Alliance d'énergie rock et de texte à dimension poétique /politique Demago vous propose leur univers
Téléchargez gratuitement notre album, on l'a enregistré avec l'argent public, on a donc aucune raison de vous le faire payer !
La page proposant l'album s'ouvre ainsi. Pas si courant pour être relevé et relayé.
Mais ce ne serait qu'anecdotique si les chansons ainsi enregistrées n'étaient pas de haute volée.
Cet album, Gare de L'Est, est composé de 6 titres. Une musique clairement du côté rock de la force, pour des textes "engagés" ou pour le moins concernés. S'il est probable que la dimension scénique doit ajouter encore à la puissance du groupe, le passage studio n'a pourtant pas à rougir du résultat.
Le disque (quoi que le terme de disque ne soit pas adapté pour les musiciens de cette nouvelle génération qui diffusent via le net) s'ouvre sur "Des fantasmes". Guitares en bandoulière, basse qui pousse au train, un son dopé à la patate, et une voix qui se pose la-dessus, claire et ample, puissante. Le côté mélodique n'est pas oublier, la chanson fait son office et on se surprend assez rapidement à la fredonner.
On enchaîne sur "Le mégalo" puis "Mes mains", avec toutes les qualités précedement citées. Un clavier, discret, bienvenu. les titres se suivent sans faute de goût, pour culminer sur "Alors viens", à mon sens le sommet de l'album, ou l'on entend des accents "Brélien" rien de moins. Ce titre doit prendre sur scène une dimension d'émotion impressionnante du niveau du Christian Descamps d'Ange de la grande époque. On pense aussi au Doors pour l'esprit qui habite ces morceaux.
Bref, S'ils l'avaient fait payer, Demago ne nous auraient pas volé notre argent. Alors distribué gratuitement, vous devriez déjà être sur leur site ;o)
Liste des titres :
1- Mes fantasmes
2- Le mégalo
3- Mes mains
4- Pink dream
5- Alors viens
6- Hey doc !
En sortant du boulot, je tombe sur une affiche annonçant un nouvel album de Demis Roussos, album qualifié de soul rock. Photo d'un visage buriné, barbe et cheveux blanchis, l'image du pâtre grec de Moustaki s'impose
Bon, vous je ne sais pas, mais pour moi, rock et Roussos ca ne rime pas. Et ce n'est pas la caution de son groupe de jeunesse, les Aphrodite's Child qui pourrait me convaincre du contraire. Rain and Tears, adaptation réussie du canon de Pachelbel et seul gros tube de la formation grecque était déjà à forte tendance soupe et le double album 666, assez barré dans son genre était plutôt expérimental et présageait plus de l'avenir de Vangelis que de Demis.
Pour moi, ensuite, la variété grand public a avalé le bonhomme, sa discographie, hormis les inévitables megatubes radiophoniques m'échappe totalement et c'est la simple curiosité qui m'a poussé à voir de quoi il retournait.
Derrière ce retour, l'ombre du producteur Marc di Domenico. Qui nous avait déjà fait le coup en extirpant des limbes un Henri Salvador pour le propulser sur le devant de la scène avec un sublime Chambre avec vue avec le succès, amplement mérité, que l'on sait . Donc, bis repetitas, Le Demis qui n'avait pas sorti d'album depuis 20 ans est pris en main, coaché, des chansons lui sont trouvés, composé par un petit frenchie totalement inconnus de moi - Picci - et vogue la galère, campagne promo et je tombe sur l'affiche du début.
Je lance le premier titre, September. C'est Demis Roussos ça ? Non parce que les premières mesures évoquent plus Joe Cocker que le poussah en djellabas immortalisé dans les années 70. 2'45 plus tard, On my pillow continue dans la même direction. Il a beaucoup fumé le grec pendant sa disparition des radars ? parce que là, impossible de reconnaitre celui qui habitait nos postes de télé des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier. Rod Stewart, sort de ce corps !
Les petits anglais de Little Barrie et Dirty Feel (je ne connais ni les uns ni les autres) tricotent derrière une bande son effectivement soul rock en diable, les compos, quoique manquant un peu d'attractivité, balancent bien, mais pas de gros tubes à l'horizon, dommage, un retour à la Monsieur Henir aurait eu de la gueule.
Les titres sont tous sous les 3'30, sauf l'inexplicable Who gives a fuck, en anglais dans le texte, j'ai d'ailleurs omis de préciser que l'album était uniquement chanté dans cette langue, qui dure 9'16 (rien que çà !) et dont les 5 dernières minutes n'ont absolument aucun intéret, du pur remplissage de piste, rappel que les Aphrodite's Child faisaient des titres sans soucis commercial ?
