Carbonisé par le succès d'Helene, single catégorie variété sirupeuse, Roch Voisine rame depuis 20 ans pour arracher cette étiquette qui lui colle à la peau, lui qui vaut bien mieux que cette chanson. Après 3 albums de reprises country, la série des Americana, plutôt réussie et le dernier en date ayant à peine 4 mois, une reprise ébourrifante des Red Hot Chili Peppers sur l'excellent dernier album de Carlos Santana, le voici qu'il countryse derechef mais cette fois avec des compos originales. Des compositions bien roulées, entre une country loin de ses racines et une pop/folk décomplexée, des textes parfois un peu mièvre (Mes p'tits loups), souvent personnels, pour un disque agréable qui séduira ses fans mais qui ne convaincra pas les autres.
Et un autre canadien. A peine un an après l'exécrable Gentleman cambrioleur, le Canadien à la voix de papier de verre tente un comeback avec des chansons originales signées entre autres par Jacques Veneruso, Pascal Obispo, Jean Jacques Goldman ou lui même,et réalisé par le fort talenteux Pierre Jaconelli. Contre toute attente, enfin la mienne, ce disque est bon, franchement bon. La voix n'en fait pas trop, les mélodies sont accrocheuses et, arrivé à la fin de l'album, l'envie de le réécouter, ce qui n'est pas si courant. Ca blues un peu, je l'aime encore, ça parle d'amour essentiellement, Si tu veux que je ne t'aime plus, superbe, bref le Garou revient de loin, avec un disque ou rien n'est à jeter et ou son implication est patente. Après deux échecs commerciaux et artistique, un troisième aurait pu lui être fatal. r.
Troisième EP pour Adrugan qui préfère distiller son poison à petite dose plutôt que de livrer un album, peut être histoire de provoquer une accoutumance. Le virage définitif vers la langue française est confirmé, et le duo de se lancer dans un folk très personnel, et que je qualifierais même de progressif, l'évolution de leur musique étirant de plus en plus leur mélodies vers des horizons inattendus, ou la voix suit des tours et détours surprenants, tout en rupture, en routes sinueuses. Leur reprise d'Est ce ainsi que les hommes vivent ? qui clôt l'album, chef d'oeuvre d'Aragon/Ferre marque bien leur territoire, entre textes exigeant et musique ou l'immédiateté de la séduction n'est pas la règle. Orchestralement, le son s'étoffe de plus en plus, insufflant de la puissance, de l'emphase et, finalement, une certaine identité sonore qui se met doucement en place. Que donnera cette évolution dans le 4eme opus ? restez à l'écoute pour le savoir.
Cela fait 30 ans, peu ou prou, que l'Elliott nous fait le même album. Le plus français des rockeurs américain (20 ans qu'il vit en France) récidive donc avec son Normandy all stars, ou l'on retrouve toujours Olivier Durand, guitariste émérite, ex Little Bob. Ces 11 titres ont une couleur une poil plus électrique que le précédent mais on reste bien dans la même veine, celle qui fait qu'il reste un acteur du monde du rock de second plan, malgré une tripotée d'albums, encensés le plus souvent par la critique, ignorés du grand public qui ne jure que par un Springsteen ou dans une moindre mesure, un Tom Petty, camarades du même terrain de jeu. Hormis Selling the Gold, disque de 1995 au potentiel évident peut être mieux produit, et qui pourtant n'a pas plus marché, comme quoi ..., les disques d'Elliott se ressemblent, c'est pour cela que ceux qui l'apprécient le suive, et qu'il ne conquiert que difficilement un autre public. Trop littéraire peut être, pas assez simple, de plus en plus Dylannesque, bref les défauts de ses qualités. L'arrivée son fils - ici sur un titre - apportera peut être le sang neuf qui lui est nécessaire.
Charlélie Couture - Fort rêveurExilé à New-York depuis quelques années, c'est empreint de sonorités urbaines et américaines que nous revient cet artiste multifacette. Un son ancré dans le blues, mais un blues très loin des champs de coton, un blues de ville, nourri de boucles et de samples, de guitares slides et de rythmes binaires sur lequel le Charlélie colle des textes parfois surprenant voir déconcertant. Sur Le Phénix, morceau de 9 minutes, il joue les guides de Big Apple, sur d'autres il cède parfois à la facilité, son apparente nouvelle obsession animale étant un peu déprimante. La voix est égale à elle même, plus parlée que chantée et côté son la réalisation a été confié à Sean Flora, qui a déjà sévit avec succès avec The Shins ou Franz Ferdinand. Donc ça le fait. Reste que ce retour, en forme, de l'ex lorrain ne risque pas de susciter un engouement particulier, trop auto centré sur lui.
Le premier album de Peppermoon était prometteur. Pas de quoi en faire un disque de chevet, mais en germe, le talent était perceptible. Est ce leur succès asiatique qui leur a donné cette confiance en eux, mais ce second album fait plus que transformer l'essai. L'atmosphère reste toujours très cotonneuse, très dream pop, ou une Françoise Hardy rencontrerait Azure Ray, sauf que cette fois, les mélodies sont limpides et tapent l'incruste dans vos neurones. Dès l'ouverture, Larme de lune tend un piège qui se referme aussitôt pour ne plus vous lacher. Le bonheur ça fait mal ne peut pas ne pas être un tube et les poupées russes, au texte subtil, en être un autre. La voix d'Iris nous berce et nous cajole, de plus en plus aguicheuse, les orchestrations se font un peu plus nerveuses - oh tout doucement quand même hein, c'est pop certes mais Dream surtout - la poésie des textes est omniprésente, bref ce second disque d'une trilogie annoncée est un régal. Si la progression entre les deux premiers se maintient avec le troisième, ça va faire TRES mal.
Cock Robin se meurt d'un malentendu. Peter Kingsbery et Anna Lacazio ont décroché deux ou trois tubes à l'aube des années 80 alors que leur musique ne s'y prêtait pas. Mettons qu'ils étaient dans une mine de charbon à creuser et qu'ils ont par hasard mis à jour quelques pépites. Et depuis on s'attend à ce que la veine aurifère produise encore. Enfin s'attendre... façon de parler. 3 petits disques puis s'en vont, un retour ultra confidentiel il y a deux ans et ce n'est pas ce Songs from a bell tower qui risque d'inverser la tendance. Anna n'y chante lead que sur 3 titres, et est cantonnée aux choeurs la plupart du temps, elle ne semble être là que parce que les tubes du passé elle y figurait. Ce disque est en réalité un disque solo du Peter ou il prête un peu de temps d'antenne à Anna, vu que sous son nom seul, il est à peu près aussi connu que moi
. Il chante toujours aussi bien, ces compos ressemblent toujours autant à des hits potentiels que ma grand-mère et ont va encore lui reprocher, alors que si l'on prend ce disque pour ce qu'il est, un honnête album de pop/rock sans génie mais pas sans talent, on en a pour son argent.