Liam Finn - Fomo Bon sang ne saurait mentir, et Liam ayant pour géniteur Neil Finn, pop master s'il en est sous la bannière Crowed House, j'attendais de voir quel sort il allait réserver au dicton, et ma foi, le p"tit s'en sort plutôt pas mal. Dès le Neurotic world d'ouverture, on sent bien qu'on tient là du lourd. Voix réverbérée, mélodie hypnotique, pop angélique, belle entrée en matière. Le Don't even know your name qui suit muscle un peu le discours, mais sans effort, et la qualité d'écriture est toujours au rendez-vous, on pense parfois à un vieux Dwight Twilley couplé à un refrain eighties au possible. Cold feet confirme le talent de mélodiste du bonhomme, pépite pop au refrain tubesque et à la simplicité attachante.Avec Real Late, la chasse aux tubes reste ouverte, un côté Nick Lowe intéressant, bref le Liam intrigue. The struggle, plus noisy, produit façon Costello sur Blood and Chocolate me déconcerte un peu, heureusement le calme revient avec Little words, petite ballade plaisante, retour à la pop enlevée avec Reckless, rentre dedans mais sans agressivité, façon indie pop, l'album se clôt sur le titre le plus long, 5'37, Jump the bones, brouillon sonore aux guitares salies, à la batterie omniprésente et à la basse vrombissante. au final un album éclectique, plutôt bien foutu, pourvu d'une chouette collection de titres, papa peut être fier du fiston.
Arctic Monkeys - Suck It And SeeQuoique porté aux nues par la critique avec leur deux premiers albums, je suis plutôt resté circonspect à l'écoute de leu musique, Humbug paru en 2009 et dernier disque en date frôlant même le carton rouge. Et surprise, les voici qui proposent le plus pop de leurs albums et du coup, de mon point de vue le plus écoutable et le plus réussi des 4. Si le dépouillement de la pochette peut évoquer le White album des qui vous savez, le contenu en reste assez loin. Mettons que le rock de leur début est légèrement édulcoré, coupé à la pop plus douce, moins abrasive, et ce qu'ils perdent en énergie, ils le gagnent en attractivité. Les refrains, sans être des mètres étalons de la pop font correctement leur office de squat tympans, et la voix d'Alex Turner se fait plus charmeuse. Sa réputation de grand songwriter m'échappe un peu, mais il est sur la bonne voie. A garder à l'oeil.
Marilou Langlois - Je seraiC'est du Canada que nous viens cette jeune interprète, qui propose ici son tout premier album. Comme presque toujours avec nos cousins canadiens, côté vocal, Marilou assure, la voix est ample, avec quelques accents d'une Isabelle Boulay parfois, il est facile de deviner "qu'il y en a sous le capot" et qu'elle peut lâcher les chevaux quand elle veut. C'est son producteur, Normand Ouimet, qui signe la grande majorité des titres. Je ne connais pas la discographie de ce monsieur, qui sait indéniablement trousser une chanson, et l'album est plaisant à écouter, mais un peu lisse peut être. Pas de chansons assez fortes pour marquer de suite la différence, des orchestrations somme toute assez convenues, certes efficaces mais manquant d'un petit zeste d'originalité ou d'un petit grains de folie. Reste que pour un premier album, c'est loin d'être un disque médiocre, il rivalise sans peine avec la production actuelle et permet à cette jeune femme de marquer son territoire. Attendons de voir ce qu'elle nous réserve à l'avenir.