Quoiqu'il en soit, Welcome home Demis, ça faisait longtemps que tu avais quitté la terre du rock.
Diane Tell biberonne du jazz depuis sa plus tendre enfance ! Loin de moi l’idée de me lancer dans la presse trash people à scandale, de transformer Sucrepop en diffuseur de ragots de bas étages, mais il faut bien appeler un chat un chat, et puisque elle s’avance à visage découvert, je rend compte.
Certes, elle avait su, jusqu’alors, masquer ses turpitudes derrière d’accortes mélodies, mais quelques indices laissaient déjà planer le doute, elle s’était engagée sur un drôle de chemin.
La présence d’Uzeb déjà, lors de ses premiers pas discographiques, n’était pas innocente et avait mis la puce à l’oreille de notre service. Ensuite, les harmonies de ses chansons, composées par elle, nettement plus complexes que celles de ces petits camarades de jeux, même planquées derrière l’étiquette officielle « tubes de variété », les orchestrations chiadées comme ce n’est pas permis et un travail sur le son hors-norme, bref une foultitudes d’éléments éparts mais concordants, qui dissimulaient mal son vice.
Et voici que, sans pudeur aucune, le 9 novembre, Diane Tell nous fait son coming out ! Un nouvel album, Docteur Boris et Mister Vian, un album ouvertement jazz, 100% jazz ! Qu’elle n’en signe ni paroles ni musiques n’est qu’une piètre excuse.
Les textes justement, parlons en ! Signés en totalité par Boris Vian que nous pensions mort depuis 50 ans et qui refait surface, plus jeune que jamais, il ne perd rien pour attendre le salopard - ils sont pour la plupart inédits, et sont des traductions/adaptations de titres américains. Ce Boris de triste réputation était largement connu pour se va
utrer dans le jazz d’outre atlantique avec délectation, qu’elle s’acoquine avec lui n’est qu’une preuve de plus à son encontre.
Côté musique, elle a entraîné dans sa déchéance Laurent de Wilde et sa fine équipe, que nous avions pourtant à l’œil. La part de responsabilité de ce Laurent ne peut être minimisée dans ce forfait, et je doute qu’il bénéficie de circonstances atténuantes. En effet, une simple écoute, même superficielle, nous permet de relever des solos de piano, des rythmes ternaires, de la contrebasse, je m’arrête là car des enfants pourraient me lire. Bref tout un arsenal subversif de chansons d’amour , de chansons d’humour, contre lequel la BRNS (Brigade de Respect des Normes Staracadémiciennes) lutte au quotidien.
Je rappelle les valeurs que la BRNS défend, 4 accords maximums par chansons, un quota de 40 mots en moyenne, aucun avec plus de deux syllabes, un rythme binaire clairement identifiable et pour les filles, un 95C minimum. La contrevenante s’affranchit de toutes ces règles (quoique pour la dernière, je ne me prononce pas, faute d’éléments) pour n’en faire qu’à sa tête, se plongeant visiblement (et audiblement) avec délices dans cette musique. Du guilleret La chansonnette que je vous déconseille vivement d’écouter car elle provoque une accoutumance rapide, à l’émouvant J’en ai marre de l’amour, les 11 titres composant ce qu’il faut bien, malgré tout, appeler un disque, dégoulinent, que dis-je suintent le jazz, l’amour du jazz. Pire, Diane Tell annonce fièrement l’éventualité d’un volume 2 dans un avenir proche.
Bon, si vous aimez Diane, vous aimerez, elle y chante, toujours aussi divinement, direction le camp de redressement.
Si vous aimez le jazz, vous aimerez aussi, puisque cet album en déborde, direction le camp de rééducation auditive.
Si vous appréciez Boris Vian, c’est l’occasion de découvrir quelques textes rares, vous finirez au mitard certes, mais content.
Si aucun de ces trois ne vous a séduit par le passé, vous ne serez de toutes façons pas arrivé jusqu’à ce point de cette chronique, donc on s’en tamponne grave le coquillard.
Nous savons de source sûre que la démoniaque Diane Tell et l’inquiétant docteur Boris dealent leur poison musical dans des officines ayant pignon sur web et qu’à l’aide d’une série de concerts à venir ils vont tenter de rallier à leur cause une jeunesse toujours avides de braver les interdits. N’ayez crainte, dormez tranquille, nous veillons.
