Julien Clerc et moi, c’est une drôle d’histoire. 40 ans pile qu’il parsème nos humeurs de mélodies accrocheuses, de tubes en or massif, qu’il interprète des textes pas toujours faciles dans cette musique dite de variété. Pourtant, contrairement aux Berger/Gall, Chamfort, Balavoine, Sanson, Voulzy , Souchon et autre Chedid, dont les albums viennent systématiquement enrichir ma collection, je n’ai pas régulièrement acheté ses albums.
C’est indéniablement un mélodiste d’exception, il a cette voix charmeuse et si aisément reconnaissable, et, chaque fois que j’ai vu ou lu l’une de ses interviews, le personnage semble intéressant, sensible et posé, mais j’ai rarement pris le temps de me pencher sur autre chose que ces tubes.
C’est avec Fais moi une place en 1990 que j’ai commencé à tendre l’oreille. Utiliser Phil Ramone comme producteur, ça me parlait. L’album m’avait vraiment plu, moins tubesque qu’un Michel Berger, autre pianiste compositeur, mais avec un charme certain. L’album suivant , Utile, me laissait sur ma faim, quelques jolies chansons beaucoup de remplissage. Idem pour Julien, daté de 1997. Du coup, de celui qui suivit, Si j’était elle, je ne connais que le titre éponyme signé Carla Bruni pour le texte. Je ne me suis réconcilié avec lui que sur le superbe Double enfance, qui contenait quelques pépites dont Place Clichy, signé Gérard Duguet-Grasser, inconnu pour moi, contrairement à nombre de collaborateurs de Julien Clerc.
Le problème c’est qu’ensuite ça se gâte. Non pas que le reste de l’album soit mauvais, loin de là, il a trop de talent pour cela, mais nous sommes plus dans l’optique des albums Utile/Julien que Double enfance. Les orchestrations manquent de surprises, le piano étant le fil conducteur de l’ensemble mais sans rupture rythmique ni diversité quoique le tout sonne plus pop que variété. Deux titres sont déjà connus, puisque figurant déjà sur les albums récents de leurs auteurs Restons amants de Maxime Leforestier et Déranger les pierres de Carla Bruni., traités un peu différent, bien entendu, mais rien qui justifie leur reprise (hormis le fait qu’il en ait signé la musique bien sur), la production un peu terne de l’ensemble plombant un peu le tout. Forcément, sensé évoquer l’affaire Mary Kay Letourneau, cette instit américaine emprisonnée pour viol sur mineur, l’un de ses élèves, élève qu’elle épousera ensuite, est très maladroitement explicitement cité, pour être sur que l’on ne passe pas à côté, la berceuse Dormez atteint son but avoué, je ne vous fais pas le détail, tout est à l’avenant, correctement exécuté mais pas passionnant.
| 1. La jupe en laine 2. Restons amants 3. Où s'en vont les avions ? 4. Sous sa grande ombrelle 5. Apprendre a lire 6. Une petite fée 7. Frère, elle n'en avait pas 8. Souvenez-vous 9. Forcément 10. Le rue blanche, le petit matin bleu 11. Déranger les pierres 12. Dormez 13. Toboggan 14. Le juge et la blonde |
Brian Wilson est une légende. Capitaine du navire amiral les Beach Boys, il fut l’un des rares à pouvoir tenir la dragée haute à la déferlante anglaise du début sixties. Brian Wilson est une légende certes, mais qui a fondu les plombs il y a maintenant plus de 40 ans. Top de pression, trop de génie, trop de drogues, trop de musiques, trop de tout et à partir de 1967, disparition musicale de l’inventeur de la symphonie de poche.
Exhumé de temps à autre pour redonner une crédibilité aux Garçons de la plage, pauvre fantôme de ce qu’il fut, une carrière solo anecdotique parsemée d’albums plus dispensable les uns que les autres avec parfois une petite lumière au détour d’un titre un peu moins raté que les autres. En 2004, résurrection du mythique album Smile, datant du pétage de plomb. Tournée avec son nouveau groupe , les Wondermints, techniquement des années lumière au dessus des californiens d’origine, tous au service du passé circa Pet sounds, bref, Brian recycle le vieux, et rien que ça c’est déjà beau, vu d’où il vient.
