Et merde !
Juste bon, l’album de Mika est juste bon ! Pas énorme, juste bon ! Peut être que j’en attendais trop aussi. Alors que j’espérais un bijou pop aussi lumineux et inattendu que Life in Cartoon Motion, son premier album, Le garçon qui en savait trop (The Boy Who Knew Too Much ) se révèle bien foutu, avec son quota de singles efficaces mais en de ça de mes attentes. Mettons que j’attendais Magical Mystery tour ou Rubber soul et que j’ai eu Rotogravure.
Alors bien sur, la voix si flexible, qui est l’une des caractéristiques de Mika est toujours là, et que ça monte et ça descend, tournoie et virevolte, les chœurs sont au rendez vous, mais il y a un je ne sais quoi qui fait que je reste sur ma faim, comme si Mika avait été au plus simple, au plus facile.
L’album s’ouvre sur le titre qui devait initialement être celui de l’album, We are Golden. C’est également le premier single, et, à ce
titre, il assure bien, le refrain est accrocheur, et l’ombre de Queen, bienveillante, plane au dessus. Blame it on the girls donne l’impression de rééditer le coup, mais le refrain est tellement téléphoné et simplet qu’il plombe le morceau. Rain est à mon avis le meilleur titre de l’album et devrait déclencher quelques poussées de fièvre sur les dance floor. Dr John est sauvé par la voix, mais en soi n’a rien d’exceptionnel, I see You, première ballade fait honnêtement son office sans génie mais sans faiblir non plus. Blue eyes, pourtant déjà sorti sur l’EP Songs for sorrows est à nouveau inclus ici dans la même version. Good gone girl convoque à nouveau l’esprit de Freddy Mercury sans emporter l’adhésion pour autant, Touches you est totalement anecdotique et dispensable. By the time avec son orchestration plus light, ou les harmonies vocales prédominent est une belle réussite, mais la mélodie n’a pas l’ampleur nécessaire pour faire une OPA sur nos tympans. One foot boy démontre simplement que Mika, parfois, ne force pas son talent et cède à la facilité. Inexplicablement un second titre de Songs for sorrow abouti ici, Toy boy. Pourquoi a-t-il été caser sur un nouvel album ces deux titres déjà parus, mystère et boule de gomme ? Pas assez de morceaux en magasin peut-être ? Pick up off the floor calme le jeu, avant de clôturer le disque sur l’erreur fatale, le truc qui gâche tout. Lover boy, est un tel plagiat de Killer Queen de Queen que c’est est pathétique. Absolument impossible de ne pas y penser. Alors hommage déguisé ? Une reprise eut été plus honnête et efficace. Bref The Boy Who Knew Too Much se finit sur une déception, ce qui n’est pas exactement la meilleure méthode pour nous laisser.
Au final, un album qui va confirmer le statut de Mika, quelqu’un avec qui il faut compter, un ton en dessous de son premier mais c’est toute la difficulté bien connue d’un second disque. Mais j’ai tout de même l’impression qu’il peut faire bien mieux que cette enfilade de titres pour les pistes de dance.
Une compilation d'artistes autoproduits présents sur le net.
Je me suis offert, avant de partir en vacances, la compilation, Musiciens.biz le son du web.
Le site internet Musiciens.biz, comme quelques autres, s’essaie à la promotion des artistes autoproduits.
En compagnie de Sincever, évidemment et de l’indispensable web radio DBC pour ne citer que les principaux acteurs, un petit noyau, quasi familial, un petit réseau se forme.
20 artistes ont été compilé ici. Plutôt que de donner une couleur déterminée dans les choix artistiques, l’initiateur passionné de ce disque a souhaité privilégier l’éclectisme innérant au net. On trouvera de quoi satisfaire les goûts les plus divers.
Du blues-rock du Charlie Vitamine Band (dont le chanteur me fait penser à Morisson, dans les blues de LA Woman) au reggae de Pierre Darmon, à l’électro de Square, David Law ou Ayhnik (ce dernier fut l’hôte de Sucrepop, il y a quelques mois) ou à la variété « classique » pour Brunot Bazinet par exemple ou un émouvant instrumental d’Eric Bettens.
