Mc Cartney - Chaos and creation in the backyard

Mc Cartney

 

le site

Pochette Etre et avoir été. sujet de philo ou simple constat à l'écoute de chaos and creation in the backyard, le dernier Mc Cartney paru aujourd'hui.

Le Mc Cartney nouveau est arrivé. 4 ans après sa dernière livraison, l’homme qui a donné ces lettres de noblesse à la pop, le compositeur le plus titré nous propose son 20 eme opus studio post Beatles. Un album on ne peut plus solo puisque il y est crédité de la plupart des instruments, comme à l’époque du Mc Cartney II (ce qui n’est pas pour me rassurer).

Chaos and creation in the Backyard, tel est son nom.

Mc Cartney, comme pour tant d’autres, est celui qui m’a amené à la musique. Au top de mon panthéon personnel, j’avoue néanmoins que depuis une quinzaine d’années, je ne suis plus convaincu. Son dernier top 10 remonte a 1987 et cet étalon or de la pop musique n’a pas écrit une vraiment bonne chanson depuis un bail. La ou l’Elton, pourtant plus prolifique, réussi encore a séduire, Mister Paul se contente de nous balancer sa voix reconnaissable entre toutes (qui n’a pas un morceau des fab four coincé entre les oreilles) et des chansons toutes plus dispensables les une que les autres.C’est donc un brin désabusé que j’ai abordé cet album, que je m’en vais vous détailler piste à piste.

Une petit résumé pour les ceussent pressés, un signe qui ne trompe pas, je suis totalement incapable de vous siffloter un des titres du Macca nouveau après 5 à 6 écoutes, cherchez pas le hit, il n’y en aura pas. Co-produit par Nigel Godrich (Radiohead), sa signature n’est pas omniprésente, la plupart des titres auraient pu se trouver sur Driving rain ou Flaming pie sans choquer.

Allons y pour le tour du propriétaire

1- en ouverture, le single français, Fine line. Un piano, un petit rock comme il doit pouvoir en écrire 10 par jour, c’est un des titres les plus accrocheurs de l’album c’est vous dire ou se trouve le niveau des autres. Ceci dit, pour une reprise de contact avec sir Paul, ça peut le faire. Ce n’est pas loin de sonner comme le pire ELO. Si vous aimez la musique qui bouge un peu, vous pouvez vous rendormir, le reste du voyage sera encore moins violent

2- How kind of you, pas désagréable après plusieurs écoutes, même si on ne voit pas très bien ou il veut en venir. On pense à une chute de Press to play, mémorable four, album pour lequel j’ai néanmoins une certaine tendresse.

3- Jenny Wren. Ou la guitare acoustique prend la parole et ou la comparaison avec Blackbird, récurente dans les différentes chroniques que j’ai déjà pu lire n’est pas à son avantage. Cette ballade est néanmoins attachante, et si elle n’est pas mémorable c’est la 1er heureuse surprise. Un solo original, si ce titre ne fait pas date on y retrouve, à défaut de l’inspiration, le coup de patte du maître.

4- At the mercy. Piano voix. Bon, c’est du Mc Cartney au kilomètre. Inoffensif, inodore, totalement dispensable. Ou sont les Warm and Beautiful, Pipe of Peace et autres chefs d’œuvres.

5- Friends to go. Qu’est ce qu’il fout le Paulo. 4 ans de compositions, ça se résume à ca ? Merde, on attend autre chose de lui. Enfin MOI j’attends autre chose. Peut être que lui est loin de cela, qu’écrire des chansons que tout le monde connaît par cœur, que tout le monde chante, qu’enregistrer des disques qui touche les gens, il a déjà fait, ça ne l’intéresse plus. Mais quand même, il n’y a personne pour lui dire que ces chansons ne cassent rien. D’un autre côté, elles sont sous les 3 minutes, c’est déjà ça. Ca n’est pas mauvais , entendons nous bien. Ca s’écoute. Mais pas lui. Pas de lui, pas par lui.

6- English tea fait enfin dresser l’oreille. Un rythme à la For no one (mon titre préféré) des cordes comme s’il en pleuvait, un solo atterrant de prime abord puis finalement simplement surprenant, 2’12 de qualité.

