Ce sont souvent les idées toutes simples qui sont les plus belles. Celle d'Irina Werning, photographe argentine est de celles là. Refaire, des années plus tard, parfois des dizaines d'années plus tard, une photo d'enfance. Même personne, même lieux, même décors, même habits, bref, un écho du passé qui vient frapper à la porte du présent. Une sorte de reconstitution d'une scène de crime sans crime. Vous en trouverez une collection sur cette page . C'est touchant, drôle, émouvant. Comment ne pas s'imaginer, rêver, à toute la vie qui s'est écoulée entre les 54 ans séparant les deux photos ci-dessous. Dans chacune des photos de cette série, un roman potentiel gît. Une vie. c'est à suivre et c'est passionnant.
Greg Allman - Low Country bluesDu blues, du blues du blues. Peux pas être plus clair, plus précis, ce 8ème album, après 14 ans d'abstinence solo et quelques sérieux problèmes de santé est essentiellement basé sur des reprises de BB King ou Muddy Water entre autre, bref du sur et dusolide. La voix de L'Allman Brothers band ne semble pas supporter le poids des années, aussi noire que le mec est blond. Les titres sont plus ramassés que les habituelles livraisons des frangins Allman, pas de solo étirés jusqu'à plus soif, s'ils sont évidemment présent ici, guitare, dobro ou orgue B3 c'est en version "compacte". La production de T Bone Burnett, toujours très musique roots américaine, excelle à mettre en valeur la voix râpeuse à souhait et la crème des musiciens qui officie ici. Si vous souhaitez vous abreuver d'un shot de blues à la source même, cet album devrait vous combler, vous ne trouverez pas beaucoup mieux dans le genre sur le marché aujourd'hui. C'est chaud, vivant, profond, c'est du blues quoi.
Anna CalviBon, le truc du moment, si vous aimez le rock, c'est le premier album de cette jeune femme. Et vas y que je t’encense un peu partout, la révélation anglaise, et que je t'en passe. Alors moi, of course je teste. Et franchement, pas de quoi se la mettre au court bouillon. Peut être est ce sur scène que le phénomène explose vraiment mais ce premier disque me laisse carrément sur ma faim. Pas un mauvais disque non plus, ne me faite pas dire ce que je n'ai pas écris, mais de l'ordinaire, sans plus. Une Voix qui assure, certes, mais le côté épique des chansons me passe au dessus des oreilles et je cherche encore une mélodie, un refrain auquel je puisse me raccrocher - allez je veux bien concéder Suzanne and I, mais pas plus. Il y a, indéniablement, une vraie personnalité derrière ces 10 titres, simplement, quoiqu'il soit loin d'être hermétique cet univers ne me parle pas. First we kiss par exemple, frôle la popsong made in Motown, du moins dans ces trente premières secondes, mais sans le petit supplément d'âme qui fait la différence. Au final un album pas inintéressant mais qui ne laissera pas son empreinte, quoique les chroniqueurs en disent.
