William Sheller est un cas un peu beaucoup à part dans la variété française. Il a fourni son quota de tubes populaires pour rester dans les mémoires, a composé au moins une chanson, Un homme heureux, qui fait parti du patrimoine artistique francophone, mais il a aussi fait ce qu’il avait envie de faire, d’ou des albums parfois déroutants, voir hermétiques.
Alliant depuis ses débuts son amour de la pop, côté Beatles, mélodique et celui d’une musique non pas plus exigeante mais plus « classique », avec force cordes ou cuivres, ou l’orchestration reste un art, notre symphoman propose régulièrement des disques surprenants, intelligents, sensibles, créatifs, et parfois, il faut bien l’admettre, déconcertant. Une sorte d’Electric Light Orchestra à lui tout seul.
L’avouerais-je ? J’avais un peu perdu de vue notre sexagénaire depuis quelques albums. Trop Sheller, pas assez pop à mon goût. Et cette étrange pochette, les premières critiques positives m’ont incité à aller plus loin
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Avatars, le petit dernier, est probablement celui qui associe le plus les deux mondes qu’il révère. De la somptueuse ouverture de cordes d’Avatars I log in, vite rejointe par quelques éclairs de guitare électrique, au final d’Avatars II log out, 45 minutes d’un voyage en 12 titres, guidé par un monsieur très doué. Pourtant vous ne trouverez pas ici de tube en or massif. Même le single Tout ira bien, Beatlessien en diable, très positif, ne cassera pas la baraque. Trop fin, pas assez putassier. Jetlag, son intro clin d’œil à Back in the USSR, sa ligne de basse, sœur lointaine d’un Laissez passer les rêves d’un autre mélodiste hors pair, Michel Berger, griffé par des guitares racées ne suffira pas. Le dépouillement acoustique (guitare, pas piano !) de Felix et moi n’a pas le profil FM.
La longue échelle et ses mellotrons style Fool on the hill, son cor de chasse à la For no one, trop tard, d’une autre époque. Même Armande et son Music-Hall ne traîneront pas les foules. Les la la la de Camping, écho des tit tit tit de Girl, et le solo façon guitar-héro peuvent toujours nous tourner la tête, et faire danser les cons, le tout restera confidentiel.
Je ne vais pas tous les passer en revue, vous avez compris que Sheller y a mis le meilleur de lui-même mais est ce suffisant ?. Et je ne vous ai pas parlé des textes. Il utilise pourtant les mêmes mots que vous et moi, mais chez lui, ça sonne différent, ça parle au cœur, simple fragile et touchant.
C’est un album qui pourra être écouté 100 fois sans lassitude tant il est riche, et son manque de tube fera que l’on ne nous en écoeurera pas. C'est un album qu'il était le seul à pouvoir faire, et ça, c'est un sacré compliment.
Bon, avoir un avis sur Vincent Delerm, c’est verre vide / verre plein. Soit on se demande ce qui peut bien motiver les gens à acheter le nouvel album d’un auteur compositeur interprète qui n’est ni compositeur - ces mélodies sont d’une platitude navrante -, ni chanteur -sa voix au débit monocorde n’a pour seul intérêt que d’être immédiatement identifiable, ce qui permet, éventuellement, de couper le son pour ne pas se laisser envahir -, soit on apprécie l’auteur, sa façon d’aborder les choses, les gens, ses références littéraires ou cinématographiques dont il truffe immanquablement ses textes, ce côté bobo qui a probablement son charme, sans omettre que, sur scène, son humour, sa nonchalance font mouche .
Certains mettent leurs mains à couper, Les Kaisers Chiefs eux, c'est la tête.
C'est leur 3ème album, j'ai allégrement zappé les deux premiers donc, ils sont tout neuf pour moi. Originaire de Leeds, tendance rock indies.