7- Too much rain. Et hop, on replonge en apnée. C’est mou, désespérément mou. Voir creux. La voix sauve la baraque, comme d’hab.

8- A certain softness. Un rythme aux ambiances latine, m’évoque somebody who cares de Tug of war, dans un registre moins éclatant

9- Riding to vanity fair. Le titre le plus long de l’album (5’06) et malheureusement, ça se sent. Il n’en finit pas de s’étirer ; à se demander ce que fout le producteur. 0 la sortie de ce titre, on est au fond du trou, plus que 4 titres, va t’il sortir enfin un atout ?

10- Follow me, la ballade folk de rigueur, un titre déjà connu, dont j’espérais que ce serait le titre le plus faible de l’album à venir. Perdu, c’est l’un des meilleurs. Une vague réminiscence de Two of us

11- Promise to you girl. Une intro prometteuse, ou le Paul nous la joue harmonie vocale comme au plus beaux jours de Because. Puis le morceau se lance un peu, premier réveil un peu rock depuis Fine line. Alternance de parties plus lentes et plus rapides, il n’est jamais si bon que quand il nous fait son Beach boys.

12- This never happened before. I l’a fait. La 1ere mélodie qui tient vraiment la route. 12 titre pour arriver là. Carrément au dessus du lot. Ce n’est pas le grand Mc Cartney, mais c’est celui qui a ce p… de talent. Apres tant d’attente, la patience enfin récompensée, elle ne vaut pas à elle seule l’achat de l’album mais ça fait plaisir.

13- Anyway.Le soufflé ne retombe pas complètement, ce titre maintient l’attention, et reste plaisant.

14- Il l’a fait. Succomber à l’imbécile morceau caché qui une fois e plus eut mieux fait de le rester. Un instrumental, juxtaposition de parties sans autre lien que la décision de leur créateur. La partie du milieu sur un bel arpège de piano aurait pu se détacher du lot.
Bon voilà, le tour a été fait. Un album raté (du point de vue qui est le mien, c'est-à-dire de celui qui attend des miracles du messie ;o) Pas de hits, rien qui vous colle le frisson, un enchaînement de titres ni mauvais ni bons, ordinaires. Un inconnu proposant cela a une maison de disque n’aurait aucune chance de signer, ni aujourd’hui, ni il y a 20 ans.

Soit Mc Cartney ne peut plus écrire ses mélodies, il a a perdu le secret, soit il ne veut plus aller dans ce sens, après tout pourquoi pas, au risque de décevoir une fois de plus, les zillions de gens qui attendent, non pas les Beatles, mais au moins des mélodies pour se faire des souvenirs. Il a pendant si longtemps la bande son de notre vie que ça fait toujours un peu de peine de devoir continuer sans lui.

Je ne sais pas si l’on peut être et avoir été, j’espère simplement qu’il sera.

Meek: Margaret et ses bijoux

Meek

 

le site

Meekpochette_3d.gif Meek, l'homme aux harmonies vocales nous sort un 3ème album que Brian Wilson ne renierait pas.

Plus de 2 ans après la parution du fantabuleux album Psychotique, Meek nous revient avec Margaret et ses bijoux, un titre qui évoque l’Angleterre terre d‘influences du susnommé.

3ème abum du surdoué pop, après celui hommage aux Beatles, que nous réserve ce nouvel opus, Meek rééditera t’il le chef d’œuvre qu’était Psychotique.

Déjà à réception de l’album, plus de moyens ont visiblement été mis : pochette luxe, textes présent, différents intervenants extérieurs, différents studios, Meek est sorti de sa chambre.

L’album s’ouvre sur Margaret. La patte du maestro est instantanément là, la marque de fabrique, un empilement de vocaux, un millefeuille de voix enchevêtrées pour un morceau acapella. C’est le second single de l’album dispo sur le site. On pense aux Beach Boys, à Queen, on pense surtout à Meek, excellente introduction à son univers, la parfaite entrée en matière.

Nos rêves sont idiots poursuit l’idée. Un texte toujours aussi étranges que ceux de Psychotique. A mon sens l’un des points faibles de Meek, de jolies images mises bout a bout qui font un kaléidoscope certes charmant, mais un peu hermétique, qui complique un peu l’entrée dans son univers. La musique toujours nappée de vocaux, et truffée d’onomatopées dans le style de j’aime bien quand tu pleures. Bref dans la droite ligne de Psychotique.
Les pays sans miroir et son intro très Beatles et son rythme très sixties fait montre d’une orchestration bien plus riche. Un sacré boulot d’arrangeur.

