Marianne Faithfull- Horses and- high heelsCet album serait le 23ème album de Madame. J'avoue sans complexe qu'hormis As tear go by de sa période Stones - sans jeu de mot - et les deux magnifiques reprises de l'album Broken english, - Workin class hero et surtout The ballad of Lucy Jordan, j'ignore tout de ce qu'elle a bien pu enregistrer. Sur ce petit dernier, composé de 4 originaux et 8 reprises, c'est principalement la curiosité que représente une co-signature avec Laurent Voulzy
qui m'a incité à y jeter un oreille. La voix ne s'est pas arrangée avec le temps, ou, pour être exact, continue à être sa particularité, j'ai eu parfois l'impression d'entendre une chute de studio d'Elliott Murphy, c'est dire. L'album n'apporte pas grand chose a la longue carrière de dame Marianne. Si vous aimiez, vous ne serez pas surpris et probablement guère déçu, dans le cas contraire, ce n'est pas ce disque qui vous fera changer d'avis. Quand à Why Did We Have To Part qu'elle signe avec notre bopper en larmes, impossible d'y déceler une once de la pop auquel il nous a habitué, pas trace de ricken non plus bref un coup pour rien.
Badly Drawn Boy - It's What I'm ThinkingLe titre réel de cet album est It's What I'm Thinking: Part One, Photographing Snowflakes. Rien que ça. Part 1 signifiant que c'est le premier d'un trilogie. C'est le premier album de Damon Gough que j'écoute, alors qu'a priori cela fait 10 ans qu'il est sur le marché. Il va falloir que je me penche sérieusement sur son cas car cet album m'a bien accroché. Traité un peu façon low-fi , l'ambiance qu'il sait donner à ses chansons me parle. Sa voix, les rythmes plutôt lents utilisés pourrait presque le faire concourir dans la rubrique Dream pop. De loin en loin des réminiscences des Prefab Sprout - I saw you walk away - ce qui n'est pas un mince compliment, quelques mélodies addictives (The order of things, a pure accident) bref un album 100% pur pop, et le tout baignant dans une atmosphère douce, quasi reposante, en tout cas avec un niveau d'agressivité proche du zéro absolu, et franchement, de temps à autres, ça fait du bien.
Corinne Bailey Rae - The Love EPLa demoiselle à la voix de velours nous revient avec un album spécial saint Valentin sobrement intitulé The Love EP. Qui dit EP dit mini album, 5 titres donc pour nous faire patienter avant son troisième album, 5 reprises, 3 qui me sont familières, deux que je découvre avec ses versions. Démarrer par un titre signé Prince n'est pas exactement le meilleur moyen de me mettre de bon humeur
. I wanna be your lover reprend les tics princiers de l'original, basse, riff de synthés, batterie, sur laquelle elle colle sa voix. Ni mieux ni pire que Roger, j'en ai assez dit ? Low Red moon, je n'avais jamais entendu. Peux pas dire si sa version est proche ou non, toujours est il qu'elle ne m'a aucunement donné envie d'aller l'écouter, ce qui est quand même un signe.Viennent les deux franches réussites, Le déjà sublime Is this Love ? de Bob Marley revu, corrigé et magnifié dans une version ou toute trace de reggae a été évacué mais ou la soul règne en maître. My love de Paul McCartney, morceau qu'on ne présente plus prend une couleur plus black évidemment, et ma foi, accrocheuse. Une version sans grosse prise de risque, mais comment se rater sur une telle mélodie. Pour terminer Que Sera Sera, version live de 13 (treize !!) minutes et des poussières, temps quelle aurait pu passer à coller 3 autres titres dans le style des deux précédents, et qui m'aurait enchanté, alors que là ...
Pas besoin d'être extra-lucide pour deviner que celle là ira loin. Une voix à coller des frissons, un groove d'enfer, un sourire craquant, une plastique à en damner plus d'un ... Elle s'appelle Aude Henneville, son premier album est en cours d’enregistrement et je l'aime déjà. D'autres vidéos ici, reprises ou originaux.
Iron & Wine - Kiss each other clean L'engouement critique et commercial suite à la parution de ses deux précédents albums me semble toujours inexplicable. Des folksongs certainement de qualité mais pas plus, ni moins ,que tant d'autres. C'est donc un peu circonspect que je m'attelais à l'écoute du cru 2011. Et Sam Beam me surprend. Voilà qu'il s'est mis en tête de réaliser un album pop. Des orchestrations plus fournies, des harmonies vocales, ballades, funk, jazz et country qui se télescopent dans un grand shaker pour proposer un kaleïdoscope musical. De coup, Kiss each other clean est son disque le plus accessible, un réel effort, parfois un peu forcé, pour rendre sa musique radio compatible. Pas d'énorme single à l'horizon non plus, on n'est pas chez Mika, mais Glad Man singing ou Tree by the river on suffisamment de poids pour nous faire tendre l'oreille. Si cet hybride est la nouvelle direction prise par Iron & Wine, je prend la même.
Sick of Sarah - 2205Les groupes composés exclusivement de filles attirent le plus souvent l'attention pour cette raison que pour des raisons purement musicales. Le quintet Sick of Sarah, qui propose sont second album ici n'y échappe pas. Quelques jolies courbes, une chanteuse doté d'un honnête filet de voix, pour un power pop correct mais à qui il manque cruellement un peu de folie, quelques gimmick efficaces, des mélodies accrocheuses, bref un truc un peu mois passe partout que cette livraison. Pour un Kiss me qui flirte presque avec la qualité d'un Astropuppees, combien d'El Paso Blue, titre qui ferme l'album, pas mauvais en soi, juste quelconque. Ok, tout le monde ne peut pas jouer en première ligue, et j'ai entendu nombre d'albums de punkettes bien moins bon que celui ci. Mais j'ai bien peur que dans un mois, hormis leurs visages, j'ai tout oublié d'elles
Adele - 21L'apparition d'Amy Winehouse sur la scène musicale il y a maintenant quelques années, cette voix doucement erraillée, gorgée de soul et d'émotion semble avoir servie de catalyseur, un paquet de clones s'engouffrant dans la brèche. Et comme toujours dans ce cas, des bons et des moins bons. Duffy, d'abord, Adele ensuite font partis de la première catégorie. Après 19, voici deux ans, Adele fait son come back avec 21. Dès le titre d'ouverture, le single Rolling in the deep, on sait qu'on tien du lourd, un rythme presque indien avant que le tout ne dégénère en pur bombe soul, de l'or massif avec cette voix déchirée/déchirante. L'album n'atteindra plus jamais ce sommet, même s'il flirte d'autres fois avec les cimes. La reprise de Lovesong de Cure par exemple, ou la douceur piano/voix de Someone like you. A mon goût un peu trop de sirop dans les 13 titres composant l'album, mais Adele s'affirme comme une chanteuse avec laquelle il faudra compter. Si elle trouve des compos aussi immense que l'est sa voix, elle peut mettre le monde à genoux.