Du coup, la sortie d’un nouvel album, That lucky old sun me laissait dubitatif. Mais, fidèle à mes vielles amours, je tente néanmoins le coup. Et ne voilà t’il pas que le bonhomme a inventé la machine à remonter le temps. Pas le sien, lui est resté bloqué là-bas, mais il nous permet de venir l’y rejoindre, le retrouver en ce milieu des années 60 sur une plage de Californie. Conçu comme à la bonne époque comme un album d’une seule traite, ou tous les morceaux s’enchaînent via de petites saynètes parlées (dont d’ailleurs on se lasse vite), ce disque renoue avec le son dont il est le dépositaire. Des les premières secondes, nous sommes happés par des harmonies vocales dont il a le secret et le soleil apparaît. Même sur le périphérique parisien en ce mois de septembre frisquet, il arrive à nous fait croire que nous sommes dans une Chevrolet 1957 rose , cheveux au vent, sur un highway de L.A, avec de jolies filles sur la banquette arrière.
Les 17 parties de ce Lucky old sun retracent donc la vie rêvée californienne à l’époque ou il était le roi du monde. La voix, merci le studio, n’a rien perdu des ces qualités, falsetto au rendez-vous, nostalgie omniprésente, dans les textes, intimistes, ou il affronte ses démons personnels. Les orchestrations sont riches à souhaits, cordes, cuivres, une leçon pour tout apprenti arrangeur. Aucune grosse faute de goût, même si des titres comme le boogie poussif Going home font plus penser aux Beach Boys post Brian, un peu lourd et empesé et pas vraiment inspiré.
.
Chef d’œuvre ce disque ? Non évidemment, si la forme est bien là, le fond pêche un peu, les compos ne recèlent pas ce truc magique qui fait les hits. Pas de Good vibrations, de Caroline no, de Warmth of the sun ici. Pas l’ombre d’un tube. Mais un plaisir certain à retrouver quelqu’un qui revient de très loin, et qu’on avait cru définitivement perdu pour la pop. Pas simplement une ligne de plus donc sur le CV de la légende, mais une leçon pour tous ceux qui doutaient encore.
<li> Morning Beat</li>
<li> Room With a View</li>
<li> Good Kind of Love</li>
<li> Forever She'll Be My Surfer Girl</li>
<li> Venice Beach</li>
<li> Live Let Live</li>
<li> Mexican Girl</li>
<li> Cinco de Mayo</li>
<li> California Role</li>
<li> Between Pictures</li>
<li> Oxygen to the Brain</li>
<li> Can't Wait Too Long</li>
<li> Midnight’s Another Day</li>
<li> Goin' Home</li>
<li> Southern California</li>
</ol></div><div class="media-img"> <img height="299" width="410" title="brian_wilson.jpg" alt="brian_wilson.jpg" src="/bl-content/uploads/img/news/2008-10/brian_wilson.jpg" /></div></div>
La bande annonce de l'album That Lucky old sun de Brian Wilson (2008)
En période estivale, quoi de plus naturel que de parler de touristes. en voici 5 entourant Nel, le G.O. de service. La quarantaine assumée, cette bande qui s'était déjà croisée tout au long des années en arpentant leur Bretagne natale décide d'additionner leurs talents pour produire un 5 titres. Ambition affichée, faire de la musique en anglais avec des paroles en français.
Deux des membre de cette éminente confrérie ne sont pas de totals inconnus pour votre serviteur , puisque Jean-Michel Chapron et Frank Sieniski, respectivement guitariste (et à la Ricken SVP) et clavier des Touristes m'avaient enchanté il y a quelques années avec le groupe Aura (disparu des écrans radars depuis, d'ailleurs, j'en profite pour réclamer, même si ce n'est pas beau, la réédition des morceaux) réincarné en Flying Torpedoes, enfin réincarné, dans un étant plutôt proche du coma
vu leur actualité. Donc une musique très mélodique, pop comme j'aime, ou les claviers avaient la part belle, enjolivés d'arpèges et de chorus subtils. Donc, un a priori positif avant de déposer ce 5 titres sur ma platine. Pour info le disque est sorti sur le label Musikalouest, ou vous trouverez nombre d'autres artistes qui valent le détour auditif.