20 titres, pour à peine plus de 10 euros, c’est cadeau.
Aucun titre n’est vraiment a jeter dans cette compil, la qualité est au renez-vous (qui en aurait douté ?) mais pour vous parler des grandes réussites (ou pour être exact de mes préférés, reflet de mes propres goûts donc) histoire de vous convaincre, vous y trouverez une mélancolique et superbe ballade guitare acoustique/voix de Corriya Couroyer de toute beauté. Un single pop imparable de Benjamin Popp le bien nommé (si ce titre, pas un chat dans le cœur des hommes ne vous squatte pas les tympans dès sa première écoute c’est à n’y rien comprendre), le "Excuse me sir" de Gianno Spano est tout aussi prenant avec son atmosphère pop-rock envoutante.
J’avais déjà parlé me semble t’il ici même de "Cat" du groupe Rivage avec sa bossa "J’aimerais", et pour termniner ce quinté gagnant, Eric Maïolino avec "c’est vers toi que je vais", fine mélodie avec une voix dotée d’un vibrato que je n’avais pas entendu depuis Véronique Sanson.
La pochette contient les liens vers le site internet de chacun de ces artistes (retrouvez ces liens ici) permmetant de découvrir leurs autres compos. Vous pouvez également écouter la rediffusion audio de l'émission webradio Live Altitude consacrée à cette compil. Bref tout est mis en place pour leur donner un coup de pouce.
Vous pourrez retrouver la plupart d’entre eux sur DBC, sur le chat du mardi soir, l’album peut être commandé par Paypal sur DBC ou par chèque sur musiciens.biz. Au chapitre des "reproches", le taux de féminisation est assez faible, du moins pour moi qui ai une préférence marquée pour les voix féminines.
Un beau geste à saluer sur l'album, un rappel d'une initiative similaire Le meilleur of the web, qui nous fait comprendre que nous ne sommes pas ici dans le monde du mercantilisme et de la concurrence mais de la passion.
Merci à tout ce beau monde de ce décarcasser pour épauler les artistes, et merci aux artistes pour tout ce talent.
Compilation Musiciens.biz le son du web vol.1 - Environ 77 minutes pour 20 titres :

1) Mademoiselle Olivier - Azteca, talk-over en Z majeur
2) J.Barleycorn - Comme une conne
3) Ayhnik - Hi Nic !
4) Corriya Couroyer - Quand tes paupières sont closes
5) Eric Bettens - Dialogue
6) Eric Maïolino - C’est vers toi que je vais
7) Bruno Bazinet - Emmène-moi
8) Cat (Rivage) - J’aimerais
9) David Law - Le voyageur
10) Solinch - L’étau
11) Charlie Vitamine Band - Back on the road
12) Racines - Réfugié
13) Gianni Spano - Excuse-me sir
14) Pierre Darmon - Tu t’laveras les pieds
15) Monsieur Z - Tous innocents
16) Cris jo Mirale - Voler
17) Square - Having a bath
18) Manguifi -La brume
19) Ana Gram - Revenir en arrière
20) Benjamin Popp - Pas un chat (dans le cœur des hommes)
Avec son 3eme album studio, Mademoiselle Nolwenn Leroy poursuit son évolution artistique, de manière indéniablement surprenante mais intéressante et intelligente. Après un premier disque d’interprète au succès prévisible et formaté, un second tout aussi commercialement réussi, aux chatoyantes couleurs pop née de sa rencontre avec le maître es pop français, Laurent Voulzy, ou son implication était plus palpable mais sous pilotage de l’homme à la ricken le troisième s’avère plus personnel.
Car si une seule chose devait être dite à propos de l’album Le Cheshire cat & moi, c’est son passage aux commandes. Certes elle reste, très bien, entourée, mais le pilote de l’avion est dorénavant Nolwenn. Elle signe ou co-signe les 11 titres (+ 3 bonus sur l’habituelle version deluxe) et en a confié la réalisation à Teitur, plaçant de ce fait l’album sous le signe de l’épure et l’acoustique.