Ca être difficile de faire plus eighties qu'eux. Guitares, synthés, orchestration, toute la panoplie est de sortie. Certains titres me font irrésistiblement penser aux XTC période making plan for Nigel ou This is pop.
Alors de fait, c'est très pop, avec des hits comme Never miss a beat imparable, ou Addicted to drugs, très mode avec Lily Allen ou les New Young Pony Club en guest star, très in aussi avec le choix du producteur mark Ronson.
Certes leur tendance à répeter 3 phrases en boucle pour nous les rentrer de force dans la tête finie par être agaçante. mais quand ils déposent les armes pour un truc plus tranquille type Remember you're a girl, qui cloture l'album, on se dit qu'il ya des ces petits gars là de l'or qui sommeille.
Ce n'est clairement pas le type d'album qui va révolutionner quoique ce soit, ce n'est d'ailleurs pas à l'évidence leur credo, mais un zeste de britpop de qualité ne fait pas de mal, les albums bien foutus ne sont pas légions, deux raisons pour jeter une oreille attentive à ces lascars
1 • spanish metal
2 • never miss a beat
3 • like it too much
4 • you want history
5 • can't say what i mean
6 • good days bad days
7 • tomato in the rain
8 • half the truth
9 • always happens like that
10 • addicted to drugs
11 • remember you're a girl

Je suis très loin d'être un exégète de la discographie de Johnny Hallyday. Hormis ces grands tubes (comment passer à travers en vivant en France) et les albums composés par Michel, Berger, Jean-Jacques Goldman ou Obispo, je n'en connais que ce que les grandes lignes.
J'étais curieux d'écouter ce petit dernier, annonce d'une retraite, au moins scénique, voir définitive. Pour fermer ce chapitre, l'interprète hors pair aligne un casting de rêve. Cabrel, Calogero, Raphael, Grand Corps Malade, Christophe Mae, Le fiston David entre autres invités. Pour un album qui est loin d'être ce qu'il parait sur le papier.
Mais qui choisi les chansons d'un album d'Hallyday ? Un mec de cette stature, interprète uniquement, doit pouvoir choisir parmis des centaines de titres la poignée qui composera son album. Alors comment se planter à ce point ?
La voix est là, reconnaissable entre milles évidemment. Le son aussi, rien à dire, ça ne sonne pas cheap, les guitares, les choeurs, les cuivres, ça crache, le tout traité à l'ancienne, les textes sont en phase avec ce qu'il veut faire passer pour sa dernière tournée, au revoir et merci pour tout. mais les compos !!! Ou sont les hits ? ou sont les tubes ?
Le Cabrel, Je m'arrète là, est on ne peut plus ordinaire, le Christophe Mae avec Etreinte fatale confirme qu'une harmonica ne suffit pas à faire un bon blues. Calogero, à qui revient l'honneur d'être le compositeur du 1er single et le porteur du titre de l'album a offert un rock pompeux et vide de tout intérêt. Le seul de toute cet armada de stars à tirer son épingle du jeu est Raphael dont la balade bluesy Je n'appartiens qu'à toi fait mouche. Un son presque fifties pour un titre sinon indémodable, en tout cas fort bien réalisé.
L'obligatoire duo est la caution djeun's de l'album avec la chanteuse anglaise Joss Stone. Les deux arrivent à rater magistralement leur reprise de la sublime chanson Unchained melody. Le reste oscille entre rock pateux et variété, aussi vite entendu, aussi vite oublié, bref un album de plus dans la discographie de l'idole des plus trop jeunes, qui ne laissera pas une trace impérissable dans sa longue carrière.
1.Ca n'finira jamais
Benabar est tout sauf infréquentable, c'est pourtant le titre de son nouvel opus. Promu parmi les héraults de la chanson française, dite nouvelle, son succès ne se dément pas, Reprises des négociation, le précèdent, ayant dépassé le million de disques, chiffre rarissime de nos jours.