Petit tour du propriétaire. I want you, raté par les Wantones, un riff de guitare, basse lourde et batterie marquée, Nel marque son territoire, la pop un - leger- poil en retrait, le rock prend le dessus. Une production un peu brute, très roots and roll, un texte en français quoiqu'en laisse penser le titre, option sexe incluse. La voix de Nel ne m'excite pas plus que cela, mais le morceau est addictif, le refrain efficace, le clavier est relativement discret, enfin comparé à Aura, plus utilisé en ponctuation qu'en maitre des lieux, limite eighties parfois. Le single de l'album, Un ange passe, creuse un peu plus profond le sillon sexe, après la déclaration d'intention d' I want you, Nel passe à la consommation
. Un côté pop plus prononcé, et toujours ce son presque garage ou la rythmique saturée prend le dessus, quelques arpèges à la Voulzy (l'effet Ricken ?), Et c'est parti.Un très chouette titre (ça fait deux) qui pourrait avoir un bel avenir. La bouteille à l'amer poursuit le même chemin, quelques accords bien saturés, quelques breaks bien sentis et une compo qui se retient bien. Pas de génie la dedans (mais qui en a encore ?) mais du bon boulot efficace. Insomnie nous propose le côté ballade des Touristes & de leur Nel, solo de guitare quasi seventies à la clef, ca partirait en live à la Freebird (remember Lynyrd Skynyrd ?) en live que je ne serais pas plus étonné que cela. Attentat Terroriste ferme la marche. Un texte qui détonne un peu avec le reste du disque, même si, côté zic on reste dans les mêmes eaux.
Alors bien sur, 5 titres c'est trop peu pour se faire une vrai idée. Comme il n'y a pas de faux pas ici, il est légitime de penser que 5 de plus ne nous aurait pas fait de mal aux tympans. Je m'attendais à une production moins brute, plus léchée, c'est un son plus incisif qui a été privilégié, mettons plus Stones que Scarabée.
Vous pouvez retrouver le club des 5 sur /www.myspace.com/lestouristes, et j'ai identifié ceux de certains d'entre eux, le blog de Jean-Michel Chapron (il écrit sacrément bien le salaud, et j'adore son humour) , le myspace du batteur, Fabrice Le Mur, et celui du clavier, Frank Sieniski . Le guitariste ingénieur du son Yann Barreau et le bassiste Philippe Courvoisier semblent aux abonnés absent sur le net
La sortie d'un nouvel album de Laurent Voulzy en Sucrepopie est un évènement national. Car tout de même, s'il y a un maître en terme de pop sucrée doucement , c'est quand même notre Lolo Star.
Hors donc, pour dignement fêter les 30 ans de la chanson Rockcollection qui l'a mis sur orbite et a, dit-il, littéralement changé sa vie, décision est prise de revisiter la chose et de l'agrémenter de quelques lignes de CV complémentaires. Le single magique sortie peu avant, Jelly Bean, ayant donné le coup d'envoi et m'ayant plus que mis l'eau à la bouche, me voici album à la main (merci Isabelle) puis casque aux oreilles pour m'en délecter.
Concept album donc autour de l'idée originale pour un album en 10 actes, c'est du moins ce que la pochette indique. Pochette clin d'oeil à celle de 77, si la couleur du mur à changé, notre bopper souriant semble n'avoir laissé aucune prise au temps, j'en déduis que le talent conserve bougrement bien. La ricken en bandouillère , tout sourire, c'est partie pour 50 minutes en sa compagnie, suivez le guide.
Acte I Dans le vent qui va.
