Aube L - Souls to the wind

mars 13, 2011 Temps de lecture: 2 minutes

Aube_L_-_Souls_To_The_Wind.jpgAube L - Souls to the wind

Éprouvante. C'est l'adjectif qui me parait qualifier le mieux l'écoute de cet album. Ou désespéré (pérant ?) au choix. C'est juste l'un de ces album dont on ne sort pas indemne, pas de ceux qui rentrent par une oreille et ressortent par l'orifice de leur choix, 3 petits tours et puis s'en vont, non. En ouvrant  I don't care, la première des 13 plages composant ce disque, vous ouvrez la porte d'un univers sombre, torturé, et ne vous laissez pas attendrir par les délicats arpèges qui débute le morceau, le calme avant la tempête, la douceur avant le déchaînement des éléments. Scary to be free qui déboule derrière indique la direction, vers le bas, dissonances, guitares apocalytiques, voix presque recouverte par la lave sonore, bref ça décape sec. A song for your love, ne tient pas les promesses de son titre, si c'est bien une chanson, l'amour ici est celui des enfers. I don't want to live on the knees, en partie parlée en français est doté d'un chant quasi halluciné, et quand l'album se clôt sur l'instrumental Histoire d'une prison, il faut un certain temps d'adaptation pour réintégrer l'espace temps qui est le notre. Cette Aube L est clairement bien barrée, régnant en maîtresse femme sur ce chaos sonore organisé, tellurique, qui fait de son univers un endroit unique, profondément personnel,  ce qui est exactement ce que l'on est en droit d'exiger d'un artiste. 

Aube L / I don't care


The Do - Both Ways Open Jaws

mars 13, 2011 Temps de lecture: 2 minutes

The_Do.jpgThe Do - Both Ways Open Jaws

La sortie de ce second album a déclenché un sacré buzz et une avalanche d'articles dans la presse spécialisée ou non. Etant passé à côté de Mouthfull, le premier, aucun à priori. Mais à force de lire dans leurs interviews,  qu'ils faisaient dans l'expérimental, utilisant des instruments atypiques pour en jouer de manière détournée, de lire des références à Björk et autre allumée du bocal,  de les entendre déclarer avoir tout composé à la guitare puis avoir banni l'instrument de l'enregistrement, ou avoir viré de l'album les deux singles choisis par la maison de disque, je m'attendais au pire, moi qui ai du mal à sortir de ma pop "facile". et finalement ce disque s'écoute plutôt bien, et si effectivement ,cette pop est un peu déstructurée, pas vraiment bancale mais pas d'aplomb pour autant, entre bricolage arty et volonté de ne pas basculer dans le vraiment barré. Allez, pour leur faire plaisir, on dira que Kate Bush avec 30 ans de moins serait probablement dans un trip de ce style. Il y a beaucoup  - trop ? - d'idées dans ces 13 titres, et entre un accrocheur too insistent, une comptine explosée, Slippery slope, le tendre et charmeur  Was it a dream ? ou le quasi collage musical qu'est The calendar; difficile de se faire une religion. Quoiqu'il en soit, s'il surprend à chaque instant, cet album ne déçoit à aucun moment, et c'est déjà un tour de force.


Louis Bertignac- Grizzly

mars 13, 2011 Temps de lecture: 2 minutes

Bertignac.jpgLouis Bertignac- Grizzly

Bon, un chose est certaine, si nous ne devions choisir qu'un seul guitar hero made in France, c'est clairement le Louis qui raflerait la palme. Ce mec à de la dynamite dans les doigts et dans le coeur, et sa carrière post téléphone, assez anecdotique en tant qu’interprète solo, ne s'explique que par ses difficultés à rentrer dans un format "chanson", lui rocker jusqu'au bout des ongles. Il aura fini par écouté la vox populi qui lui demandait de lâcher les chevaux et de laisser parler la poudre (aucun double sens ici). Grizzly s'annonce donc comme un album de rock ET de guitares. Et vous pouvez me croire il n'y a pas tromperie sur la marchandise. Les riffs de débouler à qui mieux mieux, le gars Louis se fait plaisir, et le sous titre de l'album, Ça c'est vraiment moi, prend tout son sens. de 22m² qui ouvre les gaz poignée dans le coin, à Frayer qui ferme la marche, les 6 cordes en prennent pour leur grade et le manche de la Gibson fume. Si on excepte la petite concession "single" avec le remake de Purple Rain intitulé ici Bloody Mary Tabasco, ou le titre quasi tombé d'un album des Visiteurs-  Les filles comme toi - on sent nettement que la priorité n'était pas à la ligne mélodique du chant mais que celui ci à du se faire sa place entre les riffs et les solos. Bon, avec un vrai chanteur  - j'ai pas dit Jean Louis, mais un Renaud Hantson par exemple - Ca pourrait faire plus que des étincelles mais un vrai incendie, c'est les limites de l'exercice solo. Reste que ce disque est son meilleur depuis l'époque Téléphone, et ça , ça fait plaisir.  allez Louis, vas y guitare !