Le titre suivant est chanté en anglais, une ballade piano voix, peut être dans le but d’élargir sa base de fan à l’international, c’est tout le mal que je lui souhaite. La chanson manque un peu d’une certaine évidence mélodique, nécessaire quand l’instrumentation est plus légère. Un second morceau, Peruvian Rhapsody est également interprété en anglais. Plus étoffé instrumentalement il navigue également dans les eaux british du flower-power.

Si l’on excepte Peter et le ciel, petit bijou de popsong, nombre de titres de cet album tournent au dessus des 4 minutes, pas vraiment le format pop idéal. Les morceaux sont généralement très riches, et nécessitent une écoute approfondie pour en découvrir toutes les subtilités, mais au détriment d’une simplicité mélodique. Pour faire référence aux grands aînés cet album est plus dans la trace des Zombies de Odyssey and Oracle que de Rubber soul.

Les vestiges du Caire une chanson piano voix, percutée en son milieu par un espagnolade tout à fait dispensable, avant de revenir à du Meek plus classique.

Le reste de l’album se coule dans le même moule avec, à mon sens une seul faute de goût,cow-boys et les indiens une voix très trafiquée, un texte explicite mais le tout ne m’accroche pas.

Au final, un album attachant, moins percutant que ne le fut Psychotique (l’effet de surprise en moins ?) qui nécessite plus de temps pour être apprécié, plus profond. Meek y confirme de formidables capacités d’arrangeur, un don pour recréer un son sixties tout en y alliant une certaine modernité, un talent inégalé en France pour créer des harmonies vocales complexes mais toujours a bon escient, l’ajout d’une pointe d’efficacité dans les compos rendrait le personnage carrément incontournable dans le paysage pop francophone. Vivement le prochain album.
Meek, des bijoux, on en veut d'autres ...

Margaret et ses bijoux" (Bedroom/MUSICAST)
Sortie en France octobre 2004

margaretzoom.jpg
01- Margaret
02- Nos Rêves Sont Idiots
03- Les Pays Sans Miroirs
04- As We Sail Across The Sea
05- Les Girafes de Babylone
06- Bonny Song
07- Peter et Le Ciel
08- Peruvian Rhapsody
09- Les Petites Madeleines
10- La Ballade du Trimaran
11- Naphtaline
12- Les Cow-Boys et Les Indiens
13- Thé-Cognac à Copenhague
14- Ne Venez Pas Chez Moi!
15- Les Vestiges du Caire

Meek - Psychotique

Meek

 

le site

Pochette Le chaînon manquant entre les Beatles et Polnareff, on l'attendait l'album pop français référent. Il est là.

Les coups de foudre, ça ne s’explique pas. Ca se constate, se subit, ca nous emporte, sans comprendre, sans même avoir besoin de comprendre, on sait, c’est tout.

Arrive l’ovni...

L’album Psychotique de Meek, n’est pas un disque de pop, même française, de plus. Ce n’est pas juste un chouette album, c'en est un qui vous colle à la tête et au corps pour ne plus vous quitter. Ce n’est pas simplement un album gorgé jusqu’à plus soif d’harmonies vocales comme on n’en entend que sur nos vieux vinyles, un mille-feuilles de cordes. Cette galette n’est pas seulement fourrée de mélodies à tiroir, qui s’incrustent en vous et ne vous lâcheront plus, saupoudrée de guitares délicates et d’orchestration inventives, innovantes comme on a plus entendu depuis des lustres. Ce n’est pas uniquement parce que Mc Cartney aurait du faire cet album il y a longtemps, que Brian Wilson l’a sûrement rêvé et que Phil Spector, du fond de sa prison, doit regretter d’avoir révolvérisé cette demoiselle sans avoir participer à sa conception, qu’il vous faut l’acheter.