Petite intro chantée, 1'25, du Voulzy pur sucre, s'ouvrant avec un petit carillon et son parfum d'enfance, illustrant la naissance de Laurent Voulzy je suppose et qui ce clôt sur des choeurs réminiscent de 'I'm not in Love de 10 CC, premier clin d'oeil à la musique des années 70.
Qui nous emmène sur l'acte II Jelly Bean, un single éclatant comme il est un des rares à savoir les faire. Une intro ou les guitares tournent comme des horloges, batterie basse, un son un peu à la Jeff Lynne post Elo, un refrain imparable, le type de popsongs qui définit le bonhomme et son style, juste la grande classe. Si la première écoute m'avait laissé avec une sensation d'un titre un peu plat, rapidement il emporte le morceau, et je m'incline, il fait fort. Cet été devrait voir ce If you know what I mean, Jelly Bean sur toutes les lèvres, surtout que côté promo, la dose a été mise
Rupture brutale avec l'arrivée de l'acte III, Radio collection, totalement dispensable en tan que titre, dont la place ne se justifie éventuellement que dans l'optique d'une transition avec le gros morceau, l'acte IV Rockcollection 008. C'est parti pour 15'43 de souvenirs. La collection 77 est encore dans tous les esprits, la version live qui l'avait déjà revisitée également, voici une version studio avec d'autres morceaux. Ne boudons pas notre plaisir, si l'effet de surprise est passé, on a là le gros son et le choix des extraits est tout aussi judicieux. Difficile de s'enthousiasmer néanmoins, rien de nouveau sous le soleil, juste une bonne dose de plaisir, mais rien que ça déjà ...
L'acte V, A7708 sur un rythme similaire parle du temps qui passe, et est assez réminiscent de là ou je vais titre studio que l'ont trouvait sur un album live précédent, doté d'un solo de guitare style Talkbox immortalisé par Peter Frampton sur l'abum live du même nom (Do you fell like I do ?). Rien de transcendant avec cette chanson, ça sonne, c'est bien fait, mais il doit pouvoir nous en pondre une tous les 1/4 d'heure des comme celle là. Et puis les choeurs d'enfants, à la fin, moi ça m'agace en général, et celui ci ne fait pas exception à la règle.
Acte VI, Rockcollection scène 10 ajoute un couplet, pas très inspiré, un peu bancal côté texte, prétexte à nous balancer un coup de Buggles (j'adore), et l'on glisse dans l'acte VII, les interrogations d'Elizabeth, qui n'est qu'une virgule sonore (ou j'aurais parié entendre un sample d'Electric Light Orchestra, pourtant non crédité) totalement inutile. Arrivé là, en fait des septs titres que l'on pouvait légitimement attendre à la lecture de la pochette, il n'y a que deux réelles chansons nouvelles , allez, 2 et demi avec dans le vent qui va, plus le rockcollection 2008. Pas de quoi crier au voleur mais tout de même, de quoi se poser quelques questions.
Surtout que l'acte VIII, Jukebox me laisse perplexe. C'est rockcollection sans les couplets originaux, un medley de standards de la pop, une sorte de 7eme vague condensée en 11 minutes. Ce qui m'ennuie là c'est que, sur plusieurs titres, Laurent ne chante pas , ou alors dans les choeurs. la demoiselle qui interprète Heart t of glass ou Moonlight Shadow chante parfaitement, mais moi c'est un album de Voulzy que j'ai acheté, pourquoi diable ne les a t'il pas chanté lui même, puisque il les a choisi ? E comme par ailleurs, côté orchestrations, la prise de risque est minimale, il s'écarte peu des versions originales, reproche que je faisais déjà à la 7eme vague, je suis loin d'être convaincu. Et puis les choeurs sont parfois envahissants. Evidemment, tout le monde connait par coeur les titres choisis, et donc l'ensemble se laisse écouter plus qu'agréablement, et le son est excellent, mais bon, rien qu'un bon groupe de bal n'aurait pu faire. Le morceau s'éternise pour finir sur une reprise de Canned Heat, On the road again, à qui il rend ainsi un hommage appuyé et qui paraît long, aucune idée du pourquoi.