PS : Ils ont embringué dans leur histoire, probablement sous la contrainte, un malheureux photographe, Gérard Rancinan, qu’ils ont forcé à faire la pochette et les photos du luxueux livret. Je vous l’ai dit, je vous ai prévenu, cette femme ne recule devant rien.
| 1 J’voudrais encore être amoureuse 2 Rue d’la flemme 3 Voyage au paradis 4 J’en ai marre de l’amour 5 Ma chansonnette 6 Vous auriez bien pu 7 Moi sans toi 8 Nanna’s lied 9 Lui toi et moi 10 Toi qui a pris mon cœur 11 Celui qui tient le monde dans ses mains |
![]() |
Tous les crédits de l'album (compositeurs, musiciens, studio, ingénieurs ... sont dispo sur cette page
Didier Sustrac vient de sortir un nouvel album, le 5ème je crois.
Je connais mal le bonhomme, voir pas du tout, déjà entendu un ou deux titres en radio il y a des années de ça, pas plus que ça.
Dans le flot des nouveautés que j’ai écouté dernièrement et qui tournent sur mon walkman, c’est l’un des rares à surnager, je me suis dis que me fendre d’une petite chronique pour donner à d’autres l’envie de découvrir le bonhomme ne serait pas une mauvaise idée.
Pour les pressés, un résume lapidaire, Sustrac = bossa. Brésil plein phare, frappé du syndrome Girl from Ipanéma.en plein cœur le Didier.
Pour les mauvaises langues qui penseraient qu’il tente de surfer sur une vague bossa issue du succès d’Henri Salvador, près de 15 ans si j’en crois son site, qu’il creuse le même sillon, loin d’être de l’opportunisme, nous sommes donc face à un vrai aficionado, un ambassadeur de la musique sud américaine.
Je chante un air est le titre du dit disque. Enregistré au Brésil, avec des pointures tant en tant qu’arrangeur qu’en musiciens, le menu met l’eau à la bouche, mais quid du chef ?
Parce que le dernier Salvador présentait également des gages de qualité avant l’écoute, avec le résultat que l’on sait, soporifique. C’est le risque avec la bossa nova, elle peut donner naissance à pur joyaux ou à de la musique d’ascenseur. Soyons clair, ici le piège est évité.
Une voix chaude et veloutée, écoutez amours et délices, des compositions dans l’ensemble assez dépouillées, qui nous amènent sans problème à rêvasser, les tempos étant majoritairement lent, pas de samba enlevée ici, juste de la douceur.
Tous les titres s’écoutent fort agréablement avec un goût de revenez-y prononcé. Un surprenant duo avec Claude Nougaro, qui pourtant semblait appartenir à l’album précédent, que je ne connais pas. Le titre qui ouvre l’album, Dieu le père est probablement celui qui accroche le mieux et est une bonne entrée en matière dans l’univers du bonhomme.
Si je devais formuler une critique, il manque là un bon gros single, un gros titre qui pousserait l’album pour le faire connaître de plus grand nombre. C’est clairement un des meilleurs album de bossa francophone que j’ai entendu depuis un bail, des années lumières au dessus d’Elie Seymoun, facile me direz vous, du niveau du bel Azul d’Helena Noguera. Mais il manque le petit truc qui ferait passé ce disque à l’étage supérieur. Une chanson comme Samba Maria de David Koven (remember ?) autre fondu de la musique brésilienne, ou un titre brillant comme Laurent Voulzy sait les écrire, bref un petit truc qui ferait passer monsieur Sustrac de second couteau au premier plan car il en a l’étoffe.
Si la bossa devait être associé à un pays, (et elle l’est), les chances que ce soit la Suède sont bien inférieures à celle que vous gagniez au loto.
Et pourtant, c’est bien d’Abba land que déboule Dreamy, duo masculin-féminin, monsieur aux manettes, madame aux vocaux, configuration classique de ce type d’association.
Dreamy reprend, en quelque sorte, la partition ou Close l’avait laissé.
Close ? A votre air interrogatif, il est clair que ce groupe ne vous a pas marqué, normal, il fait partie de l’interminable liste des groupes talenteux disparus avant même d’avoir pu le faire savoir. Je vous conseille néanmoins de vous rendre ici pour y télécharger leur unique et superbe album, d’inspiration Michael Franks pour les connaisseurs.

Hors donc, exit Close,bye bye la chanteuse, Welcome Kajsa, nouvelle chanteuse et Dreamy le nouveau projet, Andrewskij restant aux commandes, écriture, réalisation et production. Premier album donc, dont le titre annonce la couleur de leur choix musical, Scandinavian Nonsense.
