Mon colocataire est une garceEt un petit tour pour dérider les zygomatiques, sans excès il faut bien l'avouer. Ecrit mis en scène et interprété par Fabrice Blind, le ressort de la pièce est simple. Lui, un vieux garçon, un peu coincé et plutôt bas de plafond, le profil parfait du brave type, elle, Amandine Bessi, jolie brin de fille totalement amorale. ancienne camarade de classe pas vue depuis des lustres qui souhaite se pacser dans les plus bref délais. Tous les deux seuls en scène pendant une grosse heure. Si on rit peu, on sourit souvent, les deux se donnent sans compter, et les répliques fusent, même si certaines sont un peu datées. Au final, un agréable moment de détente, on sort de là détendu, pas de prise de tête, on a a largement pour son argent (10 euros
). C'est à la Comédie République à Paris et se serait franchement dommage de s'en priver
Aube L - I amCe qui m'intrigue, voir me fascine dans la musique d'Aube Lalvée, c'est l'écart existant entre nos deux univers. Je serais totalement incapable, ma vie en dépendrait-elle, d'écrire une telle musique. De pop, pas question dans ce nouvel album, même s'il parait moins tourmenté que le précédent, sans pour autant être apaisé. De sucre encore moins, ici, foin de douceur, même si la violence n'est pas l'atmosphère la plus caractéristique du disque. I am. Le choix du titre n'est évidement pas innocent, C'est d'elle qu'il est question, de son âme, qui semble chercher un chemin dans un univers complexe, ou les dissonances abondent, les synthétiseurs répondant au piano, les guitares décloisonnant les rythmiques, les volutes vocales se frayant une route au travers des méandres mélodiques. Néanmoins l'album n'est pas hermétique, Kiss me par exemple, flirte avec une chanson presque conventionnelle, croisement entre une Kate Bush et une Yoko Ono, pour une musique éminemment féminine donc, mais à l'opposée d'une Barbie faussement sensuelle et décérébrée. Un disque impliqué et impliquant
Oldelaf - Le monde est beauLe retour du plus fendant de nos chanteurs, divorcé de Monsieur D, mais qui n'en a pas pour autant perdu sa plume et sa verve mélodique. Le voici donc qui allume à son habitude un peu tout le monde, en douceur et efficacement. Le monde est beau, égratigne, pique, démange, chatouille. La tristitude (concours en cours pour chanter sur une bande playback vos propres tourments ) à tout pour escalader les charts de toutes les radios, les filles qui s'appellent Valérie dépeint la génération post 68, Les mains froides, chanson d'amour d'un grand timide, ou Nancy, qui flingue la ville du même nom, l'Oldelaf sait trouver l'angle pour raconter en 3 minutes une histoire et toujours sur des mélodies certes faciles mais bien troussées. Vous pourrez prochaine retrouver l'amuseur public en tournée, ne le ratez pas, ce serait un couplet de plus à ajouter à votre tristitude.
Foreigner - Feels Like The First TimeIl y a le rock, et il y a le commerce. Mais même un fan comme moi de la musique de Mick Jones et de sa bande de copains finit pas s'agacer que le second prenne le leadership. Il existe déjà pléthore de compil des étrangers, Best of, greatest hits, ultimate etc .. sans compter les live compilant la longue liste de hits à mettre à leur actif. Et voici qu'un double déboule. L'un, le bien nommé acoustique revisite quelques classique de leur répertoire en version unplugged. Versions qui, dans le cas présent, se bornent a refaire les mêmes arrangements, mais façon "dégradée". Le remplaçant de Lou Gramm y démontre son parfait mimétisme, les morceaux s’enchaînent, plutôt agréablement d'ailleurs, mais pour fans only, La seconde partie est encore plus dispensable, consistant en un réenregistrement des plus ou moins mêmes hits, lifting qui n'en est même pas un puisque les orchestrations originales sont respectées quasi à la lettre. Alors simple problème juridique les obligeant à revisiter leur catalogue ? Je dis qu'au XXIème siècle, ou le Net et la dématérialisation de la musique règnent en maître, c'eut été une bonne occasion de faire cadeau de ces versions aux fans plutôt que de leur revendre. Mais je ne suis pas rock star ni même commerçant.
Archimède - TrafalgarAllez, mon coup de coeur du moment. J'ai zappé complètement leur premier album - va falloir que je répare cette bourde - et c'est un article dans Libé qui m'a incité à jeter une oreille sur ces jeunes gens, deux frangins, originaires de Laval qui nous balancent là une bombinette pop-rock comme nous n'avons pas souvent l'occasion d 'en entendre. Bon, j'avoue, à la première écoute, la voix m'a un peu déçu. Voix made in France style Renaud ou Nicolas Sirkis, bref plafonnant vite. Mais j'ai été raccroché par les bretelles, tant par les refrains addictifs au possible que par l'humour ravageur que dégagent leurs chansons. Des textes écrits au cordeau, façon Dutronc de la grande époque, Bijou des années 70 ou un Oldelaf d'aujourd'hui, avec une assimilation parfaite de la pop britonne, c'est indéniablement rock, vous laisse avec une envie d'entonner les refrains à tue-tête avec eux, et arrivé au 11ème titre, l'impossibilité de ne pas avoir la pèche et l'envie d'y retourner. Il n'y a pas de meilleur album pour débuter cette rentrée, et pour être franc, pas trop d'album capable de rivaliser au titre de disque de l'année. Je prends !
Miossec - Chansons OrdinairesEt de huit pour le breton, qui, histoire de brouiller les pistes, change, non pas de registre, mais de méthode, optant pour le âpre et le rugueux pour nous nettoyer les oreilles. Guitare, basse batterie, mélodie minimaliste - on frôle le talk over tout le long des 11 plages - énergie brute, ça ressemble à du Costello période Blood and Chocolate côté production. Mais pour ne pas être taxé de faire une OPA sur le rock, tous les titres sont intitulés chansons ... - Chanson protestataire, chanson sympathique, chanson pour les amis ... - mais nous ne sommes pas dupes, c'ets bien sont disque le plus rock. Les 3 jeunots qui l'entourent revitalisent le bonhomme, au risque de noyer parfois le propos, la voix étant mixée quelques fois au fond derrière le mur de grattes. Au final, cela donne un album que chaque écoute permet de mieux apprécier, non pas que l'on y découvre quelque chose de nouveau, tout est dit assez rapidement, mais il faut se faire au son. un disque attachant et abrasif à la fois
Neeskens - GroenloBon, la photo ne sort clairement pas des studio Harcourt, mais nous sommes ici pour discuter musique, pas coiffure ou chiffons. Et pourtant, ce cliché donne une indication précise de ce que nous allons trouver sur ce premier opus 6 titres, du naturel. Cet hollandais chantant, résident en France, propose un folk élevé à la pop, qui ne réinvente rien, certes, mais qui est nettement dans le haut du panier. La guitare acoustique est bien entendu l'instrument principal, mais quelques percus et quelques cordes viennent agréablement réhausser les orchestrations. On associe souvent ce type de musique à un trip mélancolico tristoune, surtout avec des influences avouées type Nick Drake. Nous n'y coupons pas totalement - Lucy - mais Apeldoorn, le morceau le plus catchy du disque est la preuve que notre Neeskens n'est pas totalement dépressif. Groenlo, chanté en néerlandais est aussi attractif qu'inattendu, et au final, on s’ennuie pas une seconde pendant les 20 minutes passé en compagnie de l'homme à l'anorak.