Second album posthume du chanteur des Ramones, décédé d'un lymphome en 2001. Alors simple coup marketing pour engranger quelques derniers brouzoufs de la poule aux oeufs d'or ou réel intérêt artistique ? Réalisé par le frère de Joey, entouré de respectables rockers - Joan Jett, le E Street Band de Stevie Van Zandt et le guitariste des Plasmatics, Richie Stotts, globalement il n'y a pas d'arnaque. Bon, les 4'39 de Rock and Roll is the answer auraient fait 3 chansons à la grande époque, mais la voix de Joey habite l'ensemble des titres. La version acoustique de Life is a gas qui clôt le disque ne laisse pas d'être émouvante, le tout n'est pas - trop - su produit, et l'on peut supposer que le résultat pourrait être assez proche de ce que Joey aurait sorti. Donc pas de trahison ici, si vous avez aimez les Ramones, cet album ne vous décevra pas.
Indépendamment de la qualité de leur musique, ces deux là, mine de rien, font partie de ceux qui s'essaient à trouver un modèle économique viable pour des musiciens. Et qui semblent y arriver. Initialement connus pour leurs videos ou, tous les sons enregistrés sont à un moment ou un autre à l'écran et jamais post synchronisé, leur fraîcheur, la qualité des titres, majoritairement des reprises, leurs talents de multi-instrumentistes, particulièrement monsieur - Jack Conte - leur photogénie, particulièrement Madame - Nataly Dawn - bref tout concoure à les rendre attachants.Ils vendent ce nouvel EP accompagné d'une savonnette au pamplemousse , ou sur clef USB, proposent des shows interactifs payant via internet, commencent quelques "vrais" concerts live, sans oublier un T-shirt spécialement dessiné pour eux, bref ce démènent pour monnayer leur talent et pour le moment cela semble fonctionner. Musicalement, leurs rares compos sont souvent superbes, pop parfaite - I you think you need some lovin par exemple, mais c'est leur chaîne video qu'il ne faut pas zapper, la quitessence de ce qu'ils sont/font s'y trouve .
Second album pour ce groupe d'Avignon, qui n'a de sudiste que ses racines, car côté zic, c'est clairement vers Albion qu'il faut lorgner. La pop proposée tire vers un rock garage bien senti, avec la bonne dose de riffs de guitares et orgue vicieux, des harmonies vocales bien trempées, des mélodies qui font mouche, Le Videogame d'entrée par exemple, à quelques années lumière de Lana Del Ray, est un single digne de ce nom, solide, dansant, virevoltant. Mais Les Pony Taylor mérite plus que d'être un succédané de Who/Kinks matînée de Supergrass , leur pop, à défaut d'être d'une grande originalité sur la forme, l'est dans le fond, pondre 12 titres sans faux pas, sans lever le pied, assez variés pour maintenir l'attention de tout amateur pop qui se respecte n'est pas donné à tout le monde. Alors comme moi, fondez sur les ooo ooo ooo de Troublemaker, le quasi folk Beatlesque Into the distance, L'Harrisonien Flying close to the sun et tous leur petites soeurs de ce disque. Pas souvent qu'on tombe sur une galette sonique de cette qualité, quand en plus elle est made in France, on prend et on dit merci. C'est par ici que ca se passe.
Je ne connais rien du bonhomme, si ce n'est qu'il sort incessamment son nouvel album. Le premier single parle de coup de foudre, et de fait, il m'a fait le même effet, une popsong enjouée au refrain irrésistible, va falloir que je me penche sérieusement sur le bonhomme. A suivre donc ...
Est ce son côté discret ? Loin derrière un Michel Berger , Un Daniel Balavoine, Alain Chamfort ne laisse que peu de traces de lui, alors qu'il est l'un des compositeurs les plus fins de sa génération. Manureva, cosigné Gainsbourg, en unique mégatube, une palanquée d'autres hits moins marquant, pourtant superbes, des années 90 et 2000 un peu légères et hop à la trappe, plus de maisons de disques. Son dernier album sur Yves St Laurent, quoique plutôt réussi, est commercialement un échec. Pour se remettre en selle, rien de mieux que de revisiter, comme c'est la mode actuellement, ses anciens titres en leur donnant une nouvelle jeunesse, un nouvel écrin. Comme monsieur n'a pas la réputation d'un dandy séducteur pour rien, c'est en charmante compagnie, qu'il se lance dans l'aventure. 12 titres, 12 jeunes femmes. De très connues - Vanessa Paradis, Alizée, Jenifer, Claire Keim - à de nettement mois identifiées, pour moi en tout cas, Inna Modja ou Audrey Marnay par exemple - il passe en revue une bonne partie de son catalogue de succès. Les orchestrations tirent nettement vers l'electro pop, et sont plutôt réussies, amenant ses classiques en territoire moderne. Mention spéciale à Vanessa Paradis qui transcende Malaise en Malaisie, et si aucun titre n'est raté, le choix des chanteuses me laisse parfois un peu circonspect, et l'on s'aperçoit que celles qui ont une réelle identité vocale se font rares. Pour une Camelia Jordana combien d'interprètes que l'on ne peut distinguer les unes des autres ? Si cet album permet à une nouvelle génération de découvrir le talent d'Alain, le jeu en valait la chandelle.
C'est de Montpellier que nous arrive Zebowka, composé de deux frères, qui s'essaient avec un certain talent à un folk tirant sur le rock dans l'idée, sinon dans l'instrumentation. En attendant la sortie de l'album Crazy Zoo, 4 titres en guise d'amuse gueule nous sont proposés. Lonestar oscille entre un Lou Reed période Walk on the wild side sur les couplets et une pop low-fi (le xylophone) dans les refrains. Les 4 titres sont globalement assez dépouillés côté orchestrations, les guitares acoustiques en instruments principaux, excepté sur le dernier titre, A day in march ou à nouveau Lou Reed et le Velvet semblent l'influence principale. le clavier désuet ajoute au charme du titre. A suivre sur la durée d'un disque.
Cet américain au nom si francophone vivant actuellement au Japon semble tombé dans une marmite de pop-tion magique. C'est l'album Wish you were here du Pink Floyd qui serait à l'origine de sa vocation. Du flamand rose il a conservé un goût certain pour les bidouilles électroniques et une pop un peu torturée - le titre Missing cat par exemple - mais l'ensemble des onze plages de ce prince charmant des ténèbres se situe sous la barre des 3'30, preuve que l'option single n'est pas si éloignée. Masterpiece qui ouvre l'album ressemble à une ritournelle des années 60, influence George Harrison via le sitar, voix tirant sur Gilbert O'Sullivan, on s'y croirait. Red orange and ash n'aurait pas été renié par XTC, pop brumeuse aux accents world music. Crying in public eut pu être signée Linus Of Hollywood, Jealous sun s'inspire à la fois de Blue jay way et à une charme indéniable, bref nous tenons là un album combinant à la fois expérimentation et subtilité pop, un heureux alliage qui en fait un album plutôt réussi et en tout cas intriguant.