Elisa Tovati - Le Syndrome De Peter PanFinalement, c'est assez simple de faire un bon disque. Une douzaine de chansons bien foutues, aux textes doux amer, aux mélodies efficaces, une chanteuse sans rien de particulier, sinon l'envie de chanter chevillée au corps, des orchestrations chatoyantes, et on sort de l'écoute le sourire aux lèvres. 3ème album déjà pour l'actrice, les deux premiers n'ont pas fait beaucoup de bruits, en tout cas pas assez pour arriver jusqu'à mes tympans, mais celui ci risque de changer la donne. Le titre éponyme, paru l'année dernière, et qui ouvre le disque est de ces popsongs qui accrochent immédiatement, refrain addictif, enjoué et enlevé, dans le mille de la cible. Une larme Penny Lane - rien que le titre - ballade aguicheuse séduit également, Ex-princesse, sur un rythme un peu similaire au syndrôme de PP et son violon tzigane squatte les tympans sans peine, bref 3 titres 3 réussites. Et l'Elisa ne s'essouffle pas ensuite. Il nous faut, avec Tom Dice, est un duo détonant et un tube potentiel de plus, et toujours ce violon hypnotique. Elle se permet de clôte ce disque avec le meilleur morceau, Sunset Bld, et son refrain qui m'a instantanément séduit, et ce n'est pas chose si courante. Un très chouette album, qui pose cette jeune femme comme quelqu'un avec qui il va falloir compter dans le paysage pop made in France .
Status Quo - Quid Pro Quo Les détracteurs écriront, sans même l'écouter, un nouvel album des Quo, copie conforme du précédent, lui même déjà .. etc. Les laudateurs, dont je suis, écrirons que quand ils sont bons, il n'y a pas grand monde pour leur arriver à la cheville et pour coller la pêche, faire hocher la tête et taper du pied au rythme de leur inusable boogie. Mais il faut bien l'admettre In the search of the fourth chord était hormis le single Beginning of the end, peu défendable et pour tout dire mou du genoux. Du coup, le plus long espace entre deux albums depuis leur début et voici Quid pro quo, titre naze sauvé par une pochette simple et pour une fois esthétique. Qu'est ce qui distingue un bon Quo d'un mauvais Quo ? les singles coco. Quand ils sont inspirés, le duo Rossi/Parfitt a le don de trouver de ces ritournelles qui vous vrillent les tympans pour ne plus vous lâcher, couplées à quelques solis plantées comme autant de banderilles dans un rythme binaire basique mais ô combien efficace. Alors il dit quoi ce disque ? C'est du tout bon, tu peux foncer. Two way traffic déboule à fond les gamelles, et déjà, tu sais que ça va le faire. une intro qui prend le temps de se mettre en place pour faire monter la pression, et bam, en voiture Simone, couplet refrain s'enquillent direct entre les deux yeux. Rock and Roll 'N you, quoiqu'un peu simplet est efficace, et le reste est à l'avenant. Certes quelques baisses de régimes, qui à besoin d'un zillionième Let's rock ou la voix montre ses limites. Mais comment ne pas craquer sur le refrain made in pop de Leave a Litte light on qui démontre que nos papys n'ont pas perdu la main pour se fendre d'un single jouissif. En bonus, pour les pas encore convaincus, un In the army Now plus un live avec quelques grands classiques (et quelques titres dispensables soit di en passant). Bref, cette fois, leur meilleur album depuis des lustres, on l'aura attendu, mais ça valait la peine welcome back les Quo !!