Benabar s'inscrit dans la grande tradition de la chanson française, De Brassens à Souchon en passant par Renaud ou Nicolas Sirkis, d'Indochine, des chanteurs aux possibilités vocales limitées mais avec des choses à dire.
Il avait promis un renouvellement, sinon de l'auteur, en tout cas du compositeur, annonçant un album aux couleurs plus pop, plus musical, souhaitant accorder la qualité des textes, sa force, à celle de la musique, souhaitant privilégier la guitare au piano.
Le single d'ouverture, l'effet papillon, est pourtant du Benabar pur jus, pas de révolution, même discrète, un texte avec ce qu'il faut d'humour pour accrocher l'oreille et une ritournelle ou cuivres et rythmique bateau continue de labourer le sillon précédemment creusé.
Si la guitare acoustique prend le relais sur Allez ! c'est le texte qui l'emporte haute la main sur une musique quelconque.
Bon, je ne vais pas passer en revue l'ensemble des titres. Pour résumer, vous trouverez un titre à l'inspiration Nini Ferrer, Ou t'étais passé ? le titre écolo de rigueur, A la campagne, mais à la musique tellement convenue, Pas du tout, un gros ratage à mon avis , lourd au possible, qui éventuellement pourrait passer sur scène mais qui donne envie de zapper sur disque.
Mes titres préférés, Malgré tout petit bijou de nostalgie et de tendresse, et Les reflets verts, une belle observation post rupture.
Vous aimiez Benabar, cet Infréquentable ne vous décevra pas , et c'est déjà énorme, tant l'attente était forte. Vous ne le connaissiez pas, c'est une excellente introduction à l'univers du personnage. Il reste un auteur rare, capable de croquer en quelques phrases une situation ou de camper un personnage, un don d'observation jamais pris en défaut, lardant ses textes de traits d'humour souvent finement trouvé. Lui reste à trouver son Voulzy pour que sa musique ne reste pas à la traîne.

1 L'effet papillon
2 Allez !
3 Les numéros
4 Malgré tout
5 Tout vu, tout lu
6 Pas du tout
7 Où t'étais passé ?
8 Voir sans être vu
9 A la campagne
10 Les reflets verts
11 Si j'avais su
12 Infréquentable
Les finlandais de The Rasmus reviennent après 3 ans d’absence avec un album intitulé Black Roses.
Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, The Rasmus font un rock entre hard et pop, très mélodique, porté par la voix légèrement voilée de Lauri Ylönen. Bien qu’encore très jeunes, ils ont près de 15 ans d’activité, et une floppée d’albums (7 je crois) sous la ceinture. C’est celui nommé Dead letters, sorti en 2003 qui les a propulsé à l’avant scène internationale, ce disque restant à mes yeux l’une des plus belles réussites de cette combinaison pop et hard, un disque regorgeant de hits et absolument indispensable à toute discothèque qui se respecte.. Le suivant, Hide from the sun s’essaya aux mêmes recettes avec un brin de réussite en moins, tout en restant fort honorable. 
Ce Black Roses, vague concept album, est à Hide From the sun ce que ce dernier était pour Dead Letters, une pâle tentative de rééditer le succès en utilisant les mêmes recettes avec au final le même constat, raté.
Les petits gars tournent en rond, réécrivant le même disque en un peu moins bien chaque fois, l’ajout du réputé producteur Desmond Child (Alice Cooper, Kiss) ne change rien à l’affaire, le son semble exactement le même que précédemment, comme s’ils n’arrivaient pas à sortir de la formule dans laquelle ils se sont englués.
Les guitares sonnent toujours aussi bien, les riffs se succèdent sans fatiguer, la voix à toujours le même pouvoir d’attractivité et les ruptures de rythmes s’enchaînent inlassablement, mais les morceaux se succèdent sans jamais nous surprendre, même pas un hit décent à se mettre sous la dent, le premier single Livin’ in a World Without You se mémorisant péniblement.