Rupert Hine, de loin le plus titré de la bande, signe 2 titres dont le premier single le charmant Faut il faut il pas ? et de Ruth Wall joueuse de harpe de Goldfrapp à Jonatha Brookeen passant par Michelle Featherstone, c’est clairement la ligne indies qui est en ligne de mire. Enregistré en bonne partie en Suède, le disque déroutera probablement initialement le grand public.
Sa voix, toute en douceur, se loge au creux de l’oreille. Abandonné les performances vocales, elle sait qu’on sait qu’elle peut, place à l’intimité. Le titre éponyme qui ouvre le disque, son violoncelle, ses glockenspiel, son rythme doucement haché, presque comptine, son texte cryptique, donne de suite le ton. Le premier single et son clip décalé accroche les tympans, c’est bien le moins pour un single mais son rythme quasi martial et ses sifflets à la pont de la rivière Kwaï risque d’en décontenancer plus d’un(e).
L’autobiographie Mademoiselle de la gamelle est l’un de mes titres préférés, et qui démontre un chouette talent d’écriture, couplé à une jolie mélodie. Je ne vais pas tous les passer en revue, sachez que 3 sont en anglais (initialement elle avait écrit l’ensemble des morceaux dans cette langue) et qu’elle n’a pas à en rougir, la frenchie ne s’entend pas.
C’est encore le titre de son sensuel septième titre qui la définit le mieux sur cette fin 2009, Parfaitement insaisissable.
Au final, sa maison de disque doit se faire du mouron car, si artistiquement elle grandit, commercialement, cela risque d’être moins payant. Comme je l’ai entendu dire en interview, vu la crise du disque, de toutes façons, on ne vend plus, alors autant faire ce que l’on a envie de faire.
On ne saurait être plus lucide, l’interprète a gagné ses galons d’artiste et cette mutation lui va bien.
à noter un joli visuel, signé Thomas Jacquet
1. Le Cheshire Cat
Troisième (et dernier ?, avec eux va savoir) album pour Oldelaf et Monsieur D, le titre résumant bien la situation critique dans laquelle ils se trouvent, Dernière chance d'être disque d'or
Affublé d'un pseudo qui pourrait être issu d'Astérix et les Vikings, Olivier Delafosse Alias
Oldelaf c'est acoquiné avec Benjamin Pascal en nouveau Monsieur D et d'un troisième larron nommé pour l'occasion Firmin Lepers,en fait Julien Breton.
et mine de rien c'est trois là nous sortent l'un des albums les plus enthousiasmant de ces derniers mois. Un fois n'est pas coutume, moi qui, habituellement, fait la fine bouche dans le domaine chanson d'humour, voilà que cet album ne quitte plus mon lecteur mp3.
De l'humour, il y en a à la pelle (l'énorme Si on chantait devrait faire oublier Julien Clerc sans coup férir) mais aussi de sacrés bons pastiches. Le plus qu'Eddy Mitchell, Le prince du rock and roll part 1 (la part 2 vaut également le détour) par exemple.
En cette période morose, ces lointains fils d'au bonheur des dames devraient voir leur disque être remboursés par la sécu, tant le nombre d'antidépresseurs baisserait si leur écoute était obligatoire. Je ne vais pas passer tous les morceaux en revue, le tubesque Le café vous a probablement déjà accroché l'oreille, voir les yeux via le clip, c'est juste un bijou ou le ukulele, pour ne rien gâcher n'est pas en reste, Nathalie et ces choeurs celestes, le slow qui tue Bérénice, je ne vous fait pas l'article, ce disque est juste indispensable. Le groupe se saborde en janvier 2010, il vous reste à peine 6 mois pour leur rendre l'hommage qui leur est du.
Ophelie Winter sur Sucrepop ! Tu t’es vu quand t’as bu ?