C’est l’histoire d’un Meek, fan de ceux que je viens de citer, qui, seul dans sa chambre, enregistre ce "putain" d’album, le chaînon manquant entre la pop anglaise et notre chanson française. Et ne croyez pas pour autant que les textes ont été laissé de côté, dans la grande tradition sixties. Originaux, différents, déroutant parfois par rapport à ce que l’on peut lire habituellement.

Vous trouverez 15 titres sur ce CD. Suffisamment pour tenir jusqu’au prochain. De Psychotique, qui vous scotche d’entrée, addictif en diable, en passant par la merveille pop de j’aime bien quand tu pleures qui n’aurait pas dépareiller Pet Sounds, pas moins. Rien, absolument rien n’est a jeter, que du bonheur.

Là ou Les Innocents ont laissé tomber, lassés, ou Polnareff a montrer le chemin, Meek transforme l'essai.

Alors, si pour les fêtes de Noël, vous ne savez pas quoi demander à celui qui descend du ciel, si vous connaissez un fan des Fab four à gâter/pourrir, si votre petit ami à Caroline no en hymne perso, bref si vous êtes en manque d’idée, pas d’hésitation, croyez moi sur parole, vous ne trouverez pas mieux.

Laissez tomber le Let it Be Naked, le Nième bouquin sur Lennon, le DVD hommage à Georges Harisson, Meek est bien vivant et fait la musique d’aujourd’hui. Pour même pas 15 euros, offrez vous du plaisir.

Meek - Sortie de secours

Sortie de Secours

Meek

Meek4.gifAprès une longue interruption due à d’importants soucis de santé, voici arriver sur nos platines Sortie de secours, le 4eme album de Meek , si l’on compte Sleeping with Big Ben paru au Japon uniquement. Sortie le 8 décembre alors que prêt depuis quelques semaines (hommage à John ?) ce nouvel opus est dans la droite ligne des précédents, ce qui est loin de nosu déplaire.

Vous ne connaissez pas Meek ? Cet histrion a décidé de faire de la pop en français (enfin essentiellement en français), dans un pays dont l’attrait pour ce style reste globalement du domaine de l’anecdotique. Audacieux non ?
Une pop ou de complexes harmonies vocales sont sa signature, à faire passer les garçons de la plage pour les garçons bouchers.

Sortie de secours est, comme le veulent les us et coutumes Meekiens, composés de 15 titres, titres dont le simple énoncé vous permettra de comprendre de suite dans quel univers barré le dit Meek s’agite le bocal, Evaporée Charlotte morphinique, Je ne porte aucun édifice, le Gange illuminé ou Les princes morts, qui d’autre que lui pour écrire de telles popsongs ?.

Meek est définitivement un ovni dans la production française, ces chansons, quoique baignant à l’évidence dans une pop sixties dans la conception n’ont jamais ce côté suranné et précieux de pâles ersatzs. Les textes tarabiscotés, cryptiques même parfois, ses orchestrations surprenantes,  décalées, foncièrement hors du temps et des modes, offrent un album aux couleurs chatoyantes, kaléidoscope où se télescopent Beatles et Donovan, psychédélisme et dandysme de la vieille Angleterre,  brins de folie et réalisation au cordeau.

Meek3.gifL’album s’ouvre sur le premier single, Six feet under, en anglais, hommage à la série télé du même nom et qui résume la tonalité de l’album, guitares acoustiques en pièces maîtresses, mille feuille de voix, et, nouveautés sur cet album, uniquement de « vrais » instruments joués par de vrais musiciens, exit les synthés et autres samples, Meek veut de la sincérité, du réel, pas de faux semblants. Elle est tellement vieille que tous ses amis sont morts (quel superbe titre !) nous permet de l’entendre dans un registre vocal inusité, plus grave, Je vous parle de la pluie sur la mer est l’un de ses plus beaux textes, Maxime ne fait pas l’enfant ! un petit bijou d’humour, bref Meek fait ce qu’il fait le mieux, du Meek, probablement un poil complexe pour le grand public, mais de quoi confirmer son statut d’artiste culte et de pleinement justifier l’espoir que place en lui tous les fans d’une pop classieuse sans être putassière.

Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, Meek a formé un groupe pour une série de concerts, vous aurez donc le plaisir de découvrir les vignettes sonores de Sortie de secours en version live.

