui manque, ma sélection est là pour le démontrer tous les mois. Des mecs capables d’écrire de grandes chansons, c’est déjà plus rare, mais d’en caser autant sur un album, on frôle l’exception. Si le talent doit être récompensé, alors Arnaud Simon a un bel avenir devant lui.
Me reste un regret, apparemment, il a déjà réalisé d’autres albums précédemment, dont je ne connais rien. D’autres perles s’y trouvent elles aussi ?

Pourquoi pas l’Angleterre ? Inutile, avec des artistes de ce calibre, la francophonie n’a pas de soucis à se faire.

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  1. Avec ceci ce sera tout
  2. Banquette arrière
  3. Pourquoi pas l'Angleterre ?
  4. Monogame
  5. Trop belles pour moi
  6. Elle marche
  7. Sans doute impressionné si
  8. M'aimer moi et Anna
  9. Nouvelle enfance
  10. Gris froid et humide
  11. Serre-moi
  12. Stations services abandonnées
  13. Il manque une chanson pour toi


      Il manque une chanson pour toi