Hubert Mounier - La maison de pain d'épicesDepuis la fin de l'affaire Louis Trio, et ça remonte déjà à un bail, le Hubert nous a proposé deux albums solo, Le grand Huit et Voyager léger, tout deux échecs commerciaux et pourtant beaux albums, personnels et dépressifs, ceci expliquant peut -être cela. Sur ce troisième opus, on trouve quelques morceaux presque enlevés, pas euphoriques, faut pas pousser non plus, mais qui décollent un peu. Le rien de mieux à faire d'ouverture, ses choeurs, sa rythmique doucement pop est probablement le truc le plus proche d'un single efficace qu'il ait pondu depuis des lustres, et c'est un plaisir que de l'entendre siffloter, presque heureux et décontracté. Fatalitas augmente même un poil le tempo, en gardant cette simplicité mélodique qui lui sied si bien. Exit Benjamin Biolay, qui était de la partie sur les deux précédents et seul aux commandes, ma fois il se débrouille comme un chef. Les 11 titres sont sous la barre des 3 minutes, gage de concision et aucun n'est ne serait ce que médiocre, cette maison de pain d'épices est un délice à croquer que je vous recommande vivement., le disque d'un artiste mature, peut être pas libéré de ses démons mais sachant les dompter. Ce disque est couplé à une BD, l'autre facette artistique de notre bonhomme, La Maison de Pain d’épice, le journal d’un disque en est le titre, signé Cleet Boris, le pseudo qui fait le lien entre son passé et aujourd’hui. Je ne vous en dirais rien de plus, faute de l'avoir lu.

Second album pour le marseillais Phil Pace - pour le 1er c'est par ici - qui abandonne le côté solitaire pour revenir épaulé d'un groupe, Spike. Enregistré " à l'ancienne" comprendre sans grosse production mais plutôt live en studio, 15 heures d'enregistrements, 11 titre mis en boîte, 10 originaux et une reprise de Johnny Cash, probablement son titre le plus connu, I walk the line, l'album respire le calme et la sérénité. Méthode d'enregistrement, influences, âge moyen des participants, tout ceci devrait vous mettre sur la piste de ce que propose ce disque, un folk made in America mâtiné de pop. Loveshine, par exemple le titre qui ouvre Letters memory aurait tout d'une comptine pop ne serait cette production "à l'os". Le travail sur les mélodies est patent, For a friend à tout d'un hit sixties oublié, et quand Phil et sa bande durcissent un peu le ton et salissent un peu leur son - Oh Joker - on s'imagine écouter une face B oubliée des Troggs. Pour ajouter au pouvoir d'attraction / séduction de ce disque, une guest star de luxe vient poser sa voix sur deux duos, Miss Jil Caplan
en personne, pousse la sérénade sur I won't go back, digne d'un Bono & Cher de la grande époque, ainsi que sur le plus bluesy Confession song, lui offrant par la même un retour par la grande porte. Sans bruit, presque naturellement, Phil Pace affirme sa place dans notrepaysage musical sonore.