Le retour de la blonde aux gros poumons avec un album autoproduit l’a conduit en ces pages. Resurrection est son nom. Difficile de trouver plus clair comme titre de disque, la demoiselle revient de loin. Pas d’album depuis 7 ans, elle avait du briser un miroir, puisque poursuivit par la scoumoune, habituée des rubriques people rayon fait divers, des ventes avoisinant les miennes, c’est dire, lourdée de sa maison de disque, la voici donc reprenant à 35 ans son bâton de pèlerin pour tenter un comeback, elle s’accroche. Cet album était déjà annoncé il y a deux ans, c’est dire la mal quel a eu à le faire naître. D’ailleurs pour le moment, le disque ne sort qu’en version digitale (comprendre téléchargement).
Et donc Resurrection dit elle. Bon, j’avoue je n’ai jamais écouté un album d’Ophélaïlle, même partiellement, trop hip-hop djeuns R&B pour moi, pas ma génération, pas mes références, juste son premier single auquel il était difficile d’échapper, Dieu m’a donné la foi. Exceptée sa plastique, c’est donc en terrain vierge que je m’aventure pour décrypter son nouvel opus. Il est réalisé par elle-même et un certain Wayne Beckford, collaborateur habituel, peut être connu dans ce milieu musical, je plaide coupable pour ma totale ignorance.
Je ne vais pas passer l’album en revu titres par titres comme j’en ai l’habitude, juste vous en faire un résumé. D’abord, il est 100% anglais, une version française est annoncée, qui ne sortira probablement que si le disque cartonne assez. Ca commence assez mal avec un titre en intro d’une minute ou un invité rape à qui mieux mieux, totalement dispensable, peut être que cela fait parti des us et coutumes, mois je zappe, mais ensuite ça cogne. Encore une fois, je ne connais rien à ce style de musique, ces codes, ses références, mais force m’est d’avouer que c’est super bien foutu et je parle là de musique
. Gros son, voix en cascade, arrangements millimétrés, clavier omniprésent (y a-t-il seulement une seule guitare sur ce disque ?), du beau boulot côté technique.
Rayon critiques, les producteurs semblent avoir découvert le logiciel Autotune et en usent et en ab
usent au point d’en masquer la voix ce qui fait qu’au final, a peu près n’importe qui aurait pu avoir chanté cet album, sachant qu’en sus, Mademoiselle Winter manque cruellement d’une signature vocale qui permettrait de l’identifier.
Côté compos, c’est une chose de groover et et d’avoir le son, une autre d’avoir des singles. Et là je reste un peu sur ma faim, Affection le premier extrait est certes bien balancé, mais derrière
Like a superstar me parait être le meilleur titre, le reste me rentre par une oreille et s’en échappe aussitôt, de la chair à piste de danse, lieux que je ne fréquente pas, mais pas à radio.
Madonna sortirait un album de ce style, on crierait probablement à l’excellence. Resurrection est sans grande peine supérieur aux derniers disques de la diva américaine. C’est dans le vent, et du coup vieillira mal, mais en 2009, ça peut le faire, c’est tout le mal que je lui souhaite, renouer avec le succès, bien qu’autoproduite, elle a accès a une couverture médiatique sans commune mesure avec ses petits camarades dans le même cas et le buzz peut démarrer.
Donc Resurrection confirmée, Ascension à suivre
J’y ai cru.
Franchement, j’y ai cru.
En partie parce que je souhaitais le croire, évidement, comme souvent, mais aussi parce que les prémices laissaient augurer un grand cru.
Donc, juste avant ces 65 ans, Sir Paul Mc Cartney se fend d’un nouvel album, le 21ème si je ne m’abuse, à peine 2 ans depuis le précédent, Chaos …, encensé par la critique, échec commercial et que personnellement j’avais trouvé mou et peu intéressant. Le nouvel album, Memory Almost Full, est en réalité composé pour bonne part de titres enregistrés avant Chaos. De la à dire que ce sont les laissés pour compte qui réapparaissent aujourd’hui …
Mais ne boudons pas notre plaisir, en route pour une visite commentée, à défaut d’être guidée, des 13 chansons composant l’album.
A titre indicatif, pour apprécier chaque nouveau titre de Mc Cartney, je me demande si celui ci pourrait figurer dan un futur best-of. Amoureux de mélodies et de titres au potentiel tubesques, à défaut d’en être, ce que j’attends d’un auteur compositeur de ce calibre, à tort ou à raison, c’est qu’il soit à la hauteur de ce qu’il fut, l’époque bénie des Wings par exemple, ou ses disques étaient truffés de hits mémorables et ou la quasi-totalité des titres aurait pu faire un single sans rougir.