 

Meek_sortiedesecours.jpg
1.    Six feet under
2.    Le Gange illuminé
3.    Alléluia Birmanie
4.    Elle est tellement vieille que tous ses amis sont morts
5.    Willy boy scooter
6.    Je vous parle de la pluie sur la mer
7.    Etes-vous Ramona Clichy?
8.    Troublemaker
9.    Evaporée Charlotte morphinique
10.    Je vous aime immédiatement
11.    You'll never die alone
12.    Maxime, ne fais pas l'enfant!
13.    Paris France
14.    Je ne porte aucun édifice
15.    Les princes morts


Son site web
Son myspace
Sur Facebook


Menolly

Menolly

 

le site

Pochette Menolly, groupe lillois, pas bien vieux, qui nous sort son 1er CD. 4 titres, 4 musiciens, dans une configuration plutôt classiquement rock, basse, batterie, une guitare, une voix. Et comme la voix est féminine, ne résistant pas à mes vieux démons, j’ouvre grand mes oreilles.

Le groupe se présente comme grungyfunkypunkyrock, formule cabalistique qui vaut bien celle de Marry Poppins, avec pour influence majeure Nirvana.

Le recto de la pochette nous présente un groupe sur scène, et au vu des morceaux, il est évident que cette dimension "énergie" fait partie de leur point fort.

Pas d’indication de l’ordre des morceaux sur le site, donc je commence par celui qui m’a accroché initialement, qu’un fana de sucre comme moi ne pouvait rater ;o)

Candy propose une guitare rythmique à l’avant, un titre pop en diable (pas l’ombre de funk la dedans) une sorte de Blondie des 1er albums, encore punk, énergique, les chœurs masculins accentuant ce côté punk. Bref une ritournelle qui accroche bien. Le morceau gagnerait peut être à être plus ramassé sur album, pour laisser à la scène la version plus échevelée.

Oublié, le titre suivant, commence tout en douceur, et puis les Menolly s’énervent soudain. Le titre en français cette fois, démontre que le groupe se cherche encore un peu de ce côté. C’est l’option punky-rock qui est de sortie. Ca cartonne sévère, mur de guitares, tempo de ouf, le batteur frappe comme un damné, le bassiste pousse au cul comme c’est pas permis, et la popisante Lau de Candy laisse place à une furie. Les chœurs masculins, tendance punk de la grand époque, m’agacent un tantinet, (on croirait entendre les hoy de ma jeunesse ;o) mais le tout fait son office, arracher le monde à sa torpeur, et je soupçonne ce morceau d’être un prétexte à relancer la mode du pogo.

Un seul rêve démarre sur un larsen pour laisser les guitares parler. Ce n’est pas avec ce morceau que nous allons nous rendormir car voilà le côté grunge de la force qui se manifeste avec toujours les réponses des voix d’hommes à la voix lead et Lau nous signe là un morceau très Evanescence. Musclé le son chez les Menolly (au fait, ça signifie quelque chose Menolly ?). Néanmoins l’énergie n’en laisse pas moins sa part à l’écriture et le morceau tient bien la route, prenant probablement toute sa dimension sur scène.

Shinsei says clôture ce petit voyage au pays du rock dru. Une voix totalement transformée, plus agressive, alors qu’elle avait des accents de Martha Davis des Motels (remember), déconcertante de prime abord, rompant totalement avec les précédents titres. C’est peut–être leur morceau phare, plus développé que les autres, mariant refrain addictif et rythmique de plomb. Les voix masculines, décidément une marque de fabrique, sont encore au rendez-vous. Un titre bien enlevé, abouti, qui donne envie d’en connaître plus, et de voir comment l’album qui ne manquera pas de suivre les verra évoluer.

Rendez-vous sur leur site pour leur date de concerts et vous rendre compte par vous-même que ces 4 là ont un avenir poppypunkyrock.