Dommage car ce type de musique, quand la recette fonctionne, est imparable, et j’avoue avoir un petit faible pour ce groupe mais j’ai bien peur que le probable insuccès international (même si en Finlande ils restent les rois du monde) qui les guette ne mettent fin à l’aventure Ramus.
<img height="250" width="250" src="/bl-content/uploads/img/news/2008-11/queen_" the cosmosrocksb.jpg" alt="queen the cosmosrocksb.jpg" title="queen the cosmosrocksb.jpg" />Premier album de chansons originales de Queen depuis le décès de Freddie Mercury, The Cosmos rock voit donc Paul Rodgers, voix légendaire du catalogue rock via Free et Bad Company poursuivre avec les deux Queen encore en action, Brian May et Roger Taylor, l’aventure. Après s’être fait la main sur les grands classiques du groupe lors des tournées précedentes, il faut croire que l’alchimie a fonctionné puisque les voilà pour du neuf.
Enfin du neuf, faut voir.
Certes, Queen n’était pas le groupe de Mercury, les 3 autres contribuaient largement aux compos et au son. Mettons que la flamboyance, le côté baroque, à part et décalé du groupe ainsi que les impressionnantes cathédrales vocales étaient pour bonne part inspirées par le charismatique chanteur.
Et ce Cosmos Rock confirme parfaitement cet a priori. Paul Rodgers, hormis la fantastique voix qui est la sienne est un compositeur médiocre et un lyriciste de même métal, crachant du banal rock and roll à tout va. Les deux Queen ont du lui laisser un peu la bride sur le coup et au final et contre toute attente, l’album ressemble plus à Paul Rodgers accompagné de Queen que le contraire.
Cosmos rock est en fait un film de science fiction imaginant ce qu’aurait été Queen si en 71/72 Freddy Mercury n’avait pas modifié leur trajectoire.
Le morceau d’ouverture Cosmos Rockin, ressemble à n’importe quel hymne Rock and roll entendu 100 fois et le refrain me fait irrésistiblement penser à du Status Quo, c’est dire. Bon je suis fan de la bande à Rossi, mais on parle de Queen là. De mecs qui ont pondu des hits en veux tu en voilà, et avec un son à eux, unique. Là hormis la guitare de May, toujours lumineuse, on se prend un banal blues rock américain, sans génie, sans folie, en pilotage automatique. Et les chœurs typique de Queen, ils sont passé ou ? et la pop ? Disparue avec John Deacon ?
Prenez le titre Call me. Ca sent certes le hit à plein nez mais franchement, est ce du niveau de ceux qui nous collèrent des frissons ? Ce refrain gnan gnan mou du genou et répétitif au possible . Que Still burning reprennent une citation clin d’œil de We will rock you ne change rien à l’affaire. Les 3 sexagénaires se font probablement plaisir a jouer ensemble, dommage qu’ils aient jugé nécessaire de ressusciter le nom de Queen pour ce faire, business oblige. Cosmos Rock est définitivement plus Bad Company & May & Taylor que ce qu’ils ont tenté de nous vendre. Au mieux c’est au Queen pré Killer Queen que nous avons affaire, encore dans sa gangue rock et n’ayant pas encore trouvé sa voie royale.
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Allez, recommencez avec Ronnie James Dio et là, peut être que la mayonnaise prendra.
<img height="248" width="250" src="/bl-content/uploads/img/news/2008-11/queen" the cosmosrocksa.jpg" alt="queen the cosmosrocksa.jpg" title="queen the cosmos_rocksa.jpg" /> 1. Cosmos Rockin'
2. Time To Shine
3. Still Burnin'
4. Small
5. Warboys
6. We Believe
7. Call Me
8. Voodoo
9. Some Things That Glitter
10. C-lebrity
11. Through The Night
12. Say It's Not True
13. Surf's Up . . . School's Out!
14. small reprise