Il serait dommage de penser que Dreamy est une simple suite de Close. Si le Brésil et ses rythmes latins reste l’inspiration première, le tout est passé au travers d’un filtre electro , comme si Carlos Jobim était croisé avec Kraftwerk. Si les croisements incongrus peuvent engendrer des monstres, c’est aussi du métissage que naissent les plus beaux enfants.
Dreamy fait évidement parti de la seconde catégorie, La flûte et la clarinette s’accouplent avec les boîtes à rythmes, la chaleur latine et la froidure nordique s’entrelacent pour nous donner de somptueuses ballades tel Butterfly (le sommet du disque ou la voix de Kajsa est ensorcelante) ou l’enlevé Kickstart Bossa nova single probable de cet album. La filiation avec Close est entérinée par la reprise de Something (rien à voir avec les Beatles), ou Lost and found,ce qui nous permet de mesurer l’évolution et la nouvelle direction prise.
Scandinavian Nonsense réussi donc son pari de séduire avec une musique hybride, même si, ne nous leurrons pas, ce cocktail reste tout de même à forte prédominance bossa, l’electro ne tenant lieu que d’exhausteur de goût.

Entre pop expérimentale, atmosphères celtiques et rock tendance métal.
Un nouvel acteur sur la scène musicale, Eilera qui nous vient tout droit de Montpellier, un album tout neuf sous le bras. Une de ses deux composantes, Loïc, m'a proposé de les découvrir sur disque et sur site.
Le site, www.eilera.com, tout d'abord, très pro, bien conçu, mettant en avant l'accorte demoiselle qui est l'autre moitié du groupe. La page d'accueil, est par défaut en anglais, même si, bien entendu, une version française reste disponible. En anglais car toutes les chansons de l'album sont écrites dans cette langue. Etonnant alors le titre, français lui, de l'album, Facettes.
Selon leurs propres dire, le style de musique d'Eilera se situe entre pop expérimentale, atmosphères celtiques et rock tendance métal. Après écoute de l'album, cette définition semble plutôt bonne, même si la partie métal reste assez en retrait.

En tous cas, ça assure grave, le son est là, bien actuel, puissant, assez loin des "petits moyens" souvent associés au monde de l'autoproduction. Le tout est original, l'origine française est indécelable (ce qui, quand on fait le choix de la langue anglaise est déterminant et souvent un point faible des groupes du terroir) et la demoiselle en question a indéniablement une excellente voix, personnelle, bien timbrée, bref une identité propre.
Si vous aimez Kate Bush et son côté recherché, expérimental quoique accessible, Eilera devrait vous séduire...
Manque à mon avis un single pour porter l'album même si un titre comme ambiguity a bien du charme avec son intro à la guitare doucement arpégée ou Inside my cave et son superbe solo de guitare.
Bref, il se passe de bien belles choses du côté de Montpellier et quelques concerts étant déjà annoncés, en version acoustique, si vous passez par chez eux durant les vacances, faîtes vous votre propre idée en les découvrant sur scène.
Entre Elvis Costello et moi, il y a un bail que le divorce est prononcé. Celui qui fut pour moi l'artiste le plus important des années 80 (allez, en gros d'Imperial Bedroom à Spike) sort des albums avec une régularité impressionnante, albums dans lesquels je cherche chaque fois a retrouver la magie d'antan, peine perdue. Mais chaque fois, j'essaie.
Voici donc le cru 2009, Secret, profane & sugarcane. Fidèle à une maintenant ancienne habitude, il change de groupe, de style et relance la machine dans une autre direction.
Cette fois, cap sur la country et le bluegrass. Embauche de musicien pointure en la matière, retrouvailles avec un vieux collaborateur, T Bone Burnett, duo avec Emylou Harris bref la totale. Il avait déjà réalisé un album country, Almost Blue, mais composé de reprises, cette fois ce sont des chansons originales pour la plupart.
La présence de T Bone Burnett à la réalisation avait par le passé engendré le chef d'oeuvre King of America. J'espérais donc un album de la même pointure. semi déception. Sans renouer avec ses meilleurs disques, cet album est le meilleur de Costello depuis des lustres. La voix, reconnaissable entre 1000 y fait des merveilles, les compos manquent un poil de cette efficacité mélodique qui fut la sienne, peut être du à ce traitement USA campagne profonde plutôt que pop, mais globalement cela se tient. Plus roots qu'Almost blue, moins décalé que ses albums jazz ou classique Secret, Profane & Sugarcane plaira à tous ceux pour qui mandoline ,fiddle, dobro et autres accordéons sont gages de bonnes musiques.