Michel Delpech - Sexa

Sexa

Michel Delpech

delpech.jpgDelpech, je suis client. Outre la palanquée de tubes de la fin des années soixante au milieu des années 70, il a des tonnes d'excellentes chansons, moins connues mais toutes aussi délicieuses.  Après une dépression et donc un passage à vide artistique majeur dans les années 80, il réapparait régulièrement avec d'honnêtes albums, sans jamais renouer avec le succès d'antan, mais sans jamais sombrer dans la médiocrité.
Il y a trois ans, peut être lassé de rester dans l'ombre malgré la qualité de ses disques, il est revenu sur le devant de la scène avec &, album compilant quelques uns de ses tubes repris en duo avec quelques stars d'aujourd'hui, Benabar, Souchon et autres Cabrel. Carton plein, mais solution de facilité. Le voici donc de retour avec Sexa (de quoi donner du fil à retordre aux logiciels de contrôle parental) 13 nouveaux titres qu'il co-signe pour la plupart.
Et je reste sur ma faim. Et si un fan comme moi ne craque pas, je vous laisse deviner ce qu'il va advenir de ce disque. Alors qu'est ce qui pêche ?
La voix est toujours au top, ce timbre qui fait quasi partie du patrimoine français ne faiblit pas. les arrangements, signés Jean-Philippe Verdin sont particulièrement bien foutus, ne cédant jamais à la facilité, fins et délicats, tendances acoustique, flûte, cordes, loin, très loin de l'étiquette variété qui lui est généralement accolé. Mais les compositions sont un poil trop passe partout voir totalement inodores-incolores. Même le premier single, qui ouvre également l'album, Je passe à la télé, absolument pas autobiographique, ne décolle pas. Mélodique certes, mais pas magique, et c'est le seul titre qui pourrait faire office de single efficace. Même les textes, dont il s'était fait une spécialité d'en faire quasi des enquêtes sociologiques, en prise avec leur époque sont le plus souvent inintéressants (franchement, Johnny à Vegas confused) ,   Alors bien sur des exceptions, Les belles et l'Automne, superbe, haut la main le meilleur morceau. mais globalement, si le disque s'écoute sans déplaisir, je serais infoutu de m'en rappeler quoique ce soit. Dommage.

Mika - Songs for sorrows

Songs for sorrows

Mika

Mika.jpgAprès le carton de son premier album, Life in cartoon motion, il y a deux ans, carton à faire douter qu'il y ait une crise du disque, Mika nous revient. Et pas du tout là ou il était attendu. Autant son premier opus était pop en diable, chatoyant, frais et bourré de singles jusqu'à gueule, doté d'orchestrations dans l'air du temps, bref tout ce qui a pleinement justifié cet engouement, autant Song for sorrows surprend (Attention, je n'ai pas dit déçoit)

D'abord, c'est un EP, comprenez 4 titres, et non un album, une mise en bouche avant le second disque peut être, ou un moyen de faire tomber la pression qui doit être colossale, d'un Life in II, le retour du fils de la vengeance. Et foin d'arrangements colorés et pop, back to the basics, plus dépouillé tu meurs. En ouverture, Blues eyes (rien à voir avec le titre d'Elton). Tendance Zouk. Si si, vous avez bien lu, ok, ce n'est pas Kassav, mais l'esprit est là.  Pas mal foutu au demeurant, même si la mélodie ne me transporte pas plus que cela.  
Lady Jane (rien à voir avec le titre des Stones) est une balade piano voix qui n'apporte rie nde plus, ni de moins d'ailleurs, elle se laisse écouter facilement, elle se laisse oublier sans plus de difficulté. Le timbre si particulier de Mika, son aisance vocale en sont les points forts.
Lonely alcoholic reprend les mêmes ingrédients que la précédente, avec une mélodie un peu plus interessante. Le bougre sait écrire une chanson, aucun doute. Et il le prouve avec le titre le plus pop des cet EP. Toy Boy, traité façon menuet à un petit côté entêtant, de ceux qui restent entre les oreilles sans que l'on sache très bien pourquoi. Avec de quoi accentuer les similitudes avec un Freddy Mercury (les harmonies vocales),  ce titre n'aurait certe pas détonné dans la discographie du frontman de Queen.
A noter qu'un livre illustré accompagne ces quatres chansons, une foultitude d'artistes ayant donné ainsi leur vision des histoires racontées par Mika.
Voilà une manière ma foi fort agréable de patienter en attendant la sortie de l'album. Un zeste de pop en plus ne m'aurait pas déplu, un côté tube plus prononcé non plus, mais s'il avait besoin de ce sas de décompression avant d'entamer les choses sérieuses ..