72WST - Pachyderme World

mars 13, 2011 Temps de lecture: 2 minutes

72WST__Pachyderme_World.jpg 72WST - Pachyderme World

Groupe marseillais  nommé 72 west street (va retrouver un nom pareil sur Google), fondé par deux frères, Pachyderme World est leur second album. Est ce le syndrome fratrie, toujours est il que leur rock puise en grande partie ses influences chez Oasis, les guitares, électriques le plus souvent,  en avant, ils ne dédaignent pas quelques solos made in seventies (Cobbled street par exemple mais presque tous leurs titres en sont dotés). Bien que vivant en partie à New-york, leurs influences déclarées Stones, Beatles, ou la famille Gallagher les positionnent plutôt e l'autre côté de la Manche. Le chanteur possède un de ces timbre de voix qui donne un cachet certain à la musique du groupe. Avant d'avoir lu leur bio, c'est clairement aux Stones que m'a fait penser leur musique, cette façons de traîner un peu les syllabes, de poser la voix, cette morgue et cette façon un peu détachée de chanter, et ce même si le blues ne semblent pas hanter leur compos.  Les 10 titres présentés sont plutôt mid tempo, et un peu bâti sur le même moule,  l'apparition d'un orgue sur Zebra in my head apporte une agréable diversion. Bref un album agréable à écouter pour tout amateur de rock, sans rien d'exceptionnel, certes, mais sans faux pas non plus, ce qui n'est pas le plus facile. et pour vous faire un idée, rien de plus facile, à compter du 17 mars l'album sera en téléchargement gratuit sur le bandcamp du groupe


Michel Jonasz -Les hommes sont toujours des enfants

mars 7, 2011 Temps de lecture: 2 minutes

Miichel_Jonasz.jpgMichel Jonasz - Les hommes sont toujours des enfants

Au top dans les années 80/90, Guigou a mal négocié le passage au XXIème siècle, son blues ne faisait plus recette, ses albums ne se vendaient plus guère, essentiellement parce qu'il était en panne d'inspiration, ou, plutôt, plus en phase avec le public. Et c'est donc avec un vrai plaisir que je l'écoute renouer avec la qualité. Dès le titre d'ouverture qui donne son nom à l'album, on sent que cette fois, ça y est, si ce n'est pas du grand Jonasz ça y ressemble fort. Avant, second titre et hommage nostalgique aux Beatles, mais dans un style musical qui n'appartient qu'à lui se place en single correct. Woman in blue, limite bossa, et toujours ce phrasé vocal qui est sa signature et qui nous berce. Certes le disque est lourdement chargé à la nostalgie  - Souvenirs -  et s'il lui arrive de s'auto parodier - Hé Black petit fils de la boîte de jazz - on lui pardonne, car c'est fait avec avec tellement de talent. Il traîne ses guêtres sur les terres de Lavilliers avec Bougie de secours, bref il papillonne, butine à droite à gauche et c'est un plaisir chaque fois renouvelé. Welcome back !


Keren Ann - 101

mars 7, 2011 Temps de lecture: 2 minutes

Keren_Ann.jpgKeren Ann - 101

Nom de dieu que cette fille est triste. Et tout en contraste et en décalages. La mode est aux lunettes façon Nana Mouskouri, elle dégaine la coupe Mireille Mathieu. Son album est bourré jusqu'à la moëlle de chansons transpirant la mélancolie et le spleen, elle balance en signe d'ouverture une popsong classieuse, My name is trouble. Franco Israélienne, elle choisi à nouveau l'anglais pour l'ensemble des 10 titres de cet album. On y retrouve tout son talent d'arrangeuse, maquillant habilement des mélodies qui manquent parfois un peu de profondeur. elle flirte le plus souvent avec une Dream Pop pas si loin d'Azure Ray, et si elle n'oublie pas de sacrifier sur l'autel d'une pop plus "accessible" - Sugar Mamma - c'est tout de même la monotonie et la franche déprime qui dominent. Au fil des écoutes, ce disque s’apprivoise, ou plutôt c'est lui qui vous apprivoise, et son atmosphère cotonneuse fini par vous envelopper. 101, qui clôt l'album est hypnotiquement désespéré.. A se demander si la photo façon James Bond girl  n'est pas plutôt une manière de figer le geste qui portait le revolver à la bouche. 


Tahiti 80 - The Past, The Present & The Possible

mars 6, 2011 Temps de lecture: 2 minutes

Tahiti_80.jpgTahiti 80 - The Past, The Present & The Possible

Certains ne jurent que par Phoenix, Air et autres Justice pour porter haut l'étendard d'une pop electro made in france. Pour moi, ce sont les rouennais de Tahiti 80 les fer de lance, jamais décevant  - parce que Air, franchement ... -  et ce n'est pas leur cinquième album qui me démentira. Frais, pop, enjoué, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire les sentiments qu'inspire leur galette.  Franchement Darlin', c'est pas de la limonade électrique ça ? l'option synthés / boîte à rythme reste leur cheval de bataille, et certes tous les titres n'ont pas cette aura de chair à hit parade mais Crack up expose en huit minutes discoïsante tout le bien que l'on peu attendre d'eux. J'en connais qui trouveront un côté un peu léger à l'ensemble, mais n'est ce pas la définition même de la pop qu'être plus la chantilly que le gâteau, plus les bulles que le champagne ? L'important c'est qu'elle nous tourne juste un petit peu la tête, mission accomplie.