l'Acte IX, Sous la lune, est un ovni dans la discographie de Laurent Voulzy. Comme il ne la signe pas seul, ceci explique peut être cela. Basé sur un riff de basse, j'ai immédiatement pensé à Ou est le Soleil de Mc Cartney, même esprit ludique et sans grand intéret autre qu'anecdotique. Un titre qui aurait pu avoir parfaitement sa place sur une face B ou dans des bonus mais sur un album ? Ici, rien qui n'ajoutera à la gloire du Bubble star. Dans la veine de Catherine part ou Le train de 3H14. Début du texte en anglais, puis passage vers la fin au français. Le morceau meurt doucement dans l'acte X Epilogue, Dans le vent, queue de comète de synthé, bouclant la boucle avec l'intro, point final.
en résumé, au lieu des 10 chansons légitimement attendues à la lecture de la pochette, 4 seulement dont Rockcollection. Là ou j'espérais 10 Jelly Bean, des popsongs inventives, bande son idéale de mes vacances à venir, une seule répond à l'appel. Je pense qu'il ne faut pas aborder cet album comme un nouveau disque de Laurent Voulzy mais comme un truc à part , une récréation que celui ci s'est accordé et dont il nous fait profiter. Le prochain album est donc à venir. Merci tout de même pour ce Jelly Bean, you know what I mean.


The Portalis ce sont 4 musiciens originaires de la région aix/marseille. Tombé je ne sais comment sur leur myspace, j'avais été plus que séduit par les premiers titres proposés, éclaireurs d'un album en gestation.
Avril 2008, l'abum est là, sur le label effervescence-records.com. Evidemment, Sucrepop ne pouvait que se pencher attentivement sur ce premier opus.
La pochette tout d'abord. que j'avais pris pour un pneu
et qui, si j'en crois un jeu concours sur leur site s'avererait être un rideau. Bon, le symbolisme de ce choix m'échappe un peu, peut être est-ce uniquement un parti pris esthétique, au final, cela n'apprends rien de plus sur le groupe. Au verso une photo des 4 membres, idem à l'intérieur. Pas de textes, pas de crédits, qui fait quoi, qui joue quoi, c'est enregistré ou ? bref service minimum, un peu comme si The Portalis était un tout indivisible, un bloc que l'on prend comme il est. Pour en savoir plus rendez-vous sur le site ou le forum.
Pour faire court, nous avons affaire à une formation guitare basse batterie clavier. 3 hommes, une femme. Elle a le bon goût de n'étre ni chanteuse ni bassiste, rôle généralement dévolu à la gente féminine dans le rock. Ils se présentent comme groupe d'obédience pop rock. Chant anglais exclusivement. Du rock ils ont effectivement une certaine sophistication, le batteur particulièrement est loin de l'habituel tchac poum métronomique et joue tout en rupture, en break, bref en finesse, le côté pop s'affirmant avec des refrains qui font mouche, entêtant et efficaces. Après plusieurs écoutes nous avons là un mix entre une musique ou j'entends des influences de progressive, avec des orchestrations élaborées, recherchées, se developpant sur un format un peu plus long que ceux de la pop et parallèlement une évidente volonté d'être accessible et de conserver un potentiel radiophonique. Entre Toto, Coldplay et Genesis quoi
Revue de détails:
Ouverture avec Vibrations. Une nappe d'orgue, descente de toms, basse et guitares qui se rejoignent, le tout monte crescendo pour arrriver à un refrain qui emporte le morceau. Pas un grand single mais un titre qui pose bien les jalons de l'univers du groupe. Une parfaite entrée en matière pour faire connaissance. Le style de titre qui sur scène doit prendre son envol
My revolution qui suit est de la pure chair à radio FM. C'est rock, le chanteur s'y carbonise les cordes vocales, la basse bourdonne à qui mieux mieux, un hymne évident, une grosse production pourrait transformer ce titre en phénoménal carton.