Eva Cassidy - Simply EvaQuel meilleur titre d'album que celui ci.? La voix d'Eva et une guitare acoustique. Huitième album posthume de cette voix d'ange partie depuis longtemps rejoindre les autres. Deux attitudes possibles, soit on se dit que sortir autant d'album pour une artiste qui, de son vivant, n'en avait pas enregistré qu'un un seul en studio et était quasi inconnue, revient à exploiter le filon autant qu'il est possible, soit on se réjoui qu'il reste encore quelques bijoux d'elle qui n'aient pas été diffusé. Au menu donc, 12 reprises de quelques classiques, Eva ne composait pas, ou du moins n'en a pas vraiment eu le temps, et toujours cette voix à coller des frissons, d'autant plus qu'accompagné de sa seule guitare, sa présence est renforcée. Deux Cindy Lauper, True Colors et Time after Time , l'innoubliable Songbird qui la fit connaître initalement, une reprise d'Over the Rainbow, à des années lumières de celle de Iz, une version d'Automn leaves à coller la chair de poule, Simply Eva, et c'est bien suffisant Le site
Insane BananasLes 4 bananes folles se présentent dans leur dossier de presse comme un groupe de scène avant tout mais ont néanmoins choisi de graver leurs première galette en studio plutôt qu'en live. un 6 titres, 3 en français, trois en anglais, pour un rock bien rentre dedans. A million footsteps s'ouvre sur un riff de synthé avant qu'un rythme haché ne balance la gomme. le titre est tout en retenu, la boule d'énergie est présente, la tension monte mais le groupe ne lâche pas les chevaux. Le mur prend la même recette en y ajoutant un intermède quasi progressive. La guitare se fait plus tranchante, plus agressive. Eight ball voit enfin l'arrivée du saxophone, plus utilisé en ponctuation qu'en soliste, et c'est la basse qui cette fois occupe le terrain. Retour à la réalité calme le jeu, un temps, avant un final ou la tension électrique repasse dans le rouge. Les deux derniers titres, Panta Rhei et Bogeyman, poursuivent dans la même veine, les gargouillis de synthés régnant sur le premier, le sax s'octroyant une place de choix dans le second. Ces 6 titres ont tous un évident air de famille, que l'on peut prendre soit comme la capacité à créer un univers cohérent, ou comme une difficulté à se renouveler. La scène tranchera. Leur site
Hopsy - A will for youEt un 5 titres pour ce groupe qui décide d'utiliser ces premières cartouches pour démontrer l'étendue de sa palette sonore. Confessions of the hero zero part sur une rythmique funky ponctuée par de la flûte
qui donne de suite une couleur "à part" au groupe. Les guitares sont claires et les ruptures de rythme fréquentes, des accents de Paddy Mc Alloon se font entendre dans la voix, on a vu pire référence. Please pull the trigger les voit se lancer dans un rock tendance quasi punk en intro pour virer en ska dans le virage du couplet avant de se lancer à nouveau dans le défrichage de tympan, alternance de chaud et froid, la flûte dans le break embarquant à nouveau le groupe dans une nouvelle direction. Une sorte de Gruppo Sportivo téléscopé par les Clash. Iron & Stone tire lui plus sur la progressive musique, avec toujours un enchainement d'atmosphères qui garanti la surprise auditive à chaque instant, et la flûte toujours qui confirme n'être pas un simple gimmick le temps d'un titre mais partie intégrante de la sonorité de Hopsy. Visions durcit à nouveau le ton un moment avant de tourner casaque, balançant 10 idées à la minute et tenant de toutes les caser dans les quelques minutes qui leurs sont imparties. Le titre qui clôt l'EP et qui lui donne son titre, A will for you, est clairement le plus efficace, si on parle pop. Une ballade folk avec quelques accents rock de la plus belle eau et son final qui grandit en intensité. Un disque riche, très riche, avec visiblement d'excellents musiciens à la manœuvre. Le site
Teitur - Let the dog drive homeIl faut reconnaître au moins une chose à Teitur, c'est d'avoir réussi à placer sur la carte une région - Les iles Féroé - uniquement connue pour sa capacité à améliorer le goal average des équipes de foot la rencontrant
.4ème album studio du monsieur et j'avoue humblement être passé à côté des trois autres. Son étonnante participation à l'avant dernier album de Nolwen Leroy, Le Cheshire Cat & moi étant sa seule carte de visite pour moi. La jolie mélodie du Feel good d'ouverture accroche bien l'oreille, un son très doux, intimiste même, qui se révèle être le fil conducteur de l'album. Sur que c'est pas un nerveux le Teitur et que le relatif isolement de son pays natal s'entend distinctement dans son disque. Une guitare acoustique, un discret quatuor à cordes, des orchestrations originales, une voix charmeuse et ça roule. Même sur des titres plus enlevés, type Betty Hedges, c'est toujours la mélancolie qui l'emporte. Il y a même une batterie sur You never leave L.A. c'est dire. L'album est accompagné d'un petit livret ou chaque titre est croqué dans un comic strip, plus d'un autre avec les paroles. Au final un musicien avec une réel univers, un poil trop introverti pour toucher le grand public, mais avec qui il faudra compter.