Après l'excellent Dernière chance d'être disque d'or en compagnie de Monsieur D, Oldelaf revient en solo avec 5 titres préludes à un album annoncé pour mai. Perso je suis fan de l'univers du bonhomme, alliant un humour ravageur et une qualité musicale que l'on ne retrouve que rarement chez ses camarades férus de chansons dites " à textes". Quoiqu'à mon sens un peu inférieur au précédent disque, chacun des 5 morceaux présentés ici garde cette qualité qui lui est propre, concocter d'accortes petites mélodies qui se scotchent assez rapidement dans la tête et que l'on se surprend à fredonner tout le long de la journée. La couleur des compos est plutôt acoustique, Oldelaf semble un poil assagit, et ma foi cela lui va bien au teint. Si le but des cette première livraison 2011 était de nous mettre l'eau à la bouche pour la sortie d u plat de résistance, le pari est gagné .
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J'avoue humblement découvrir cet allumé avec cet album, son 4ème si j'en crois sa bio, qui met en avant son orientation sexuelle, son goût de la provoc, de l'engagement, et des jeux de mots. La première page du luxueux livret accompagnant le disque s'ouvre sur une vision revisitée de L'origine du monde de Courbet version masculine. Ok, les cases gay, humour et provoc sont cochées d’emblée. Une floppée d'invités viennent l'aider à commettre ses chansons, de Thomas Pitiot qui signe quelques musiques, en passant des duos avec par Anne Sylvestre, Lucas Rocher ou Yoann Ortega, ou le détournement collégial de la chanson Le métèque de Georges Moustaki rebaptisée L'identité nationale pour l'occasion et qui ne peut que vous tirer un sourire, chantée par Patrick Font qui en signe les paroles, Sarcloret et Agnès Bihl. Le tendre Fontaine et son violon manouche, le Brelien Ta mère, les titres s'ancrent fièrement dans la tradition d'une chanson française polissonne et humaniste à la fois auquel se rattacherait un Guidoni par exemple avec lequel Bacchus partage de nombreux points communs artistiques. Je doute que vous entendiez souvent cet album à la radio, je ne parle même pas de la télé, mais un petit tour sur scène pourrait bien vous convaincre.
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Lucas Rocher - Beau moqueurPremière signature du nouveau label associatif Bacchanales Productions, le jeune Lucas, à peine plus de 20 ans, au nom de rocker pré destiné nous balance son 1er opus. La présence de Nicolas Bacchus en grand frère est la garantie qu'une attention toute particulière est portée aux textes. Et de fait, le fil conducteur ce sont ces derniers, les petites histoires du quotidien qu'il croque, la galerie de personnages qui paraissent sortir tout droit d'un court métrage. Il piétine allègrement les plates bandes d'un Benabar par exemple, avec une diversité musicale nettement plus marquée. Violon, harmonica, piano, guitare, batterie, ça chansonne, ça blues, ça reggae/ragga, ça swingue, bref ça part un peu dans tous les sens, entre acoustique et électrique. Le bougre sait accrocher l'oreille, dessiner une situation en deux trois phrases, entre sourire et mélancolie, humour et tendresse. Sa jeunesse est l'implicite promesse qu'il va encore se bonifier avec le temps et qu'il faudra compter avec lui. Son site www.lucas-rocher.com
Avril Lavigne - Goodbye lullaby4ème album pour la simili punkette canadienne. Enregistré il y a plus d'un an et bloqué par la maison de disque qui souhaitait lui imprimer une autre direction, probablement encore plus commerciale, le voici dans les bacs. Et bof. Gros bof. C'est bien foutu, la voix balance bien, les morceaux, rock ou plus acoustiques tiennent la route, la production est pile poil dans l'air du temps, mais les compos bondiou ! les compos !! Le syndrome de quasi tout ce que j'écoute actuellement rubrique pop, ils sont ou les singles, les hits qui font que la pop est chère à nos coeur. Ils sont ou les titres qui, dans 20 ans nous ferons plonger avec nostalgie en écoutant par hasard un titre à la radio dans cette époque bénie qu'était 2011. Les morceaux s’enchaînent avec un professionnalisme redoutable et un intérêt tout ce qu'il y a de discutable. Pourtant la belle a quelques pointures qui l'entourent pour co-signer nombre de pistes, en vain. Un coup pour rien.

Un groupe de filles, produit par Richard Gottehrer (les premiers Blondie, les Go-Go's), qui annonce comme influences, entre autre délices pop, les Supremes et les Ramones, ça promet, sur le papier en tout cas. Une seule demoiselle sur la photo de couv de cet EP, Kristin Gundred, alias Dee Dee pour les Dum Dum, semble tirer un peu la couverture à elle, et les girls semblent plus là en backing band de la miss. Entre la bande à Diana et celle de Joey, elle a choisi son camp et c'est clairement l'option mur de guitares qui gagne. Power pop noisy, ça déménage agréablement, mais manque un peu de consistance, les jolies harmonies derrière une énergie débordante ne suffisent pas à cacher que le tout reste un peu superficiel et qu'un truc un poil plus accrocheur, un refrain plus catchy, un gimmick plus marquant manquent à l'appel. Et leur reprise des Smiths, There Is A Light, ne s'éloigne pas assez de l'originale pour être pleinememt convaincante. Sur la bonne voie, mais pas encore arrivée. Leur myspace