Et c'est, quoique dans un autre style, exactement ce que l'on pourrait attendre de Leave the ground. Si ce n'est pas de la graine de tube ça, je m'appelle Mc Cartney. Impossible de ne pas avoir ce titre logé au fond des tympans dès la première écoute. Et sans concéder une once de terrain à la variété FM. C'est du rock qui ne se cache pas, qui s'assume et porte haut les couleurs de la pop.
Rainy day, sur un tempo plus enlevé persiste et signe. N'importe quel groupe ricain qui sort un album avec ces 4 premiers titres ferait les gros titres de toute la presse rock. Bon, si je voulais être pointilleux j'aurais ajouté plus d'harmonies vocales, mais toute l'énegie de ce titre emporte l'adhésion.
All the time calme un peu le jeu, rythmiquement parlant, laissant transparaitre un côté U2. Une mélodie accrocheuse, un titre riche en atmosphère ou le batteur se taille la part du lion.
Ca repart aussitôt avec un couplet rock couplé à un refrain quasi Motown I can never stop. Encore un titre au parfum de tube, ou les influences Beatles, omniprésentes tout du long de ce disque ce matérialisent plus précisément. Et puisque nous parlons Beatles, le Mc Cartnesque Mrs Gladys qui suit enfonce le clou. Un piano/voix, quelques cordes pour une ballade tout en douceur, confirmant que The Portalis est à l'aise dans différents registres. Idéalement situé au milieu de l'album, il permet de souffler avant d'attaquer la dernière ligne droite.
Fairy tale song relance la machine en conservant le piano comme instrument prédominant. Le côté rock de la première partie du disque s'estompe pour laisser place à des choeurs, et à un titre plus pop ou l'énergie est mise de côté pour laisser place à plus de simplicité.
Once upon a time peine a tutoyer les sommets des précédents titres. Morceau ou l'ambiance prime un peu sur l'efficacité. Pas un titre raté, mais un ton en dessous. Un titre d'album plutôt qu'un single. Le groupe s'essoufflerait-il déjà ?
Kiss before the kill dément en partie. Toujours du côté pop de la force, un refrain porteur, un clin d'oeil au fab four avec un final très Twist and shout, des choeurs qui envahissent l'espace, un bon titre, ou, sans forcer leur talent, les Portalis arrivent à convaincre.
Et pour clotûrer l'album, Till the End la bien nommée. Près de 7'30 quand même. Un piano une voix sur la majorité du titre. Basse baterrie sur la fin en ponctuation. Un final tirant sur Hey Jude sans évidement pouvoir s'y comparer (mais qui pourrait ?). Fin
Alors ?
Rayon critiques, si le chanteur est bon, ce n'est pas le grand chanteur que cette musique mérite. Je suppose qu'il est l'auteur compositeur de la plupart, voir de tous les titres. Et l'impression qu'il est aux Portalis ce que Mc Cartney était au Wings la pièce maitresse et essentiel du puzzle.
Pour résumer, un disque en deux parties, avec des morceaux au rock accéré pour débuter, pour basculer doucement sur un versant plus pop au fil du temps. Un sacré paquet de singles potentiels les place largement au dessus de la mêlée.
Une production plus ambitieuse, mais qui pourrait leur reprocher pour un premier album, autoproduit qui plus est, pourrait faire d'eux des artistes de tout premier plan, car le matériel est là. The Portalis est clairement l'un des groupes les plus talentueux que j'ai pu entendre depuis un bail et s'ils donnent sur scène la moitié de ce qu'ils offrent sur disque, ces 4 là pourraient bien aller très loin.

Un nouvel album de Malin Plaisir, c’est obligatoirement un évènement. C’est quand même un truc qui n’arrive que les années bissextiles.
Pochette tout d’abord. Un dessin illustrant le titre de l’album. Le capitaine Eric, fièrement campé dans sa baignoire à pattes, veille au grain tandis que le moussaillon Domino bulle les pieds dans l’eau. Bref y en a qui s’en font pas. 
7- Tout doux.