Ce n’est probablement pas le point de vue que lui-même a sur sa production, mais c’est l’attente qui est la mienne et l’éclairage sous lequel je juge ce disque (et les autres que je chronique).
L’album s’ouvre sur le second titre à avoir été diffusé et le 1er single, Dance tonight. Basé sur une tournerie à la mandoline, qui confère un son original à l’ensemble, c’est un titre qui accroche bien, rien d’exceptionnel, mais qui fait correctement son office d’attrape tympan. Le clip, réalisé par Michael Gondry, vaut plus par sa technologie que par son scénario. Un reproche que ses détracteurs ne manqueront pas de faire, le texte est d’une rare nullité, personne, en français, n’oserait signer de telles paroles. Mais un chouette titre.
Second titre mais premier diffusé, faut suivre, Ever present past.
P… ! Un vrai hit, un machin qui pourrait marcher ! Depuis combien de temps le Macca ne nous avait il gratifié d’un single qui en soit réellement un ? D’un truc qu’on se surprend à fredonner impromptuement dans la journée, d’un truc qui aurait pu faire un 45t (remember ?).
C’est pop, ça balance, les trompettes de Baby you’re a rich man sont convoquées, en moins de 6 minutes et en deux titres, il explose les compteurs. Aurait on affaire à un Mc Cartney inspiré ?
See your sunshine. Déjà le 3ème, le temps passe vite quand on aime. Une ligne de basse inspirée qui porte clairement sa patte, des chœurs, je ne raffole pas de ce titre, qui n’amène pas grand-chose, mais ne retire rien non plus ;o)
Pas du mauvais Paul, pas du grand non plus, allez, suivante.
Only Mama knows. Une intro de cordes (que l’on retrouvera en outro) très Eleanor Rigby, clin d’œil à Georges Martin ? intro qui laisse place à un rock de facture classique, qui aurait pu trouver sa place sur back to the Egg, ou il nous démontre que côté voix, en studio du moins, il assure toujours grave. Totalement dispensable, mais nette progression par rapport à Chaos qui manquait cruellement d’énergie. Là on sent la vie, ça pulse, ça remue. Pas un hit pas une daube bon plus.
You tell me. Une ballade, la première. Aux premières écoutes, je n’accrochais guère. En m’imprégnant plus de l’album, elle a finalement son charme. C’est du classique Mc Cartney, comme on en trouve sur la plupart de ses disques. Il manque le petit truc magique qui ferait décoller l’ensemble mais ça le fait bien tout de même.
Mister Bellamy. Un titre étonnant. Comme une juxtaposition de petits bouts de mélodie, d’inspiration 10CC je trouve. En tout cas, une belle réussite, ou il parvient à surprendre. Bizarrement, au deux tiers du titre, alors que l’on vient à peine de se faire hameçonner de la plus belle manière, il termine sur une partie instrumentale trop longue à mon goût (quoique le titre au total ne dépasse pas 3’40’’). Bref un parfum d’inachevé ici, un coïtus interromptus musical.
Gratitude. Pour ma part, un faux pas. Un texte aussi insipide que possible, pour une musique inintéressante également. En bonus oui, au milieu d’un l’album, non. Rien à sauver, une chute de Chaos ? ;o)
Vintage clothes. Un truc qui part bien, un couplet bien tourné qui abouti sur un refrain décalé, j’attends que le morceau décolle, et bien non. Et malgré tout, un charme certain se dégage de ce titre. Plusieurs ruptures de rythme qui donne une certaine richesse au morceau qui bascule dans
That was me. Parce que j’ai oublié de le préciser, M emory Almost Full était annoncé comprenant une suite à la Abbey Road, enchaînant 5 titres. That was me et sa basse omniprésente en sont donc la seconde partie. La transition se fait en douceur, on change là totalement d’atmosphère, du Mc Cartney millésimé, entre rock et pop, un titre qui porte sa marque de fabrique, qui me fait penser à RAM.. et l’on glisse dans
Feet in the clouds. Bon, un truc un peu folk, avec une basse toujours aussi lumineuse. Je ne suis pas fan, un beau travail sur les harmonies vocales dans le pont, un peu de clavecin, allez celui là je le placerais période Hope of deliverance

House of Wax. Sur celui là je sauve la voix et le formidable solo de guitare. C’est le titre le plus long de l’album, 5’00, et le temps se traîne. Pas de surprise dans la production d’un tel titre, il est coutumier du fait, et je n’accroche jamais. Bon, à la dixième écoute, je ne le zappe pas encore, ce qui est un signe, mais pas pour moi.