Journey - EclipseDans le style, groupe ricain au succès colossal sur leur terre natale et quasi inconnu ici, ce groupe se pose là. Pas loin de 40 ans au compteur, plusieurs dizaines de millions d'albums vendus et pas un tube a avoir traversé l'Atlantique. Là ou des Foreigner ou plus discrètement Styx ont su creuser leur trou, les gars de Journey peuvent prendre le métro sans avoir peu d'être assailli par les fans. C'est donc plus par curiosité que réel intérêt que je me suis penché sur leur nouvel album, Eclipse, et là, chapeau.Leur nouveau chanteur, enfin nouveau, dans le groupe depuis quelques années déjà - un philippin nommé Arnel Pineda, déchire, mais alors grave, une voix qui sonne comme Dio par moment, c'est dire. Si dans mon esprit, le groupe était connoté très rock FM, il faut reconnaître que là, ils ont sorti l'artillerie lourde, En sus des vocalises de haute volée du lead singer, les guitares fument, le son est titanesque, même les ballades - She's a mystery - tirent leur épingle du jeu. Le riff d'intro de City of hope, sonnent comme du Boston survitaminé, et le refrain est digne d'un Foreigner des grands jours. Bref, sur ce coup, les ricains ont fait fort. Si le hard mélodique à votre faveur, voici un album qui devrait parfaitement
Emmylou Harris - Hard bargainElle en aura mis du temps à prendre la plume, à laisser s'exprimer l'auteur autant que l’interprète, et ses albums sont maintenant majoritairement emplis de morceaux qu'elle signe. Même si elle est connue pour être l'une des grandes voix de la country music, elle flirte régulièrement avec le rock ou le folk et ce 21ème album ne déroge pas à la règle. A 64 ans, sa voix semble traverser les années sans en pâtir et c'est avec plaisir qu'on la suit durant ses 13 titres. Du limite Fleetwood Mac Nobody à la triste ballade folk hommage Darlin' Kate, à l'électrique The road d'ouverture, le bluesy Six white cadillacs, sans oublier un titre qui reste bloqué en haut de ma playslit actuelle, la sublime Lonely Girl, qui rachète un album somme toute moyen pour ce qui est de la qualité des compos, car, il faut bien le reconnaître, hormis cette perle, si le tout s'écoute assez facilement, il s'oublie tout aussi vite.
Christopher Cross - Doctor FaithPeut être l'une des plus grande déception de l'univers de la pop musique. Je ne par le pas de l'album là, mais du bonhomme. un premier album splendide, un second exceptionnel, pas moins, un troisième un ton en dessous mais respectable et ensuite, comme si tout avait été dit, quelques rares albums sans étincelle, juste la magie de cette voix à coller des frissons. Le cas Cross reste, pour moi en tout cas un mystère. Il a refait surface en 2008 avec The Café Carlyle Sessions, reprise live acoustique de ces plus grands tubes, démontrant que la magie pouvait encore être là. Du coup, je misais fort sur l'album annoncé, 12 ans sans nouveaux titres, ça pouvait laisser augurer d'avoir pris le temps d’attendre d'avoir du bon matériel, et c'est avec impatience et fébrilité que je le collais sur mon lecteur, ils ont peu nombreux les artistes pour lesquels j'ai une telle attente. Et bof. Moins pire que ce à quoi on pouvait s'attendre, mais si loin de ce que j'aurais rêvé qu'il produise. La voix reste pure et envoûtante, la réalisation est nickel, et les premières seconde de Hey kid laissent croire au miracle mais les compos nom de nom, les compos ! Ou sont les hits, ou sont les singles, ou sont les alpinistes des charts ? juste de la bonne musique west-coast, inoffensive, après 7 ou 8 écoutes, juste le goût de la déception, à la hauteur des espoirs. Bon, il fera mieux la prochaine fois, je serais encore là.
Arielle Dombasle - Diva LatinaElle agace, elle séduit, l'Arielle ne laisse pas indifférent. Cinéma, théâtre, musique, elle touche à tout avec plus ou moins de bonheur. Son dernier album en date, Glamour à mort, déjanté au possible, co piloté par Philippe Katerine, notoire fêlé du bulbe également, avait le mérite d'être emplie de cette folie douce qui lui va comme un gant. Cette fois, la folie est restée en rade, et ce Diva Latina est une première faute de gout de la blonde platinée. Le principe, chanter 12 reprises en espagnol, elle a vécu les premières années de sa vie au Mexique et renouer ainsi avec ses racines. Le problème n'est pas tant dans le choix des titres - Porque te Vas, Hiro de la Luna, Pata pata, du solide sans surprise - mais dans le traitement infligé aux morceaux. L'idée, garder la base latine des ces titres, les rythmes latinos, et tenter d'y insérer de l'electro. Mais n'est pas Shakira qui veut, le tout sonne désespérément plat et new wave des années 80, Partenaire Particulier rencontre Los Machucambos,
lorsqu'elle se lance dans le lyrique - El gato Montes - elle crispe, elle émascule le Mambo N° Five de Lou Bega, pour en faire une bouillie synthétique innommable, Pata Pata, qui démarre honnêtement est flingué en plein vol par une incursion rap de 113, bref la cata. La chaleur latine est plongée dans un bain d'azote liquide synthétique qui fige toute velléité de se trémousser. Attention album frigide.