Sahara Hotnights - Sahara Hotnights 6ème album pour les punkettes suédoises. Enfin punkette, au fil du temps, elles s'assagissent et le virage pop déjà nettement amorcé se poursuit avec ces 10 nouveaux titres, indéniablement plus proches des Gogo's que des Runaways. Let you down, qui ouvre les hostilités a tout du mini tube qui fait le maximum, refrain entêtant, côté girl's band sixties non dissimulé, on en redemande. Oh's suite la même recette, un riff de guitare, quelques choeurs bien sentis, emballé, c'est pesé. Vulture feet sent son Blondie, époque Eat to the Beat à 100 lieux, Bon, peut être une légère tendance à s’essouffler sur la longueur, les morceaux les plus efficaces sont plutôt groupés en début d'album, mais même les popsongs un peu moins performantes sont bien balancées, et font de l'ensemble un album à tout le moins cohérent et fun, et ce n'est pas donné à tout le monde. Cette 4 là sont honteusement sous-estimées, quasi inconnues alors qu'elle propose un powerpop largement au niveau.
The Leisure Society - Into the Murky WaterPop ambitieuse, sophistiquée mais pop tout de même, c'est ainsi que je qualifierais ce second album qui reprend logiquement les choses là ou The sleeper les avaient laissé, en les développant un peu plus avant. Cordes, flûtes se mêlent aux guitares souvent acoustiques, coloriant de fait leur délicat et subtil échaffaudage pop d'accents folk. Les mélodies restent attractives et masquent la complexité de l'orchestration, l'art de fournir un énorme travail en laissant la facilité à l'auditeur n'est pas chose aisée, The Leisure Society s'en tire à merveille, et place la barre haut pour le prochain album.
Madeleine Peyroux - Standing on the roofSpécialisée dans la reprise façon lounge jazzy avec un talent récompensé par moultes récompenses et des ventes se comptant par millions, , la Madeleine s'écarte lentement mais surement du chemin balisé qui était le sien pour proposer un album ou elle signe ou co-signe la grande majorité des titres, et abandonne, sinon complètement en tout cas en grande partie la côté jazz. Alors certes l'album s'ouvre sur une reprise décalée du Martha my Dear des Beatles, banjo en instrument lead, et réappropriation totale, mais les deux titres suivant sont perso, co-signés par Bill Wyman, oui, celui des Stones, rien d'exceptionnel d'ailleurs, Stones dont on retrouvera l'ombre dans la reprise de Love in vain, sensiblement différente de leur propre cover. Voix et orchestrations sont bien entendu au top, les pointures conviées sur l'abum - AllenToussaint, Marc Ribot, lui tricotent un écrin à sa mesure. Reste que l'on se s'improvise pas compositeur de grandes chansons, et que ce Standing on the roof manque tout de même singulièrement d'un peu de chien, de panache pour être totalement convaincant. Quand elle s'appuie sur de grands titres pour les revisiter à sa main, elle est intouchable. Mais c'est parce qu'elle utilise des chefs d'oeuvres pour se propulser. Lui reste à en écrire
Andrea Corr - LifelinesSecond album solo de l'irlandaise, le premier avait été loin d'être, commercialement parlant, à la hauteur du succès des Corrs. Pour celui, elle prévient à l'avance qu'elle ne s'attend pas à un carton dans les charts, pour ne pas être déçue, probablement , mais nous, allons nous l'être ? Lifelines est un album de reprises, de ceux que fait un artiste pour souffler un peu. Ses choix musicaux sont originaux, pas trop d'énormes tubes, la classique Blue Bayou quand même - Roy Orbison ou Linda Rondstadt, -, mais souvent du pointu, le Velvet Underground, Anderson & Vangelis, Nick Drake, entre autres. l'album sonne parfois comme du Carpenters, une production pas agressive pour un sou, tout en douceur. Quelques moments forts le jazzy I'll be seeing you d'ouverture, sublime, Pale blue eyes ou la chanson d'Harry Nilson qui donne son titre à 'l'album. La reprises de Lennon, Nbr 9 dream ne rivalise pas avec l'original, qui le pourrait, mais ne le sabote pas non plus. Tinseltown In The Rain, de Blue Nile, premier single et titre le plus enlevé de l'album ne colle pas plus de frisson que cela. L'ensemble, quoique agréable est assez anecdotique et ne devrait effectivement pas bousculer les charts.