End of the End. Le moment fort de l’album. Le moment émotion aussi. Où il évoque clairement sa propre mort, et donne les consignes sur la conduite à tenir ;o) un peu comme Partit avant les miens de Daniel Balavoine. Accord de piano et cordes, mélodie dont il a le secret, pourquoi donc a t’il fallu qu’il se lance dans un solo sifflé ? Moi, j’entends mélodie sifflotée, et je pense à Jealous Guy de l’autre géant, et là, il n’y a pas photo, Paul ne sait pas siffler ;o) Ca reste une belle chanson qui aurait joliment clôturé ce disque.
C’était sans compter sans l’abominable Nod Your head, fatal treizième titre. D’un autre côté, on en prend seulement pour 1’55. Limite pour une face B, à l’époque ou elles existaient encore, si l’on excepte la voix de Paul ou il démontre qu’il sait encore s’arracher, elle ne vaut pas tripette.
Alors finalement cet album ? Une heureuse surprise, même si les promesses annoncées par Ever present past n’ont pas été tenu. Indéniablement son meilleur album depuis des lustres, il reste loin néanmoins des standards qu’il a lui-même établi. Mais à 65 ans, après quasi 50 ans de chansons composées, je souhaite à la concurrence de faire aussi bien. La voix est toujours aussi souple et expressive, les lignes de basses absolument somptueuses (qui compose de telles lignes sur de la pop ?) et l’énergie semble être revenue, fini la guimauve mollassonne (c’est moi qui écrit ça ??) de ses précédents opus Almost Full, certes, mais pas totally.
Le clip de Dance Tonight
La track list
There's a place.
Quand on ne connaît rien d'un artiste, c'est la pochette, le titre de l'album qui donnent la première impression.
There's a place, chez moi résonne comme le début d'In my life dès qui vous savez. Et il se trouve que Phil Pace reprend un Lennon sur son premier album, pas le plus facile, un qui parle de son addiction à l'héroïne, Cold Turkey.
Côté graphisme, une photo dans les tons sépia, un homme assis sur le perron d'un maison de pierre, avec une guitare en prime, j'aurais dit blues ou folk.
C'est la seconde option la bonne.
Un folk à l'américaine, tendances Dylan. Ou rock version Tom Petty. Mettons Travelling Willburies et nous mettons tout le monde d'accord.
Textes aux résonances politiques, atmosphère musicale qui voit les guitares acoustiques et l'harmonica être au rendez vous, le single Comfort and else, diffusé dans ma newsletter de mai en est la parfaite illustration. Une musique intemporelle, dont les racines plongent dans les années 60 et 70. Des titres plus rock comme 21th century blues ou presque pop comme Mary, même si la majorité de l'album a des accents folk.
On y entend des réminiscences de Georges Harrison, et même une copie quasi conforme d'un vieux hit des sixties, Listen to rythm of the falling rain des Cascades qui se cache sous le titre Lauren Manning qui évoque par ailleurs la tragédie du 11 septembre.
Le plus fort, c'est que ce Phil Pace est un gars de Marseille qui sort un album que l'on croirait sortie de Nashville USA. Et là je dis chapeau ! Car pas un seul instant, dans ce difficile exercice de style, le doute ne plane. Si les influences sus citées au cours de cette chronique sont les vôtres, les chances que There's a place deviennent votre disque de chevet sont relativement élevées
Le clip Comfort and Else
L'album There's a place